Chasse et maladies de la faune
Les chasseurs de loisir prétendent depuis des décennies que la chasse aux renards et autres prédateurs protège la population contre des maladies comme la rage, l'échinococcose alvéolaire, la gale et la borréliose. La science dit le contraire : une chasse plus intensive déstabilise les structures de population, augmente les mouvements migratoires et propage les maladies plus rapidement, non plus lentement. Ce que les associations de chasseurs vendent comme gestion sanitaire est un récit empiriquement réfuté qui sert principalement à légitimer une activité de loisir.
Juridiquement piquant : selon l'art. 26 de la loi sur la protection des animaux, une « raison valable » doit exister pour tuer un animal. Pour la chasse au renard, il n'existe ni planification légale d'abattage ni nécessité de régulation scientifiquement reconnue. Il existe depuis plus de 30 ans au moins 18 études de biologie de la faune qui prouvent : la chasse au renard ne régule pas et ne sert pas à combattre les épidémies. Au contraire.
Ce qui vous attend ici
- Échinococcose alvéolaire : le plus célèbre des contes de chasseurs. Comment l'étude de Nancy montre qu'une chasse au renard intensifiée augmente le taux d'infestation de 40 à 55 pour cent au lieu de le réduire.
- Borréliose : moins de renards, plus de tiques. Pourquoi la chasse aux renards fait exploser les populations de souris et augmente le risque de borréliose.
- Rage : comment l'argument a implosé. Pourquoi les appâts vaccinaux ont vaincu la rage, pas les abattages, et comment le lobby de la chasse a simplement remplacé l'argument de légitimation.
- La pression de chasse favorise les maladies : le mécanisme biologique. Ce que les hormones de stress, l'immunosuppression et les structures sociales détruites ont à voir avec la propagation des maladies.
- Gale et maladie de Carré : interventions contre-productives. Pourquoi la chasse de loisir sape le développement naturel de résistance et produit activement des épidémies.
- Formes de chasse qui génèrent souffrance et favorisent les maladies. Pourquoi la chasse au terrier, la chasse battue, la chasse au piège et la chasse au col agissent structurellement comme facteurs pathogènes.
- Hantavirus, leptospirose, botulisme : ce qui protège vraiment. Pourquoi le renard comme agent sanitaire n'est pas une image, mais un mécanisme biologique.
- Argumentaire. Réponses aux affirmations les plus fréquentes du lobby de la chasse concernant la lutte contre les épidémies.
- Liens rapides. Tous les articles, études et dossiers pertinents.
Ténia du renard : le mensonge de chasseur le plus connu
Moins de renards, moins de ténia du renard, moins de risque d'infection pour l'homme : cela semble plausible au premier abord. Au second regard, c'est tout simplement faux. Dans une étude de la région de Nancy, on a étudié scientifiquement pendant quatre ans si une chasse au renard intensifiée endigue la propagation d'Echinococcus multilocularis. Le résultat : 1700 heures de travail, 15'000 kilomètres de trajets automobiles nocturnes, 776 renards abattus, une augmentation de la pression de chasse de 35 pour cent, et malgré cela la population de renards n'a pas été réduite.
Plus grave encore : le taux d'infestation par le ténia du renard a augmenté dans la zone intensément chassée de 40 à 55 pour cent, tandis qu'il restait constant dans la zone de comparaison sans chasse intensifiée. L'étude porte le titre programmatique « Echinococcus multilocularis management by fox culling: An inappropriate paradigm ». Ce que les associations de chasse vendent comme mesure de protection sanitaire est, selon la science actuelle, non seulement inutile mais contre-productif. L'alternative est fondée sur les preuves : des appâts vermifuges qui peuvent réduire le taux d'infestation des renards à presque zéro pour cent, sans tuer un seul animal.
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Borréliose : moins de renards, plus de tiques
Une autre étude récente montre que la chasse aux renards augmente le risque de contamination par la borréliose de Lyme par les tiques. Le mécanisme est biologiquement compréhensible : les renards sont d'importants chasseurs de souris. Un renard mange environ 4'000 souris par an. Là où les renards manquent ou sont décimés, les populations de souris explosent. Mais les souris sont les hôtes principaux des tiques : sur une souris, des dizaines de larves et de nymphes de tiques peuvent s'infecter simultanément et échanger directement des agents pathogènes.
Qui chasse les renards chasse indirectement son propre système immunitaire : plus de souris signifie plus de tiques, plus de tiques signifie plus de borréliose, plus d'encéphalite à tiques, plus d'hantavirus. Les cantons qui font abattre le plus de renards ont statistiquement le plus de problèmes avec les maladies liées à la faune sauvage. Cette corrélation n'est pas mentionnée dans la communication officielle des autorités de chasse. Elle dérange le narratif.
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Rage : comment l'argument a implosé
La rage est l'argument historiquement le plus important pour la chasse au renard. C'est elle qui légitimait la chasse massive du renard dans l'après-guerre. Le problème : la rage n'a pas été vaincue par les tirs, mais par les appâts vaccinaux. La centrale suisse antirabique avait déjà conclu qu'une réduction cynégétique des populations de renards était « manifestement impossible et que la chasse était même contre-productive pour la lutte antirabique ». Depuis 1998, la rage terrestre est considérée comme éradiquée en Suisse, non grâce aux chasseurs, mais malgré leur chasse au renard.
Psychologiquement intéressant est ce qui s'est passé ensuite : l'argument « lutte antirabique » a disparu, mais la chasse au renard est restée. On a simplement changé d'argument de légitimation, d'abord la rage, puis le ténia du renard, puis la gale, puis la borréliose. Le narratif s'adapte aux réfutations scientifiques, pas la pratique de chasse. C'est ainsi que fonctionne un système conçu pour la continuation et non pour la vérité.
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La pression de chasse favorise les maladies : le mécanisme biologique
La chasse n'augmente pas seulement les maladies indirectement via les populations de souris, mais aussi directement via les hormones de stress. On sait d'autres espèces, y compris les humains, les chiens et d'autres animaux, que lors d'une chasse intensive, un niveau chroniquement élevé d'hormones de stress conduit à une immunosuppression : les animaux sont plus sensibles aux maladies et moins armés pour les défis quotidiens de la vie.
S'ajoute la perturbation de la structure sociale : dans les groupes de renards non perturbés, seule la renarde de rang supérieur se reproduit. Si la communauté se brise à cause de la chasse, presque chaque renarde est fécondée, la taille de la portée augmente, et une équipe de chercheurs a trouvé des taux de progestérone élevés comme indicateur d'une proportion inhabituellement élevée de femelles reproductrices. Le résultat : plus de jeunes, plus de mouvements migratoires, plus de propagation de maladies. Exactement l'opposé de ce que prétendent les associations de chasse.
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Gale et maladie de Carré : interventions contre-productives
La gale surgit localement et s'éteint d'elle-même à nouveau. Particulièrement là où elle s'est répandue très fortement, les renards développent une résistance croissante contre les nouvelles infections. La chasse anéantit cet avantage sélectif naturel : un chasseur de loisir ne peut pas voir la résistance à la gale d'un renard.
Le stress de chasse intensif peut en outre lui-même servir de déclencheur de gale : chaque animal porte des acariens de manière latente sur la peau, mais ils n'éclatent que lorsque le système immunitaire est affaibli par le stress. Qui met les renards sous stress permanent avec des passages, des battues et des pièges à collets, produit activement les épidémies qu'il utilise ensuite comme légitimation pour d'autres chasses. Ce n'est pas de la gestion de la faune, c'est un système de problèmes auto-générés.
Plus d'informations : Pourquoi la chasse de loisir échoue comme contrôle des populations et Genève et l'interdiction de chasse
Formes de chasse qui génèrent souffrance et favorisent les maladies
Toutes les formes de chasse ne sont pas identiques. Certaines augmentent structurellement les risques de maladies :
Chasse au terrier : Des chiens rendus agressifs sont envoyés dans les terriers de renards pour faire sortir les renards. Il se produit des combats souterrains, lors desquels chien et renard se mordent mutuellement. Les blessures favorisent les risques d'infection chez les deux animaux. 70 pour cent de la population souhaiteraient selon un sondage de la Protection Suisse des Animaux une interdiction de la chasse au terrier.
Battue : Chez les animaux sauvages chassés, des hormones de stress nocives pour la santé sont libérées dans les situations d'angoisse, qui se manifestent dans la viande et sont consommées par l'homme dans le gibier. On tire à la chevrotine, ce qui empoisonne le sol forestier avec du plomb et les cadavres comme pièces non trouvées transfèrent le plomb dans la chaîne alimentaire.
Chasse au piège : Les animaux attendent des heures ou des jours dans le piège, sous stress extrême, ce qui affaiblit prouvablement le système immunitaire et augmente la sensibilité aux maladies.
Chasse à l'affût : Les renards et autres prédateurs sont attirés avec de la nourriture et abattus aux places d'appâtage. Le meurtre ciblé des laies et sangliers dominants détruit les structures sociales et augmente les mouvements migratoires, ce qui propage les maladies.
Plus d'informations : Chasse au terrier et Chasse au piège
Hantavirus, leptospirose, botulisme : ce qui protège vraiment
Un renard mange environ 4’000 souris par an. Les souris mettent bas tous les 30 jours 10 à 15 petits et sont déjà matures sexuellement après 6 à 8 semaines. Le lien est mathématiquement évident : là où les renards manquent, les populations de souris explosent et avec elles les risques d'hantavirus, de leptospirose et de borréliose.
L'hantavirus se transmet par les excréments de souris et provoque des maladies semblables à la grippe pouvant aller jusqu'à l'insuffisance rénale. La leptospirose survit dans les flaques d'eau pendant des semaines et infecte les chiens et les humains. Le botulisme se développe dans les cadavres qui s'accumulent dans l'ensilage et le foin ; dans une fiche d'information destinée aux agriculteurs, il était recommandé de faucher les champs la veille au soir pour que les renards, en tant que charognards, consomment les animaux morts, ce qui réduit considérablement les risques de botulisme dans l'ensilage. Le renard comme police sanitaire n'est pas une métaphore, c'est un mécanisme biologique.
Plus d'informations : Effarouchement de la faune sauvage et Argumentaire contre la chasse de loisir et pour les gardes-faune
Ce qui devrait changer
- Arrêter la chasse au renard : Au moins 18 études de biologie de la faune sur trois décennies prouvent que la chasse au renard ne régule pas les populations et favorise les maladies au lieu de les endiguer. La Suisse devrait suivre l'exemple du Luxembourg et suspendre la chasse au renard. Intervention modèle : Textes modèles pour des interventions critiques de la chasse
- Utiliser des appâts vermifuges au lieu d'abattages : L'étude de Nancy et d'autres recherches montrent que les appâts vermifuges oraux peuvent réduire le taux d'infestation par le ténia du renard à quasiment zéro, sans tuer un seul animal. Cette méthode doit être financée et mise en œuvre de manière généralisée.
- Interdire la chasse au terrier et la chasse au piège : Ces deux formes de chasse causent une souffrance animale extrême et favorisent les épidémies par le stress et l'immunosuppression. 70 pour cent de la population soutiennent une interdiction de la chasse au terrier.
- Découpler le monitoring des maladies de la faune sauvage de la chasse de loisir : Le monitoring des maladies de la faune sauvage ne doit pas être entre les mains de ceux qui ont intérêt à poursuivre la chasse. Des instances vétérinaires indépendantes doivent reprendre la souveraineté sur les données.
- Gestion professionnelle de la faune selon le modèle genevois : Des gardes-faune étatiques avec accompagnement vétérinaire peuvent gérer les maladies de la faune sauvage de manière fondée sur les preuves, sans déstabiliser les structures de population qui permettent la résistance naturelle aux maladies. Intervention modèle : Interdiction de la chasse selon le modèle de Genève
Argumentaire
« Sans chasse au renard, le ténia du renard deviendrait une épidémie. » L'étude de Nancy montre le contraire : l'intensification de la chasse au renard a fait passer le taux d'infestation de 40 à 55 pour cent, tandis qu'il est resté constant dans la zone de comparaison sans intensification de la chasse. Les auteurs qualifient la chasse au renard pour lutter contre les épidémies de « paradigme inapproprié ». Ce qui fonctionne réellement, ce sont les appâts vermifuges qui réduisent le taux d'infestation à quasiment zéro, sans tuer un seul animal. Le ténia du renard est l'argument, pas la solution.
« Moins de renards signifie moins de maladies pour l'homme. »Moins de renards signifie plus de souris, plus de souris signifie plus de tiques, plus de tiques signifie plus de borréliose, plus d'encéphalite à tiques, plus d'hantavirus. Un renard mange 4’000 souris par an. Là où les renards manquent, les populations des hôtes principaux des tiques et des agents zoonotiques explosent. Ce n'est pas un argument d'activistes, c'est de la biologie des chaînes alimentaires.
« La lutte contre la rage prouve que la chasse au renard fonctionne. »La rage n'a pas été vaincue par les abattages, mais par les appâts vaccinaux. La centrale suisse de la rage a elle-même constaté que la réduction de population par la chasse était « manifestement impossible » et « même contre-productive ». Depuis 1998, la rage terrestre est éradiquée en Suisse, non pas grâce à la chasse de loisir, mais malgré elle. L'argument de la rage est un aveu historique, pas une preuve.
« Les renards galeux doivent être abattus pour arrêter la propagation. » La gale s'allume localement et s'éteint d'elle-même. Là où elle se propage, les renards développent une résistance croissante. La chasse de loisir anéantit cet avantage sélectif naturel, car un chasseur de loisir ne peut pas voir la résistance à la gale d'un renard. Le stress de la chasse affaiblit en outre le système immunitaire et active les acariens présents à l'état latent, la chasse de loisir produit donc activement les épidémies qu'elle utilise ensuite comme justification.
«La chasse est de la prévention d'épidémies.» La chasse est le contraire de la prévention d'épidémies. La chasse déstabilise les structures sociales, augmente les mouvements migratoires, supprime les systèmes immunitaires par le stress chronique et détruit les mécanismes de régulation naturels. Ce qui serait de la prévention d'épidémies : des populations stables de prédateurs, des structures sociales intactes, des appâts vermifuges, un monitoring vétérinaire indépendant. Toutes des mesures qui ne nécessitent aucune chasse de loisir.
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Notre exigence
L'affirmation que la chasse de loisir protège contre les maladies de la faune n'est pas seulement fausse, elle est empiriquement réfutée. Au moins 18 études de biologie de la faune sur plus de trois décennies démontrent de manière consistante la même chose : la chasse déstabilise les structures de population, augmente les mouvements migratoires, supprime les résistances immunitaires naturelles et propage les maladies plus rapidement. Qui tire sur les renards produit plus de souris, plus de tiques, plus de borréliose, plus d'hantavirus. Ce n'est pas un argument d'activiste, c'est de la biologie.
Ce qui protège réellement, c'est le contraire : des populations stables de prédateurs, des structures sociales intactes, des appâts vermifuges au lieu de l'abattage, une gestion professionnelle de la faune au lieu de divertissement armé. Le canton de Genève montre depuis 50 ans que ce modèle est moins cher, plus respectueux des animaux et épidémiologiquement plus efficace que toute chasse milicienne. Ce dossier sera continuellement mis à jour lorsque de nouvelles études, chiffres ou développements politiques l'exigeront.
Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous regroupons fact-checks, analyses et reportages de fond.
