Entrez un terme de recherche ci-dessus et appuyez sur Entrée pour commencer la recherche. Appuyez sur Échap pour annuler l'opération.

Chasse

Quand un panneau d'interdiction devient un trophée de chasse

Dans le Luganese, des chasseurs de loisir arrachent à répétition des panneaux d'interdiction dans une forêt privée. Le cas montre à quel point les propriétaires fonciers sont impuissants face à la chasse de loisir et pourquoi l'interdiction de chasse sur terrain privé serait politiquement nécessaire pour des raisons éthiques.

Rédaction Wild beim Wild — 17 janvier 2026

Une forêt privée, des ânes au pâturage, un panneau avec un message clair : «Bosco privato, divieto di accesso ai cacciatori».

Et puis ce qui résume bien des conflits autour de la chasse de loisir au Tessin : le panneau est arraché plusieurs fois, la demande des propriétaires ignorée, la frustration grandit. Les personnes concernées déclarent à tio.ch que des chasseurs de loisir parcouraient régulièrement leur zone forestière privée ou s'y installaient, malgré une signalisation répétée.

Le rapport de Ticinonline ne décrit pas seulement des irritations concernant des dégradations matérielles. Il révèle un schéma : quiconque veut se soustraire à la chasse de loisir sur sa propre propriété pour des raisons éthiques se heurte rapidement aux limites que fixe le droit actuel. Concrètement, les propriétaires affirment s'être adressés aux garde-faune et à la police et avoir reçu cette réponse : sans clôture, on ne peut empêcher les chasseurs de loisir d'entrer. Simultanément, la planification forestière du canton stipule qu'en Suisse s'applique le libre accès à la forêt, et que les clôtures ou constructions qui restreignent l'accès sont en principe interdites ou soumises à autorisation.

Voici le cœur du problème : le libre accès forestier pour les piétons est confondu dans la pratique avec un droit de passage de facto pour la chasse de loisir. Pourtant, la chasse de loisir n'est pas simplement « un usage comme un autre ».La chasse de loisir est une activité armée réglementée par l'État avec un impact considérable sur les animaux, les humains et la sécurité. C'est précisément pourquoi cela agit comme un angle mort systémique quand les autorités se réfèrent à « l'accès à la forêt », tandis que les propriétaires se voient simultanément confrontés à la réalité que dans leur propre forêt privée, des animaux peuvent être poursuivis et tués, bien qu'ils rejettent cela par conviction. Car qui refuse la chasse de loisir par conviction ne peut s'y soustraire sur sa propre propriété.

Ticinonline cite également l'argumentation cantonale selon laquelle la chasse de loisir dans le cadre de la gestion des ongulés serait « fondamentale » pour la forêt et le rajeunissement, et que des effectifs d'ongulés trop élevés pourraient compromettre la fonction protectrice de la forêt. C'est la justification classique avec laquelle la chasse de loisir est vendue comme prétendue nécessité forestière. Seulement : même si un canton veut réguler les populations de gibier, il n'en découle pas automatiquement que les propriétaires privés doivent supporter toute forme de chasse de loisir sur leur terrain, encore moins contre leur conviction éthique et malgré des violations répétées de limites et des dégradations matérielles.

C'est précisément là qu'intervient wildbeimwild.com depuis longtemps, avec une proposition politique claire : la paix cynégétique sur la forêt privée par « mise en défens cynégétique » pour des raisons éthiques. Dans notre texte-modèle, il est exigé que les propriétaires de forêt privée et d'autres terrains privés puissent obtenir sur demande que la chasse de loisir à des fins récréatives ne soit plus pratiquée sur leurs surfaces, s'ils refusent la chasse de loisir par convictions éthiques fondamentales. La justification s'appuie sur la garantie de propriété, la liberté de conscience et la dimension des droits humains de la chasse forcée sous la CEDH et la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme.

Il est important de noter : la proposition n'est pas « tout ou rien ». Le texte-modèle prévoit expressément des exceptions strictement délimitées quand des intérêts publics prépondérants sont concernés, par exemple lors de lutte contre les épizooties, de questions de sécurité ou de raisons impératives de protection de la nature. Et il stipule que de telles interventions doivent en règle générale être effectuées par la garde-faune et se limiter au minimum nécessaire. C'est la différence décisive entre la paix cynégétique justifiée éthiquement et un blocage général de toute régulation des effectifs.

Le cas tessinois est donc plus qu'une anecdote locale sur des panneaux arrachés. C'est un test de réalité : quand des propriétaires de la région de Lugano rapportent que les signaux d'interdiction sont « systématiquement ignorés » et même collectés comme « trophées », il ne s'agit pas seulement de décence, mais de rapports de force. Et quand le service compétent dit n'avoir « jamais eu de problèmes ou de signalements » concernant l'incompatibilité entre chasse de loisir et propriété forestière, cela ressemble à un détournement du regard institutionnel face à de tels rapports.

Ce qui compte maintenant, c'est une traduction politique. Qui ne veut pas laisser de tels conflits s'aggraver davantage a besoin de règles claires au lieu d'appels à un «comportement respectueux». Les cantons peuvent organiser la chasse de loisir de manière à ce que les droits fondamentaux, la propriété et la protection de la faune sauvage soient pris au sérieux. Un levier concret est la possibilité de pacifier les surfaces privées pour des raisons éthiques du point de vue cynégétique, avec des exceptions claires pour des intérêts publics prépondérants.

Plus d'informations dans le contexte : «Repos cynégétique sur forêt privée : pacification de terrains privés pour des raisons éthiques». Analyse de la question des droits fondamentaux : «Chasse et droits humains : Quand la chasse de loisir devient un problème de droits fondamentaux».

Le cas du Luganese le montre : tant que les propriétaires ne peuvent pas exclure efficacement la chasse de loisir sur leur propre terrain, le conflit reste programmé, et les limites en forêt continuent d'être un rapport de force.

Articles complémentaires

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications factuelles, des analyses et des rapports de fond.

Soutenez notre travail

Avec votre don, vous aidez à protéger les animaux et à faire entendre leur voix.

Faire un don maintenant