11 août 2026, 09:48

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Pourquoi il faut autant de chiens de chasse : l'envers dissimulé de l'idylle des examens

JagdSchweiz célèbre les examens de chiens de sang comme une mesure de protection animale. Mais la recherche au sang ne fait que refléter à quelle fréquence la chasse de loisir manque sa cible. Derrière tout cela : le déterrage, l'installation d'entraînement et une vie en chenil.

Rédaction Wild beim Wild — 11 août 2026
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«Berceuse pour les innombrables»

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Les associations de chasse de loisir célèbrent leurs examens de chiens de sang comme une contribution à la protection animale.

La question décisive, elles ne la posent jamais : à quoi servent au juste ces armées de chiens ? La réponse honnête mène aux tirs manqués, au déterrage, à l'entraînement sur animal vivant et à une vie en chenil.

Actuellement, de nombreux examens de chiens ont lieu dans toute la Suisse, et les associations de chasse de loisir aiment se mettre en scène comme les gardiennes de la protection animale. JagdSchweiz, l'organisation faîtière des organisations de chasse de Suisse, a célébré ces examens sur sa page officielle Facebook avec le message que des chiens de chasse bien formés seraient «indispensables à une chasse responsable». On y parle de «passion», d'«engagement» et de «Suchenheil», d'heures bénévoles et d'attelages examinés sur des pistes de 500 et 1000 mètres. Ce qui manque systématiquement dans cette mise en scène, c'est la seule question qui compte : à quoi servent au juste ces armées de chiens de sang ?

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Aucun tir de lynx en Valais

Le lynx est au bord du gouffre génétique, et pourtant le Valais s'apprête à devenir le premier canton de Suisse à autoriser son tir.

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La réponse honnête ne figure dans aucun communiqué de JagdSchweiz. Un chien de rouge suit la trace de sang d'un animal qui n'était pas mort sur le coup. «Schweiss» est le terme d'euphémisme cynégétique pour désigner le sang que perd un animal blessé par balle en fuite. Chaque recherche au sang est ainsi la documentation d'un tir qui n'a pas atteint sa cible proprement. La formation coûteuse célébrée ici comme une vertu est en réalité l'aveu d'un problème structurel : à la chasse de loisir, on rate, on effleure et on blesse régulièrement.

La recherche au sang comme miroir du taux de tirs manqués

On ne peut chiffrer la fréquence des tirs manqués que là où l'on tient un registre, et c'est la grande exception. Il n'existe pas de statistique à l'échelle suisse sur les recherches au sang concernant le gibier blessé. Seule une poignée de cantons documente réellement les recherches au sang. Là où des chiffres existent, ils sont accablants : dans les Grisons, en 2016, sur 5440 cerfs tirés, 564 animaux présentaient une blessure par balle. C'est plus d'un cerf sur dix qui n'a pas été tué proprement, mais blessé par balle.

L'image devient encore plus nette au regard du taux de réussite des recherches au sang. Selon les cantons, il ne se situe qu'entre 35 et 65 pour cent. Cela signifie qu'environ la moitié des animaux blessés à la chasse de loisir ne peuvent jamais être délivrés de leur souffrance. Ils se traînent avec des membres brisés par balle, des tirs dans le ventre ou des os fracassés et agonisent pendant des heures ou des jours, en dehors de toute statistique.

Le taux de recherche au sang est considéré à juste titre dans les milieux spécialisés comme une valeur approchée du taux de tirs manqués. Qui veut comprendre ce lien le trouvera exposé en détail dans notre analyse sur la chasse en mouvement : les tirs sur des animaux en fuite sont fondamentalement plus incertains que les tirs sur des animaux au repos. C'est précisément pour ces tirs prévisiblement peu propres que sont tenus prêts les chiens tant célébrés.

Que l'on puisse faire autrement, Genève le prouve

La question décisive n'est pas de savoir combien de chiens nécessite une chasse de loisir peu propre, mais si l'on a seulement besoin d'une chasse de loisir peu propre. Le canton de Genève donne la réponse. Là-bas, la chasse de loisir est interdite depuis 1974 ; les rares tirs nécessaires sont effectués par des gardes-faune professionnels dotés d'une formation spécialisée reconnue par l'État, de nuit, avec amplificateur de lumière et après identification individuelle de l'animal.

Le résultat est une qualité de tir dont la chasse de loisir ne peut que rêver. L'inspecteur cantonal de la faune la chiffre en ces termes: «99,5 pour cent des animaux abattus sont morts sur le coup.» La souffrance serait minimale, il n'y aurait presque aucun cas où des animaux survivraient blessés à un tir. Là où l'on travaille de manière professionnelle et avec un seul tir mûrement réfléchi, toute l'infrastructure de recherche au sang devient tout simplement superflue. Pourquoi cela fonctionne, notre article sur l'interdiction de chasse dans le canton de Genève.

Le contraste ne pourrait guère être plus marqué: d'un côté, un taux de mort immédiate de 99,5 pour cent avec trois personnes à plein temps, de l'autre, un taux national de réussite de la recherche au sang de 35 à 65 pour cent avec des dizaines de milliers de tireurs de loisir. Ce n'est pas l'ampleur de la formation des chiens qui décide de la souffrance animale, mais l'habileté à la détente.

Genève démasque au passage une seconde illusion. Le post de JagdSchweiz mentionne, à côté de la recherche au sang, expressément le «travail avant le tir» comme domaine d'intervention cynégétique des chiens. C'est précisément cet usage qui n'a rien à voir avec la protection animale. Les chiens qui fouillent et débusquent chassent les animaux sauvages de leur couvert, afin que le chasseur de loisir puisse ne serait-ce que se mettre en position de tir. Cela ne sert pas l'animal, mais le succès de la chasse. À Genève, où l'on vise avec un amplificateur de lumière et où l'on attend après identification individuelle, il n'est besoin d'aucun chien pour cela. Là où l'on travaille de manière professionnelle, aucun animal ne doit d'abord être pourchassé et effarouché pour qu'un tireur de loisir obtienne une occasion.

Battues: le système qui produit la recherche au sang

Le besoin en recherche au sang est le plus dense là où la chasse de loisir tire le plus salement, lors des battues et des chasses en mouvement. Ici, tous les facteurs de risque se conjuguent: animaux en fuite à vitesse changeante, arrière-plans peu clairs, plusieurs tireurs à proximité immédiate et la pression sociale de devoir presser la détente en une fraction de seconde. Que, dans ces conditions, on érafle et blesse fréquemment les animaux n'est pas un accident de service, mais la conséquence prévisible de la méthode. Qui veut lire les liens en détail les trouvera dans notre analyse sur la chasse en mouvement.

Les épreuves de chiens de rouge tant célébrées maintiennent donc précisément la capacité que rend d'abord nécessaire une forme de chasse qui, de manière prévisible, blesse de nombreux animaux au lieu de les tuer. Les chiens réparent ce que la battue provoque.

Ce qui n'apparaît pas sur les photos des épreuves

L'épreuve du chien de rouge est la face présentable du travail des chiens de chasse. La face inavouable se déroule sous terre et derrière des enclos, et là, il ne s'agit pas de recherche au sang, mais de la formation elle-même, souvent sur l'animal vivant.

Dans le terrier artificiel, le chien de terrier est préparé au déterrage sur le renard vivant. Le renard et le chien sont certes séparés par une grille, mais du point de vue de la protection animale, le renard subit une peur mortelle. La protection animale suisse qualifie la formation sur le renard vivant de cas de cruauté envers les animaux. Les spécialistes considèrent cette pratique comme un dressage «à la mordacité», qui, en tant qu'excitation d'animaux les uns contre les autres, est juridiquement très problématique. Ce qui se passe dans de telles installations, notre article Cruauté envers les renards dans le terrier artificiel.

Dans l'enclos à sangliers, le chien est «testé» sur des sangliers élevés à la main. De tels enclos donnent une image totalement déconnectée de la réalité, comme nous l'avons exposé dans l'article Enclos à sangliers en Suisse : les animaux sont habitués aux chiens et aux humains et se comportent comme cela n'arriverait jamais en liberté.

Et dans le déterrage proprement dit, la chasse sous terre, le chasseur de loisir envoie le chien dans le terrier d'un animal capable de se défendre. Pour cela, on développe ou inculque délibérément aux chiens une «mordacité sauvage», c'est-à-dire un certain instinct de prédation, et ils ne craignent pas non plus les affrontements physiques avec l'adversaire. Dans le terrier étroit survient alors la confrontation : de véritables combats sont tout à fait possibles, en particulier lorsque le renard doit se défendre depuis un cul-de-sac. Chez le blaireau, qui peut peser jusqu'à 18 kilos et affronte le chien au lieu de fuir, on constate régulièrement de graves blessures par morsure des deux côtés. Pourquoi cette forme de chasse archaïque doit être interdite, notre dossier sur le blaireau en Suisse le montre. Et le fait que le terrier, lieu de retraite naturel des prédateurs, soit concerné rend l'intervention d'autant plus grave.

Toute l'année au chenil : le prix que paient les chiens

La chasse de loisir façonne ses chiens pour ses besoins et ne leur rend pas justice le reste de l'année. Pour le déterrage, on sélectionne spécifiquement un fort instinct de prédation, pour les autres usages un fort besoin de mouvement et de recherche. C'est précisément cette prédisposition qui rend ces animaux totalement inaptes à une vie en chenil, et c'est justement là qu'ils finissent bien plus souvent que la moyenne. La Protection suisse des animaux souligne que les chiens de chasse sont particulièrement souvent gardés en chenil et qu'ils souffrent particulièrement de ce mode de détention en raison de leur très grand besoin de mouvement et de leur odorat extrêmement développé. Souvent, les chenils sont situés à l'écart des habitations, afin que les aboiements ne dérangent personne.

Les conséquences documentées de cette détention isolée sont accablantes. La Protection suisse des animaux relève des stéréotypies telles que les tournoiements et la poursuite de la queue, l'apathie, le léchage de plaies ainsi que l'agressivité et une peur exagérée. Il est significatif que l'agressivité ne soit pas ici une méchanceté innée, mais une réaction au manque de stimulation et à l'isolement. Ce n'est pas le chien le problème, mais la détention qui lui refuse tout ce pour quoi il a été sélectionné. Que ce ne soit pas un cas isolé, le Valais le montre, où l'office vétérinaire cantonal a dû réagir à des détentions de plus en plus nombreuses et non conformes à la protection animale, souvent chez des chiens de chasse.

Un cas du canton du Jura, pour lequel l'IG Wild beim Wild a déposé une plainte pénale en avril 2023, documente concrètement à quoi ressemblent de telles conditions. Un chasseur de loisir y détenait au moins quatre chiens de chasse dans des chenils non conformes à la protection animale, sans sortie quotidienne et sans enclos extérieur. Les chiens étaient en mauvais état, présentaient des troubles du comportement et étaient agressifs à la suite de ces années de détention, les chenils étaient pleins d'excréments et d'urine. L'ensemble de l'enquête figure dans l'article Les chasseurs de loisir jurassiens protègent-ils plus qu'ils ne chassent ?. Que des chiens de chasse passent toute l'année une vie pénible et désolante dans un chenil et ne puissent se défouler que pendant la période de chasse n'est donc pas une caricature polémique, mais un fait attesté par notre propre enquête.

Celui qui y prête attention au quotidien voit le schéma : des chiens de chasse qui passent la majeure partie de l'année sur un balcon, dans une cave ou dans un chenil et qui aboient jour et nuit par insatisfaction. Ce qui va de soi pour un chien de famille, à savoir la sortie quotidienne, le contact social, l'activité mentale, reste refusé à beaucoup de ces animaux au fort tempérament. On les excite pour quelques jours de chasse par an et on les gère les trois cents jours restants comme un outil que l'on range lorsqu'on n'en a pas besoin.

Comment souffrent les chiens eux-mêmes

Malgré toute l'indignation légitime face à la souffrance des animaux sauvages chassés, une victime échappe régulièrement au regard : le chien de chasse lui-même. Du point de vue de la protection animale, il souffre à plusieurs niveaux, non pas parce que certains chasseurs de loisir seraient malveillants, mais parce que le système traite le chien avant tout comme un animal utilitaire performant. Là où l'aptitude et la fonction de chasse deviennent le critère décisif, le repos, l'attachement, la santé et une vie de chien autodéterminée passent au second plan.

La formation est déjà éprouvante. Les chiens sont dressés à la dureté et à la confrontation avec des animaux sauvages vivants, amenés dans d'étroits boyaux vers des renards et placés dans des situations qui, pour eux aussi, sont extrêmement stressantes et propices aux blessures. Les organisations de protection animale documentent en outre comme risques des méthodes d'éducation intimidantes allant jusqu'aux colliers douloureux et aux dispositifs à stimulation électrique. De telles méthodes sont contraires à la protection animale et ne doivent pas être banalisées comme du folklore.

À cela s'ajoute le danger de l'intervention elle-même. Lors des recherches au sang, des poussées et des déterrages, les chiens travaillent dans un terrain confus, dans les ronces et les cours d'eau, et à proximité immédiate d'animaux sauvages blessés et capables de se défendre. Des blessures par morsure, par piqûre et par déchirure, des chutes, des blessures par balle ainsi que des lésions aux yeux, à la tête et au cou sont des conséquences possibles. Il est particulièrement accablant que des chiens soient utilisés pour poursuivre des animaux déjà touchés et paniqués. Ils deviennent ainsi des participants à un processus qui les met eux aussi à l'épreuve physiquement et psychiquement. À quel point cela est amplement documenté, nos dossiers le montrent Chiens de chasse : utilisation, souffrance et protection animale et Chiens de chasse – victimes de la chasse de loisir.

Ce que disent la protection animale et le droit

La critique de l'utilisation des chiens de chasse ne vient pas du camp des activistes, mais d'expertises juridiques et de la pratique vétérinaire. L'ordonnance suisse sur la protection des animaux interdit en principe, à l'art. 22 al. 1 let. d OPAn, d'utiliser des animaux vivants pour le dressage ou l'examen de chiens, mais accorde une exception explicite aux chiens de chasse. C'est précisément là le cœur juridique du problème: ce qui, pour tout autre détenteur de chien, serait considéré comme de la cruauté envers les animaux, à savoir lancer un chien à la poursuite d'un animal vivant, est légal pour la chasse de loisir. Selon l'art. 75 OPAn, seule est réglementée l'exigence d'une autorisation cantonale pour les installations correspondantes; l'intervention elle-même reste autorisée.

La protection animale suisse rejette par principe l'utilisation de chiens de terrier lors du déterrage, et la fondation pour l'animal dans le droit conclut dans une expertise que le déterrage remplit à plusieurs reprises l'infraction pénale de cruauté envers les animaux selon l'art. 26 de la loi sur la protection des animaux, aussi bien à l'égard des animaux sauvages qu'à l'égard des chiens utilisés. À quel point la réalité sous terre est brutale, le vétérinaire Dr Ralf Unna le décrit d'après sa pratique: les chiens ressortiraient souvent gravement amochés du terrier, avec de multiples fractures de la mâchoire inférieure et de nombreuses blessures aux pattes et au visage, qui devraient être soignées pendant des semaines. Pour lui, c'est une violation manifeste de la loi sur la protection des animaux.

À quel point le risque de blessure est élevé lors des interventions contre les sangliers, un sondage de 2019 cité dans le milieu de la chasse le suggère: selon celui-ci, 95 pour cent des chiens utilisés lors de poussées sur le sanglier auraient subi des blessures. En tant que sondage, cela ne remplace pas une étude indépendante, mais cela s'inscrit dans un tableau clair, qui étaye aussi la thèse du tir manqué. L'association vétérinaire pour la protection animale rapporte que, lors des battues, environ deux tiers des sangliers et environ 60 pour cent des chevreuils femelles présentent des tirs qui ne sont pas immédiatement mortels. C'est précisément là que se révèle le problème de fond: il manque en Suisse toute obligation contraignante de signaler les chiens de chasse blessés ou tués, tout comme il n'existe aucune statistique nationale pour les animaux sauvages blessés par balle. Sans ces chiffres, l'ampleur de la souffrance reste invisible, et c'est précisément ce que veut la politique.

Un problème fait maison, vendu comme une vertu

Le calcul, qu'aucun remerciement associatif ne dresse, est simple. Il faut tant de chiens de chasse précisément parce que tant de tirs manquent leur cible. La formation, l'entraînement et les examens ne sont pas la solution à un problème de protection animale, mais la gestion d'un problème que la chasse de loisir produit elle-même. Un corps de métier maîtrisant son art n'aurait pas besoin d'une infrastructure généralisée de chiens de recherche au sang pour rattraper ses propres tirs manqués.

Le manuel fédéral de chasse formule le principe sans équivoque: l'appréciation du chasseur sur son tir (« j'ai certainement manqué ») n'est pas pertinente pour décider d'une recherche au sang. Tout animal touché et en fuite doit faire l'objet d'une recherche, car les tireurs se trompent notoirement sur leur propre performance de tir. Ce n'est pas un reproche extérieur, cela figure dans leur propre enseignement.

Il est révélateur que JagdSchweiz nomme elle-même la cause décisive dans d'autres publications: dans une annonce concernant un examen de chiens de recherche au sang du Haut-Valais, l'association écrit que des équipes bien formées sont nécessaires pour retrouver le gibier blessé après des accidents de la circulation « ou des tirs imprécis ». Les tirs imprécis sont donc connus, ils n'apparaissent simplement pas dans la publication célébrant l'examen. Quiconque lit le prochain communiqué de l'association sur le « travail de qualité des chiens de chasse » devrait donc garder à l'esprit la question qui n'y est jamais posée: une grande partie de ce travail serait tout simplement superflue si l'on ne tirait pas si souvent à côté. Le « Suchenheil » (salut à la recherche) n'est pas une raison de féliciter. C'est le coup d'envoi de la recherche d'un animal qui souffre parce qu'un tireur de loisir a manqué sa cible.

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« Plaisir » plutôt que nécessité: le cadrage se trahit lui-même

La chasse de loisir se trahit le plus clairement là où elle dévoile son motif réel. Dans une autre publication, JagdSchweiz fait la promotion de la « Semaine du plaisir de Bâle-Campagne », entièrement consacrée « à la chasse et au précieux aliment qu'est le gibier », avec de « délicieuses recettes de gibier » et l'invitation à découvrir la « diversité de la culture de chasse bâloise ». L'aveu est ainsi livré: la chasse de loisir n'est pas une nécessité d'approvisionnement alimentaire, mais un divertissement de loisir mis en scène comme plaisir et culture. Quiconque encadre l'acte de tuer par le « plaisir » ne peut se prévaloir en même temps d'une contrainte objective.

Et le «précieux aliment» vanté est tout sauf inoffensif. L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires recommande aux enfants jusqu'à sept ans, aux femmes enceintes, allaitantes et à celles désireuses d'avoir un enfant de ne manger si possible pas de gibier, car on ne peut exclure qu'il ait été tiré avec de la munition au plomb. L'état actuel des études, que nous avons rassemblé dans l'article Viande de gibier: risques sanitaires liés au plomb et aux PFAS, est sans équivoque: la teneur moyenne en plomb du gibier européen est environ quatorze fois supérieure à celle supposée dans les évaluations de risque de l'UE, et il n'existe pas de seuil sûr pour le plomb. Pour les enfants qui consomment régulièrement du chevreuil, un risque accru de baisse du QI est avéré. L'autorité française ANSES recommande donc de limiter la consommation de gibier à trois fois par an au maximum. À cela s'ajoutent les PFAS, polluants environnementaux persistants, et des zoonoses comme la trichinose, l'hépatite E et les salmonelles. Ce qui est ici célébré comme un «plaisir» représente pour les groupes de population les plus sensibles un risque sanitaire scientifiquement et officiellement identifié.

Ce qui doit changer

En reliant tous les fils, un tableau se dessine qui n'a plus rien de commun avec l'idylle de l'examen. Les chiens sont sélectionnés pour le déterrage afin d'accroître leur instinct de prédation et envoyés au combat contre le renard et le blaireau. Ils sont dressés sur des renards vivants, bien que cela s'apparente au délit de cruauté envers les animaux. Ils fournissent la capacité de recherche au sang que rend nécessaire une pratique de tir notoirement peu propre. Et beaucoup d'entre eux passent la plus grande partie de leur vie isolés dans un chenil. Dans cette chaîne, à chaque maillon un animal souffre: le renard, le blaireau, le chevreuil blessé et le chien lui-même.

Genève démontre depuis plus de cinquante ans que cette chaîne n'est pas nécessaire. Les gardes-faune professionnels atteignent un taux de mort immédiate de 99,5 pour cent, sans aucun déterrage, sans installation d'entraînement, sans armées de chenils. Là où l'on travaille avec des compétences spécialisées plutôt qu'avec un divertissement de loisir, la raison d'être de presque tout ce qui a été décrit ici disparaît. Ce n'est pas une utopie, mais une réalité cantonale vécue, à lire dans notre article sur l'interdiction de chasse dans le canton de Genève.

C'est pourquoi trois mesures sont nécessaires : une interdiction à l'échelle suisse du déterrage et de la formation sur animal vivant, une obligation contraignante de recherche au sang assortie d'une statistique de réussite publique, et une application rigoureuse des prescriptions de protection animale concernant la détention des chiens. À moyen terme, le modèle genevois de gestion professionnelle de la faune indique la voie pour sortir d'un système qui ne prévient pas la souffrance animale mais la gère. En attendant, une chose est sûre : celui qui apprécie vraiment les chiens de chasse ne célèbre pas leurs examens, mais met fin à la pratique qui les contraint à cette existence.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons vérifications des faits, analyses et reportages de fond.

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