Interdire efficacement la consommation d'alcool et de drogues lors de la chasse de loisir
La chasse de loisir est souvent pratiquée comme activité récréative dans un cadre convivial. Mais là où des armes à feu sont utilisées, il ne doit y avoir aucune place pour l'alcool ou autres substances enivrantes. Un régime de sécurité moderne et clair dans le droit de chasse des cantons est exigé.
1. Motion
Le Conseil d'État est chargé de soumettre au Grand Conseil un projet de modification de la loi sur la chasse et la protection de la faune (………) ainsi que de l'ordonnance sur la chasse (……….) permettant d'empêcher efficacement dans le canton (………) la consommation d'alcool et autres substances psychoactives lors de l'exercice de la chasse de loisir. La révision législative doit notamment garantir que
- une réglementation claire de tolérance zéro pour l'alcool et les drogues illégales pendant l'exercice de la chasse et dans un délai approprié avant le début de la chasse soit introduite, au minimum en s'inspirant des valeurs limites et des notions d'incapacité de conduire reconnues dans le droit de la circulation routière,
- le port et le transport d'armes à feu dans le cadre de l'exercice de la chasse sous l'influence d'alcool, de stupéfiants ou autres substances psychotropes soit expressément interdit,
- les responsables de chasse, sociétés de chasse et fermiers de territoires soient contraints à des concepts de sécurité contraignants qui prévoient l'exclusion de la chasse des personnes sous l'influence d'alcool ou de drogues,
- les autorités compétentes (garde-faune, police) soient habilitées à effectuer des contrôles en cas de soupçon d'influence, notamment des tests d'alcoolémie et des dépistages standardisés de drogues,
- les violations des prescriptions sur l'alcool et les drogues dans le droit de chasse soient considérées comme violation grave des obligations du droit de chasse et entraînent des sanctions efficaces, notamment
- retrait temporaire ou définitif du droit de chasser et du permis de chasse,
- Interdiction de chasse et d'armes dans les cas graves,
- amendes appropriées ou peines privatives de liberté selon la gravité du danger,
- l'obligation de signalement lors d'incidents et de soupçons soit renforcée, notamment
- obligation de signalement pour les chefs de chasse, fermiers de chasse et co-chasseurs aux autorités compétentes,
- protection des lanceurs d'alerte contre les représailles,
- accidents et situations dangereuses liés à la consommation d'alcool ou de drogues à la chasse soient systématiquement recensés et analysés,
- le Conseil d'État expose dans son message,
- quelles lacunes existent dans la réglementation cantonale actuelle par rapport à la circulation routière, au tir sportif et à d'autres domaines liés aux armes,
- combien d'accidents de chasse et d'incidents évités de justesse ont été documentés dans le canton (………) ces dernières années et quel rôle l'alcool ou d'autres substances ont présumément joué,
- quels impacts la réglementation proposée a sur l'organisation de la chasse, la formation, les contrôles et l'application,
- quelles conséquences financières et organisationnelles sont à prévoir pour le canton et les communes.
Le Conseil d'État tient compte dans son projet des dispositions transitoires nécessaires, notamment en vue des contrats de fermage de chasse en cours, des sociétés de chasse existantes et de l'adaptation des formations cynégétiques.
2. Justification succincte
Aujourd'hui, il est courant dans de nombreuses sociétés de chasse que la chasse de loisir soit associée à des événements sociaux. Les boissons alcoolisées font encore partie de la prétendue tradition chez certains chasseurs. Ceci est en contradiction flagrante avec les exigences élevées de sécurité qui doivent s'appliquer lors de la manipulation d'armes à feu. Quiconque se déplace en forêt avec un fusil chargé porte la responsabilité de la vie des personnes et des animaux dans son environnement.
Dans la circulation routière, des règles claires et strictes concernant la consommation d'alcool et de drogues existent depuis longtemps. Également chez la police, dans le tir sportif professionnel ou dans les services de sécurité, l'influence de l'alcool ou d'autres substances psychoactives et le port d'armes sont incompatibles. Pour la chasse de loisir, où l'on tire régulièrement à proximité de zones résidentielles, de surfaces agricoles, de chemins et d'espaces de loisirs, il n'existe souvent qu'une réglementation insuffisante ou aucune réglementation explicite.
Là où les munitions réelles et les cibles vivantes se rencontrent, il ne peut y avoir de zone grise pour l'alcool et les drogues. Un tir tremblé ne touche pas seulement les chevreuils, les renards ou les sangliers, il met également en danger les humains, les chiens et autres animaux.
L'alcool et les drogues altèrent la capacité de réaction, le jugement, la vision et la coordination. Ils augmentent le risque de tirs ratés, de tirs de grâce et de blessures, conduisent à de mauvaises décisions dans des situations stressantes et renforcent les comportements à risque. Ceci ne concerne pas seulement les participants directs à la chasse, mais aussi les tiers non impliqués. Des promeneurs avertis, des familles avec enfants, des cavaliers, des cyclistes et leurs animaux évoluent souvent dans les mêmes zones où tirent les chasseurs de loisir.
Du point de vue de la protection des animaux, les tirs ratés dus à l'alcool ou aux drogues aggravent la souffrance des animaux sauvages. Les impacts non mortels conduisent à une longue agonie ou à des semaines de douleur. Ceci contredit à la fois la loi sur la protection des animaux et le principe souvent invoqué de la soi-disant éthique de la chasse.
Malgré ces risques, les thèmes de l'alcool et des drogues ne sont souvent que rudimentairement réglementés dans les lois cantonales sur la chasse ou sont délégués à des codes de conduite non contraignants des associations de chasse. Les engagements volontaires se sont cependant révélés insuffisants lorsqu'il s'agit de limiter efficacement les risques à fort potentiel de danger. Là où la vie humaine, la sécurité publique et la protection des animaux sont concernées, il faut des normes juridiques claires et applicables.
Avec la présente motion, le Conseil d'État est chargé d'adapter la législation sur la chasse du canton (………) aux exigences actuelles de sécurité et de protection des animaux. Une réglementation claire de tolérance zéro pour l'alcool et les drogues dans la chasse de loisir, combinée avec des possibilités de contrôle et de sanctions, apporte
- plus de sécurité pour la population, les animaux de rente et autres visiteurs de la forêt,
- plus de protection des animaux par la réduction des tirs ratés et des cas de recherche,
- plus de clarté juridique pour les sociétés de chasse, les autorités et les tribunaux,
- un alignement des standards dans la manipulation d'armes sur des domaines comparables comme la circulation et les porteurs d'armes professionnels.
Ainsi le canton (………) renforce la crédibilité de son droit de la chasse et de protection de la faune et donne un signal clair que les intérêts de loisir d'une minorité ne sont pas placés au-dessus de la sécurité et de la protection des animaux.





