9 septembre 2026, 17h39

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Chasse

Déjà trois morts pendant la chasse de loisir : les services de la chasse ne peuvent pas se soustraire à leur responsabilité

Un cheval est abattu dans l'Avers grison, deux hommes meurent lors du premier week-end de chasse au Tessin, un autre chasseur trouve la mort lors de la haute chasse aux Grisons. Ces cas ne sont pas comparables entre eux – mais ils renvoient tous aux risques d'un système autorisé par l'État, que les services cantonaux de la chasse devraient organiser et contrôler.

Rédaction Wild beim Wild — 9 septembre 2026
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«La chasse-plaisir»

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Un cheval est apparemment confondu avec un cerf et abattu aux Grisons. En l'espace de quelques jours, trois hommes meurent pendant la chasse au Tessin et aux Grisons, à la suite de chutes ou de chutes présumées en terrain montagneux.

Pour les proches et l'entourage des personnes concernées, ces décès sont des drames humains. Ils ne doivent être ni relativisés ni instrumentalisés à des fins politiques. En même temps, il serait faux de qualifier tous ces événements de simples erreurs de jugement privées. La chasse n'est ni une randonnée privée ni un loisir sans conséquence. C'est un système autorisé par le canton, réglementé et soumis à des taxes, dans lequel des particuliers armés poursuivent et tuent des animaux sauvages.

Lorsque ce système engendre des tirs manqués, des animaux blessés, des recherches au sang, des accidents et des morts, la responsabilité ne s'arrête pas à la personne qui appuie sur la détente ou qui se déplace sur le terrain. Les services cantonaux de la chasse fixent le cadre : périodes de chasse, zones, conditions d'obtention du permis, plans de tir, formation, contrôles et règles de sécurité.

Un cheval au lieu d'un cerf dans l'Avers

Tôt dimanche matin, un cheval a été tué par un tir de chasse dans une pâture à Cröt, un hameau de l'Avers (GR). Le tireur avait apparemment confondu l'animal avec un cerf. Il a lui-même signalé l'incident ; son permis de chasse lui a été retiré.

Pour l'exploitation concernée et les personnes qui s'occupaient du cheval, un animal reste mort. Un homme a tiré alors que la cible n'avait manifestement pas été identifiée sans équivoque.

Le Service de la chasse et de la pêche des Grisons a expliqué aux médias que les horaires de tir autorisés sont fixés dans les prescriptions d'exploitation de la chasse et qu'ils s'orientent sur les conditions de luminosité saisonnières. En fin de compte, c'est toutefois à la personne qui chasse de juger elle-même si elle peut identifier correctement un animal. L'incident a été qualifié de «cas isolé».

Cette explication est trop courte.

Bien entendu, le tireur porte la responsabilité immédiate. Quiconque ne sait pas avec certitude quel animal se trouve dans sa ligne de mire, s'il est même autorisé au tir, et si un pare-balles sûr existe, ne doit pas tirer. Le fait qu'un cheval ait été abattu montre en tout cas que l'identification univoque exigée de la cible n'a pas, dans ce cas concret, permis de protéger l'animal.

Mais la responsabilité ne commence pas seulement à la dernière seconde avant le tir. Le service définit les règles de chasse, autorise les périodes de chasse, délivre les permis, planifie les tirs et décide dans quelles conditions plusieurs milliers de chasseuses et chasseurs à patente peuvent circuler armés sur le terrain pendant la saison de chasse. Celui qui crée ce cadre ne peut pas reporter intégralement sur les seuls détenteurs de permis la responsabilité de ses conséquences prévisibles.

«Cas isolé» contre statistique

Qu'un cheval soit confondu avec un cerf est, sous cette forme précise, exceptionnel. Mais les tirs manqués, les infractions aux règles et les recherches au sang ne sont pas des phénomènes isolés aux Grisons.

En 2016, 5'512 personnes ont participé à la haute chasse grisonne. La même année, le service a enregistré 1'098 amendes d'ordre et 103 dénonciations pour infractions à la législation sur la chasse – soit 1'201 cas au total. Dans 1'013 cas, il s'agissait de tirs manqués.

En 2017, les chiffres ont encore augmenté : 5'532 personnes ont participé à la haute chasse, tandis que 1'280 amendes d'ordre et 104 dénonciations ont été prononcées, respectivement déposées. Cela donne 1'384 cas enregistrés ; 1'146 d'entre eux concernaient des tirs manqués. Ces chiffres ne signifient pas que chaque signalement concerné puisse être attribué à une personne différente. Plusieurs infractions peuvent concerner la même personne. En tant que bilan de l'exercice de la chasse, ces chiffres restent néanmoins considérables.

Les recherches au sang montrent elles aussi à quelle fréquence des animaux doivent être recherchés après un tir. En 2016, 1'242 recherches au sang menées par des conducteurs de chiens de sang ont été enregistrées aux Grisons, dont seulement 59 pour cent ont abouti. Toute recherche au sang ne signifie pas forcément qu'un animal sauvage a été touché ; des recherches de contrôle ou des accidents de la circulation peuvent également être inclus. Ce chiffre rend néanmoins visible à quelle fréquence des animaux sont recherchés après des événements de chasse et à quel point leur sort ne peut souvent pas être élucidé.

Pour 2016, la SRF a rapporté que 516 cerfs ont dû être recherchés après un tir – soit environ 9,5 pour cent de tous les tirs sur des cerfs. Près de la moitié de ces animaux n'a pas été retrouvée. Sur plusieurs années, la part des cerfs pour lesquels une recherche au sang a été déclenchée après un tir se situait entre 8,8 et 11 pour cent.

Les associations de chasse aiment parler de «savoir-faire éthique» et de «fair-play cynégétique». Un savoir-faire devrait toutefois être mesuré à sa fiabilité réelle : à une exécution propre, un contrôle de qualité efficace, des taux d'erreur transparents et des conséquences conséquentes en cas d'infractions. Là où des tirs manqués sont régulièrement constatés et où une part significative des animaux nécessite une recherche au sang, l'autoreprésentation en tant que savoir-faire précis et contrôlé ne correspond pas à la pratique documentée.

Trois morts en l'espace de quelques jours

Les risques de la chasse de loisir touchent non seulement les animaux sauvages, mais aussi les animaux domestiques et de pâture. Ils concernent également les personnes qui participent à la chasse de loisir.

Lors du premier week-end de la saison de chasse tessinoise 2026/27, deux hommes sont morts en quelques heures en terrain montagneux. Le 5 septembre, un Suisse de 69 ans a fait une chute sur un versant dans la région de Biasca, près du Riale Crenone. Malgré des tentatives de réanimation, il est décédé. Le lendemain, un homme de 54 ans originaire du Locarnese a été retrouvé mort après une opération de recherche au Pizzo Sassariente. Selon la première reconstitution des autorités, une chute mortelle pendant la chasse est également l'hypothèse privilégiée dans ce cas. Les circonstances exactes des deux cas sont en cours d'éclaircissement.

Le 8 septembre, un autre homme a trouvé la mort lors de la haute chasse grisonne. L'homme de 66 ans ne s'est pas présenté comme convenu à un point de rendez-vous à Surcasti dans la matinée. Ses collègues chasseurs ont entamé des recherches et alerté la police cantonale des Grisons. Peu avant midi, l'homme a été retrouvé sans vie. Selon les premières constatations, il aurait chuté dans un terrain escarpé et difficile d'accès. La Rega a engagé un hélicoptère avec des spécialistes alpins pour l'évacuation. La police cantonale des Grisons enquête, avec le ministère public, sur la cause exacte du décès et les circonstances précises.

Ainsi, trois personnes ont perdu la vie en quelques jours pendant la chasse en terrain montagneux suisse. Ces cas ne doivent pas être assimilés à la hâte. Dans le cas du décès à Surcasti, le déroulement exact reste expressément à établir. De même, sans les résultats des enquêtes, on ne peut pas affirmer que tous ces événements ont la même cause immédiate.

Une chose est cependant certaine : la chasse conduit des personnes armées, munies de munitions, d'équipement et souvent de bagages lourds, dans un terrain escarpé, difficile d'accès et parfois isolé. Les chasseurs sont confrontés à l'effort physique, à la pénombre, aux changements de temps, aux déplacements en solitaire ainsi qu'à la recherche, la poursuite et la récupération d'animaux. Le risque n'est pas une possibilité abstraite, mais fait partie d'un système de chasse qui engendre chaque année des centaines d'accidents reconnus.

Les accidents de chasse ne sont pas une possibilité abstraite. Selon les données LAA analysées, environ 300 accidents liés à la chasse de loisir sont reconnus chaque année en Suisse – soit statistiquement un accident toutes les 29 heures environ. La statistique ne couvre toutefois pas entièrement tous les groupes, en particulier les personnes sans assurance-accidents obligatoire. Elle ne reflète donc que partiellement l'ensemble des accidents survenus.

Pour les années 2000 à 2019, le Bureau de prévention des accidents a recensé plus de 75 décès dans le contexte de la chasse. Ces chiffres ne disent rien sur la cause de chaque événement pris individuellement. Mais ils montrent que les accidents graves et mortels dans le contexte de la chasse de loisir ne sont pas un risque résiduel hypothétique.

Une responsabilité étatique pour un loisir

Les chasseurs et chasseuses de loisir décident eux-mêmes s'ils prennent un permis et partent sur le terrain avec un fusil. Celui qui tire porte évidemment une responsabilité personnelle. Celui qui prend un risque assume aussi la responsabilité de ses actes.

Mais la chasse de loisir n'est pas une affaire privée. Elle est autorisée, planifiée et réglementée par les cantons. Les services de la chasse déterminent quand et où l'on peut chasser. Ils délivrent les permis, fixent les quotas de tir, définissent les examens et les règles de sécurité, et contrôlent les infractions. Ils encaissent en outre des taxes pour les permis de chasse.

C'est pourquoi les services concernés ne peuvent pas simplement affirmer, en cas de tirs manqués, d'animaux blessés ou d'accidents, qu'il s'agit uniquement de l'affaire de la personne qui chasse. La responsabilité immédiate incombe au tireur ou à la tireuse. Mais les autorités cantonales portent la responsabilité des règles qu'elles fixent, et de savoir si ces règles protègent réellement les humains et les animaux.

Lorsque l'État estime nécessaire d'intervenir sur les populations d'animaux sauvages, il ne peut pas déléguer largement les risques qui en découlent à un modèle de loisir saisonnier. Des professionnels agissant sous une responsabilité publique clairement définie seraient régulièrement qualifiés, engagés de manière vérifiable et soumis à une obligation uniforme de documentation et de reddition de comptes.

Un examen de chasse réussi une seule fois ne suffit pas. Quiconque circule régulièrement avec une arme à feu mortelle doit y être durablement apte. Cela suppose des tests de vue et de réaction réguliers, des examens de santé ainsi que des contrôles indépendants en cas de doutes justifiés. De telles règles ne doivent pas être introduites seulement après qu'un animal, une personne ou une victime d'accident soit à déplorer.

Abolition de la chasse de loisir

Le cheval tué dans l'Avers et les trois décès survenus au Tessin et aux Grisons sont des événements différents. Leur question politique commune reste néanmoins la suivante : qui assume la responsabilité lorsqu'un système de loisir organisé par l'État crée des dangers prévisibles pour les humains et les animaux ?

Le tireur dans l'Avers est responsable de son coup de feu. Les trois hommes décédés portaient la responsabilité de leurs décisions personnelles sur le terrain. Mais ce n'est pas tout le bilan.

Les services cantonaux de la chasse compétents fixent les conditions structurelles : période de chasse, territoire, permis, formation, planification des tirs, exigences de sécurité, sanctions et contrôles. Ils organisent et autorisent un système dans lequel des milliers de particuliers poursuivent et tuent des animaux sauvages avec des armes mortelles. Un service ne peut pas, d'un côté, vendre des permis, planifier les saisons de chasse et fixer des quotas de tir, et de l'autre, renvoyer systématiquement, à chaque tir manqué, accident ou décès, exclusivement à la personne qui chasse individuellement.

L'IG Wild beim Wild exige donc la suppression de la chasse de loisir privée. Là où des interventions sur les populations d'animaux sauvages s'avèrent manifestement inévitables, elles doivent être menées par des professionnels formés, employés par l'État, sous contrôle indépendant, avec une documentation complète et une responsabilité publique claire.

Le canton de Genève a déjà aboli la chasse privée en 1974. Les interventions nécessaires y sont préparées et menées par des professionnels de la «police de la nature». Ce modèle ne remplace pas simplement la chasse saisonnière pratiquée par des milliers de détenteurs de permis privés par davantage de tirs. Il crée des responsabilités plus claires, une formation professionnelle, un contrôle institutionnel et une obligation de rendre des comptes publiquement.

Une gestion moderne de la faune sauvage ne doit en outre pas commencer par le fusil. La priorité doit être donnée à la prévention et à la protection des habitats : la restauration de surfaces écologiquement précieuses, les corridors fauniques, la protection des cultures agricoles par des moyens non létaux, la réduction des accidents de la circulation et la promotion des processus de régulation naturelle. Ce n'est que lorsqu'une intervention est démontrée de manière transparente sur le plan technique et réellement inévitable qu'elle peut avoir lieu selon des critères stricts, avec pour objectif d'éviter toute souffrance évitable.

Transparence plutôt que banalisation

La chasse est souvent défendue par des termes comme «entretien du gibier», «tradition», «régulation» ou «lien avec la nature». Ces termes ne peuvent toutefois pas masquer ce qui se passe réellement : des humains poursuivent des animaux sauvages, tirent sur eux, les blessent parfois et les tuent. Des animaux domestiques et de rente sont également mis en danger. Parallèlement, les chasseurs et chasseuses s'exposent eux-mêmes à un risque considérable.

Le spécisme décrit la pratique consistant à accorder moins de poids aux intérêts des animaux non humains, uniquement en raison de leur appartenance à une espèce, qu'aux intérêts de loisir, aux traditions ou à la culture du trophée des humains. C'est exactement ce qui se manifeste dans une pratique de la chasse qui subordonne la vie et l'intégrité des animaux sauvages à une activité de loisir volontaire.

Une tradition ne remplace pas un examen éthique. Le fait qu'une chose soit pratiquée depuis des générations ne la rend pas automatiquement défendable, encore moins lorsque des tirs manqués, des recherches au sang, des animaux blessés et des victimes humaines d'accidents sont régulièrement documentés.

Il faut donc des données accessibles au public et comparables entre les cantons sur les accidents de chasse, les blessures, les décès, les tirs manqués, les recherches au sang, les animaux non retrouvés, les infractions aux armes et les sanctions. La population a le droit de savoir quelles conséquences un système de chasse autorisé par l'État a pour les animaux, les humains et la sécurité publique.

Se référer au «cas isolé» ne suffit pas. Les services cantonaux de la chasse doivent documenter de manière transparente les risques, les tirs manqués, les recherches au sang, les accidents et les sanctions, les rendre publics et les réduire efficacement. À long terme, il faut s'éloigner de la chasse de loisir privée pour évoluer vers une gestion de la faune sauvage professionnelle, scientifiquement fondée, contrôlée publiquement et résolument axée sur la prévention, selon le modèle genevois.

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans le dossier Rôle et critique des chasseurs de loisir, nous examinons la formation, le pouvoir et l'image de soi des chasseurs de loisir.

Tous les articles sont rédigés par l'IG Wild beim Wild ainsi que par des co-autrices et co-auteurs externes. La recherche, la structuration et les processus rédactionnels peuvent être soutenus par des outils basés sur l'IA.

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