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La diversité aviaire des Alpes suisses est en déclin

Dans les hautes montagnes suisses, la diversité des oiseaux diminue de plus en plus, comme le démontre une étude commune de l'UZH et de la Station ornithologique suisse. L'analyse de données recueillies sur deux décennies montre que les communautés d'oiseaux alpins sont moins diversifiées qu'auparavant et remplissent également moins de fonctions écologiques. Cette évolution est probablement liée au réchauffement climatique et aux modifications de

Rédaction Wild beim Wild — 14 juillet 2020

Dans les hautes montagnes suisses, la diversité des oiseaux diminue de plus en plus, comme le démontre une étude commune de l'UZH et de la Station ornithologique suisse.

L'analyse de données recueillies sur deux décennies montre que les communautés d'oiseaux alpins sont moins diversifiées qu'auparavant et remplissent également moins de fonctions écologiques. Cette évolution est probablement liée au réchauffement climatique et aux modifications de l'utilisation des terres.

Les écologues estiment que le changement climatique mondial a un effet particulièrement fort sur les animaux et les plantes vivant en montagne — ils s'attendent à des modifications dans la répartition, l'abondance et les interactions entre les espèces. Il existe ainsi des indications que l'habitat de certaines espèces d'oiseaux suisses — comme le Pipit des arbres ou le Gobemouche noir — s'est déplacé vers des altitudes plus élevées ces dernières années. La manière dont ces changements affectent la composition des communautés d'oiseaux n'était pas connue jusqu'à présent.

Des chercheurs du Département de biologie évolutive et des sciences de l'environnement de l'Université de Zurich et de la Station ornithologique suisse se sont penchés sur cette question. Ils se sont appuyés sur des données collectées au cours des vingt dernières années par des ornithologues bénévoles. L'étude a mis en évidence une tendance négative : les communautés d'oiseaux des Alpes suisses traversent, le long du gradient altitudinal, un processus d'homogénéisation biotique — c'est-à-dire qu'elles se ressemblent de plus en plus et perdent en diversité.

La diversité fonctionnelle est importante

La mesure la plus simple de la diversité d'une communauté d'oiseaux est le nombre d'espèces qui la composent. Cependant, la diversité fonctionnelle d'une communauté fournit également des informations précieuses. «Différentes espèces utilisent les ressources de manière distincte et interagissent différemment avec leur environnement», explique Vicente García-Navas, post-doctorant et premier auteur de l'étude. «Toutes les espèces ne jouent pas un rôle également important dans l'écosystème. La perte d'une seule espèce bien précise peut être plus dommageable que celle de plusieurs autres espèces.» Les spécialistes seraient particulièrement importants, comme certaines espèces de pics. En effet, leurs cavités arboricoles sont nécessaires à d'autres oiseaux et petits mammifères comme lieu de nidification et de refuge.

Pour mesurer cette diversité fonctionnelle des communautés d'oiseaux, García-Navas et son équipe ont rassemblé cent caractéristiques différentes pour chaque espèce d'oiseau, portant sur la morphologie, l'alimentation, l'habitat et bien d'autres aspects. Ils ont ainsi pu déterminer la diversité des fonctions au sein des différentes communautés d'oiseaux le long du gradient altitudinal et établir comment ce tableau a évolué au cours des deux dernières décennies.

Les spécialistes de la haute montagne sont en déclin

Les analyses ont révélé que la limite supérieure de la forêt constitue une barrière fonctionnelle entre deux groupes : des plaines agricoles jusqu'aux forêts de montagne, on trouve des communautés d'oiseaux similaires, composées d'espèces telles que le Bruant jaune, la Fauvette épervière et la Fauvette à tête noire. Au-dessus, dans la haute montagne sans arbres, les communautés sont constituées d'espèces adaptées à la vie en milieu ouvert. Elles consomment par exemple moins de chenilles ou, comme le Lagopède alpin, construisent leur nid à même le sol.

L'analyse a toutefois montré que cette diversité fonctionnelle particulière des communautés alpines a diminué ces dernières années. «Notre étude montre que les spécialistes de montagne courent de plus en plus le risque d'être évincés», déclare le professeur d'écologie Arpat Ozgul, co-auteur de l'étude. Les facteurs déterminants seraient la réduction des habitats, la difficulté à trouver des habitats optimaux en altitude et l'invasion des généralistes vers les zones supérieures.

La victoire des généralistes

Cette augmentation des espèces généralistes comme le rouge-gorge et le gobemouche noir est peut-être aussi la raison du déclin de la soi-disant bêta-diversité : comme l'a également révélé l'étude, la composition en espèces des différentes communautés alpines se ressemble de plus en plus et les variations se font de plus en plus rares.

«Dans l'ensemble, les résultats indiquent que le double effet du réchauffement climatique et l'abandon de la gestion traditionnelle entraîne un appauvrissement des communautés d'oiseaux dans les Alpes», déclare García-Navas. Ce dernier facteur contribuerait à l'embroussaillement et au déplacement vers le haut de la limite des arbres. Des mesures de protection et une adaptation de la gestion seraient donc urgentes.

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