21 juillet 2026, 10:44

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Chasse

La chasse au faisan ne se pratique presque plus qu'au Tessin

La statistique fédérale de la chasse montre une espèce sans population, qui continue d'être chassée dans un seul canton.

Rédaction Wild beim Wild — 21 juillet 2026

En 2023, six faisans ont été tirés dans toute la Suisse, les six au canton du Tessin.

Une expertise juridique mandatée par la Confédération constate que les faisans de chasse ne sont pour l'essentiel lâchés que dans ce seul canton.

Une baisse de 96 pour cent

La statistique fédérale de la chasse recense encore 155 faisans tirés dans toute la Suisse en 2000. En 2023, ils étaient six, la valeur la plus basse de la série. Cela correspond à une baisse d'environ 96 pour cent.

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Durant les cinq premières années du relevé, de 2000 à 2004, un total de 575 faisans ont été tirés. Durant les cinq dernières années, de 2020 à 2024, ils étaient 87. Sur l'ensemble de la période de 25 ans, les tirs s'élèvent à 1’120 animaux. La moyenne annuelle des dix dernières années s'établit à un peu moins de 18 animaux pour toute la Suisse.

Depuis 2017, les valeurs se situent presque continuellement dans une fourchette à un chiffre ou à deux chiffres bas : huit animaux en 2017, neuf en 2019, six en 2023, 23 en 2024.

Les chiffres de la Confédération sont les chiffres du Tessin

Le constat révélateur ne ressort qu'à la comparaison de deux analyses de la même base de données. Si l'on oppose la série pour l'ensemble de la Suisse à la série tessinoise, les valeurs des années récentes coïncident. 2021 : 24 animaux en Suisse, 24 au Tessin. 2023 : six et six. 2024 : 23 et 23.

Même durant les années aux valeurs élevées, le canton domine la statistique. En 2000, sur les 155 faisans tirés dans toute la Suisse, 143 revenaient au Tessin, soit environ 92 pour cent.

La chasse au faisan en Suisse est ainsi, depuis des années, pratiquement exclusivement une affaire tessinoise. Dans les autres cantons, elle n'a de fait plus lieu.

La Confédération documente la pratique des lâchers

Ce qui explique ce constat figure dans une expertise juridique sur le droit suisse de la protection des espèces, réalisée sur mandat de l'Office fédéral de l'environnement. Il y est établi que le lâcher d'animaux chassables n'a plus qu'une importance mineure et que, pour l'essentiel, seul le canton du Tessin relâche des faisans de chasse.

L'expertise date de 2005. La question de savoir si la pratique qui y est décrite perdure aujourd'hui n'est pas documentée publiquement. Les chiffres de tir des deux décennies suivantes montrent toutefois le même schéma : une chasse au faisan concentrée presque entièrement sur un seul canton.

Le règlement de chasse tessinois inscrit le faisan, en italien fagiano comune, expressément dans la liste des espèces d'oiseaux chassables. Le règlement fixe chaque année les périodes de chasse, les espèces chassables et le nombre d'animaux pouvant être tirés.

La question se déplace ainsi. Il ne s'agit pas de savoir pourquoi on tire plus de faisans dans un canton qu'ailleurs, mais de déterminer si l'on chasse une population vivant à l'état sauvage ou si des animaux d'élevage sont relâchés pour être abattus peu après.

Ce qu'exige la loi

Le droit fédéral ne connaît pas d'interdiction générale de lâcher, mais il soumet le lâcher à des conditions et à l'autorité. Selon l'article 6 de la loi sur la chasse, les cantons peuvent relâcher des animaux chassables, pour autant qu'un habitat approprié existe et qu'une protection suffisante soit garantie. Les animaux qui causent de grands dommages ou qui menacent la biodiversité indigène ne peuvent pas être relâchés.

La compétence relève donc du canton, et non de particuliers. Quiconque relâche intentionnellement et sans autorisation des animaux se rend punissable selon l'article 17 de la loi sur la chasse, la peine encourue pouvant aller jusqu'à un an de privation de liberté ou une peine pécuniaire.

Le stade préalable est également expressément visé. Selon l'article 18, est puni d'une amende pouvant aller jusqu'à 20’000 francs quiconque, sans autorisation, capture, détient en captivité, s'approprie ou importe des animaux chassables en vue de les relâcher. Quiconque veut importer des animaux chassables pour les relâcher a besoin, selon l'article 9, d'une autorisation supplémentaire de la Confédération.

Le législateur a donc bel et bien à l'esprit la chaîne allant de l'élevage à la remise en liberté en passant par l'importation. À chaque maillon de cette chaîne, la question de l'autorisation est déterminante.

Chassable, alors que des espèces apparentées sont protégées

Dans la systématique des statistiques de chasse, le faisan est marqué comme espèce chassable. Au sein du même groupe des gallinacés, le grand tétras, la gélinotte des bois, la perdrix bartavelle et la caille sont répertoriés comme protégés.

Le faisan ne se situe pas en marge du droit fédéral, mais bien en son cœur : l'article 5 de la loi sur la chasse le mentionne nommément et lui attribue une période de protection propre, du 1er février au 31 août. La loi le traite ainsi comme une espèce dotée d'une population significative.

L'argument courant des chasseurs de loisir, selon lequel la chasse sert à réguler les populations, ne tient pas au regard de ces chiffres. Là où, en moyenne annuelle, moins de vingt animaux sont tirés à l'échelle nationale, il n'existe aucune population à réguler. Si de surcroît les animaux proviennent d'élevage, l'argument s'inverse : ce n'est pas une population existante qui est réduite, mais une population artificielle qui n'est créée que pour être chassée.

Quand le lâcher est nécessaire, c'est que l'habitat fait défaut

L'article 6 de la loi sur la chasse soumet le lâcher à une condition : un habitat approprié doit être présent. C'est précisément une association de chasse qui formule à quel point cette condition est stricte.

L'association cantonale de chasse de Haute-Autriche relève dans une contribution spécialisée qu'un renforcement des populations par lâcher soulève une question embarrassante : pourquoi faudrait-il lâcher des faisans dans une réserve qui constitue un habitat approprié ? Si l'habitat convient, l'accroissement s'ensuit en conséquence. Si l'accroissement fait défaut et qu'on procède pour cette raison à un lâcher, c'est que l'habitat n'est justement pas approprié. Il conviendrait alors de remédier d'abord aux causes.

La chasse de loisir décrit ainsi elle-même la contradiction que le droit fédéral laisse en suspens. Le lâcher est autorisé lorsqu'un habitat approprié est présent. Or il devient nécessaire précisément lorsque ce n'est pas le cas.

Le NABU de Rhénanie-du-Nord-Westphalie en tire une conséquence pour la liste des espèces. Il part du principe que les faisans ne forment pas une population autonome et ne survivent que parce que des oiseaux d'élevage sont sans cesse relâchés. Ne devraient figurer au catalogue des espèces chassables que les espèces qui peuvent être exploitées sans que des populations soient artificiellement favorisées à des fins de chasse de loisir.

Pour la Suisse, les chiffres montrent la même évolution que pour les tirs. Dans les années 1970, on lâchait encore chaque année quelque 18’000 faisans dans notre pays, contre 173 en 2007. La population nicheuse suisse est estimée entre 100 et 500 couples, un ordre de grandeur qui ne permet pas une exploitation cynégétique autonome.

La comparaison internationale

Le faisan est en Europe l'espèce centrale de la chasse commerciale d'oiseaux d'élevage. Selon la British Ecological Society, environ 41 à 50 millions de faisans et de perdrix rouges sont chaque année élevés et lâchés en Grande-Bretagne pour des chasses commerciales, une valeur qui, selon les mêmes indications, dépasse nettement celle d'autres pays européens.

Une étude parue dans l'European Journal of Wildlife Research aboutissait à une valeur moyenne de 31,5 millions de faisans lâchés chaque année rien qu'en Grande-Bretagne et constatait qu'il n'existe pratiquement aucune réglementation pour ces lâchers. Une enquête réalisée sur mandat du Game and Wildlife Conservation Trust révèle qu'en 2016, environ 47 millions de faisans ont été lâchés et que 18 millions d'entre eux au plus ont été enregistrés comme abattus. La très grande majorité des animaux relâchés n'apparaît dans aucune statistique de tir.

En Autriche, cette pratique a conduit à des restrictions légales. Dans le Burgenland, le lâcher est interdit, dans le Vorarlberg et à Salzbourg il est soumis à autorisation, à Vienne le tir d'animaux lâchés est prohibé. Le fondement en était l'évaluation selon laquelle les faisans élevés en captivité ne sont pas capables de survivre en pleine nature.

En Italie aussi, immédiatement à la frontière tessinoise, l'élevage et le lâcher de faisans pour la chasse constituent une pratique établie, dotée de son propre cadre juridique pour les zones de réintroduction et les élevages privés.

Les questions ouvertes

De l'état des données et de la situation juridique découlent des questions qui restent publiquement sans réponse.

Des faisans sont-ils actuellement lâchés dans le canton du Tessin à des fins de chasse, dans quelle mesure et sur la base de quelle décision des autorités ? Sur quels relevés se fonde la constatation exigée par la loi selon laquelle un habitat approprié est disponible et une protection suffisante est garantie ? Les animaux lâchés proviennent-ils de l'étranger et, dans ce cas, l'autorisation nécessaire de la Confédération existe-t-elle ? Existe-t-il dans le canton une population sauvage de faisans capable de se maintenir d'elle-même ? Et sur quelle base scientifique une espèce dont les chiffres de tir se situent depuis plus d'une décennie dans une fourchette à un chiffre, voire à deux chiffres bas, reste-t-elle soumise au régime de la chasse ?

La hausse de six animaux tirés en 2023 à 23 en 2024 nécessite des explications pour une espèce sans population sauvage identifiable.

Pour en savoir plus sur le sujet : Des méthodes de chasse cruelles envers les animaux, tolérées et encouragées et Ce que la chasse de loisir coûte au contribuable

Pour en savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons vérifications des faits, analyses et rapports de fond.

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