2 avril 2026, 03:02

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Psychologie et chasse

Psychologie des chasseurs amateurs : motivations et violence

La chasse récréative est souvent présentée comme une tradition ou une forme de protection de la nature. D'un point de vue psychologique, cependant, il convient de s'interroger sur les motivations et les justifications qui sous-tendent un acte volontaire de mise à mort et sur ses conséquences sociétales potentielles.

L'équipe éditoriale Wild beim Wild — 6 janvier 2026

La chasse de loisir est souvent présentée comme une tradition culturelle ou comme une contribution à la conservation de la nature.

D’un point de vue psychologique, une autre question se pose : quels sont les motifs qui poussent les gens à tuer volontairement des animaux, et quelles justifications internes sont nécessaires à cet acte ? Les recherches sur la motivation, l’empathie et la violence apportent des éclairages qui, jusqu’à présent, n’ont guère retenu l’attention du public.

Les chasseurs amateurs font état d'un lien profond avec la nature sauvage.

Les psychologues décrivent la chasse de loisir comme un moyen naturel de gérer le stress : la tranquillité de la nature, la concentration sur l’environnement et le moment présent auraient un effet méditatif. Cependant, une personne profondément spirituelle et méditative s’adonnerait difficilement à la chasse de loisir. C’est comme la répulsion entre deux pôles d’aimants.

De nombreux chasseurs amateurs ressentent pendant ces heures une intense libération d'adrénaline et d'endorphines, comparable à celle des athlètes de l'extrême.

Cependant, leurs motivations ne sont pas toujours claires. Des études montrent que les chasseurs amateurs n'agissent pas seulement par amour de la nature, mais aussi par goût du spectacle ou pour se mettre en avant.

Les traits de personnalité dits de la « Triade noire » — narcissisme, machiavélisme et psychopathie — se manifestent. Les chasseurs de trophées qui abattent des animaux rares ou des spécimens particulièrement imposants utilisent la chasse comme symbole de statut social.

Ce débat est aussi le reflet de la société sur elle-même. Les chasseurs amateurs incarnent un comportement qui peut susciter le dégoût.

Éthique entre tradition et critique

Les chasseurs amateurs affirment tuer les animaux rapidement et sans douleur, témoignant ainsi de leur respect pour certaines espèces. Ils invoquent l'alimentation et la régulation de la nature comme justifications. Leurs détracteurs, quant à eux, estiment que tuer pour le plaisir ou les sensations fortes remet en cause la légitimité morale de la chasse de loisir . Les psychologues soulignent que, dans de tels cas, l'empathie est souvent rationalisée ou refoulée afin d'éviter un conflit moral.

La perception de la chasse par la société est ambivalente. Si la chasse pour se nourrir est encore acceptée comme un loisir, la chasse de loisir ou pour la conservation de trophées est fortement critiquée. L'éthique, le droit et les motivations personnelles sont en tension, et cette tension fait l'objet d'études scientifiques de plus en plus nombreuses. La chasse de loisir n'est pas un phénomène culturel. Elle désigne la chasse comme une activité de détente, et non comme une activité nécessaire à la survie ou à la lutte contre les nuisibles.

La chasse récréative est souvent critiquée, notamment par les organisations opposées à la chasse, qui soulignent que des animaux sauvages sont tués alors que cela n'est pas scientifiquement nécessaire. De nombreuses espèces animales réagissent à la chasse récréative par une augmentation de leur activité reproductive. Les chasseurs récréatifs ne régulent donc pas les populations fauniques, mais les manipulent, les terrorisent et les maltraitent.

Cadre juridique

Dans la plupart des pays, la chasse de loisir est soumise à une réglementation stricte. Les lois de la chasse précisent quand, comment et quels animaux peuvent être abattus. Les infractions, telles que la chasse aux trophées sans permis, la chasse hors saison ou l'utilisation d'armes prohibées, peuvent entraîner de lourdes amendes, des interdictions de chasse, voire des peines d'emprisonnement. Cependant, la loi ne réglemente pas les motivations personnelles du chasseur de loisir : que la chasse soit motivée par la tradition, la subsistance ou le plaisir, elle reste juridiquement inattaquable. Du point de vue de la biologie de la faune sauvage, 95 % des prélèvements de chasse ne nécessitent aucune réglementation.

Le retour des loups et des lynx a relancé le débat : certains les considèrent comme une alternative à la chasse récréative. Sur le plan politique, la chasse récréative demeure autorisée et strictement réglementée ; les interdictions pures et simples recueillent peu de soutien, mais les appels à des restrictions (moins de nourrissage, davantage de protection de la nature, des saisons de chasse plus courtes) se multiplient.

Depuis le 1er février 2025, par exemple, la chasse nocturne au sanglier en forêt est interdite en Suisse ; la chasse est désormais proscrite entre une heure après le coucher du soleil et une heure avant son lever. L’objectif : plus de tranquillité pour la faune sauvage, notamment la nuit. Les associations de protection animale saluent cette mesure ; les associations de chasse et les agriculteurs, quant à eux, dénoncent des conséquences néfastes. La pratique absurde de la chasse nocturne aux petits prédateurs (renards, blaireaux, martres, etc.) reste cependant autorisée.

La chasse récréative n'a aucune importance culturelle et pratiquement aucune importance économique, et engendre de graves conséquences écologiques. Quiconque aime la nature devrait être conscient que chaque perturbation, même apparemment mineure, a un impact direct sur la faune. Une gestion équilibrée de la chasse, telle que pratiquée dans le canton de Genève, est donc essentielle à la préservation de la biodiversité et de la tranquillité de nos forêts. Des études et des observations naturalistes montrent que la biodiversité à Genève a augmenté depuis l'interdiction de la chasse. Ce modèle est désormais largement considéré comme une réussite à Genève. Il prouve que les populations d'animaux sauvages ne doivent pas nécessairement être régulées par la chasse récréative. Les conflits peuvent être résolus par l'intervention professionnelle des gardes-chasse. Il est éthiquement plus justifiable de ne tuer des animaux qu'en cas d'absolue nécessité. Genève et bien d'autres exemples démontrent qu'une interdiction de la chasse n'entraîne pas automatiquement le chaos ; au contraire, biodiversité et populations stables sont possibles.

Compte tenu du chaos dans lequel se trouve la nature après des décennies de gestion et de soins non scientifiques par des chasseurs amateurs, il n'est pas surprenant que de plus en plus d'acteurs concernés se plaignent.

L'IG Wild beim Wild (Groupe d'intérêt pour la faune sauvage) propose une perspective critique : les chasseurs amateurs ne sont pas dépeints comme fondamentalement mauvais, mais leur psychologie, leurs motivations et leur perception d'eux-mêmes sont analysées. Les questions de moralité, de responsabilité et d'acceptation sociale demeurent et sont soulevées à nouveau à chaque saison de chasse.

Plus d'informations à ce sujet dans le dossier : Psychologie de la chasse

Pour en savoir plus

À propos de la chasse de loisir : dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des rapports de fond.

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