L'éthique de chasse de la DJV laisse la question centrale ouverte
Wildtierschutz Deutschland reproche à la Fédération allemande de la chasse de présupposer la légitimité de la chasse de loisir au lieu de l'examiner.
En juillet 2026, la Fédération allemande de la chasse a adopté, lors de la Journée fédérale des chasseurs à Suhl, une nouvelle position sur l'éthique de la chasse qui entend inscrire chaque mise à mort dans un code de conduite, mais qui esquive la question décisive.
L'association Wildtierschutz Deutschland a critiqué ce document le 8 août 2026 dans une prise de position fondée sur des bases scientifiques, juridiques et relevant de la protection de la nature, et a formulé cinq exigences pour une mise à mort justifiable, exigences auxquelles la justification de la chasse de loisir ne résiste pas.
Quiconque parle d'éthique animale ne peut faire l'économie d'une question préalable : non pas comment un animal est tué avec le moins de souffrance possible, mais si la mise à mort en tant que telle peut être justifiée. C'est précisément sur ce point que la nouvelle position de la Fédération allemande de la chasse (DJV) reste sans réponse.
L'essentiel en bref
- Le document de la DJV « Éthique cynégétique en débat » régit la manière dont on chasse, non pas la question de savoir si une mise à mort concrète est justifiée, et présuppose la légitimité de la chasse de loisir.
- Le « motif raisonnable » au sens du § 17 de la loi allemande sur la protection des animaux constitue, selon le Tribunal administratif fédéral, un intérêt digne de protection qui, dans chaque cas particulier, doit peser plus lourd que la protection de l'animal ; l'acceptation sociale ne remplace pas cet examen.
- Wildtierschutz Deutschland formule cinq critères pour une mise à mort justifiable : objectif déterminé, adéquation, nécessité, proportionnalité et suivi.
- Le raton laveur montre que la chasse de loisir n'est pas une gestion adaptée : le tableau de chasse a été multiplié par treize depuis 2003, et pourtant la population continue de croître.
- Le canton de Genève prouve depuis 1974 que la gestion de la faune sauvage fonctionne sans chasse de loisir privée.
Code de conduite plutôt que justification
Le document de position «L'éthique de la chasse en débat» porte la date du 4 juillet 2026 et traite de la déontologie cynégétique, de l'autolimitation et de l'usage des technologies modernes de vision nocturne. Le DJV présente la chasse privée de loisir, ci-après la chasse de loisir, comme quelque chose qui serait lié au respect et à la responsabilité, et veut rendre les chasseurs et chasseuses «capables de s'exprimer». Le document reconnaît explicitement que les motifs de la tradition et de l'expérience de la nature sont, pris isolément, insuffisants. En même temps, il érige la défense de la chasse comme expression de la liberté humaine en valeur fondamentale non négociable et rattache le «motif raisonnable» à l'acceptation par la majorité de la société.
C'est précisément cette inversion qui est au cœur du problème. Un code de conduite règle le comment, non le si. La prise de position parle d'un renversement de la charge de la preuve: la chasse serait d'emblée considérée comme libre et utile, et l'examen critique porterait surtout sur l'exécution et la présentation. Ainsi, la rhétorique éthique protège le statu quo cynégétique au lieu de le remettre en question, et la perspective de l'animal concerné est reléguée au rang de simple question d'application.
Le revirement sur la technologie de vision nocturne
La malléabilité de la notion de déontologie cynégétique apparaît de manière particulièrement évidente dans le traitement des technologies de vision nocturne. Pendant des années, l'usage de dispositifs de vision nocturne fixés à demeure a été considéré comme non déontologique par les chasseurs de loisir eux-mêmes, et il était interdit par le droit fédéral en vertu de la loi fédérale sur la chasse et de la loi sur les armes. Ce n'est qu'avec la chasse nocturne croissante du sanglier et la lutte contre la peste porcine africaine que la position a basculé. En mai 2025, la Hesse a déposé une initiative au Conseil fédéral visant à autoriser au niveau fédéral des dispositifs de vision nocturne à part entière. Une modification effective du droit sur les armes nécessite toutefois encore une procédure législative au Bundestag.
Désormais, les partisans justifient l'usage de cette même technologie comme une contribution à un tir plus précis et donc plus respectueux de la protection animale. Ce qui hier était considéré comme contraire à la déontologie cynégétique est aujourd'hui présenté comme conforme à la protection animale. Le document du DJV reste ici volontairement ouvert: il exige une autolimitation, mais laisse la limite à la décision individuelle. Cela montre à quel point la notion de «déontologie cynégétique» est peu contraignante dans son application, dès qu'une nouvelle utilité pour la chasse entre en jeu. Un critère qui varie selon les besoins du moment ne peut servir de garde-fou éthique.
Ce qui reste occulté dans cette argumentation, c'est l'animal qui ne trouve plus de repos. L'activité nocturne du chevreuil, du cerf et du sanglier est en grande partie une réaction d'évitement face aux dérangements humains et à la pression de chasse durant le jour. Là où désormais les chasseurs de loisir parcourent aussi les réserves de nuit avec caméra thermique et dispositif de visée nocturne, le gibier perd son dernier espace de repli et devient de fait chassable vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Cela peut accroître le stress et compromettre l'utilisation des espaces de repli. Ce ne sont pas seulement les espèces chassées qui sont concernées : le dérangement nocturne touche aussi des animaux protégés comme les chouettes, les chauves-souris et les petits mammifères. La manière dont les caméras thermiques, les dispositifs de visée nocturne et les drones minent l'image d'une chasse loyale, notre dossier sur la chasse nocturne et la chasse high-tech.
Le « motif raisonnable » n'est pas une simple formalité
Sur le plan juridique, l'obstacle est plus élevé que ne le laisse entendre la position de la DJV. La loi allemande sur la protection des animaux exige un « motif raisonnable » pour tuer un vertébré (§ 17 TierSchG), et la protection animale est ancrée depuis 2002 comme objectif de l'État dans la Loi fondamentale (art. 20a GG). Le Tribunal administratif fédéral exige un intérêt digne de protection qui, dans le cas concret, pèse plus lourd que la protection de l'animal. L'acceptation sociale peut influencer cette pesée d'intérêts, mais elle ne remplace ni la preuve des faits ni la justification. La Suisse aussi exige une pesée des intérêts : la Constitution fédérale protège la dignité de la créature (art. 120 al. 2 Cst.), et la loi sur la protection des animaux interdit les contraintes imposées aux animaux qui ne peuvent être justifiées par des intérêts prépondérants. La notion allemande de « motif raisonnable » n'est toutefois pas transposable telle quelle au droit suisse.
La chasse loyale concerne avant tout le comment de la pratique de la chasse, tandis que le motif raisonnable répond à la question préalable du si de la mise à mort concrète. Cette distinction, le document la laisse ouverte. Même la valorisation ultérieure de la viande ne rend pas rétroactivement raisonnable une mise à mort effectuée par plaisir de chasser ou pour passer le temps.
Cinq pierres de touche sur lesquelles le document échoue
Wildtierschutz Deutschland formule cinq exigences pour une mise à mort éthiquement responsable : un objectif suffisamment défini et légitime, l'adéquation sur la base de connaissances solides, la nécessité avec priorité aux moyens plus doux, la proportionnalité au sens strict ainsi qu'un suivi transparent assorti de règles d'interruption et de correction. La justification globale de la chasse de loisir échoue face à ces critères, car l'utilité de nombreuses mesures cynégétiques n'est jusqu'à présent pas démontrée de manière transparente et liée à des projets.
La prise de position l'étaye par des études. Une étude de Jiguet et ses collègues n'a trouvé, pour 12,4 millions de renards, mustélidés et corvidés tués en France, aucun lien entre l'intensité de la mise à mort et les dommages signalés, les coûts de la chasse dépassant les dommages. La synthèse de Langgemach et Bellebaum sur la prédation des oiseaux nichant au sol ne justifie précisément pas une chasse au renard à grande échelle : la cause principale de la menace réside dans les modifications à grande échelle de l'habitat. Ces études montrent que les justifications globales fondées sur le contrôle de la prédation ou la prévention des dommages ne sauraient remplacer une preuve d'efficacité concrète.
Le raton laveur en est un exemple typique. Le tableau de chasse en Allemagne est passé de 21’149 animaux durant l'année de chasse 2003/04 à 284’220 durant l'année de chasse 2024/25, soit une multiplication par treize. La population n'a pas pu être endiguée pour autant, bien au contraire : une étude scientifique de synthèse constate que, malgré des mesures drastiques, les interventions n'ont eu aucun effet durablement réducteur et que l'augmentation de la population n'a probablement même pas été ralentie. Le mécanisme biologique est connu : le tir des femelles reproductrices fait augmenter la reproduction par compensation. Quiconque veut réduire efficacement la population ne peut faire l'économie de méthodes de contrôle biologique. C'est précisément ici que se révèle que la chasse de loisir n'est pas un mode de gestion approprié. Elle n'est pas mise en œuvre par des spécialistes tels que les biologistes de la faune selon des critères d'écologie des populations, mais par des chasseurs et chasseuses de loisir dont l'activité, comme cela est démontré, ne régule pas l'évolution des populations. Des preuves concernant d'autres espèces sont rassemblées dans notre Aperçu des études scientifiques sur l'impact de la chasse de loisir sur les animaux sauvages.
Quand l'éthique ne fait que gérer la mise à mort
Derrière cela se cache un schéma qui dépasse la chasse. Lorsqu'une institution développe des normes sur la manière dont une mise à mort doit se dérouler pour être considérée comme «bonne» plutôt que «insatisfaisante», elle améliore les conditions dans lesquelles on tue, mais ne remet pas en cause le fait de tuer lui-même. Chez l'humain, une telle institution ne ferait pas partie de la protection, mais du crime. Le terme «protection» confère à une pratique administrative une légitimité morale qui ne lui revient pas, et la rend ainsi plus difficile à attaquer, précisément parce qu'elle se met en scène comme un progrès.
C'est exactement ce que réalise l'éthique de la chasse de la DJV pour les animaux sauvages. Elle réglemente la loyauté cynégétique, la protection des animaux parents et l'autolimitation, c'est-à-dire les conditions de la mise à mort, et laisse intact le postulat de base selon lequel on peut tuer un être sensible sans raison prépondérante. Ainsi, la rhétorique éthique stabilise le système existant au lieu d'en examiner le fondement.
Genève montre qu'il est possible de faire autrement
Le fait que la mise à mort par les chasseurs de loisir ne soit pas une nécessité naturelle, le canton de Genève le démontre depuis plus de cinquante ans. Depuis 1974, la chasse privée y est interdite par décision populaire. Les interventions nécessaires sont effectuées par des gardes de l'environnement étatiques; cela comprend l'observation, la prévention des dommages et la régulation ponctuelle après identification individuelle de l'animal. Le modèle ne montre pas qu'aucun animal n'est plus tué, mais bien que la gestion de la faune sauvage peut être organisée sans chasse de loisir privée.
La critique vise en fin de compte le législateur: des obligations de justification et de preuve, la priorité aux mesures non létales et un monitoring indépendant pourraient être ancrés dans le droit de la chasse. Tant que la question préalable de la légitimité reste sans réponse, la nouvelle éthique de la chasse de la DJV remplace la justification par un code de conduite. Là où la preuve d'un bénéfice prépondérant n'est pas apportée, il faut renoncer à la mise à mort, et non simplement chasser de manière plus loyale ou mieux communiquer sur la chasse.
Plus d'informations sur la situation juridique dans l'article: La chasse de loisir sans raison valable est illégale
Sources
- Deutscher Jagdverband (2026): L'éthique cynégétique en débat. Prise de position, état du document au 4 juillet 2026, adoptée lors de la journée fédérale des chasseurs à Suhl.
- Wildtierschutz Deutschland e.V. (2026): L'éthique cynégétique en débat. Prise de position critique sur la position du Deutscher Jagdverband, état au 8 août 2026.
- Tribunal administratif fédéral, arrêt du 13 juin 2019, 3 C 28.16 (concernant le «motif raisonnable» selon le § 17 de la loi sur la protection des animaux).
- Loi sur la protection des animaux (Allemagne), §§ 1 et 17; Loi fondamentale art. 20a; Constitution fédérale de la Confédération suisse, art. 120 al. 2; Loi sur la protection des animaux (Suisse).
- Jiguet, F. et al. (2026): Ecological and economic assessments of native vertebrate pest control in France. Biological Conservation 316, 111719.
- Langgemach, T. & Bellebaum, J. (2005): Prädation und der Schutz bodenbrütender Vogelarten in Deutschland. Vogelwelt 126, 259 à 298.
- Michler, F.-U. et al.: Der Nordamerikanische Waschbär in Deutschland. Hintergrund, Konfliktfelder und Managementmassnahmen.
- Deutscher Jagdverband: Statistique de chasse du raton laveur, années de chasse 2003/04 à 2024/25.
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