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Chasse

La Fédération des agriculteurs de Thuringe se plaint d'une invasion de souris

Les renards, ennemis naturels des souris, rendent inutile le recours aux poisons.

Rédaction Wild beim Wild — 1er août 2020

Chaque renard compte : selon un article de presse, la Fédération des agriculteurs déclare que les campagnols des champs constituent une véritable « invasion » en Thuringe.

La solution envisagée par la Fédération passe par un travail du sol plus profond, et elle fait également pression pour obtenir une dérogation autorisant l'utilisation d'appâts empoisonnés contre cette «invasion de souris».

PETA critique vivement cette approche et demande au ministère de l'Agriculture de Thuringe d'interdire plutôt la chasse au renard dans l'ensemble du Land. Car l'arrêt de la chasse au renard est la meilleure mesure :Selon des études, chaque renard se nourrit d'environ 3 000 à 5 000 souris par an. Les chasseurs de loisir, en revanche, traquent ces animaux utiles sans pitié, les considérant comme des cibles vivantes ou des concurrents. Rien qu'en Thuringe, les chasseurs ont tué plus de 13 000 renards lors de la saison de chasse 2018/2019.

« Il est inacceptable, d'un point de vue écologique et éthique, de maintenir la chasse de loisir inutile au renard. De surcroît, il serait irresponsable de poser des appâts empoisonnés qui peuvent tuer d'autres ennemis naturels des souris — comme les rapaces — et contaminer en plus les sols et les eaux souterraines », déclare Nadja Michler, chargée de mission pour les animaux sauvages chez PETA.

Informations complémentaires sur l'«invasion de souris»

La Fédération des agriculteurs invoque la sécheresse comme cause de l'« invasion de souris ». Selon le ministère de l'Agriculture de Thuringe, les précipitations régulent la population de souris, car l'eau pénètre dans les terriers et noie les animaux. PETA met en garde contre l'utilisation prévue de poisons et demande qu'on favorise plutôt les prédateurs naturels de ces rongeurs.

D'un point de vue biologique des populations, les renards et les rapaces ne peuvent certes pas, à eux seuls, contenir une grande population de souris. Plusieurs instituts de recherche forestière soulignent toutefois que la protection des renards et d'autres prédateurs peut retarder ou prévenir une prolifération excessive de souris en forêt.

L'office forestier de Göhrde a lui aussi largement suspendu la chasse au renard depuis 2019, afin de préserver les ennemis naturels des souris. Entre 2015 et 2018, selon l'Office fédéral de l'environnement, entre environ cent et plusieurs centaines de tonnes de rodenticides (poisons chimiques) étaient utilisées chaque année dans l'agriculture en Allemagne. Une dizaine de substances toxiques différentes sont actuellement autorisées.

À l'échelle nationale, les chasseurs amateurs tuent chaque année plus de 400 000 renards. En Thuringe, ces animaux sont chassés toute l'année. Les chasseurs les traquent au moyen de pièges, de fusils et de la chasse au terrier. Les animaux blessés par balle fuient souvent avec des plaies ouvertes ou meurent lentement et dans d'atroces souffrances dans les pièges. Pourtant, les renards ne se nourrissent pas seulement de souris, dont les agriculteurs se méfient, mais garantissent aussi la survie de leurs proies en capturant les animaux faibles et malades, éliminant ainsi immédiatement les foyers de maladie.

Les associations de chasseurs avancent généralement que les renards menacent les populations de certaines espèces de petit gibier, comme la perdrix ou le lièvre. Les experts s'accordent toutefois à dire que les effondrements démographiques drastiques des espèces concernées sont imputables à l'agriculture industrialisée et à la perte d'habitat qui l'accompagne. À cela s'ajoute le fait que les chasseurs amateurs eux-mêmes tuent chaque année en Allemagne environ 190 000 lièvres des champs.

Au Luxembourg, la chasse au renard est déjà interdite depuis avril 2015. PETA réclame également pour l'Allemagne une interdiction générale de la chasse au renard et a lancé une pétition en ce sens. Car il n'existe aucune raison, ni du point de vue de la biologie de la faune sauvage ni de celui de la santé publique, de chasser ces animaux sauvages.

«Les chasseurs collent délibérément aux renards une mauvaise réputation afin de pouvoir continuer à pratiquer leur passe-temps sanglant», déclare Michler. Les réticences encore parfois exprimées à l'égard des prédateurs reposent sur des suppositions depuis longtemps réfutées.

L'Allemagne est exempte de rage terrestre depuis 2008 et le ver solitaire du renard compte parmi les parasitoses les plus rares d'Europe. La chasse au renard n'a par ailleurs aucun effet régulateur ou réducteur sur la population, car les pertes sont rapidement compensées par l'immigration et la hausse des taux de natalité. Les populations de renards se régulent d'elles-mêmes grâce aux structures sociales, à la disponibilité de la nourriture et aux maladies.

La prolifération des souris est donc aussi imputable aux chasseurs de loisir.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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