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Chasse

Bavière : 185 cas de criminalité contre les espèces protégées depuis 2010

Les autorités intensifient leur lutte contre le braconnage d'oiseaux et le commerce illégal de trophées et de plumes - Plus de 185 cas enregistrés depuis 2010 !

Rédaction Wild beim Wild — 13 avril 2021

Les associations de protection de la nature, la police et la justice intensifient leur action contre la persécution et la commercialisation illégales d'espèces d'oiseaux protégées en Bavière.

185 cas, plus de 450 victimes

Comme le communique le Centre d'enregistrement et de documentation pour la persécution des rapaces et la criminalité contre les espèces protégées (E.D.G.A.R.), un total de 185 cas impliquant plus de 450 victimes ont été recensés dans l'État libre depuis 2010. Il s'agissait, dans 93 cas, d'empoisonnements délibérés, dans 30 cas d'abattages, dans 27 cas de captures ou de pièges illégaux, et dans 35 cas d'autres infractions telles que la détention et la vente illégales de spécimens d'oiseaux naturalisés ou la destruction intentionnelle de nids. Les animaux tués ou commercialisés étaient principalement des rapaces tels que des milans royaux, des autours des palombes et des buses, mais aussi d'autres espèces comme des bécasses des bois, des fuligules morillons, des geais des chênes ainsi que des hérons cendrés et des hérons argentés.

Le chiffre noir est très élevé ; nous estimons que tout au plus 10 % des infractions commises sont effectivement portées à la connaissance des autorités.

Karl Heinz Kreutzer, biologiste et porte-parole du comité, à Augsbourg

Série d'empoisonnements en Basse-Bavière

Les arrondissements les plus touchés sont ceux de Landshut (13 cas depuis 2010), Dingolfing (11 cas), Straubing-Bogen (10 cas) et Freising (8 cas). Au premier trimestre 2021, 12 cas ont déjà été recensés en Bavière. Parmi eux, une série présumée d'empoisonnements dans l'arrondissement de Straubing-Bogen, où la police a saisi fin mars, suite aux signalements de promeneurs, quatre buses mortes, un grand héron blanc et des appâts suspects. Le vendredi suivant (9 avril), des collaborateurs du Comité contre le massacre des oiseaux ont découvert près d'Obersunzing un autre rapace mort, qui a été récupéré par la police. Les oiseaux doivent être analysés pour détecter des traces de poison par des spécialistes de l'Université Ludwig-Maximilian (LMU) de Munich.

Commerce illégal d'oiseaux protégés

Selon le Comité, des collaborateurs de l'association ont également réuni, ces derniers mois, de nombreuses preuves du commerce illégal d'oiseaux abattus : bécasses des bois, geais des chênes, canards et autres espèces d'oiseaux sont concernés. Au total, 14 taxidermistes et équipementiers de chasse de l'ensemble du territoire allemand sont impliqués, dont cinq entreprises bavaroises. Les parquets de Deggendorf et de Landshut instruisent ainsi des poursuites contre deux chasseurs amateurs qui ont pratiqué un commerce illicite et étendu de corvidés et de canards congelés, en violation des interdictions de commercialisation en vigueur. Lors de perquisitions menées en début d'année dans les domiciles et locaux professionnels des mis en cause, plus de 150 carcasses d'oiseaux congelées, des supports de données ainsi que des documents commerciaux des trois dernières années ont été saisis.

Deux marchands de trophées, originaires de Nuremberg et du district de Traunstein, ont été dénoncés par des défenseurs des oiseaux pour avoir proposé à la vente sur Internet diverses espèces particulièrement et strictement protégées sous forme de spécimens naturalisés. Parmi les espèces proposées figuraient également des rapaces empaillés. Les autorités ont également ouvert une enquête dans ce cas.

Le parquet de Munich II instruit actuellement des poursuites contre une entreprise de mode traditionnelle. Le soupçon : commerce illégal de plumes de geais des chênes, utilisées notamment pour confectionner des ornements de chapeaux. Il s'agit au total de plus de 90 ventes individuelles dont la légalité est désormais vérifiée.

Jusqu'à cinq ans d'emprisonnement possibles

En cas de condamnation, les mis en cause encourent des sanctions pour violation de la loi fédérale sur la protection de la nature et du droit de la chasse des amendes élevées ; la fourchette des peines possibles peut aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement. Les chasseurs et chasseuses de loisir risquent en outre le retrait de leur permis de chasse.

Le comité appelle à signaler tout découverte suspecte ou offre de vente soit à la police, soit à la hotline nationale «Greifvogelverfolgung» (téléphone : 0228-665521, e-mail à EDGAR@komitee.de).

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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