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Chasse

Pétition installation de déterrage Schwadernau : mettre fin à la maltraitance animale

Une pétition demande la fermeture de l'installation de déterrage de Schwadernau, où des blaireaux et des renards sont utilisés pour l'entraînement de chiens de chasse.

Rédaction Wild beim Wild — 23 février 2019

L'association des chasseurs à chien d'arrêt du canton de Berne souhaite construire sur son terrain près de Schwadernau un terrier artificiel — une soi-disant installation de déterrage — comme terrain d'entraînement pour chiens de chasse.

Dans le canton de Berne, environ un cinquième de tous les renards roux de Suisse sont abattus, alors que les spécialistes n'y voient aucun intérêt. La chasse ne protège rien, la chasse ne sert à rien ! Signez maintenant la pétition contre l'installation de déterrage à Schwadernau en signant !

Pétition Schliefanlage Schwadernau : stop aux mauvais traitements infligés aux animaux, maintenant
Mathias Kunz
(Capture d'écran Facebook)

L'un des auteurs du projet, du nom de Mathias Kunz de Meinisberg, feint même de fonder ce projet de maltraitance animale sur des faits scientifiques : Il estime notamment que la chasse au renard est absolument nécessaire. D'une part, pour éviter les surpopulations et donc la propagation de maladies. D'autre part, le renard serait aussi un prédateur qui menace d'autres espèces animales comme les oiseaux nichant au sol, le lièvre et d'autres petits animaux. La chasse au terrier constituerait ainsi une contribution à la préservation de la biodiversité, affabule le chasseur amateur dans le Bieler Tagblatt. Ces sornettes de chasseur contredisent cependant de façon diamétralement opposée les expériences accumulées depuis des années dans le canton de Genève ou, par exemple, au Luxembourg, où la chasse au renard est interdite depuis plusieurs années !

Des faits plutôt que des sornettes de chasseur et de la maltraitance animale

Selon le Centre suisse de la rage, il est établi que les activités des chasseurs amateurs n'ont fait qu'aggraver la propagation de la maladie, et il en va de même pour la gale du renard, etc. Une installation de déterrage artificielle à Schwadernau n'y changera rien. Par cette pétition, nous disons NON à l'installation de déterrage à Schwadernau.

La prétendue menace pesant sur les oiseaux des prairies peut être reléguée au rang des contes de chasseurs. Des recherches ont démontré que l'influence des renards sur les populations d'oiseaux est négligeable, et que c'est l'intensification de l'agriculture qui est la principale menace pour les oiseaux nichant au sol. Cela est d'autant plus compréhensible si l'on considère la nourriture principale des renards : les souris et les vers de terre. Les renards sont de véritables auxiliaires pour l'agriculture et sont même considérés par certains comme une «police sanitaire». En revanche, peu de gens savent que les renards sont aussi d'excellents auxiliaires forestiers et qu'ils protègent les humains contre certaines maladies en éliminant activement les souris (considérées comme les principaux vecteurs de la maladie de Lyme, entre autres).

On est en droit de se demander pourquoi le renard est encore chassé avec une telle intensité, alors que depuis des années, une campagne nationale de l'IG Wild beim Wild et d'organisations partenaires informe le public sur les affabulations des chasseurs et sur les actes de cruauté envers les animaux pratiqués par ces tireurs embusqués sans scrupules.

Le contrôle social de la densité régule les populations de renards. Comme nous le savons grâce aux zones exemptes de chasse, la structure sociale des populations de renards fait que ceux-ci ne se reproduisent pas de manière excessive. Lorsqu'on laisse les renards tranquilles, ils vivent en communautés familiales stables, au sein desquelles seule la femelle de rang le plus élevé (la renarde dominante) donne naissance à des petits. Le taux de natalité est relativement faible et la densité de population reste constante.

L'agriculture industrielle est le principal facteur du déclin des espèces menacées, car elle détruit l'habitat des animaux. Les nouvelles terres agricoles, les monocultures, les engrais et les pesticides détruisent progressivement les structures naturelles indispensables à leur survie — la surenchère en engrais fait également disparaître les ressources alimentaires. Toutefois, la mise à mort d'animaux par les chasseurs amateurs exerce une pression supplémentaire sur des populations déjà fragilisées et peut les amener au bord de l'extinction. De manière absurde, la chasserie tente d'attribuer le déclin de nombreuses espèces animales, comme le lièvre des champs, à des prédateurs tels que le renard. Or, les renards se nourrissent principalement de souris et de vers de terre et ne représentent aucune menace pour la population de lièvres ou pour les oiseaux nichant au sol, à l'exception des animaux malades ou affaiblis. D'une part, il serait une perte de temps pour le renard de chercher en vain une proie rare et donc difficile à trouver ; d'autre part, un lièvre en bonne santé n'est pas une proie pour le renard, aussi rapide soit-il — grâce à leurs puissantes pattes arrière, ces longues oreilles peuvent se propulser de zéro à plus de 70 km/h en un instant. Des études montrent que la grande majorité des lièvres consommés par les renards sont ingérés sous forme de charogne.

Terrier artificiel (Schliefanlage) à Schwadernau

Les installations d'entraînement de Schwadernau sont destinées à préparer des chiens de chasse agressifs à la pratique cruelle de la chasse au terrier contre les renards ou les blaireaux. Un renard est placé dans un terrier artificiel comportant plusieurs galeries et chambres (bassins), et le chien doit le localiser dans ce réseau de galeries. Même si le renard et le chien restent séparés par une grille, cette pratique génère un stress considérable pour les renards utilisés et maintenus dans des conditions misérables. Les chasseurs sont aujourd'hui si bien équipés techniquement que la question de la proportionnalité et du motif raisonnable se pose également ici. La souffrance animale, tant pour le renard que pour le chien, est inévitable. C'est pourquoi nous nous y opposons avec cette pétition concernant l'installation de Schwadernau.

Les renards placés dans de tels équipements d'entraînement vivent à chaque séance cette terreur mortelle, s'ils ne sont pas déjà morts de stress lors de la première. Ce que l'on entend par «soins adaptés à l'espèce et protection des animaux» dans ce contexte, on préfère ne pas l'imaginer. Ces installations sont de la pure cruauté envers les animaux. Les renards de l'installation de Schwadernau passeront leur vie dans une captivité misérable.

Avertissement : cette vidéo montre toute la brutalité de la chasse au renard et n'est pas recommandée, en particulier pour les personnes qui ont du mal à traiter rapidement ce type de scènes.

La chasse au terrier fait appel à des chiens de chasse rendus artificiellement agressifs pour débusquer les renards de leurs terriers afin qu'ils puissent être abattus à l'extérieur par les chasseurs amateurs qui attendent. L'animal est lancé contre un autre animal, ce qui donne lieu à un combat entre animaux, interdit par le droit suisse en vigueur. Des chasseurs amateurs à tendances sadiques acceptent délibérément que leurs chiens soient maltraités. Des combats souterrains à mort surviennent fréquemment, au cours desquels le chien et le renard se mordent mutuellement et se blessent grièvement. La chasse au terrier enfreint plusieurs dispositions relatives à la cruauté envers les animaux selon l'art. 26 LPA.

Pour diverses raisons, il arrive régulièrement que le renard se retranche au lieu de fuir, qu'il se retrouve face au chien dans une impasse, ou que le chien tombe sur un blaireau qui ne fuira pas. Lors de ces combats, les animaux se mordent violemment, avec de graves blessures à la poitrine, aux membres, au visage et aux oreilles. Si le chien parvient encore à remonter seul à la surface après un contact ou un combat, il a de la chance. Mais il arrive souvent qu'il doive être euthanasié par un vétérinaire en raison de blessures extrêmement graves.

La formation des chiens ainsi que les chiens eux-mêmes représentent un investissement financier. C'est notamment pour cette raison que les chiens portent aujourd'hui généralement un émetteur permettant de les localiser sous terre. Il faut parfois les déterrer à la pelleteuse ou à la pelle, ce qui peut prendre des heures. Il n'est pourtant pas rare que des chiens s'asphyxient ou ne soient plus retrouvés et meurent misérablement de soif. Des chasseurs amateurs critiques envers la chasse au terrier et attachés au bien-être de leurs chiens déclarent qu'ils n'enverraient jamais leur chien dans un terrier de renard et que poursuivre le renard jusque dans son dernier refuge est contraire à l'éthique cynégétique.

À l'échelle nationale, la chasse au terrier, sadique et cruelle envers les animaux, est encore pratiquée par une petite minorité (5 à 10 % des renards sont abattus par ce biais), c'est-à-dire par des chasseurs amateurs anachroniques dans le cadre d'une prétendue expérience de la nature mal comprise. Disons NON avec cette pétition à l'installation de dressage au terrier à Schwadernau !

Lettre de réponse de la commune de Schwadernau du 24.4.2020 à l'IG Wild beim Wild : Lien

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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