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Chasse

Battue dans le Willbrigwald – Peur, sang et les auteurs

Le Willbrigwald, dans le canton de Lucerne, est silencieux en ce samedi matin. Les oiseaux gazouillent, le vent agite les arbres. Une image de paix. Mais cette idylle va bientôt se déchirer, sous les coups de feu, les cris et le sang.

Rédaction Wild beim Wild — 29 octobre 2025

Entre les buissons se tient une femme, Ronja Stöckli, chargée de communication de l'association militante JagdSchweiz.

Veste de camouflage orange et noire, fusil à deux canons en main, le chien de chasse haletant à ses côtés.

Elle attend. Elle attend un animal qui ne se doute de rien. Un animal qui va bientôt en devenir la victime.

Puis le spectacle commence : des rabatteurs hurlent à travers la forêt, des chiens traquent, des cornes retentissent. « Hey, hey, hey ! » résonne entre les arbres. Ce qui est un rituel pour les chasseurs de loisir est une terreur mortelle pour tous les animaux sauvages et les oiseaux. Ils fuient en panique, se frayent un chemin à travers les fourrés, cherchent désespérément une issue et ne font pourtant que courir vers les canons des chasseurs qui les attendent.

Les chasseurs de loisir le savent : beaucoup de ces tirs ne tuent pas sur le coup. Les animaux s'éloignent grièvement blessés, s'effondrent en souffrant pendant des heures ou des jours. Parfois on les entend crier, comme ce chevreuil que Stöckli a elle-même retrouvé lors d'une recherche au sang : il tentait encore de se relever avant de s'effondrer avec un cri perçant. Un cri qu'elle n'a jamais oublié, et qui pourtant ne l'empêche pas de continuer à pratiquer la chasse de loisir, comme elle l'a raconté à la NZZ. Son mari a dû abattre l'animal au couteau.

Des auteurs qui brisent les traditions

Un chevreuil est abattu ce jour-là. On lui glisse une branche de sapin dans la gueule, ce que l'on appelle la « dernière bouchée ». On parle de respect. En réalité, ce n'est rien d'autre qu'une mise en scène grotesque : on chasse d'abord un animal dans la panique et la mort, puis on le pare de symboles, comme s'il faisait partie d'une cérémonie solennelle.

« Weidmannsheil ! », s'écrient les collègues, tapes dans le dos, sonneries de cor. Pendant ce temps, un être vivant gît mort dans l'herbe, les yeux grand ouverts. Vient ensuite le « travail rouge » : éventrer le ventre, arracher les organes, du sang sur le pelage. Les auteurs appellent cela une tradition. Qui regarde de plus près reconnaît : c'est une ivresse de sang, déguisée en folklore.

Nous mangeons, donc nous chassons. – Ronja Stöckli

La chasse comme loisir – les animaux comme victimes

Les chasseurs de loisir se cachent derrière des mots-clés tels que « protection de la nature » et « régulation des populations ». Mais en réalité, il s'agit d'un hobby, d'une mise en scène de soi en forêt. On se retrouve pour des moments de convivialité, on défile en tenue de chasse dans la nature, on joue au grand régulateur et on se félicite en fin de journée pour un animal tué.

Le fait qu'il s'agisse d'êtres sensibles, de mères, de jeunes animaux, de groupes sociaux, est refoulé. Le fait que chaque chevreuil, chaque renard, chaque sanglier meure dans la peur et la panique est secondaire. L'essentiel est que les auteurs entretiennent leur tradition, chérissent leurs fusils et célèbrent leur pouvoir de vie et de mort, à l'encontre de toute connaissance en écologie faunistique. Ce n'est pas seulement la chasse au renard qui, selon les études et les exemples concrets, atteint des sommets d'incompétence.

  • Remarques et référencesLien
  • Littérature scientifique : Études sur le renard roux
  • Les chasseurs propagent des maladies : Étude
  • La chasse favorise les maladies : Étude
  • Les chasseurs de loisir dans la criminalité : La liste
  • L'interdiction de la chasse inutile au renard est plus que tardive : Article
  • Le Luxembourg prolonge l'interdiction de la chasse au renard : Article
  • Chasse au petit gibier et maladies de la faune sauvage : Article

La nature n'a pas besoin d'auteurs de violence

L'affirmation selon laquelle la chasse de loisir serait nécessaire parce que, selon Ronja Stöckli, les loups et les ours font défaut, est un raisonnement circulaire : les chasseurs de loisir ont eux-mêmes exterminé ces ennemis naturels et détruit leurs habitats, et se présentent désormais comme des prédateurs de substitution. Or des écosystèmes entiers montrent qu'ils s'autorégulent lorsqu'on les laisse faire. Les loups, les lynx, les renards, les processus naturels, ils assurent l'équilibre. Les ours sont de surcroît végétariens à 90 %. Une fois de plus, Ronja Stöckli, représentante de l'ensemble des 30’000 chasseurs de loisir en Suisse, livre un témoignage de leur formation sectaire et déplorable.

Ce dont la nature n'a pas besoin, ce sont des chasseurs de loisir qui portent des fusils par tradition cruelle envers les animaux ou par goût du meurtre. Elle n'a pas besoin de chasses à courre, ni de cors, ni de rituels sanglants. Elle a besoin de protection et de respect envers la vie.

La tradition ne justifie pas la souffrance

À la fin de la journée, dans le Willbrigwald gît un chevreuil mort, orné de branchages, tandis que les chasseurs amateurs pressent leurs chapeaux contre leur poitrine. Pour eux, c'est un rituel. Pour l'animal, c'était le dernier souffle dans la panique et la douleur.

La chasse dans le Willbrigwald révèle ce qu'elle est vraiment : ni protection de la nature, ni privilège, mais un hobby sanglant aux dépens des sans-défense. Des chasseurs en tenue camouflée se mettent en scène comme gardiens de la nature, ne laissant pourtant que vide, peur et mort.

La vérité est simple : la nature n'a pas besoin de chasseurs amateurs. Mais les animaux ont enfin besoin d'être protégés des incompétents.

La viande de gibier n'est pas un produit naturel propre ; elle est souvent chargée de métaux lourds, de parasites, de bactéries et de substances toxiques. De plus, elle provient d'animaux tués dans la panique et la souffrance, ce qui garantit une qualité de viande déplorable.

Les chasseurs amateurs aiment souligner que leur viande est «honnête». Mais qu'a d'honnête un produit issu d'animaux traqués dans la panique, blessés par balle et souvent tués dans d'atroces souffrances ? Dans l'agonie, les animaux libèrent des hormones de stress telles que l'adrénaline et le cortisol, qui envahissent tout l'organisme. La viande d'un chevreuil traqué n'a plus rien de «naturel et sain» ; elle est le résultat de la peur et de la violence.

Quiconque souhaite véritablement vivre sainement et durablement ne devrait consommer ni viande de chasse ni viande issue de l'élevage intensif. Car qu'il s'agisse d'un abattoir ou d'une forêt, le résultat reste le même : de la souffrance animale dans l'assiette — et chez les chasseurs amateurs, de la charogne.

Dossier : Chasse et protection des animaux

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