Combien la chasse de loisir coûte-t-elle vraiment à la Suisse ?
La discussion publique sur la chasse de loisir tourne presque exclusivement autour de l'utilité et de la tradition. On fait silence sur les coûts. Pourtant, la chasse de loisir génère des dépenses considérables pour les pouvoirs publics : administration, régulation des dommages de gibier, coûts des conséquences d'accidents, dommages environnementaux dus aux munitions au plomb et perte de biodiversité. Le dossier sur les vrais coûts révèle pour la première fois cette comptabilité.
Le lobby de la chasse aime souligner que les chasseurs de loisir paient des taxes de permis et des baux de chasse.
Ce qui est passé sous silence : ces recettes ne couvrent pas du tout les coûts réels du système. Le calcul correct doit aussi inclure les dépenses pour les administrations de la chasse au niveau cantonal, les coûts de gestion des dommages de gibier, les dépenses pour les gardes-chasse et surveillants de chasse ainsi que les coûts des poursuites pénales en cas d'infractions de chasse.
Le dossier Ce que la chasse de loisir coûte vraiment à la Suisse montre qu'un calcul complet des coûts pour le système de chasse de loisir en Suisse n'a jamais été présenté publiquement. Ce n'est pas un oubli, mais un problème structurel d'un système qui n'a jamais été vérifié quant à son efficacité sociétale.
Les coûts de l'administration de la chasse
En Suisse, la chasse de loisir relève de la compétence cantonale – les cantons la réglementent, la surveillent et la contrôlent. Pour cela, ils entretiennent des inspectorats de chasse, des corps de gardes-chasse et des appareils administratifs. Les coûts de cette infrastructure sont rarement exposés de manière transparente et sont souvent dissimulés dans des postes plus larges des budgets cantonaux.
S'ajoutent les coûts indirects : litiges judiciaires, communication administrative, travail politique dans les commissions parlementaires et les coûts de la législation cynégétique aux niveaux fédéral et cantonal. La loi fédérale sur la chasse (LChP) et ses dispositions d'exécution cantonales exigent un entretien, une révision et une application continus.
Dommages causés par la faune et leurs coûts consécutifs
Une partie des coûts est directement mesurable : les dommages causés par la faune aux cultures agricoles et aux forêts sont évalués annuellement en millions en Suisse. Il ne s'agit pas seulement de dommages causés par des espèces effectivement chassées. Une partie de ces dommages est causée par des animaux sauvages dont la structure populationnelle a été modifiée par la chasse de loisir, notamment par la décimation de prédateurs naturels.
Le modèle de garde-chasse montre qu'une gestion professionnelle peut prévenir ces dommages en maintenant les populations d'animaux sauvages de manière écologiquement sensée plutôt qu'en les manipulant cynégétiquement.
Accidents de chasse : les coûts sociaux cachés
Chaque année, des accidents de chasse avec blessés et victimes mortelles se produisent en Suisse. Le dossier Accidents de chasse en Suisse documente que les statistiques officielles sont incomplètes et que le nombre réel d'accidents est sous-estimé. Les accidents qui ne donnent pas lieu à un signalement, les quasi-accidents et les séquelles psychiques chez les victimes ne sont pas recensés systématiquement.
Les coûts sociaux de ces accidents – hospitalisations, invalidité, traitement des traumatismes, poursuites pénales – sont supportés par la collectivité. Ils n'entrent pas dans le calcul coûts-bénéfices du lobby de la chasse, bien qu'ils soient réels et considérables.
Munitions au plomb : empoisonnement environnemental insidieux
L'un des problèmes de coûts les plus fréquemment sous-estimés de la chasse de loisir est l'utilisation de munitions au plomb. Le dossier Munitions au plomb prouve que les particules de plomb des munitions de chasse contaminent les sols, les cours d'eau et les animaux sauvages. Les rapaces qui consomment les restes d'animaux sauvages blessés ou non récupérés s'empoisonnent chroniquement au plomb.
Les coûts de cette pollution environnementale sont difficiles à chiffrer, mais réels : les espèces décimées par l'empoisonnement au plomb font défaut dans l'écosystème, et les conséquences écologiques sont durables. Une restriction légale des munitions au plomb éviterait des coûts sociaux considérables – mais elle échoue face à la résistance du lobby de la chasse.
Chasse et perte de biodiversité comme dommage sociétal
La chasse de loisir influence la biodiversité, et la perte de biodiversité a des coûts économiques. Le dossier Chasse et biodiversité analyse comment les interventions cynégétiques modifient les structures populationnelles et quelles conséquences cela a pour les services écosystémiques. Les services écosystémiques – pollinisation, purification de l'eau, formation des sols, régulation des nuisibles – sont économiquement évaluables et de loin plus coûteux que les revenus générés par la chasse de loisir.
Si ce dommage économique national est inclus dans le calcul, le rapport coûts-bénéfices de la chasse de loisir s'inverse clairement.
Le problème de l'absence de comptabilité globale
Un problème central est : il n'existe pas de comptabilité publique globale de la chasse de loisir en Suisse. Aucun canton et aucun office fédéral n'ont jamais présenté une analyse coûts-bénéfices complète du système de chasse de loisir. Cela est remarquable dans un pays qui impose de hautes exigences de transparence pour les autres dépenses publiques.
Cette intransparence structurelle n'est pas un hasard. Tant qu'aucune comptabilité complète n'est disponible, l'argument selon lequel la chasse de loisir « est rentable » ne peut être ni réfuté – ni confirmé.
Ce qui rendrait un système professionnel moins coûteux
Le Interdiction de la chasse Suisse et les Alternatives à la chasse de loisir montrent qu'un système de garde-chasse organisé par l'État serait plus efficace dans de nombreux domaines que l'actuel système de loisir. La charge administrative diminuerait, car il ne faudrait plus gérer de permis de chasse, de brevets de district et de quotas d'abattage privés. Les coûts liés aux conséquences d'accidents, aux poursuites pénales et à la régulation des dégâts de gibier seraient réduits grâce à une meilleure formation et à des protocoles clairs.
Pour savoir si un tel système serait finalement plus avantageux, il faut d'abord que le compte complet du système actuel soit sur la table.
Conclusion
Les coûts de la chasse de loisir en Suisse ne sont systématiquement pas relevés, pas publiés et pas débattus. Ce qui est connu – coûts d'accidents, charge administrative, contamination au plomb, pertes de biodiversité – indique une disproportion considérable entre les coûts sociétaux réels et l'utilité prétendue. Un calcul global public est depuis longtemps nécessaire.
Contenus approfondis
- Ce que la chasse de loisir coûte vraiment à la Suisse
- Accidents de chasse en Suisse
- Munitions au plomb
- Chasse et biodiversité
- Le modèle du garde-chasse
- Interdiction de la chasse Suisse
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