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Psychologie & Chasse

Psychologie des chasseurs de loisir : motifs et violence

La chasse de loisir est souvent présentée comme une tradition ou de la conservation. D'un point de vue psychologique, la question se pose cependant de savoir quels motifs et justifications sous-tendent un acte de mise à mort volontaire et quelles conséquences sociétales cela peut avoir.

Rédaction Wild beim Wild — 6 janvier 2026

La chasse de loisir est souvent présentée comme une tradition culturelle ou comme une contribution à la conservation.

D'un point de vue psychologique, une autre question se pose cependant : quels motifs poussent les gens à tuer volontairement des animaux, et quelles justifications intérieures sont nécessaires pour cela ? La recherche sur la motivation, l'empathie et la violence fournit des indices qui sont jusqu'à présent rarement discutés publiquement.

Les chasseurs de loisir rapportent un lien profond avec la nature sauvage.

Les psychologues décrivent la chasse de loisir comme une gestion naturelle du stress : le calme dans la nature, la concentration sur l'environnement et le moment présent sont censés agir comme une pratique méditative. Alors qu'une personne profondément spirituelle et méditative n'irait guère à la chasse de loisir. Cela se comporte comme des forces de répulsion entre les pôles d'aimants.

Beaucoup de chasseurs de loisir vivent durant ces heures des décharges intenses d'adrénaline et d'endorphines, comparables à celles des sportifs de l'extrême.

Mais la motivation n'est pas toujours claire. Des études montrent que les chasseurs de loisir n'agissent pas seulement par amour de la nature, mais aussi par plaisir de l'acte de tuer ou pour se mettre en valeur.

Les soi-disant « traits de personnalité de la triade noire », narcissisme, machiavélisme, psychopathie, font leur apparition. Les chasseurs de trophées, qui abattent des animaux rares ou des pièces particulièrement grandes, utilisent la chasse de loisir comme symbole de statut.

Le débat est aussi une réflexion de la société sur elle-même. Les chasseurs de loisir incarnent une forme de comportement qui peut susciter le dégoût.

Éthique entre tradition et critique

Les chasseurs de loisir argumentent qu'ils tueraient les animaux rapidement et sans douleur et rendraient ensuite hommage à certaines espèces. L'alimentation et la régulation naturelle servent de justifications. Les critiques voient les choses différemment : le meurtre par sensation forte ou par plaisir fait décliner la prétention morale de la chasse de loisir. Les psychologues soulignent que dans de tels cas, l'empathie est souvent rationalisée ou dissociée pour éviter les conflits moraux.

Socialement, la réception est ambivalente. Alors que l'obtention de viande peut encore être acceptée pour les chasseurs de loisir, la chasse de loisir par plaisir ou pour des motifs de trophées est fortement critiquée. Éthique, droit et motivation personnelle se trouvent dans un champ de tension qui trouve aussi des réponses scientifiques de plus en plus claires. La chasse de loisir n'est pas une conquête culturelle. La chasse de loisir désigne la chasse comme activité de loisir et non comme activité nécessaire à la survie ou à la pure lutte antiparasitaire.

Les chasseurs de loisir font souvent l'objet d'un examen critique, notamment de la part d'organisations critiques de la chasse, qui veulent ainsi souligner que les animaux sauvages sont tués, bien que d'un point de vue scientifique, cela ne soit pas absolument nécessaire. De nombreuses espèces animales réagissent à la chasse de loisir par une activité de reproduction accrue. Les chasseurs de loisir ne régulent donc pas, mais manipulent, terrorisent et torturent les animaux sauvages.

Cadre juridique

Dans la plupart des pays, la chasse de loisir est soumise à des règles strictes. Les lois sur la chasse définissent quand, comment et quels animaux peuvent être abattus. Les infractions, comme la chasse aux trophées sans autorisation, les tirs hors saison ou l'utilisation d'armes interdites, peuvent entraîner de lourdes amendes, des interdictions de chasser ou même la prison. Mais la loi ne régule pas les motifs intérieurs d'un chasseur de loisir : qu'on tire par tradition, pour l'approvisionnement ou par plaisir reste juridiquement inattaquable. Pour des raisons de biologie de la faune, 95 % du tableau de chasse ne nécessite aucune régulation.

Avec le retour des loups et des lynx, la discussion s'est ravivée : certains y voient une alternative à la chasse de loisir. Politiquement, la chasse de loisir continue d'être autorisée et strictement réglementée, les interdictions totales trouvent peu de soutien, mais les demandes de restrictions (moins de nourrissage, plus de protection de la nature, temps de chasse plus courts) augmentent.

Depuis le 1er février 2025, par exemple en Suisse, une interdiction de la chasse nocturne aux sangliers en forêt est en vigueur, entre une heure après le coucher du soleil et une heure avant le lever du soleil, il n'est plus permis d'y chasser. L'objectif : plus de tranquillité pour les animaux sauvages, et justement la nuit. Les associations de protection des animaux saluent cette mesure ; les associations de chasse et les agriculteurs reprochent en revanche à la loi des conséquences néfastes. L'absurde chasse aux prédateurs (par ex. renard, blaireau, martre) reste cependant autorisée la nuit.

La chasse de loisir n'a pas seulement aucune signification culturelle et guère de signification économique, mais aussi de graves conséquences écologiques. Qui aime la nature devrait être conscient que chaque perturbation, même apparemment petite, a des effets directs sur la vie des animaux. Une gestion de la chasse équilibrée comme dans le canton de Genève est donc crucial pour préserver la biodiversité et la tranquillité naturelle dans nos forêts. Des études et observations naturalistes montrent que la biodiversité à Genève a augmenté depuis l'interdiction de la chasse. Le modèle est aujourd'hui considéré majoritairement comme un succès à Genève. Il constitue la preuve que les animaux sauvages ne doivent pas nécessairement être régulés par la chasse de loisir. Les conflits peuvent être résolus par des interventions professionnelles des gardes-faune. Il est plus défendable éthiquement de tuer des animaux seulement quand c'est vraiment nécessaire. Genève et de nombreux autres exemples montrent qu'une interdiction de la chasse ne se termine pas automatiquement dans le chaos, au contraire : biodiversité et populations stables sont possibles.

Dans le désordre où se trouve la nature après des décennies de gestion non scientifique des chasseurs de loisir, il n'est pas surprenant que de plus en plus d'acteurs se plaignent.

L'IG Wild beim Wild apporte une perspective critique : les chasseurs de loisir ne sont pas dépeints globalement comme méchants, mais leur psyché, leurs motivations et leur perception de soi sont questionnées. Les questions de morale, de responsabilité et d'acceptation sociale restent ouvertes et sont reposées à chaque saison de chasse.

En savoir plus dans le dossier : Psychologie de la chasse

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