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Chasse

Tuer, torturer et mutiler avec la bénédiction de l'Église

Tous les chasseurs de loisir devraient prendre saint Hubert comme modèle et cesser de chasser.

Rédaction Wild beim Wild — 3 novembre 2025

À l'occasion de la Saint-Hubert, jour de commémoration de saint Hubert de Liège le 3 novembre, l'IG Wild beim Wild critique ce type d'orientation des offices religieux.

Les messes de la Saint-Hubert, dont les chasseurs de loisir assument une grande part de responsabilité dans l'organisation et la fréquentation, ne sont pas compatibles avec l'éthique chrétienne du respect de la vie.

Elles constituent fréquemment le prélude aux battues et chasses en traque particulièrement cruelles, ainsi qu'aux chasses spéciales comme dans le canton des Grisons, lors desquelles les chasseurs de loisir parcourent les forêts pour traquer et tuer d'innombrables animaux. L'IG Wild beim Wild en appelle donc aux représentants de l'Église pour qu'ils prennent leurs distances, à l'avenir, avec ces messes faisant l'apologie de la violence et sectaires.

Il n'existe aucune raison compréhensible justifiant la chasse, car elle n'est pas en mesure de réguler durablement les populations. La chasse ne signifie pas moins d'animaux sauvages, mais davantage de naissances.

Si de plus en plus d'animaux sauvages d'une espèce sont abattus parce qu'ils sont de plus en plus nombreux, faut-il alors en abattre encore davantage pour que leur nombre diminue ?

D'un point de vue historique, la chasse à des fins de régulation des populations n'est pas non plus de la chasse, mais un zoïcide terroriste.

Selon l'Association vétérinaire pour la protection des animaux, lors des battues, jusqu'aux deux tiers des animaux sauvages ne meurent pas sur le coup. Les os fracassés et les viscères pendant hors du corps, les animaux fuient, souffrent souvent de leurs blessures pendant plusieurs jours et meurent dans d'atroces souffrances s'ils ne sont pas retrouvés lors de ce que l'on appelle la recherche au sang.

De nombreuses études scientifiques démontrent que la chasse n'est pas en mesure de réguler durablement les populations d'animaux sauvages. Des scientifiques ont établi que, dans les populations de sangliers chassées, la maturité sexuelle des femelles survient plus tôt, ce qui augmente le taux de natalité. Ainsi, une forte pression de chasse entraîne une augmentation de la population des animaux sauvages concernés dans la zone considérée. Le biologiste renommé Prof. Dr. Josef Reichholf ne voit lui non plus aucune nécessité à la chasse d'un point de vue biologique : les loups, quasi exterminés, n'ont pas besoin d'être remplacés par des chasseurs humains, car une régulation naturelle des populations animales vivant en forêt s'opère par des facteurs environnementaux tels que les conditions météorologiques, la disponibilité en nourriture ou les maladies.

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Caricature : Bruno Haberzettl

Célébrer un office religieux accordant aux chasseurs la bénédiction symbolique pour le massacre systématique de créatures sans défense envoie un signal absolument erroné. Les Églises doivent s'engager pour la préservation de la création, et non pour sa destruction, déclare Julia Bielecki, théologienne. La messe de la Saint-Hubert méconnaît en outre le fait que saint Hubert est passé de chasseur à opposant convaincu à la chasse.

La légende de Hubert et du cerf portant une croix est connue de la littérature et des arts plastiques.

Selon la légende transmise, Hubert naquit vers 655 en tant que fils d'un noble et mourut en 728. Il mena d'abord une vie dissolue et était un chasseur passionné. Un jour qu'il avait repéré un cerf à la chasse et le poursuivait pour le tuer, celui-ci se dressa soudainement devant lui. Entre ses bois brillait une croix et, sous les traits du cerf, le Christ lui parla : «Hubert, pourquoi me pourchasses-tu ?» Hubert descendit de cheval et s'agenouilla devant le cerf. À partir de ce moment, Hubert cessa de chasser et mena désormais une vie simple.

Telle est la légende. Après son expérience avec le cerf, Hubert abandonna donc la chasse et devint un chrétien fervent. Car le vrai christianisme et la chasse ne sont tout simplement pas compatibles. Lors de sa rencontre avec le cerf, il fut placé devant un choix : soit il tuait l'animal — et ce faisant, il tuait aussi le Christ — soit il ne le faisait pas et se réclamait du Christ. Ou, pour le dire avec les mots de Matthieu 25,40 :

Ce que vous avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.

Il n'est écrit nulle part que Jésus-Christ, que les deux confessions vénèrent comme le Fils de Dieu, ait jamais chassé des animaux. Ce serait d'ailleurs fort absurde, car le 5e commandement de Dieu stipule «Tu ne tueras point». Or toute chasse est liée à la mise à mort.

Malgré tout, chaque année autour du 3 novembre, jour de la Saint-Hubert, ont lieu les dites chasses de Saint-Hubert ainsi que des messes de Saint-Hubert dans les églises. Au lieu de faire de saint Hubert le patron protecteur des animaux, l'Église en a fait le patron des tueurs d'animaux sauvages.

Le sens de la légende de saint Hubert est pourtant bien celui-ci : l'être humain doit vivre en harmonie et en paix avec la nature et les animaux. Il doit être non pas le chasseur, mais le protecteur et l'ami des animaux. Comme il est si bien dit en Marc 16,15 : «Allez par tout le monde et proclamez l'Évangile à toute créature.» Il ne s'agit certainement pas de chasser.

Le vrai christianisme est une religion de l'éthique, qui défend la miséricorde, le respect de la vie et l'amour du prochain. Les chrétiens pratiquants se penchent sur la question de savoir comment ces valeurs fondamentales peuvent être mises en œuvre à l'échelle mondiale, et formulent — au plus près de la Bible et sur des bases théologiques solides — des lignes directrices éthiques praticables pour une coexistence pacifique entre l'être humain, la nature et l'animal. Les animaux sont «nos frères et sœurs», nos prochains. Toute utilisation qui en est faite — que ce soit pour la production alimentaire, l'habillement, le divertissement ou l'expérimentation animale — et toute réduction au rang de marchandise contredisent une attitude pacifique, préservatrice et respectueuse de la vie.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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