4 avril 2026, 04:38

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Pourquoi le droit de protection animale s'arrête à la lisière de la forêt

Dans les abattoirs suisses, il est clairement réglementé qu'aucun animal ne peut être saigné sans anesthésie préalable. Même les écrevisses et les poissons sont protégés depuis 2022. À la chasse de loisir, d'autres règles s'appliquent : les animaux sauvages meurent régulièrement sans anesthésie, dans l'angoisse de la mort, dans la douleur et souvent après de longues phases de fuite. Ce dossier montre, avec les bases légales, études et chiffres, à quel point les animaux sauvages ont peu de protection actuellement et ce qui devrait changer pour que leur mort ne reste plus un angle mort de la législation.

Ce qui t'attend ici

  • Cadre juridique : Comment la loi suisse sur la protection des animaux prescrit une obligation d'anesthésie et exempte simultanément la chasse de loisir. Pourquoi les animaux sauvages sont juridiquement moins bien protégés que les animaux d'abattage.
  • Processus de mort : Ce qui se passe réellement à la chasse de loisir, de la traque au tir manqué jusqu'à la recherche échouée, et pourquoi l'angoisse de la mort n'est pas un dérapage mais fait partie du système.
  • Chiffres et études : Ce que révèlent le rapport STS, la statistique fédérale de la chasse et les données de recherche sur les tirs manqués, les distances de fuite et les taux de recherche.
  • Dignité dans la mort : Pourquoi le processus de mort à la chasse de loisir n'est compatible avec aucun critère que nous considérons comme approprié en médecine palliative, médecine vétérinaire ou éthique.
  • Arguments : Réponses aux objections les plus fréquentes du lobby de la chasse de loisir.
  • Liens rapides : Tous les articles, études et sources pertinents d'un coup d'œil.

Obligation d'anesthésie : qui est protégé et qui ne l'est pas

La Suisse prend au sérieux la protection des animaux lors de l'abattage sur le papier. L'art. 21 al. 1 de la loi sur la protection des animaux (LPA) prescrit que les animaux de boucherie doivent être étourdis avant la saignée. L'art. 178 al. 1 de l'ordonnance sur la protection des animaux (OPAn) étend cette obligation à tous les vertébrés : ils ne peuvent être tués que sous anesthésie, sauf en cas d'urgence. Depuis la révision de l'ordonnance sur la protection des animaux lors de l'abattage (OPAnA) au 1er janvier 2022, des dispositions explicites s'appliquent également aux poissons et aux crustacés. Quiconque enfreint l'obligation d'étourdissement commet l'infraction d'abattage non conforme (art. 177ss OPAn en relation avec l'art. 28 al. 1 let. f resp. let. g LPA). Un étourdissement défaillant est généralement considéré comme un mauvais traitement.

Mais c'est précisément ici que le législateur crée une exception qui a des conséquences énormes au quotidien. L'art. 178a al. 1 let. a OPAn exempte la chasse de loisir de l'obligation d'étourdissement. Le tir à distance remplace l'étourdissement, du moins en théorie. La Fondation pour l'animal en droit (TIR) le formule sans équivoque : la chasse est exemptée de l'obligation d'étourdissement, même si la méthode de mise à mort appliquée ne plonge pas immédiatement l'animal dans un état d'insensibilité et d'inconscience.

Dans la pratique, cette exception signifie que les animaux sauvages sont juridiquement moins bien protégés que les bovins domestiques, les poules ou les homards dans la casserole. Ce qui serait considéré comme contraire à la protection animale et punissable dans l'abattoir, à savoir laisser un animal saigner en pleine conscience, est autorisé dans le territoire de chasse. Cette inégalité de traitement révèle une hiérarchie de compassion : les animaux que nous voyons à l'étable bénéficient de standards minimaux. Les animaux qui vivent « dehors » perdent des droits dès qu'un chasseur de loisir charge son fusil. Quiconque prend au sérieux la protection animale doit nommer ouvertement cette disparité.

En savoir plus : Chasse et protection animale : ce que la pratique fait aux animaux sauvages

L'angoisse de mort fait partie du système

Le romantisme cynégétique parle de « tirs rapides et propres » qui tueraient l'animal prétendument « sur le coup ». La réalité commence plus tôt, au moment où l'animal remarque qu'il est poursuivi. Les battues et rabats sont du point de vue du gibier une panique organisée : fuite sur de longues distances, surmenage, désorientation et le sentiment que l'environnement habituel est soudain devenu mortel. L'angoisse de mort n'est pas un dérapage, mais une composante intégrante du processus.

Même lors de la chasse à l'affût, où le chasseur de loisir veut tirer « par surprise », un problème structurel demeure : aucun tir n'est parfait, aucun animal n'est une cible immobile sur le stand de tir. De petites déviations dans la distance, le vent, le mouvement ou l'appui suffisent pour que l'impact ne soit pas mortel, mais « seulement » blessant. Pour l'animal concerné, cela fait la différence entre une fin immédiate et des heures ou des jours de souffrance.

Le processus de mort, rarement discuté publiquement, ressemble concrètement à ceci : des chevreuils aux pattes fracassées qui fuient dans la forêt. Des cerfs touchés au ventre qui saignent intérieurement. Des renards aux mâchoires brisées qui ne peuvent ni manger ni chasser. Tout cela ne sont pas des cas extrêmes théoriques, mais la face cachée de toute activité de loisir avec une arme à feu. S'ajoute à cela que les animaux qui fuient en panique libèrent de grandes quantités d'hormones de stress comme l'adrénaline et le cortisol. Le métabolisme bascule, la musculature s'acidifie. Cela favorise une viande coriace et aqueuse de qualité limitée, une contradiction flagrante avec le récit selon lequel la chasse de loisir produirait de la « noble et saine » venaison.

En savoir plus : Psychologie de la chasse et Battue en Suisse

Tirs manqués et poursuites : ce que disent les chiffres

Les statistiques officielles de chasse semblent ordonnées : durant la saison de chasse 2023, environ 30’000 chasseurs de loisir en Suisse ont abattu environ 76’000 ongulés sauvages (chevreuils, cerfs, chamois, sangliers) ainsi que près de 22’000 carnivores (renard roux, blaireau, martre des pins, fouine). Au total, près de 100’000 animaux ont été tués par balle. En Suisse vivent environ 135’000 chevreuils, 40’000 cerfs et 86’000 chamois.

Restent invisibles ces animaux qui, bien qu'atteints, ne sont jamais récupérés. La Protection Suisse des Animaux PSA a étudié systématiquement ce problème dans son rapport « Tirs manqués et recherches d'animaux blessés dans la chasse suisse ».

Principales conclusions du rapport PSA

Le taux de succès des recherches d'animaux blessés n'atteint que 35 à 65 pour cent selon les cantons. Environ la moitié des animaux blessés lors de la chasse de loisir ne peuvent jamais être délivrés de leur souffrance malgré les recherches. Selon la statistique fédérale de la chasse, 334 animaux sauvages morts avec des blessures par balles ont été retrouvés en 2014, dont 30 cerfs, 191 chevreuils et 15 chamois. La PSA qualifie ces découvertes de « pointe de l'iceberg ».

Une extrapolation basée sur les données du canton des Grisons (où environ 6 pour cent des animaux visés sont déclarés annuellement comme blessés mais non abattus) donne une estimation de 3’000 à 4’000 animaux blessés par an qui s'enfuient en Suisse. Neuf cantons sur 26 ont refusé tout renseignement à la PSA malgré le rappel de la loi sur la transparence. Certains cantons ne connaissent ni obligation de déclaration pour les recherches ni données sur leur taux de succès.

Données de comparaison internationales

Une étude danoise (Elmeros et al., 2012, European Journal of Wildlife Research) a montré qu'environ 25 pour cent des renards abattus et retrouvés morts portaient dans leur corps des traces de tirs antérieurs : des plombs isolés encapsulés qui avaient survécu. Des données systématiques comparables n'existent pas pour la Suisse.

L'Association vétérinaire allemande pour la protection des animaux (TVT) constate dans sa prise de position sur « Protection des animaux et chasses en battue » que lors de chasses en battue, selon les évaluations, jusqu'à environ 70 pour cent des animaux visés ne meurent pas immédiatement mais s'enfuient blessés. Dans une grande étude allemande (équipe de recherche d'Anja Martin, plus de 2’000 tirs de chevreuils et sangliers analysés), 30 à 40 pour cent des animaux selon l'espèce et le type de munition s'enfuient encore nettement plus loin que dix mètres après avoir été touchés. Pour les chevreuils touchés à la tête ou au thorax, les distances de fuite lors de chasses en battue étaient significativement plus longues que lors de chasses à l'affût ou à l'approche.

Ce qui arrive à un animal blessé

Les tirs manqués et les recherches n'apparaissent que rudimentairement dans les statistiques de nombreux cantons. Que se passe-t-il avec un animal effleuré par balle qui n'est plus retrouvé ? Il s'enfuit tant qu'il a des forces, se cache, souffre. Les fractures ouvertes, hémorragies internes, organes ou mâchoires détruits conduisent rarement à une mort rapide. Souvent ces animaux meurent sur des jours ou des semaines d'infections, d'hypothermie, de faim, parce qu'ils ne peuvent plus se nourrir. La recherche prescrite, c'est-à-dire le pistage ultérieur d'animaux blessés avec des chiens, est volontiers présentée comme preuve de responsabilité cynégétique. Mais chaque recherche est l'aveu d'une erreur antérieure. Et elle échoue souvent aussi : les traces se perdent, les structures du terrain sont confuses, les conditions météorologiques changent, les animaux franchissent les limites de territoire.

Tous ceux qui ne sont plus retrouvés disparaissent de l'horizon moral, bien qu'ils représentent exactement cette angoisse de mort et cette torture que le droit de protection des animaux devrait empêcher.

Plus d'informations : Administrations cynégétiques suisses peu sérieuses et Chasse et maltraitance animale

« Délivrer » ou tuer ? Le langage de la chasse de loisir

Linguistiquement, la chasse de loisir se donne volontiers un visage adouci. Les animaux sont «délivrés», «prélevés», «mis au tableau», comme s'il s'agissait d'une routine technique. Rarement les chasseurs de loisir disent simplement : «J'ai tué cet animal.» Ce choix de mots n'est pas un hasard, mais un écran de protection psychologique. Quiconque tue régulièrement sans dépendre existentiellement de cette chair doit avant tout s'expliquer à lui-même pourquoi cela devrait être acceptable.

Sur le plan de l'éthique animale, le conflit central est clair : lorsque quelqu'un poursuit et tue des animaux pendant son temps libre, alors qu'il pourrait parfaitement se nourrir de manière végétale ou à partir de sources existantes, il ne s'agit pas de nécessité, mais de plaisir, de tradition et d'identité. La figure de la «délivrance» sert d'adoucissant moral. On ne prend pas la vie à l'animal, mais seulement ses souffrances prétendument. Que ces souffrances soient souvent créées par la chasse de loisir elle-même, par la traque, les tirs et les blessures, est occulté.

Psychologiquement, on peut observer des motifs comme le pouvoir sur la vie et la mort, la gestion de sa propre mortalité, l'appartenance au groupe et la distinction d'une société urbaine «ramollie». La chasse de loisir peut être vécue subjectivement comme «instinctive», objectivement elle reste une décision : est-ce que je prends mon fusil aujourd'hui pour aller en forêt afin de mettre consciemment fin à la vie d'un autre être vivant, ou non ? Celui qui justifie cette décision par «plaisir», «passion» ou «connexion à la nature» devrait se demander pourquoi ces sentiments ont apparemment besoin d'un décès pour s'exprimer.

En savoir plus : Dossier «Psychologie de la chasse» et Le chasseur de loisir au 21e siècle

Processus de mort : médecine palliative, médecine vétérinaire et chasse de loisir en comparaison

En médecine humaine, la dernière phase de vie est considérée comme une période particulièrement digne de protection. La médecine palliative et l'éthique parlent d'une «mort dans la dignité» : les douleurs doivent être apaisées, l'angoisse réduite, les personnes ne doivent pas être laissées seules. Personne ne songerait sérieusement à traquer une personne mourante dans la forêt, à lui tirer dessus puis à l'abandonner à elle-même.

Les recommandations vétérinaires concernant l'euthanasie mettent également l'accent sur le calme, les procédures sans douleur ou peu douloureuses, un environnement aussi familier que possible, l'évitement de la panique et l'accompagnement par des personnes de référence. Même dans les guides pour propriétaires d'animaux, il est dit que les animaux doivent mourir sans angoisse autant que possible, sans combat et sans stress.

Si l'on oppose à cette compréhension le processus de mort dans la chasse de loisir, les mondes s'entrechoquent. Ici, la mort est régulièrement le résultat d'un coup de feu soudain à distance, sans annonce, sans possibilité de préparation, sans aucune forme d'accompagnement. Les animaux vivent souvent d'abord la traque, les battues ou l'expérience de voir leur environnement habituel ratissé par des humains armés et des chiens. Ce qui suit n'est pas une «dernière phase tranquille», mais une explosion d'angoisse de mort : fuite, désorientation, douleur quand le tir blesse au lieu de tuer, et souvent une mort solitaire quelque part dans les fourrés.

L'asymétrie des intérêts est centrale : en médecine palliative, le bien-être de la personne mourante est au centre, en médecine vétérinaire le bien-être de l'animal. Dans la chasse de loisir en revanche, l'intérêt du chasseur de loisir domine, avec les tableaux de chasse, les trophées, les rituels, l'identité. L'animal est l'objet d'une activité de loisir, non le sujet d'un processus de mort qui devrait être protégé. Si nous appliquions sérieusement aux animaux sauvages les mêmes critères formulés en médecine palliative et en éthique animale, la majeure partie de la chasse de loisir actuelle serait simplement intenable.

En savoir plus : Mythes de la chasse : 12 affirmations que tu devrais examiner de manière critique et Chasse et biodiversité : Comment la chasse de loisir menace la diversité des espèces

Garde-chasse professionnelle au lieu de tireurs amateurs : Le modèle genevois

Il existe des situations où une intervention dans les populations d'animaux sauvages ne semble pas totalement évitable : risques pour la circulation et la sécurité, animaux gravement blessés après des collisions, animaux isolés causant des dommages concrets et avérés. La question est de savoir qui procède à de telles interventions et avec quel mandat.

Un chasseur de loisir qui est en même temps représentant des intérêts de sa corporation a inévitablement des conflits d'intérêts. Une garde-chasse professionnelle travaille au contraire dans le cadre d'un mandat légal clair, avec formation, contrôle et obligation de rapport. Le canton de Genève, qui se passe depuis 1974 de chasse de milice et mise sur des gardes-chasse professionnels, montre que la mort d'animaux sauvages ne doit pas forcément être déléguée à des acteurs privés de loisir.

Là où la garde-chasse est compétente, la frontière entre « plaisir de la chasse » et défense nécessaire contre les dangers ne s'estompe pas de la même manière. Cela ne signifie pas que chaque tir est automatiquement conforme à la protection des animaux, mais cela réduit le pouvoir d'influence d'un lobby qui se présente comme indispensable. Celui qui argumente sérieusement que les animaux doivent être « délivrés » devrait impérativement exiger que cela se fasse par des professionnels avec une compétence attestable et un contrôle strict, non par des personnes qui le week-end, avec des collègues, la pression du trophée et la dynamique de groupe au cou, tirent sur tout ce qui entre dans leur grille.

Le rapport STS documente le problème du contrôle : dans les cantons à reviers, la surveillance de la chasse n'incombe pas à des gardes-chasse rémunérés par l'État, mais à un responsable que les reviers respectifs désignent eux-mêmes. Du point de vue du STS, la question d'une possible prévention se pose.

Plus d'informations : Canton de Genève : gestion de la faune sauvage sans chasse de loisir et Alternatives à la chasse : ce qui aide vraiment, sans tuer d'animaux

Ce qui devrait changer

Si le principe est pris au sérieux que les animaux ne doivent pas mourir dans l'angoisse de la mort et sous des souffrances évitables, la réalité cynégétique en Suisse n'est pas défendable. Six points d'approche concrets.

  • Réviser l'exception cynégétique: L'exception de la chasse de loisir à l'obligation d'étourdissement (art. 178a al. 1 lit. a OPAn) est le cœur du problème. Bien sûr, aucun étourdissement d'abattage classique ne peut être reproduit en forêt, mais l'exigence devrait être claire : aucun système de chasse de loisir ne doit structurellement produire plus de souffrances qu'il n'est techniquement évitable. Cela présupposerait des distances de tir courtes, des prescriptions strictes sur les armes et munitions, des obligations de documentation complètes et des sanctions sévères en cas de tirs manqués, et remettrait en question de nombreuses formes de chasse usuelles aujourd'hui.
  • Transparence sur les tirs manqués: Une statistique honnête devrait saisir de manière uniforme à l'échelle nationale combien d'animaux sont blessés, combien sont achevés par recherche, combien ne sont jamais retrouvés. Le STS exige une obligation explicite de recherche réglée dans la loi fédérale sur la chasse, une obligation de déclaration et une transparence publique sur les taux de réussite. Que neuf cantons aient refusé au STS toute information malgré la loi sur la transparence montre à quel point la pratique en est éloignée.
  • Séparer chasse de loisir et défense professionnelle contre les dangers: Ce qui est vraiment nécessaire appartient aux mains d'une garde-chasse indépendante. Tout le reste est un loisir dispensable aux dépens des plus faibles. Le modèle genevois prouve que cela fonctionne.
  • Restreindre les chasses en mouvement: La situation des données est claire : les chasses en battue et à l'approche produisent systématiquement plus de tirs manqués, des distances de fuite plus longues et plus de souffrance animale que d'autres formes de chasse. Une interdiction des tirs à la chevrotine sur le chevreuil et le sanglier, comme exigé par le STS, serait un pas minimal.
  • Surveillance cynégétique indépendante: La surveillance de la chasse doit être organisée de manière étatique, indépendante et responsable, non par des responsables désignés par les sociétés de chasse elles-mêmes.
  • Établir la vérité des coûts: La société doit savoir ce que coûte la chasse de loisir, non seulement en francs pour la surveillance du gibier et l'administration, mais en souffrance animale, en tirs manqués et en services écosystémiques perdus.
  • Interventions types: Textes types pour des interventions critiques de la chasse et Tolérance zéro pour l'alcool et les drogues lors de la chasse de loisir

Argumentaire

«Une balle propre ne viole aucune protection des animaux.» Une balle techniquement parfaite, immédiatement mortelle, serait théoriquement moins problématique. En pratique, elle n'est cependant pas la norme, mais l'exception. L'étude Martin montre que 30 à 40 pour cent des animaux touchés fuient encore sur plus de dix mètres. La TVT parle de jusqu'à 70 pour cent de tirs non immédiatement mortels lors des battues. Le droit de la protection des animaux doit se mesurer au cas normal, non à l'image idéale du lobby de la chasse de loisir.

«La chasse est nécessaire pour réguler les populations.» Cette affirmation est controversée. Les écosystèmes avec des prédateurs intacts, une sélection naturelle et une utilisation adaptée du territoire peuvent fonctionner sans chasse de loisir généralisée. Là où des interventions sont nécessaires, une surveillance professionnelle du gibier peut intervenir, sans qu'il soit nécessaire d'avoir 30'000 chasseurs de loisir avec des intérêts de trophées. Le modèle genevois fonctionne depuis plus de 50 ans.

«Les animaux sauvages souffrent-ils plus à la chasse qu'à l'abattoir ?» Les situations ne se laissent pas comparer terme à terme, mais une chose est claire : à l'abattoir, il y a une obligation d'étourdissement et des procédures contrôlées. Lors de la chasse de loisir, la poursuite, l'angoisse de mort et un risque considérable de tirs non mortels font partie du système. Le taux de recherche de 35 à 65 pour cent signifie : jusqu'à la moitié de tous les animaux blessés n'est jamais achevée.

«On peut réguler la chasse de sorte que les animaux souffrent à peine.» On peut réduire la souffrance, mais pas l'amener à un minimum comparable à l'étourdissement à l'abattoir. Tant qu'on tire à distance avec des armes à feu sur des animaux en fuite ou réagissant de manière imprévisible, l'angoisse de mort, les tirs manqués et les recherches échouées restent partie intégrante du système.

«N'est-ce pas hypocrite de manger de la viande et de rejeter la chasse de loisir ?» Ce qui est surtout hypocrite, c'est d'exiger des standards stricts de protection des animaux pour les animaux de rente et d'accepter soudain des exceptions pour les animaux sauvages. C'est précisément alors qu'il devient évident à quel point il est arbitraire de moins protéger les animaux sauvages que les animaux dans l'étable. La réponse la plus conséquente reste : moins ou pas de viande, et aucune activité de loisir qui fait de la mort et de la souffrance un divertissement.

«L'angoisse de mort influence-t-elle la qualité de la viande de gibier ?» Oui. Les animaux qui fuient en panique sécrètent de grandes quantités d'hormones de stress. Le métabolisme bascule, la musculature s'acidifie. Le résultat est une viande de qualité inférieure, une contradiction avec le récit marketing du « noble gibier ».

«La chasse est profondément ancrée dans notre culture.» La tradition n'est pas un argument pour poursuivre des pratiques qui sont intenables selon les critères éthiques et scientifiques actuels. Les combats d'ours, les combats de coqs et la chasse au renard étaient aussi culturellement ancrés, avant que les sociétés reconnaissent que la souffrance animale n'est pas un bien culturel.

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Notre exigence

Les animaux sauvages méritent la même protection contre la souffrance et l'angoisse de mort que nous accordons aux animaux de rente dans les abattoirs. Ce dossier documente comment la protection animale suisse s'arrête à la lisière de la forêt, pourquoi la chasse de loisir produit structurellement plus de souffrance que ce qui serait techniquement évitable, et pourquoi la garde professionnelle du gibier est la seule voie compatible avec une véritable protection animale. Ce dossier est mis à jour régulièrement lorsque de nouvelles données, études ou évolutions politiques l'exigent.

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, analyses et reportages de fond.