Initiative populaire cantonale – canton de Schaffhouse
« Pour une protection professionnelle de la faune »
Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet élaboré
Basée sur l'art. 27 de la Constitution du canton de Schaffhouse du 17 juin 2002 et sur la Loi sur les droits politiques
Déposée par le comité d'initiative [date de dépôt]
Texte de l'initiative
Les personnes soussignées, ayant le droit de vote dans le canton de Schaffhouse, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :
La Constitution du canton de Schaffhouse du 17 juin 2002 est complétée par les articles suivants :
Art. [nouveau] Protection professionnelle de la faune
1 L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse par secteurs, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton de Schaffhouse. Les contrats d'affermage de chasse existants entre communes et sociétés de chasse ne sont pas renouvelés.
2 La protection, l'entretien et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de la faune spécialement formés au service du canton.
3 L'abattage d'animaux sauvages n'est autorisé qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou sont insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune.
4 Le canton institue une commission indépendante de la faune, composée de représentants des associations de protection des animaux et de la nature, de la science ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune et décide des mesures de régulation.
5 Le canton favorise la régulation naturelle des populations d'animaux sauvages, la mise en réseau des habitats et la coexistence entre l'homme et la faune sauvage.
6 Le canton indemnise les communes pour la perte des recettes de fermage de chasse dans le cadre de la législation d'exécution.
7 La loi règle les détails.
Art. [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées
1 Le canton renonce aux demandes de régulation préventive des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées selon la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages, notamment du loup, du lynx, de l'ours, du castor, de la loutre, du chacal doré, de l'aigle royal, du harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral.
2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'homme et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et l'accompagnement scientifique de la présence de la faune sauvage.
3 Les mesures contre des animaux sauvages individuels qui représentent un danger immédiat et considérable pour les humains restent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et être exécutées par le service spécialisé compétent du canton.
4 Le canton s'engage activement dans le cadre de la coopération intercantonale et vis-à-vis de la Confédération pour la protection et la conservation des espèces d'animaux sauvages menacées.
Disposition transitoire
1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans les deux ans suivant l'acceptation de cette modification constitutionnelle.
2 Les contrats de fermage de chasse existants arrivent à échéance lors du prochain renouvellement ordinaire de contrat, mais au plus tard dans les cinq ans suivant l'entrée en vigueur de la législation d'exécution.
3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion de la faune sauvage pendant la phase transitoire et règle l'indemnisation des communes pour les recettes de fermage de chasse qui ne seront plus perçues.
Explications
1. Situation de départ
Le canton de Schaffhouse comprend 298 km² et environ 85'000 habitants. Situé comme le canton le plus septentrional de la Suisse presque entièrement sur la rive droite du Haut-Rhin, il est entouré sur trois côtés par le territoire allemand. La surface cantonale se compose d'environ 43 pour cent de forêt et d'environ 40 pour cent de surface agricole utile. Le Randen, un contrefort du Jura, forme le plus grand massif forestier continu du canton.
La chasse de loisir est organisée à Schaffhouse sous forme de chasse par secteurs. Le droit de chasse appartient aux communes politiques, qui l'affèrent par contrat de fermage à des sociétés de chasse. Les sociétés de chasse schaffhousoises sont, comme dans tous les cantons de chasse par secteurs, des cercles fermés qui s'arrogent le droit de tuer des animaux sauvages et dont la composition et l'activité échappent largement au public (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Schaffhouse ainsi que l'analyse critique de la formation cynégétique sur wildbeimwild.com).
L'affirmation selon laquelle l'équilibre écologique s'effondrerait sans la chasse de loisir est empiriquement réfutée par le modèle genevois depuis plus de 50 ans (cf. le dossier complet sur l'interdiction de chasse genevoise sur wildbeimwild.com). Une comparaison particulièrement frappante : les dégâts causés par le gibier dans le canton de Genève sont comparables à ceux du canton de Schaffhouse, bien qu'à Schaffhouse la chasse de loisir soit autorisée. Parallèlement, Schaffhouse enregistre près de 2'000 abattages rien que pour les ongulés ainsi que des centaines de prédateurs abattus par an, tandis que Genève s'en sort avec environ 327 sangliers, 36 chevreuils et 19 cerfs élaphes par an. Renards, blaireaux, lièvres ? Zéro.
Parallèlement, au niveau fédéral, de plus en plus d'espèces d'animaux sauvages protégées subissent des pressions. Avec la révision de la loi sur la chasse en décembre 2022, la régulation préventive du loup a été introduite. Au cours des deux périodes de régulation 2023/2024 et 2024/2025, l'OFEV a autorisé l'abattage d'environ 225 loups au total ; 147 animaux ont effectivement été abattus. La pression politique sur d'autres espèces comme le lynx, le castor, la loutre et le harle bièvre ne cesse d'augmenter (cf. les Analyse de la politique de chasse sur wildbeimwild.com).
2. Le modèle : Canton de Genève
Le 19 mai 1974, environ deux tiers des votants du canton de Genève ont voté pour l'abolition de la chasse de loisir par milice. Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :
– La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux aquatiques hivernants est passé de quelques centaines à environ 30'000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres des champs et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse.
– La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un abattage spécialisé annuel par des gardes-faune professionnels de seulement 20 à 36 animaux. La surveillance professionnelle de la faune intervient de manière ciblée et dans une mesure minimale, au lieu de viser des chiffres d'abattage les plus élevés possible comme dans la chasse de loisir.
– En 2005, 90 pour cent de la population genevoise ont voté pour le maintien de l'interdiction de la chasse de loisir. En 2009, une proposition de réintroduction a été rejetée au parlement cantonal par 70 voix contre 7.
– Le coût total de la gestion professionnelle de la faune s'élève à environ 1,2 million de francs par an, soit environ 2,40 francs par habitant. L'efficacité du modèle genevois se manifeste dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin en moyenne pour un abattage sanitaire d'un sanglier de 8 heures et au maximum 2 cartouches. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres des champs à Genève s'élève à 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), dans le canton de Zurich seulement 1,0 pour 100 hectares (cf. Vérification des faits Conseil d'État Zurich).
Une présentation détaillée se trouve dans le Dossier « Genève et l'interdiction de chasse » sur wildbeimwild.com.
3. Le concept : Surveillance professionnelle de la faune au lieu de chasse de loisir
L'initiative remplace la chasse de loisir par une gestion professionnelle de la faune selon le modèle de garde-faune :
Compétence professionnelle au lieu de divertissement de loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune agissent sur une base scientifique, dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal. Leur objectif est la conservation de populations saines d'animaux sauvages, non la maximisation des chiffres d'abattage (cf. l'analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).
Principe d'ultima ratio. Un abattage n'est autorisé que si toutes les mesures non létales sont épuisées : clôtures électriques, effarouchement, aménagement de l'habitat, mesures de protection constructives. À Genève, le canton met des clôtures électriques à disposition des agriculteurs et protège les arbres fruitiers avec des filets. La coexistence est une question de volonté, non de possibilité technique.
Contrôle démocratique par une commission de la faune. La commission indépendante empêche que la pression politique affaiblisse la gestion de la faune.
Autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses études scientifiques le prouve : les populations d'animaux sauvages se régulent dans la plupart des cas de manière autonome. La chasse de loisir perturbe ce processus en détruisant les structures sociales et en augmentant artificiellement les taux de reproduction.
4. Pourquoi Schaffhouse ?
Schaffhouse se prête particulièrement bien à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune pour plusieurs raisons :
Seuil de signatures le plus bas de Suisse alémanique. Pour une initiative populaire cantonale à Schaffhouse, seules 1'000 signatures valides sont requises. C'est le seuil le plus bas de tous les cantons alémaniques avec droit d'initiative régulier. Les 1'000 signatures sont atteignables même pour un petit comité.
Superficie presque identique à Genève. Schaffhouse a 298 km², Genève 282 km². Cette comparaison de taille est l'argument le plus fort de toute l'initiative : si la protection professionnelle de la faune fonctionne sur 282 km² depuis plus de 50 ans, elle fonctionne aussi sur 298 km². L'objection selon laquelle Genève ne serait « pas comparable » est réfutée par le simple chiffre de superficie. Les deux cantons ont des proportions similaires de forêts et d'agriculture, et Genève dispose même d'une population plus importante (500'000 contre 85'000), ce qui rend la gestion de la faune y tendanciellement plus complexe.
Obligation de vote comme avantage stratégique. Schaffhouse est le seul canton de Suisse avec une obligation de vote. Cela signifie qu'aux votations, une participation supérieure à la moyenne est à prévoir. La majorité de la population non-affiliée à la chasse – qui en cas de participation volontaire resterait peut-être à la maison – participera au vote. Une initiative largement communiquée et qui présente de manière convaincante le modèle genevois profite de l'obligation de vote.
Situation frontalière comme opportunité écologique. Schaffhouse est limitrophe de l'Allemagne sur trois côtés. La mise en réseau transfrontalière des corridors faunistiques est une tâche que les professionnels spécialisés maîtrisent mieux que les chasseurs de loisir avec leurs intérêts liés aux territoires de chasse. Le Randen en tant que zone forestière continue offre des conditions idéales pour une gestion intégrée de la faune. L'Allemagne dispose déjà de structures professionnelles avec le parc national de la Forêt-Noire et la réserve de biosphère du Jura souabe, auxquelles Schaffhouse pourrait se rattacher (cf. wildbeimwild.com concernant la faune en zone d'habitation).
Lobby de la chasse de loisir gérable. Dans un canton de 85'000 habitants, le nombre de chasseuses et chasseurs de loisir actifs est faible. La faisabilité politique est plus élevée que dans les grands cantons comptant des milliers de détenteurs et détentrices de patentes.
Aucun délai légal de récolte. Le canton de Schaffhouse ne connaît aucun délai légal de récolte pour les initiatives populaires. La récolte de signatures peut donc être organisée sans pression temporelle. Avec seulement 1'000 signatures nécessaires, ceci est facilement réalisable. En un seul samedi sur la Fronwagplatz à Schaffhouse, on peut récolter plus de 100 signatures avec une bonne organisation.
5. Concernant le premier paragraphe : Protection professionnelle de la faune
Alinéa 1 – Interdiction de la chasse de loisir et fin des contrats d'affermage de chasse
L'interdiction de la chasse de loisir par des particuliers est le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois (art. 162 de la Constitution cantonale genevoise). La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément l'organisation de l'exploitation cynégétique aux cantons (art. 3 al. 1 LChP). Les trois systèmes de chasse de la Suisse – chasse à patente, chasse à bail et chasse d'État ou en régie – sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 en conformité avec le droit fédéral.
La chasse à bail schaffhousoise fonctionne comme dans les autres cantons à chasse à bail : les communes afferment le droit de chasse aux sociétés de chasse. L'initiative met fin à ce système en ancrant constitutionnellement la non-reconduction des contrats d'affermage et en prévoyant une indemnisation cantonale pour les communes.
Alinéa 2 – Gestion professionnelle de la faune
Des gestionnaires de la faune professionnellement formés au service cantonal reprennent toutes les tâches de soins à la faune et, si nécessaire, de régulation des effectifs. À Genève, ce système fait ses preuves depuis plus de 50 ans sur une superficie pratiquement identique.
Alinéa 3 – Abattage comme ultima ratio
Un tir n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives ont la priorité. À Genève, environ 250 sangliers sont abattus annuellement en moyenne par des gardes-faune, les animaux dominants étant explicitement épargnés pour des raisons éthiques et pour préserver la stabilité sociale des hardes. Les chiffres d'abattage sont ainsi considérablement inférieurs à ceux de Schaffhouse, où les tirs ne servent pas seulement à la prévention des dommages, mais principalement au loisir.
Alinéa 4 – Commission de la faune sauvage
La commission indépendante de la faune sauvage s'inspire du modèle genevois. Elle garantit que les associations de protection des animaux et de la nature ont un droit de regard sur les décisions de régulation et que les décisions sont fondées sur des preuves, et non sur les mythes idéologiques cynégétiques avec lesquels le lobby de la chasse de loisir légitime sa pratique.
Alinéa 5 – Régulation naturelle et coexistence
À Schaffhouse, la mise en réseau des habitats au-delà des frontières nationales revêt une importance particulière. Les corridors faunistiques entre le Randen et les zones forestières allemandes adjacentes sont indispensables à la diversité génétique et à l'expansion naturelle des espèces. Le système actuel de chasse en secteurs fragmente ces corridors, car chaque société de chasse gère son secteur de manière indépendante, sans coordination transfrontalière.
Alinéa 6 – Indemnisation des communes
Comme en Bâle-Campagne, l'initiative prévoit une indemnisation cantonale pour la perte des revenus d'affermage de chasse. Les revenus d'affermage sont fiscalement marginaux pour la plupart des communes schaffhousoises.
Dispositions transitoires
Le délai de deux ans pour la législation d'exécution et la clause de caducité de cinq ans pour les contrats d'affermage de chasse existants correspondent au modèle bâlois. À Schaffhouse, les gestionnaires professionnels de la faune sauvage peuvent être intégrés dans l'administration cantonale existante.
6. Au second paragraphe : Protection des espèces de faune sauvage menacées et protégées
Pour Schaffhouse, le second paragraphe est particulièrement pertinent en raison de sa situation frontalière : les animaux sauvages ne connaissent pas les frontières cantonales et nationales. Le castor est documenté sur le Haut-Rhin et ses affluents sur le territoire schaffhousois. Le retour du lynx dans le Randen est écologiquement possible et souhaitable. Le loup traverse régulièrement les zones frontalières lors de ses migrations. Un renoncement constitutionnel à la régulation préventive serait un signal au-delà du canton (cf. l'analyse de la politique du loup sur wildbeimwild.com).
La loi fédérale révisée sur la chasse (art. 7a LChP) autorise les cantons à procéder à une régulation préventive, mais ne les y oblige pas. Le canton n'exerce avec ce paragraphe que sa compétence de ne pas faire usage d'une autorisation de droit fédéral. La réserve pour les mesures en cas de danger immédiat garantit que le canton peut s'acquitter de son devoir de prévention des dangers.
7. Conséquences financières : Budget concret pour Schaffhouse
Extrapolation
Pour Schaffhouse avec 298 km² de superficie et environ 85'000 habitants, l'estimation des coûts suivante en résulte :
Coûts de personnel : 240'000 à 280'000 francs par an. Deux postes à plein temps sont nécessaires pour des gestionnaires professionnels de la faune sauvage. Schaffhouse est comparable à Genève en termes de superficie (282 km²), mais compte nettement moins d'habitants. Un poste à plein temps dans le service cantonal coûte entre 120'000 et 140'000 francs par an, charges annexes comprises.
Coûts matériels : 50'000 à 80'000 francs par an. Équipement, véhicules, dispositifs d'effarouchement, infrastructure de monitoring, clôtures électriques, relations publiques.
Indemnisation des dommages : 30'000 à 60'000 francs par an. Principalement des dégâts de sangliers aux cultures agricoles et des dégâts de broutage en forêt. À titre de comparaison : les dégâts de gibier dans le canton de Genève, qui est de taille quasiment équivalente, s'élèvent à environ 350'000 francs – une part considérable provenant des dégâts de pigeons, moins pertinents à Schaffhouse.
Indemnisation des communes : 50'000 à 100'000 francs par an. Pour la suppression des revenus d'affermage de la chasse.
Pertes de revenus
Avec l'abolition de la chasse de loisir, les revenus d'affermage de la chasse en réserves, estimés entre 150'000 et 300'000 francs par an, disparaissent. Face à cela s'opposent cependant les coûts externes jamais comptabilisés de la chasse de milice – accidents de gibier, dégâts de broutage liés à la chasse dans les forêts de protection, charges administratives, interventions de police et de justice –, qui représentent un multiple de ces revenus. Dans le canton de Genève, ces revenus ont disparu depuis 1974 – sans problèmes financiers : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs, aujourd'hui trois postes à plein temps effectuent le même travail en mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques par des gardes-faune professionnels ne sont pas la même chose qu'une régulation par la chasse basée sur le jargon cynégétique ou une « expérience de la nature » mal comprise des chasseurs de loisir. Un calcul des coûts complets montre : la chasse de milice coûte au contribuable nettement plus qu'elle ne rapporte (cf. « Ce que la chasse de loisir coûte vraiment à la Suisse » sur wildbeimwild.com).
Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse qu'il avait co-élaborée a échoué dans les urnes (51,9 pour cent de non). En 2016, l'association des chasseurs tessinois a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir au Parlement ont fait de la politique majoritairement contre les préoccupations environnementales. Qui prétend que les chasseurs de loisir sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement de vote (cf. Association des chasseurs tessinois : 30 ans d'absurdités et Dossier coûts).
Coûts totaux : 370'000 à 520'000 francs par an (brut). Cela correspond à environ 4,35 à 6,10 francs par habitant et par an.
Économies et surcoûts nets
Face à cela s'opposent des économies : le canton n'a plus besoin de gérer l'administration des affermages de chasse, de faire passer des examens de chasse ni d'organiser la surveillance de la chasse. Corrigés de ces économies, les surcoûts nets devraient se situer entre 200'000 et 350'000 francs par an, ce qui correspond à environ 2,35 à 4,10 francs par habitant. Les coûts par habitant plus élevés par rapport à Genève (2,40 francs) s'expliquent par le nombre d'habitants plus faible pour une superficie comparable. En chiffres absolus, les coûts évoluent dans un ordre de grandeur parfaitement supportable pour le budget cantonal.
8. Compatibilité avec le droit supérieur
L'initiative est conforme au droit fédéral. La loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément aux cantons la réglementation du droit de chasse, du système de chasse, du territoire de chasse et de la surveillance de la chasse (art. 3 al. 1 LChP). Les trois systèmes de chasse – chasse à patente, chasse en réserve et chasse en régie – sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 et n'a jamais fait l'objet d'une objection de droit fédéral en plus de 50 ans.
La cessation des contrats d'affermage de chasse par non-renouvellement ne touche pas la garantie de la propriété, car les contrats d'affermage de chasse sont des contrats de droit public à durée limitée, sur le renouvellement desquels il n'existe aucun droit. L'art. 7a LChP permet aux cantons la régulation préventive, mais ne les y oblige pas. L'initiative respecte l'unité de la matière.
9. Anticipation d'objections prévisibles
« Schaffhouse a des forêts et de l'agriculture – ce n'est pas Genève »
Les faits : Genève dispose également de surfaces forestières et agricoles importantes et d'une superficie cantonale comparable (282 km² contre 298 km²). La gestion professionnelle de la faune sauvage y fonctionne depuis plus de 50 ans. Les dégâts causés par la faune sauvage à Genève sont comparables à ceux de Schaffhouse – bien qu'à Schaffhouse la chasse de loisir soit autorisée. L'objection se réfute d'elle-même par la comparaison directe des tailles.
Formule communicative abrégée : «Schaffhouse fait 298 km². Genève fait 282 km². Genève montre l'exemple depuis 50 ans – avec des dégâts de gibier comparables.»
«1'000 signatures ne suffisent pas pour une vraie légitimation»
Les faits : 1'000 signatures correspondent à l'exigence légale que le canton de Schaffhouse prévoit pour les initiatives populaires. Comme il n'y a pas de délai de récolte, la collecte peut être organisée de manière soigneuse et largement soutenue. Un seul samedi sur la Fronwagplatz à Schaffhouse permet, avec une bonne organisation, de récolter plus de 100 signatures.
Formule communicative abrégée : «1'000 signatures. Aucun délai. Protection professionnelle de la faune sauvage pour tous.»
«Les revenus de fermage seront perdus»
Les faits : Les revenus de fermage sont fiscalement marginaux pour les communes schaffhousoises. L'initiative prévoit une indemnisation cantonale. Et les animaux sauvages ne seront plus tués pour le plaisir récréatif.
Formule communicative abrégée : «Les revenus de fermage sont de la menue monnaie dans le budget communal. L'initiative indemnise – et les animaux vivent.»
«Les coûts par habitant sont plus élevés qu'à Genève»
Les faits : Les coûts par habitant sont plus élevés parce que Schaffhouse, pour une superficie comparable, compte moins d'habitants que Genève. En chiffres absolus, la gestion professionnelle de la faune sauvage à Schaffhouse ne coûte cependant qu'environ un tiers du budget genevois. Et même les coûts par habitant plus élevés se situent dans une fourchette de 2,35 à 4,10 francs par personne et par an – moins qu'un café (cf. vérification factuelle des mythes de la chasse sur wildbeimwild.com).
Formule communicative abrégée : «Environ 2,35 à 4,10 francs par personne et par an. Moins qu'un café. Pour une protection professionnelle de la faune sauvage au lieu de la chasse de loisir.»
10. Résumé
Cette initiative donne à la population schaffhousoise la possibilité de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des preuves de la faune sauvage. Avec seulement 1'000 signatures et une superficie cantonale presque identique à celle de Genève, Schaffhouse offre des conditions idéales pour l'introduction du modèle genevois éprouvé. Les coûts sont maîtrisables, la base juridique est assurée, et l'obligation de vote fait que lors d'une votation, toute la population est entendue.
Comité d'initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»
[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …
(Membres du comité selon le droit cantonal, domiciliés dans le canton)
Adresse de contact : [Adresse du comité]
Annexe : Documentation complémentaire
Modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot – Présentation exhaustive de la gestion de la faune sauvage genevoise depuis 1974 avec coûts, effectifs et évolution de la biodiversité.
Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien-ueber-die-auswirkung-der-jagd-auf-wildtiere-und-jaeger – Collection d'études scientifiques sur l'autorégulation des populations d'animaux sauvages.
Chasse en Suisse : wildbeimwild.com/warum-die-hobby-jagd-in-der-schweiz-kein-naturschutz-ist – Aperçu continuellement actualisé de la politique cynégétique suisse.
Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Schaffhouse : wildbeimwild.com – Psychologie de la chasse de loisir dans le canton SH – Motifs, justifications et dynamiques sociales de la chasse de loisir à Schaffhouse.
Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd – Analyses des motifs, justifications et dynamiques sociales de la chasse de loisir.
Dossier loup : wildbeimwild.com/dossiers/wolf-in-der-schweiz-fakten-politik-und-die-grenzen-der-jagd – Développements actuels de la politique du loup en Suisse.
Animaux sauvages et prédateurs : wildbeimwild.com/category/wildtiere – Informations sur la faune sauvage, les prédateurs et la coexistence entre l'homme et la faune sauvage.
Mythes de la chasse : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen – Vérification des faits sur les allégations les plus fréquentes du lobby de la chasse de loisir.
Initiative populaire cantonale Bâle-Ville : Texte type de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville.
Remarque sur la procédure
Le comité d'initiative soumet le texte de l'initiative à la chancellerie d'État du canton de Schaffhouse pour examen préalable avant le début de la collecte de signatures. Pour que l'initiative aboutisse, 1'000 signatures valables sont nécessaires. Il n'existe pas de délai légal de collecte. Les modalités de dépôt se conforment à la loi cantonale sur les droits politiques.
Briefing stratégique pour les militantes et militants
Initiative populaire « Pour une protection professionnelle de la faune » – Canton de Schaffhouse Document de travail interne – État mars 2026
Résumé
Schaffhouse offre, avec seulement 1'000 signatures nécessaires et une superficie presque identique à Genève, d'excellentes conditions pour une initiative « Pour une protection professionnelle de la faune ». L'obligation de vote constitue un avantage stratégique : la majorité non-affiliée à la chasse ne restera pas chez elle lors d'un scrutin. Le plus grand défi est le fait que Schaffhouse n'est pas un canton classiquement favorable à la protection des animaux.
1. Pourquoi Schaffhouse ?
L'argument imparable : 298 contre 282 km². Schaffhouse a 298 km², Genève 282 km². Cette comparaison est si simple et frappante qu'elle invalide toute contre-argumentation. Chaque infographie, chaque flyer, chaque publication sur les réseaux sociaux devrait contenir cette comparaison. Les deux cantons ont des proportions comparables de forêts et d'agriculture. Genève a même une population six fois plus importante, ce qui rend la gestion de la faune plus complexe.
Exploiter l'obligation de vote. Dans aucun autre canton la participation ne sera aussi élevée. La majorité de la population, qui ne sont pas des chasseurs de loisir, participera au vote. La communication doit atteindre cette majorité.
1'000 signatures. Le seuil le plus bas de Suisse alémanique. Pas de délai de collecte. Facilement réalisable même avec un petit comité.
Position frontalière comme opportunité. Les corridors fauniques transfrontaliers nécessitent une coordination professionnelle, pas de la chasse de loisir. L'Allemagne dispose déjà de structures professionnelles avec le parc national de la Forêt-Noire, auxquelles Schaffhouse peut se rattacher.
2. Leçons tirées de Zurich
Erreur 1 de Zurich : Titre confrontationnel. « Des gardes-faune au lieu de chasseurs » se définissait par rapport à l'adversaire. Notre titre « Pour une protection professionnelle de la faune » est positif.
Erreur 2 de Zurich : L'argument des coûts est resté sans réponse. Notre initiative contient un calcul budgétaire détaillé avec des chiffres vérifiables.
Erreur 3 de Zurich : Aucun soutien de parti. À Schaffhouse, les contacts avec le PS, les Verts et le PVL doivent être établis précocement.
Erreur 4 de Zurich : Le modèle genevois a été trop peu exploité. À Schaffhouse, la comparaison des surfaces (298 contre 282 km²) est si convaincante qu'elle pourrait porter la moitié de la campagne à elle seule. Le Dossier « Genève et l'interdiction de chasse » doit devenir le document central de campagne.
3. Le deuxième paragraphe comme élargissement de coalition
Le paragraphe sur la protection des espèces mobilise au-delà de la scène classique de protection des animaux. Particulièrement pertinent pour Schaffhouse :
Castor sur le Haut-Rhin. Le castor est documenté le long du Rhin et de ses affluents sur territoire schaffhousois. Depuis février 2025, il peut être abattu dans toute la Suisse sur demande cantonale. L'initiative protège le castor dans le canton.
Lynx dans le Randen. Le retour du lynx dans le Randen est écologiquement possible et constituerait un atout pour la biodiversité.
Mise en réseau transfrontalière. Une protection constitutionnelle des espèces valoriserait Schaffhouse comme partenaire pour des projets transfrontaliers de protection de la nature.
4. Analyse des adversaires
Les sociétés de chasse sont ancrées localement et mèneront la campagne contre l'initiative. Dans un petit canton, les relations personnelles sont plus fortes qu'à Zurich ou Bâle. La campagne doit être menée de manière factuelle et non personnelle.
Les communes déploreront la perte des revenus de fermage. La réponse : Les montants sont marginaux, et l'initiative prévoit un dédommagement cantonal.
L'argument du coût est plus attaquable avec des coûts par habitant plus élevés qu'à Genève ou Bâle. La réponse : En chiffres absolus, le système coûte environ 370'000 à 520'000 francs. C'est une fraction du budget cantonal. Et la comparaison de superficie avec Genève montre que le modèle fonctionne sur exactement cette superficie depuis 50 ans (cf. Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Schaffhouse).
5. Stratégie de communication : Les trois messages clés
«Schaffhouse est aussi grand que Genève. Ce qui y fonctionne depuis 50 ans fonctionne aussi ici.» L'argument le plus frappant de toute la série : 298 vs. 282 km². Ce chiffre doit apparaître dans chaque communication.
«Professionnel au lieu d'amateur.» La question n'est pas de savoir si les animaux sauvages sont gérés, mais par qui : par des professionnels dans l'intérêt public ou par des particuliers comme activité de loisir.
«1'000 signatures, aucun délai. C'est tout ce qu'il faut.» L'obstacle le plus bas de Suisse alémanique. Un signal pour toute la Suisse.
6. Calendrier
| Phase | Contenu | Période |
|---|---|---|
| Formation du comité & vérification préalable du texte | Faire appel à une juriste/un juriste ; recruter des membres du comité avec domicile SH | Mois 1–3 |
| Soumission pour vérification préalable | Chancellerie d'État de Schaffhouse | Mois 3–4 |
| Publication & début de la récolte | Aucun délai de récolte ; objectif : 1'500+ signatures comme tampon. | Mois 4 |
| Contacts avec les partis & formation de coalition | Discussions précoces PS, Verts, PVL ; intégrer les associations de protection de la nature | Mois 1–8 |
| Dépôt des signatures | Chancellerie d'État, vérification officielle | Mois 10–12 |
| Débat au Grand Conseil | Ancrage parlementaire ; intensifier le travail médiatique | Mois 13–20 |
| Campagne de votation | Mobilisation finale, infographies, stratégie d'obligation de voter | Mois 20–26 |
7. Matériel de campagne
- Le dossier Genève sur wildbeimwild.com comme argumentaire central.
- La Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Schaffhouse comme matériel de base pour les contacts médiatiques.
- Infographie : Comparaison de superficie SH/GE (298 vs. 282 km²) comme élément visuel central.
- Médias locaux : Schaffhauser Nachrichten, Schaffhauser AZ, Radio Munot, TeleTop.
- Stratégie d'obligation de voter : Large campagne d'information, car lors de la votation, tous doivent participer.
8. Sources complémentaires
- Interdiction de chasser genevoise en détail
- Études scientifiques
- Chasse en Suisse : Critique, faits, actualités
- Dossier loup
- Vérification des faits sur les mythes de la chasse
- Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Schaffhouse
- Statistique fédérale de la chasse (OFEV)
- Initiative populaire cantonale Bâle-Ville
Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être utilisé librement par les activistes, organisations ou comités d'initiative et adapté aux conditions du canton de Schaffhouse.
Vérification des faits : Les allégations du lobby de la chasse de loisir
La brochure «La chasse en Suisse protège et sert» de JagdSchweiz se lit comme un prospectus publicitaire – mais les allégations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix narratifs à l'épreuve, de «tâche étatique» à «diversité des espèces» en passant par «80 % d'approbation» : Dossier : Vérification des faits brochure JagdSchweiz →
