18 août 2026, 16h32

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Un rapport technique officiel retire tout fondement à la chasse au renard

Chaque année, environ 19’000 renards roux sont abattus en Suisse, au nom de la régulation des populations, de la prévention des épidémies et de la protection des espèces menacées. Un rapport d'expertise commandé par le canton de Zoug a désormais examiné pour la première fois ces justifications de manière scientifique. Le résultat : la chasse au renard ne régule pas les populations, ne réduit pas le risque de maladie et n'empêche pas les dommages. L'IG Wild beim Wild appelle les autres cantons à en tirer les conséquences.

Le rapport « Bases scientifiques concernant la chasse au renard » a été commandé par l'Office des forêts et de la faune de la Direction de l'intérieur du canton de Zoug et réalisé par le bureau spécialisé zurichois SWILD (écologie urbaine, recherche sur la faune sauvage, communication). Il est paru en mai 2026 et a servi de base au Conseil d'État pour répondre à une pétition. Il s'agit du seul rapport cantonal commandé sur la chasse au renard en Suisse à ce jour.

Aucun effet régulateur malgré des efforts importants

Le rapport constate que la chasse pratiquée aujourd'hui sur de vastes surfaces n'a aucun effet régulateur sur les populations de renards. Les renards compensent rapidement les pertes : les femelles se reproduisent plus tôt, ont des portées plus grandes, les jeunes et les adultes survivent mieux, et de nouveaux animaux migrent depuis les régions environnantes. La population n'est pas régulée par la chasse, mais par l'offre de nourriture et par les maladies. Les chiffres zougois le confirment : au cours des 25 dernières années, en moyenne un peu plus de 300 renards par an y ont été abattus, avec une tendance fortement à la baisse, sans que la population n'ait augmenté.

Des animaux majoritairement sains abattus

À quel point la chasse a peu à voir avec la prévention des épidémies, le canton de Lucerne le montre bien, lui qui est le seul à recenser systématiquement l'état de santé des renards abattus. Sur 2’217 animaux tués, seuls 39 présentaient un diagnostic de maladie. Plus de 98 pour cent des renards abattus étaient en bonne santé.

Concernant l'échinocoque du renard, la chasse est contre-productive

Le constat est particulièrement clair en ce qui concerne l'échinocoque du renard. Le rapport renvoie à une étude française de la région de Nancy (Comte et al. 2017), dans laquelle une chasse intensive n'a pas réduit la population de renards, mais a fait passer la prévalence de l'échinocoque dans la zone chassée de 44 à 55 pour cent. La raison : les vides créés par la chasse sont comblés par de jeunes renards migrants qui portent une charge parasitaire particulièrement élevée. Le même schéma s'est observé avec la rage, qui n'a pas été vaincue par la chasse et le gazage des terriers, mais par des appâts vaccinaux.

Luxembourg : le taux d'infestation a nettement baissé depuis l'interdiction de la chasse

Ce que suggèrent les études, le Luxembourg le confirme à l'épreuve de la pratique. Notre pays voisin a totalement interdit la chasse au renard en 2015. Depuis lors, le laboratoire vétérinaire national examine chaque année une centaine de renards retrouvés morts. Le taux d'infestation par l'échinococcose alvéolaire n'a pas augmenté depuis, mais est passé d'environ 40 à moins de 10 pour cent. La ministre compétente relève que ce recul est intervenu «contrairement aux craintes de certains acteurs», et que rien ne s'oppose à la poursuite de l'interdiction. Le canton de Genève se passe lui aussi de chasse de loisir depuis 1974 ; au cours des deux dernières années, aucun tir de régulation du renard n'y a eu lieu.

Des dégâts faibles, des mesures de protection plus efficaces que les tirs

La protection du bétail ne justifie pas non plus la chasse. Dans le canton de Zoug, 67 cas de dégâts au total ont été signalés entre 2012 et 2025, pour une somme globale d'environ 28’000 francs, soit environ 2’000 francs par an. Plus de 93 pour cent des pertes concernaient des poules. Selon le rapport, le fait qu'une exploitation soit touchée ne dépend pas de la densité de renards, mais de la protection des étables et des enclos. Des clôtures sécurisées et la mise bas des agneaux à l'étable empêchent les attaques de manière fiable.

Un canton suisse a enfin fait ce qui s'imposait depuis longtemps : faire examiner scientifiquement la chasse au renard, au lieu de la justifier par l'habitude. Le résultat est sans équivoque. Lorsqu'une mesure n'agit ni contre les épidémies, ni pour la protection des espèces, ni contre les dégâts, il ne s'agit pas de gestion de la faune, mais d'un rituel. Nous attendons des autres cantons qu'ils prennent connaissance de ces faits, déclare Carl Sonnthal de l'IG Wild beim Wild.

Les premières conséquences sont déjà visibles

Le constat zougois produit des effets au-delà des frontières cantonales. La commission de chasse de Zoug a décidé de ne plus promouvoir activement la chasse au renard. Le canton de Bâle-Ville se dit ouvert à un examen approfondi d'un renoncement à la chasse ordinaire au renard, et s'appuie également sur le rapport zougois. L'IG Wild beim Wild invite tous les cantons à examiner la chasse au renard sur la même base scientifique. Aucune loi fédérale n'oblige les cantons à pratiquer la chasse au renard ; la marge de manœuvre leur appartient.

Sources et informations complémentaires