14 juin 2026, 06:49

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Criminalité & chasse

Affaire Fabian : un chasseur de loisir a conduit au corps de l'enfant grâce à une caméra thermique

Lors du procès pour meurtre à Rostock, un témoin accable l'accusée. Au centre : une «recherche» nocturne avec une technologie thermique de chasse.

Rédaction Wild beim Wild — 14 juin 2026
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Le procès concernant la mort violente du petit Fabian, âgé de huit ans, originaire de Güstrow, se déroule devant le tribunal régional de Rostock.

L'accusée est Gina H., âgée de 30 ans, l'ancienne compagne du père de Fabian. Selon la conviction du ministère public, elle aurait tué le garçon en octobre 2025 de plusieurs coups de couteau, afin d'écarter un conflit relationnel. L'accusée garde le silence sur les accusations, ses avocats contestent toute participation. La présomption d'innocence s'applique à elle.

Le onzième jour d'audience, le 13 juin 2026, une déclaration concernant un chasseur de loisir et son équipement de chasse s'est retrouvée au centre de l'attention.

Une «recherche» nocturne avec la caméra thermique

Un proche de l'accusée âgé de 37 ans, Christian D., qui vit dans la même localité et pratique la chasse de loisir pendant son temps libre, avait été cité à comparaître. Du fait de cette activité, il dispose d'une caméra thermique, telle que les chasseurs de loisir l'utilisent pour repérer les animaux sauvages la nuit.

Selon son récit, Gina H. lui aurait proposé le 13 octobre 2025 de chercher ensemble Fabian, alors porté disparu, dans la région isolée près de Klein Upahl. Elle aurait dit à cette occasion qu'elle ne voulait pas appeler la police et l'envoyer là-bas. Le témoin a emporté sa caméra thermique et est parti avec elle dans l'obscurité.

Avec la caméra, rien n'était visible dans le champ. Le témoin voulait déjà repartir lorsque l'accusée a proposé d'aller vers une mare voisine. Elle aurait avancé d'un pas décidé, se serait finalement arrêtée au bord de l'eau et aurait éclairé avec la lampe de poche. Le chasseur de loisir a aperçu quelque chose de noir, qu'il a d'abord pris pour des tuyaux abandonnés. L'accusée aurait alors dit que c'était Fabian.

«Difficilement compréhensible» : aucune annonce à la police

L'élément explosif est le fait que cette rencontre nocturne sur le lieu de découverte a eu lieu un jour avant la découverte officielle du corps. Le témoin a déclaré qu'il avait ensuite simplement voulu partir et ne pas être impliqué dans l'affaire. Il n'a pas alerté la police. Il a rejeté l'accusation selon laquelle il aurait interdit à l'accusée de faire un signalement immédiat.

Le juge président a qualifié de difficilement compréhensible le fait que le témoin n'ait pas lui-même appelé la police après la découverte. Selon ses propres dires, il ne sait plus exactement s'il a touché le corps.

Pour l'accusation, le témoignage est important pour une autre raison. L'avocate de la mère a souligné que les événements pourraient permettre de tirer des conclusions sur une éventuelle connaissance des faits par l'accusée, étant donné que celle-ci connaissait apparemment le lieu exact de la découverte avant que le corps ne soit officiellement découvert. Le procès se poursuivra le 16 juin 2026 avec un autre témoin qui aurait également été conduit à la mare.

Mise en perspective: quand la technique de chasse tombe entre de mauvaises mains

Il faut le dire clairement, ce cas n'est pas un crime de chasse. L'acte présumé n'a rien à voir avec la chasse de loisir, le témoin n'est pas accusé, et seul le tribunal décide de la question de la culpabilité. Quiconque établit ici un parallèle direct avec la chasse de loisir va au-delà des faits.

Néanmoins, un regard lucide sur un aspect marginal vaut la peine. La caméra thermique, un appareil largement répandu dans le milieu de la chasse de loisir, est devenue l'outil d'une action nocturne loin de toute recherche officielle. Et une personne disposant d'une routine de chasse en terrain nocturne s'est retrouvée sur le lieu de découverte d'un corps, sans le réflexe évident d'appeler immédiatement la police.

Ainsi, ce cas s'inscrit dans une observation que nous avons déjà documentée dans un autre contexte: on a récemment appris qu'un chasseur de loisir en Styrie a tu la présence d'un corps pendant dix ans, afin de ne pas déranger les animaux sauvages de la réserve. Les mobiles sont totalement différents, mais les deux cas montrent que le seuil pour signaler un mort en terrain à la police n'est pas partout aussi élevé.

Quelle responsabilité présuppose une activité associée aux armes, à la technique nocturne et à une grande autonomie dans la réserve, voilà une question légitime. Des analyses approfondies à ce sujet se trouvent dans notre dossier sur la psychologie de la chasse de loisir ainsi que dans notre rubrique Criminalité & chasse.

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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