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Environnement & protection de la nature

L'«obligation végane» serait un «mensonge éhonté»: ce que ce cas révèle des campagnes de votation de l'UDC

Comment un même parti recourt à la même tactique d'exagération pour l'initiative sur l'alimentation et pour l'initiative zurichoise sur la chasse

Rédaction Wild beim Wild — 2 septembre 2026

Le 27 septembre, la Suisse votera sur l'initiative pour l'alimentation.

Dans une vidéo Instagram, le conseiller national UDC Ernst Wandfluh a mis en garde contre une prétendue obligation végane qui ferait disparaître le cervelas, la fondue et les œufs au plat. Interrogé, il a lui-même relativisé: l'histoire de l'obligation végane serait une exagération. L'initiante Franziska Herren a rétorqué que de nombreux opposants n'avaient jamais lu le texte de l'initiative et mentaient «effrontément». En réalité, l'initiative demande uniquement une promotion accrue de l'alimentation végétale, et non une obligation de consommation.

Quiconque suit depuis des années nos reportages sur la chasse de loisir connaît ce schéma. Nous avions déjà vécu exactement le même procédé en 2017, avec le rapport du Conseil d'Etat zurichois sur l'initiative cantonale sur la chasse «Des gardes-faune plutôt que des chasseurs», rédigé sous la direction du directeur des travaux publics UDC de l'époque, Markus Kägi, lui-même chasseur de loisir. Là aussi, on a travaillé avec des chiffres qui ne résistaient pas à la vérification: prétendument 400’000 heures de travail fournies par les chasseurs de loisir zurichois, soit bien au-delà des valeurs de la faîtière JagdSchweiz, ainsi que l'affirmation qu'il n'existait aucun problème de sécurité, alors que rien qu'entre 2011 et 2015, plus de 1500 blessés lors d'accidents de chasse ont été enregistrés. Vous trouverez notre vérification complète des faits sur ce rapport dans notre dossier chasse.

Pétition

Aucun tir de lynx en Valais

Le lynx est à la limite sur le plan génétique, et pourtant le Valais devrait devenir le premier canton de Suisse à autoriser son tir.

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Deux cas, séparés de près d'une décennie, un même schéma: celui qui attise la peur avec une obligation que le texte de l'initiative ne prévoit même pas espère que personne n'ira vérifier. Pourquoi, en politique précisément, argumente-t-on si souvent par l'exagération plutôt que par le texte lui-même, nous l'avons abordé dans notre article Un mystique à propos de la chasse et du pouvoir : celui qui aspire lui-même au pouvoir sur autrui tend, selon cette lecture, à miser également sur la domination plutôt que sur les faits dans le débat politique.

Il est en outre frappant de constater qui manque à l'appel dans le cadre de l'initiative sur l'alimentation : Pro Natura avait initialement soutenu la récolte de signatures à une large majorité de son conseil des délégués et a désormais été la seule grande organisation environnementale à donner le mot d'ordre du non. Greenpeace Suisse laisse la liberté de vote, Quatre Pattes ne souhaite «pas se prononcer activement sur l'initiative». Restent l'initiatrice et d'innombrables bénévoles qui ont investi beaucoup d'argent, d'énergie et de temps.

La Protection Suisse des Animaux PSA n'est pas totalement inactive pour autant : elle soutient actuellement deux initiatives populaires contre les importations de produits en fourrure issus de pratiques cruelles et de foie gras, et ses statuts mentionnent expressément les mesures politiques et juridiques, «notamment par des initiatives, des pétitions et des consultations», comme moyens de réaliser le but de l'association. Cela soulève toutefois la question de savoir pourquoi cette faîtière, forte de ses membres et de ses dons, ne lance pas sa propre initiative nationale contre l'exploitation systématique dans l'élevage, alors que plus de 85 millions d'animaux sont abattus chaque année en Suisse, ou ne soutient pas de manière visible une initiative telle que l'initiative sur l'alimentation durant la campagne de votation. La plus petite organisation Animal Rights Switzerland a, avec une pétition contre l'«explosion des chiffres d'abattage» tout de même obtenu 72 voix en faveur de son acceptation au Conseil national. Celui qui dispose des plus grands moyens et de la plus grande portée, mais qui ne prend pas lui-même l'initiative pour le nombre de loin le plus élevé d'animaux concernés, devrait accepter que sa propre base lui pose cette question.

Ici aussi, un schéma se dessine : les deux initiatives n'ont pas été lancées par la PSA, mais par la petite Alliance Animale Suisse, portée par la fondation Animal Trust ainsi que par les associations Animal Equité et Protection Suisse de la Faune, et soutenue lors de la récolte par une vingtaine d'autres organisations telles que Swissveg, Animal Rights Switzerland et l'ASI. La PSA ne s'est rangée parmi les soutiens, avec sa portée et ses moyens, que plus tard, au lieu d'ouvrir elle-même la voie.

Il est révélateur que, dans les deux cas, ce soit le même parti qui ait mené la surenchère. Cela ne fait pas de l'UDC le seul parti à exagérer lors des campagnes de votation. Mais cela montre une chose : qui veut rejeter un objet devrait d'abord lire le texte de l'initiative avant de le présenter publiquement de manière erronée. La population a droit à un débat honnête, qu'il s'agisse d'alimentation ou de chasse de loisir.

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