Critique du marché des fourrures et peaux de Glaris à Glaris
Comment de tels événements associent tradition, commerce et souffrance animale.
Critique des manifestations de fourrures, peaux et trophées en Suisse, à l'exemple du traditionnel marché des fourrures et peaux de Glaris (GL) du 14 février 2026.
Les animaux sauvages ne sont pas une marchandise destinée au divertissement, au prestige et au commerce.
L'IG Wild beim Wild critique les manifestations de fourrures, peaux et trophées en Suisse de la manière la plus vive. De telles manifestations présentent année après année des animaux sauvages tués comme des trophées, des objets de décoration et des marchandises. On normalise ainsi un rapport aux animaux sauvages qui n'est plus de notre temps et qui contredit clairement les attentes de la société en matière d'éthique animale et de respect envers nos semblables créatures.
Les organisateurs vendent ces événements comme l'entretien de la tradition et comme une contribution à ce que l'on appelle l'entretien du gibier. En réalité, ce sont les animaux sauvages tués qui sont au centre, dont les parties du corps sont mesurées, notées, primées ou commercialisées comme des marchandises. Cette pratique encourage une culture désuète du trophée, dans laquelle ce n'est pas l'animal en tant qu'individu sensible qui compte, mais la performance de chasse et la taille des bois, des cornes ou d'autres «signes de réussite».
Il est particulièrement choquant que de tels événements servent en outre de place de marché pour le commerce des fourrures. On y achète, évalue, prime ou tire au sort des peaux de renard et d'autres peaux. Ce commerce occulte la souffrance qui se cache derrière chaque fourrure et contribue à considérer les animaux sauvages comme une matière première. Alors que la politique et la société prennent des mesures pour restreindre le commerce de la fourrure, on continue de célébrer en Suisse une forme commercialisée de la chasse de loisir, difficilement défendable sur le plan éthique.
De tels marchés ne relèvent pas du folklore, mais font partie d'un système qui donne une valeur marchande aux corps des animaux. Lorsque des fourrures sont commercialisées au prix de l'unité, la souffrance animale devient un calcul. C'est précisément cette logique qui est incompatible avec une compréhension moderne de la protection de la faune .
L'IG Wild beim Wild souligne en outre que la pratique de la chasse présentée véhicule souvent une image embellie. En réalité, les tirs ratés, les animaux blessés et les longues souffrances font partie du quotidien de la chasse de loisir. Ces aspects ne sont ni abordés lors de tels événements ni communiqués ouvertement par les responsables. L'affirmation selon laquelle les expositions de trophées serviraient à l'analyse de l'état des populations sauvages n'est guère tenable. Les instruments de monitoring fondés scientifiquement n'ont pas besoin de crânes et de bois exposés, qui servent avant tout à la mise en valeur de soi. Les trophées sont une expression matérielle d'animaux sauvages tués, dont la qualité du tir, la recherche au sang et la souffrance n'apparaissent guère dans l'image officielle.
Du point de vue de la protection animale, il est en outre préoccupant que des enfants et des jeunes soient initiés à de tels événements sans qu'on leur transmette une approche respectueuse et moderne des animaux sauvages. Au lieu d'une transmission de connaissances, c'est un spectacle qui est mis en avant, banalisant la violence et propageant un monde de la chasse romancé.
Marchands d'armes, fabricants d'optique, accessoires de chasse, voyages de chasse, tirages au sort de tirs de chasse à l'étranger : il se crée un système de violence industrielle de la chasse, dans lequel les tirs et les corps des animaux font partie d'un système de commercialisation.
Celui qui tue sans raison ne protège pas, et cela ne sert en rien à la société civilisée. Les chasseurs de loisir ne garantissent donc pas des populations sauvages saines ou naturelles, en particulier pas avec leur abominable chasse au renard. De tels événements soulèvent régulièrement des questions sur les aspects éthiques, la pratique d'autorisation et l'impact sur l'opinion publique, et ils doivent enfin être fondamentalement réexaminés sur les plans politique et social.
L'IG Wild beim Wild appelle les responsables des communes, des villes et des cantons à repenser fondamentalement de tels événements. Une société civilisée n'a pas besoin de concours où des animaux sauvages morts sont présentés comme des succès, et elle n'a pas besoin d'un marché sur lequel les fourrures sont échangées comme de vulgaires marchandises. Ce qu'il faut, ce sont plutôt une compréhension respectueuse des animaux sauvages, une écologie de la faune fondée sur des bases professionnelles et un abandon de la chasse de loisir.
