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Droits des animaux

Le cygne tuberculé ne devrait pas figurer sur la liste des espèces à abattre

Le Conseil national et le Conseil des États sont d'accord sur ce point. En revanche, le Conseil national n'est guère favorable aux effectifs maximaux pour les cygnes, tels que les réclame la chambre haute. Il préconise plutôt une solution similaire à celle adoptée pour le loup.

Rédaction Wild beim Wild — 8 février 2016

Si le Conseil des États avait gain de cause, le cygne tuberculé serait à l'avenir classé comme espèce chassable et des effectifs maximaux seraient fixés pour certaines zones.

Le Conseil national, quant à lui, juge cette approche excessive. Il a modifié mercredi une motion du Conseil des États. Le Conseil national réclame une solution similaire à celle que le Parlement a adoptée pour la régulation de la population de loups. Le cygne tuberculé devrait donc rester en principe une espèce protégée. En cas de problèmes concrets, les cantons devraient pouvoir solliciter une autorisation de tir auprès de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).

Le nourrissage attire les animaux

Le PS et les Verts se sont opposés à l'assouplissement de la protection. La pratique actuelle est éprouvée et efficace, a déclaré Silva Semadeni (PS/GR) au nom de la minorité. En règle générale, les cygnes ne posent aucun problème. Le principal problème réside dans le nourrissage, souvent bien intentionné, qui exerce un fort pouvoir d'attraction. Une modification de la législation au niveau national ne serait toutefois pas nécessaire.

Aujourd'hui déjà, les cantons peuvent déposer une demande auprès de la Confédération lorsqu'ils souhaitent réguler la population de cygnes. Ils doivent cependant démontrer au préalable que des dommages ont été causés et que des mesures ont été prises pour y remédier. Cette procédure est relativement lourde, a indiqué le rapporteur de la commission Hans Grunder (PBD/BE).

La majorité du Conseil national souhaite désormais permettre aux cantons d'agir de manière proactive. Le Conseil national a adopté la motion modifiée par 91 voix contre 74, avec 16 abstentions. Le Conseil des États doit maintenant se prononcer à son tour.

Pas de prédateurs naturels

La motion avait été déposée par l'ancien conseiller aux États nidwaldien CVP Paul Niederberger. Les cygnes tuberculés se seraient reproduits sans entrave, faute de prédateurs naturels et grâce à la protection légale dont ils bénéficient, arguait-il. Dans le canton de Nidwald, la population aurait pris des proportions excessives. Les animaux auraient perdu de leur sympathie en souillant de leurs déjections les prairies et les chemins de promenade.

Le comportement menaçant des cygnes peut effrayer les promeneurs, les cyclistes et les enfants, a déclaré Grunder. Des conflits surgissent également avec les agriculteurs, car les vaches refusent de brouter l'herbe souillée par leurs fientes ou tombent malades en la consommant. Le cygne tuberculé — dont le nom fait référence au tubercule noir au-dessus du bec — n'est pas originaire de Suisse. Selon l'OFEV, il a été introduit dans des étangs de parcs au XVIIᵉ siècle. En Suisse, selon Grunder, on compte environ 5 000 cygnes tuberculés selon la saison.

Incompréhension chez les défenseurs des animaux

L'Alliance Animale Suisse s'est déclarée indignée dans un communiqué. La démarche de la grande chambre serait éthiquement et concrètement absurde. La protection des oiseaux en Suisse SVS/BirdLife Suisse ne comprend pas non plus cette initiative. Les «interventions facilitées» sur la population de cygnes en raison d'un problème local seraient inutiles. Des interventions modérées contre les cygnes à Nidwald et Obwald seraient déjà autorisées et commenceraient au printemps.

8.2.2016

Le Conseil fédéral et une grande partie du Parlement souhaitent assouplir la protection du cygne tuberculé. Environ 16’000 personnes s'y opposent désormais au moyen d'une pétition.

Dans son élégance blanche, le cygne tuberculé paraît majestueux. Pourtant, un traitement royal n'est plus garanti à cet animal protégé dans notre pays. L'ancien conseiller aux États nidwaldien Paul Niederberger (PDC) souhaite abaisser les obstacles à la régulation de la population. N'ayant pas de prédateurs naturels et bénéficiant de la protection de la loi, le cygne tuberculé — qui n'est pas une espèce indigène — aurait pu se reproduire «sans entrave», selon Niederberger. «Cela a conduit en certains endroits au développement d'une population excessive.» Les points névralgiques sont notamment les lacs d'Alpnach, de Sarnen, de Hallwil et le Greifensee. Dans de telles zones, le cygne cause des dommages considérables aux cultures agricoles en raison de ses fientes, explique Niederberger. Le bétail refuse de brouter l'herbe souillée, qui constitue par ailleurs une source de maladies potentielles.

Le politicien PDC ne s'est plus présenté aux élections à l'automne. Son héritage politique continue cependant de se faire sentir. Après que le Conseil des États a transmis la motion de Niederberger en septembre, la commission de l'environnement du Conseil national (Urek) devrait se pencher sur le dossier dans deux semaines — et, vu la domination du UDC, du PLR et du PDC, y donner vraisemblablement son accord. Sur le plan extraparlementaire, une résistance se forme désormais. La protectrice des animaux valaisanne Mélanie Fellay a, sans en informer les médias, déposé fin janvier avec plusieurs organisations de protection des animaux à Berne fédérale une pétition portant quelque 16’000 signatures, comme l'écrit le Tages-Anzeiger.

Critique de la Station ornithologique de Sempach

La controverse autour du cygne tuberculé ne surprend pas la Protection Suisse des Animaux (PSA) : de nombreuses espèces protégées auraient, ces dernières années, été qualifiées d'«espèces conflictuelles», écrit la PSA dans une lettre adressée aux membres de l'Urek. La Confédération aurait entre-temps élaboré pour le loup, le lynx, l'ours et le castor des concepts prévoyant des mesures contre des individus dits nuisibles, allant jusqu'à des interventions régulatrices sur les populations. La demande d'une régulation facilitée des cygnes tuberculés, critique la PSA, ne serait donc que la prochaine étape logique visant à réduire la protection du plus grand nombre possible d'espèces sauvages possible.

En Suisse, on compte jusqu'à 5 000 cygnes selon la saison, dont 600 à 700 couples nichent sur le territoire national ; l'espèce est considérée comme non menacée. La protectrice des animaux Fellay jugerait néanmoins «barbare» d'abattre ces animaux. C'est bien plutôt à l'être humain de changer son comportement. «Les cygnes ne doivent plus être nourris. C'est en effet la raison pour laquelle les animaux se concentrent sur les sites de nourrissage et y perdent également leur méfiance envers l'homme», explique la protectrice des animaux Fellay.

Pour Michael Schaad de la Station ornithologique de Sempach également, la première étape pour résoudre un conflit consiste à renoncer au nourrissage sur place. Cela permettrait de dissoudre les concentrations locales. Assouplir la protection du cygne tuberculé lui paraît lui aussi inutile. Schaad juge par ailleurs exagéré de présenter le cygne tuberculé comme un danger pour les promeneurs, les cyclistes et les enfants, comme le fait Niederberger dans son intervention. Les gens doivent maintenir une distance convenable avec le cygne tuberculé. Comme tout animal sauvage, le cygne tuberculé se défend, lui ou ses petits, lorsqu'on s'approche trop près de lui.

Les cantons font également pression

Les cantons ont eux aussi reconnu la problématique de l'alimentation artificielle. Des interdictions locales existent ici et là. Pourtant, des pressions émanent de leurs rangs en faveur d'un assouplissement de la protection du cygne tuberculé. Actuellement, les cantons sont autorisés à abattre des individus isolés lorsque cela permet de prévenir des dommages importants à la faune sauvage. Toutefois, chaque intervention doit faire l'objet d'une décision susceptible de recours. De plus, dès lors que l'on souhaite abattre plus de 10 % d'une population locale, les cantons doivent déposer une demande de régulation auprès de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Les spécialistes cantonaux se plaignent d'une charge administrative considérable. «Nous souhaitons disposer de compétences suffisamment étendues dans la gestion des espèces sauvages», déclare Peter Ulmann, responsable de la chasse et de la pêche du canton de Lucerne. La population locale s'attend à ce que les services cantonaux spécialisés agissent en temps utile et avec des ressources raisonnables en cas de problème.

Supprimer le droit de recours

Le Conseil fédéral souhaite lui aussi assouplir la protection du cygne tuberculé. Il est prêt à réviser la loi sur la chasse dans le sens de la motion Niederberger. Les modalités restent cependant encore floues. L'OFEV, qui pilote le dossier, ne souhaite pas encore se prononcer à ce sujet. Niederberger propose de procéder de manière similaire à la régulation du bouquetin et de définir une taille de population raisonnable pour certaines zones. «Si le nombre défini est dépassé, les cantons doivent être libres de réguler le stock.» La proposition est délicate. Aujourd'hui, les décisions d'abattage de cygnes tuberculés émanant de l'OFEV sont susceptibles de recours. Si la proposition de Niederberger l'emporte, il est envisageable que la gestion des cygnes tuberculés soit réglée dans une ordonnance spécifique — comme c'est déjà le cas pour les bouquetins. Selon l'OFEV, aucun recours ne pourrait alors être formé contre les abattages.

Obwald et Nidwald commencent le dépiautage des œufs

Il se peut toutefois qu'une autre approche s'impose : le dépiautage des œufs pendant la période de nidification au printemps. L'OFEV a approuvé l'année dernière les demandes correspondantes des cantons d'Obwald et de Nidwald. Les deux cantons souhaitent tester cette méthode ce printemps — avec les précautions qui s'imposent, comme le souligne Cyrill Kesseli, responsable de la chasse du canton d'Obwald : «Il est clair que l'intervention a lieu à un stade précoce, lorsque le développement de la couvée en est encore à ses débuts.»

Mise à jour du 14.6.2016 : Le Conseil des États autorise l'abattage des cygnes

Mise à jour du 3.3.2016 :La protection des cygnes doit être assouplie en Suisse.

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