11 juin 2026, 10h39

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Criminalité & chasse

Spreitenbach ne répond que lorsque l'autorité de surveillance frappe à la porte

Pendant six semaines, le conseil communal de Spreitenbach a laissé sans réponse la demande de renseignements de l'IG Wild beim Wild. La plateforme a alors déposé une demande de conciliation et une dénonciation auprès de l'autorité de surveillance. Un jour après l'intervention des deux instances cantonales de surveillance, la réponse de la commune est arrivée. Elle est mince, évasive et confirme involontairement la critique.

Rédaction Wild beim Wild — 11 juin 2026
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Parfois, une ligne de copie en dit plus long qu'une lettre entière.

Le 9 juin 2026, le conseil communal de Spreitenbach a répondu pour la première fois à la demande de renseignements en vertu de la loi sur la transparence que l'IG Wild beim Wild avait déposée le 27 avril 2026. Au bas du courrier figurent deux destinataires en copie : le service communal du Département de l'économie et de l'intérieur ainsi que la préposée à la transparence et à la protection des données.

Ce sont précisément ces deux instances qui, la veille, le 8 juin 2026, avaient adressé un courrier à la commune. La préposée à la transparence et à la protection des données a ouvert, à la suite de notre demande de conciliation, une tentative de médiation selon le § 31 IDAG. Le service communal a transmis au conseil communal notre dénonciation auprès de l'autorité de surveillance pour déni de justice et lui a fixé un délai au 6 juillet 2026 pour une prise de position accompagnée du dossier.

La chronologie parle d'elle-même. Du 27 avril au 8 juin : silence. Le délai de 10 jours selon le § 19 al. 1 VIDAG s'est écoulé, le délai fixé dans la demande au 27 mai s'est écoulé, aucun accusé de réception, aucune prolongation de délai, rien. Le 8 juin, les autorités de surveillance interviennent. Le 9 juin, la commune répond. La justification du retard : « jours fériés et absences pour cause de vacances ».

Ce que la commune admet

Sur le fond, le courrier est en grande partie un aveu. Pour le salon de la chasse Jagdmesse Schweiz, la Terra Expo et le salon de la pêche sportive, aucune autorisation communale de manifestation n'était nécessaire selon la commune. Les questions de sécurité et de circulation n'ont pas été examinées au cas par cas, mais de manière forfaitaire dans le cadre de la procédure d'autorisation de construire de l'époque. Aucune autorisation publicitaire n'a été délivrée. Et textuellement : « Les aspects relevant du droit de la protection animale n'ont pas été examinés par la commune. »

La commune confirme ainsi ce que le service vétérinaire d'Argovie avait déjà consigné par écrit: La foire de la chasse des chasseurs de loisir est passée à travers tous les niveaux de contrôle. Aucune notification au service vétérinaire, aucun contrôle sur place, aucun document, et désormais officiellement confirmé, aucune vérification communale d'aucune sorte. Une manifestation avec armes, trophées et lien avec les animaux a eu lieu dans un système où chaque niveau se déclare incompétent.

Des animaux vivants dont personne n'avait connaissance

La situation documentaire devient particulièrement explosive en raison d'un détail issu du programme même de la foire : à la foire de la chasse, des démonstrations de chiens de chasse ont eu lieu à plusieurs reprises. Le service vétérinaire a toutefois indiqué qu'il n'avait «aucune connaissance d'une démonstration d'animaux vivants». Des animaux vivants ont donc été manifestement présentés dans une foire commerciale, sans que l'autorité spécialisée en ait eu connaissance, et encore moins qu'elle ait pu vérifier si les prescriptions de l'ordonnance sur la protection des animaux étaient respectées, ou si une autorisation était requise au sens de l'art. 13 LPA, qui soumet à autorisation l'utilisation d'animaux vivants à des fins publicitaires. Dans son courrier, le service vétérinaire a expressément demandé qu'on lui communique des indices concrets. Nous avons donné suite à cette demande.

Ce que la commune refuse

Concernant l'ensemble des questions relatives à la plainte pénale contre notre plateforme, le conseil communal refuse toute information, de manière générale, en se référant à des «procédures pénales en cours». Restent ainsi sans réponse des questions qui n'ont rien à voir avec la procédure pénale elle-même : existe-t-il une décision formelle du conseil communal concernant la pétition selon l'art. 33 al. 2 Cst. ? Combien de courriels individuels sont réellement parvenus ? A-t-on recueilli des avis auprès de l'OFCOM ou auprès des autorités de protection des données avant la plainte pénale ? Y a-t-il eu un conseil juridique externe ? Ce sont là des questions relatives à l'action administrative de la commune, non à la procédure pénale. Au sujet de la pétition et de ses 170 signataires, on se contente de dire : «Votre pétition a été prise en compte.» Comment de cette pétition a pu naître une plainte pénale contre les personnes critiques, nous l'avons documenté en détail.

Les leviers que le conseil communal n'a pas actionnés

La commune adopte la position selon laquelle la protection animale relève uniquement du service vétérinaire cantonal. C'est un raccourci. Une recherche dans la législation argovienne le montre : le conseil communal disposait d'au moins quatre instruments d'action propres et n'en a utilisé aucun.

Premièrement : les tâches communales en matière de protection animale. L'ordonnance cantonale sur l'exécution de la législation sur la protection des animaux (SAR 393.111) part expressément du principe que les conseils communaux assument des tâches de protection animale. Le service vétérinaire supervise les conseils communaux dans ce domaine et peut leur déléguer des tâches. Quiconque prétend, en tant que commune, n'avoir rien à voir avec la protection animale n'a pas lu sa propre base légale.

Deuxièmement : signalement et entraide administrative. Au plus tard depuis la pétition de novembre 2025, le conseil communal avait connaissance d'indices étayés de dysfonctionnements, fondés sur l'enquête de la PSA portant sur environ 60’000 détentions de reptiles contraires à la protection animale et donc punissables en Suisse, avec l'Umwelt Arena comme plaque tournante. Une simple transmission au service vétérinaire aurait suffi à activer l'autorité spécialisée. Elle n'a jamais eu lieu : le service vétérinaire nous a confirmé par écrit qu'aucun signalement concernant le salon de la chasse ne lui était parvenu. Selon l'art. 24 LPA, l'autorité compétente intervient sans délai en cas de dysfonctionnements constatés. Les autorités qui détournent le regard ne peuvent se soustraire à cette obligation par une ignorance qu'elles ont elles-mêmes organisée.

Troisièmement : sa propre police. Dans le système de sécurité dual argovien, la police régionale est l'organe d'exécution du conseil communal. Le conseil communal aurait pu ordonner à sa Repol de faire acte de présence au salon de la chasse ou aux bourses de reptiles et d'y faire des constatations. Cela non plus n'a pas eu lieu, pas même après que, le 8 mars 2026, un militant de la protection animale a été agressé physiquement au cou.

Quatrièmement : le droit de la construction. La commune écrit elle-même que les manifestations se sont déroulées «dans le cadre des autorisations existantes en matière de droit de la construction et d'exploitation». C'est précisément là que réside sa compétence propre : en tant qu'autorité délivrant les permis de construire, elle pourrait examiner si des bourses commerciales d'animaux récurrentes et un salon pour chasseurs de loisir sont couverts par l'affectation d'une halle conçue et commercialisée comme un phare de l'éducation environnementale. La manière dont l'Umwelt Arena oppose sa marque de durabilité au bien-être animal est documentée. Jusqu'ici, personne ne lui a posé la question du droit de la construction, et sa propre commune moins que tout autre.

Une autorité, un seul acte

Si l'on dresse le bilan, un constat remarquable s'impose. Dans un conflit portant sur la protection animale, la sécurité publique et la crédibilité d'une institution présentée comme durable, le conseil communal de Spreitenbach n'a, pendant des mois, accompli qu'une seule action consignée dans les dossiers : la plainte pénale contre la plateforme qui a rendu publiques ces dérives. En sont responsables l'ensemble du conseil communal, le président de commune Markus Mötteli (Le Centre), la vice-présidente de commune Doris Schmid-Hofer (PLR) ainsi que les conseillers sans parti Adrian Mayr et Mike Heggli. Ces mêmes quatre personnes, à qui s'adressaient les courriels de protestation, ont aussi laissé sans réponse les trois lettres de notre plateforme, jusqu'à ce que les autorités de surveillance interviennent. Aucun signalement, aucun contrôle, aucune vérification, aucune intervention policière, aucune réponse à trois lettres, jusqu'à ce que les autorités de surveillance interviennent. Mais une plainte pénale pour de prétendus 850 courriels de protestation, une présentation trompeuse, car derrière se trouvent 170 expéditrices et expéditeurs, dont les courriels n'ont été envoyés qu'à cinq adresses de la commune chacun.

Que la commune puisse désormais répondre en un seul jour, dès que l'ÖDB et le département communal frappent à la porte, prouve d'ailleurs une chose : elle l'aurait toujours pu, pour les trois lettres. Elle ne l'a voulu que lorsqu'elle y a été contrainte.

La suite des événements

La procédure de conciliation auprès de la préposée à la transparence et à la protection des données se poursuit, car la réponse de la commune laisse en suspens les principaux ensembles de questions. D'ici au 6 juillet 2026, le conseil communal devra en outre prendre position devant le département communal DVI et soumettre ses dossiers. Nous avons transmis nos compléments aux deux instances. Le conseil communal s'est tu pendant six semaines, alors qu'il aurait pu répondre volontairement. Désormais, il répond parce qu'il y est contraint. Nous restons mobilisés.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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