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Droits des animaux

Roumanie : le Sénat vote en faveur d'une interdiction des fermes à fourrure

Rédaction Wild beim Wild — 29 décembre 2022

Le Sénat roumain a voté en faveur d'un projet de loi prévoyant l'interdiction de l'élevage de chinchillas et de visons pour la fourrure.

Cette décision fait suite à une enquête de Humane Society International/Europe, qui avait mis au jour des souffrances choquantes dans les fermes à fourrure du pays.

Un large soutien au Parlement

Andreea Roseti, directrice nationale roumaine de HSI/Europe, a salué le vote en ces termes : «Le large soutien multipartite à ce projet de loi au Sénat est un signal clair de la volonté du Parlement roumain de mettre fin à la pratique cruelle de l'élevage et de l'abattage d'animaux pour leur fourrure.

HSI/Europe se félicite du parcours législatif rapide de cette loi et espère que la Chambre des députés agira avec détermination dans les prochains mois, afin que la Roumanie devienne le 20e pays européen à interdire l'élevage d'animaux à fourrure. Le continent européen peut être considéré comme un précurseur dans la lutte contre la souffrance des animaux exploités pour la mode en fourrure, une pratique rejetée par les consommateurs, les créateurs, les détaillants et les décideurs politiques du monde entier.»

Le projet de loi a été initié en octobre de cette année, présenté le 7 novembre à la commission permanente de la Chambre des députés, puis déposé et enregistré le même jour au Sénat.

Chinchillas et visons : des conditions d'élevage cruelles

Les chinchillas et les visons sont les seules espèces d'animaux à fourrure élevées intensivement dans des fermes à fourrure en Roumanie. En cas de succès, l'interdiction signifierait donc la fin de l'élevage d'animaux à fourrure dans ce pays. En septembre de cette année, HSI/Europe a révélé les résultats de son enquête menée dans plusieurs fermes à fourrure de chinchillas en Roumanie, documentant de graves manquements en matière de bien-être animal : les animaux sont enfermés dans de petites cages en grillage métallique, et les femelles sont contraintes à un cycle de reproduction quasi ininterrompu, dans un mépris total du comportement naturel de cette espèce.

Un soutien croissant en faveur d'une interdiction à l'échelle de l'UE

Le vote en Roumanie intervient à une époque où le soutien à une interdiction à l'échelle de l'UE de l'élevage de fourrure et de son importation grandit dans toute l'Europe. L'initiative citoyenne européenne «Fur Free Europe», lancée en mai et soutenue par plus de 70 organisations, a déjà recueilli plus de 1,1 million de signatures de citoyennes et citoyens de l'UE.

Faits sur la fourrure :

  • Chaque année, plus de 100 millions d'animaux sont tués dans le monde pour leur fourrure – ce qui représente trois animaux mourant chaque seconde uniquement pour leur pelage.
  • L'élevage d'animaux à fourrure a été interdit dans 19 pays européens, dont Malte, l'Irlande, l'Estonie, la France, l'Italie et, plus récemment, la Lettonie le 22 septembre 2022. Des discussions politiques sur une interdiction sont également en cours en Lituanie, en Espagne et en Pologne. Deux autres pays (la Suisse, l'Allemagne) ont édicté des réglementations si strictes que l'élevage d'animaux à fourrure a de fait cessé, et trois autres pays (le Danemark, la Suède, la Hongrie) ont pris des mesures qui ont mis fin à l'élevage de certaines espèces.
  • Au Danemark, seulement 1 % des éleveurs d'animaux à fourrure ont demandé des aides publiques pour reprendre leur activité si l'interdiction temporaire de l'élevage de fourrure est levée après décembre 2022. Dans la province canadienne de Colombie-Britannique également, l'élevage de visons est progressivement abandonné. Le Royaume-Uni a été le premier pays au monde à interdire l'élevage d'animaux à fourrure en 2003.
  • Depuis avril 2020, des foyers de COVID-19 ont été documentés dans plus de 480 élevages de visons dans 12 pays différents d'Europe et d'Amérique du Nord. La fourrure a également un coût écologique élevé : les émissions de CO2 liées à l'élevage intensif d'animaux carnivores, le rejet de fumier dans les lacs et les rivières, ainsi que le cocktail de produits chimiques toxiques et cancérigènes tels que le chrome et le formaldéhyde, utilisés pour conserver la fourrure et la peau afin d'en empêcher la décomposition.
  • De plus en plus de créateurs de mode et de détaillants renoncent aux pratiques cruelles liées à la fourrure. Rien que ces dernières années, Canada Goose, Oscar de la Renta, Valentino, Gucci, Burberry, Versace, Chanel, Prada et d'autres marques renommées ont annoncé renoncer à la fourrure.
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