France : en finir avec les accidents de chasse
L'État attaqué en justice par deux associations pour inaction face aux accidents de chasse. Homicides, blessures graves, tirs sur des maisons, des voitures... Chaque année, la chasse en France est à l'origine d'une série de tragédies et représente un sérieux problème d'insécurité pour les 98 % de Français qui ne pratiquent pas ce loisir.
Plainte pour inaction fautive
L'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) et le collectif Un jour un chasseur ont déposé, mardi 10 octobre, une plainte en justice.
Leur objectif est de rendre la chasse de loisir plus sûre afin d'éviter les accidents.
Les deux associations réclament notamment une limitation des jours autorisés pour la pratique de la chasse de loisir, en particulier le week-end, une formation plus stricte des chasseurs et une réglementation commune à tous les départements.
70 % des accidents le week-end
«Face à l'inaction du gouvernement, qui a annoncé en janvier un plan chasse totalement insuffisant, nous avons dû aller plus loin et attaquer l'État pour inaction fautive, car il dispose des faits, on lui fournit les solutions. Ce sont des solutions que l'on trouve chez nos voisins européens, chez qui il n'y a pas autant d'accidents», déclare Mila Sanchez.

«Il suffit de regarder les statistiques : plus de 70 % des accidents et incidents surviennent le week-end.»
Mila Sanchez, collectif Un jour un chasseur
78 Accidents de chasse en une saison
Selon les données de l'Office français de la biodiversité (OFB), la saison 2022/2023 a enregistré 78 accidents de chasse. Six d'entre eux ont été mortels.
Au cours de la dernière saison de chasse, la proportion de méfaits envers des non-chasseurs a augmenté de façon spectaculaire, passant de 13 % à 28 %. Des chasseurs de loisir ont blessé des cyclistes, des randonneurs, des cueilleurs de champignons et des promeneurs du dimanche. Des chasseurs de loisir ont tiré sur des cavaliers, à travers des caravanes, sur des maisons, des écoles, des jardins, des voitures ou des animaux domestiques.
Selon un sondage de décembre 2022, sept Français sur dix se sentent inquiets pendant la saison de chasse, un chiffre qui a nettement augmenté au fil des années. Il est totalement inacceptable que dans un pays libre et démocratique comme la France, les citoyens hésitent ou renoncent même à se promener dans la nature six mois par an, par crainte d'être blessés ou tués par balle.
Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans nos Dossiers sur la critique de la chasse de loisir réunissent des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond. Les preuves scientifiques se trouvent dans l'aperçu Études sur les effets de la chasse de loisir.
La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.
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