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Chasse

Corse : conseil de vacances pour les amis des animaux

L'amour prononcé de la liberté chez les Corses est peut-être la raison pour laquelle les animaux de l'île ont aussi le droit de circuler librement. Celui qui ne veut pas être contrôlé et encadré lui-même laisse également à ses congénères leur espace de liberté.

Rédaction Wild beim Wild — 14 mai 2020

Où voyage un défenseur des animaux lorsqu'il souhaite prendre des vacances loin de la détresse animale et du stress de la pandémie ? Les plages de l'Atlantique et de la Méditerranée sont encore hors de portée. Mais des vacances en France, et donc aussi en Corse, devraient bientôt être possibles.

Depuis que les humains sont largement confinés chez eux, la nature reconquiert peu à peu son territoire : l'eau dans la ville lagunaire de Venise semble désormais plus claire, car la circulation sur les canaux a diminué – et les poissons font leur retour. Dans les ports de Sardaigne, des dauphins s'ébattent.

Ce printemps, les vaches n'ont encore à partager avec personne les plages de Corse. Car sur l'île méditerranéenne de Corse, comme partout en France, un confinement est toujours en vigueur pour freiner la propagation du coronavirus. Cependant, les frontières devraient vraisemblablement rouvrir à partir du 15 juin.

La Corse : un mini-continent à la nature sauvage

Le contour de la Corse ressemble à un poing serré avec le pouce levé. Cette île française, très peu peuplée avec seulement 5 habitants au km² dans ses terres, est composée en grande partie de haute montagne. Un paysage montagneux imposant, comptant au total 50 sommets de plus de deux mille mètres, traverse ce mini-continent du nord-ouest au sud-est et se prolonge vers la mer par des collines. La côte corse est constituée d'innombrables criques avec des plages de sable ou de hautes formations granitiques tombant parfois à pic dans la mer.

Le mouflon est l'animal emblématique de la Corse et se fait rare en raison de la chasse dont il a fait l'objet. Ces animaux ont été chassés jusqu'en 1953 et ainsi quasiment exterminés. La chasse de loisir au mouflon est aujourd'hui interdite. Il s'agit ici d'un mouton primitif qui n'a été modifié ni par l'élevage ni par le croisement.

Outre la flore, la faune sauvage de la Corse est très impressionnante. Si l'île abrite relativement peu d'espèces de mammifères, on y trouve néanmoins environ 800 mouflons sauvages strictement protégés. Le randonneur attentif pourra se réjouir de nombreux lézards, salamandres de feu, geckos, mantes religieuses, couleuvres de Montpellier et couleuvres à collier. Et les plus chanceux pourront même croiser une tortue grecque dans la région côtière. Les sauterelles, les cigales stridentes, les bourdons et les papillons ne se font pas attendre — ils accompagnent chaque pas. Dans le maquis, riche en espèces, les nombreuses colonies d'abeilles corses trouvent de la nourriture tout au long de l'année. Ce miel de fleurs sauvages est incroyablement délicieux. L'avifaune de l'île offre également, aux côtés des espèces communes d'Europe centrale, quelques particularités comme le balbuzard pêcheur et le gypaète barbu. Ceux qui traversent en ferry vers la Corse peuvent observer des dauphins, voire un rorqual commun dans les eaux. La biodiversité de la Corse est impressionnante.

Outre les attraits décrits, la Corse offre avant tout une chose : pas d'animaux maltraités, écrit Ursula Bauer de l'organisation aktion Tier. Ainsi, l'île ne connaît pas, par exemple, d'élevage industriel. L'élevage agricole y est majoritairement de type paysan traditionnel. Autour des fermes dispersées s'agitent pêle-mêle cochons, ânes, chevaux, canards, poules et oies. Les chiens de ferme ne sont pas à la chaîne, mais libres d'aller où bon leur semble. Et de préférence dans l'allée d'entrée, au soleil.

Autrefois, chaque propriétaire foncier devait planter 4 arbres par an

Caractéristiques de la Corse, les cochons domestiques, qui se nourrissent principalement des nombreux glands, faines et surtout châtaignes que l'on trouve sur l'île. Autrefois, le châtaignier noble, ou châtaignier comestible, constituait une importante source d'alimentation pour les Corses. Les châtaignes étaient transformées en farine et données en pâture au bétail. Pour lutter contre la menace de déboisement de la Corse, les Génois décrétèrent au XVIe siècle que chaque propriétaire terrien devait planter au moins 4 arbres par an. Bien que plusieurs essences fussent disponibles, les Corses plantèrent principalement des châtaigniers. Outre de plus petits bois et des peuplements dispersés, il existe encore aujourd'hui une immense châtaigneraie dans la région vallonnée entre Aleria et Bastia, à l'est de la Corse — la fameuse Castagniccia (le bois de châtaigniers). Il vaut la peine de goûter les différents produits à base de châtaignes comme les confitures, les pâtisseries ou la bière, que l'on peut acheter sur l'île.

Environ 30’000 porcs domestiques à demi-sauvages, qui se mêlent fréquemment aux sangliers également présents sur l'île, vivraient sur place. Des troupeaux entiers de cochons peuvent vous croiser sur la plage ou en plein milieu de la route. Totalement décontractés, ces animaux curieux s'approchent et se révèlent parfois de véritables quémandeurs envahissants. La prudence est ici de mise en toutes circonstances. Ces individus, fort intéressés par les provisions des touristes, peuvent mordre douloureusement et ne doivent donc jamais être nourris ni caressés.

C'est surtout dans l'arrière-pays vallonné de la Corse que l'on trouve des bosquets rappelant des jardins, composés d'orangers, de citronniers, d'amandiers et d'oliviers, entrecoupés de petits vignobles. Moutons et chèvres y sont encore souvent conduits par des bergers selon la tradition ancienne. Les troupeaux migrent fréquemment en été vers les régions montagneuses d'altitude, où les bergers ont érigé de petites cabanes en pierre (appelées bergeries), dans lesquelles ils ne se contentent pas de vivre, mais transforment également le lait de brebis et de chèvre en fromage. Pour transporter les provisions et leurs effets personnels, les bergers emmènent la plupart du temps des ânes. Ces derniers sont alors libres de déambuler à leur guise et de profiter de l'été à la montagne.

On croise également souvent des bovins en liberté en Corse. Sur la plage, les hordes de touristes et les troupeaux de vaches se partagent harmonieusement les plus beaux emplacements au soleil. Et dans les régions montagneuses, il faut s'attendre à trouver une vache et son veau en train de brouter au bord de la route au détour d'un virage. Les animaux sont habitués à la circulation, plutôt modérée, et ne se laissent pas déranger. Les accidents sont très rares, car les automobilistes font généralement preuve de considération et contournent les animaux qui se trouvent parfois en plein milieu de la chaussée. Même lors d'escalades dans les régions alpines, on rencontre régulièrement des bovins qui broutent des herbes rupestres à des hauteurs vertigineuses. L'intérêt pour les humains reste toutefois assez limité : chacun préfère garder ses distances et vaquer à ses occupations.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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