Initiative populaire cantonale – Canton de Zoug
« Pour une protection professionnelle de la faune sauvage »
Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet élaboré
Fondée sur le § 34 de la Constitution du canton de Zoug du 31 janvier 1894 (version actuelle) et sur la Loi sur les élections et les votations (LEV)
Déposée par le comité d'initiative [Date du dépôt]
Texte de l'initiative
Les personnes soussignées, ayant le droit de vote dans le canton de Zoug, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :
La Constitution du canton de Zoug est complétée par les paragraphes suivants :
§ [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage
1 L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse à patente, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton de Zoug.
2 La protection, l'entretien et, si nécessaire, la régulation des animaux sauvages incombent exclusivement à des gestionnaires de la faune sauvage formés professionnellement au service du canton.
3 L'abattage d'animaux sauvages n'est autorisé qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de protection contre les dangers sont épuisées ou insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la Commission de la faune sauvage.
4 Le canton institue une Commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentants des associations de protection des animaux et de la nature, de la science ainsi que des autorités concernées. La Commission supervise la gestion de la faune sauvage et décide des mesures de régulation.
5 Le canton favorise la régulation naturelle des populations d'animaux sauvages, la mise en réseau des habitats et la coexistence entre l'homme et la faune sauvage.
6 Les modalités sont réglées par la loi.
§ [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées
1 Le canton renonce aux demandes de régulation préventive des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées selon la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages, en particulier du loup, du lynx, de l'ours, du castor, de la loutre, du chacal doré, de l'aigle royal, du harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral.
2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'homme et l'animal sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et l'accompagnement scientifique de la présence d'animaux sauvages.
3 Les mesures contre des animaux sauvages individuels qui représentent un danger immédiat et considérable pour les humains demeurent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et exécutées par le service spécialisé compétent du canton.
4 Le canton s'engage activement dans le cadre de la coopération intercantonale et vis-à-vis de la Confédération pour la protection et la conservation des espèces d'animaux sauvages menacées.
Disposition transitoire
1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans les deux ans suivant l'acceptation de cette modification constitutionnelle.
2 Les permis de chasse existants s'éteignent avec l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Les taxes de permis déjà payées pour la saison de chasse en cours seront remboursées au prorata.
3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion de la faune sauvage pendant la phase transitoire.
Explications
1. Situation de départ
Le canton de Zoug comprend 239 km² et environ 130'000 habitants. Il fait partie des cantons les plus prospères et les plus densément peuplés de Suisse. La superficie cantonale se compose d'un mélange de zone d'habitation urbaine autour de la ville de Zoug et des communes de Baar, Cham et Risch-Rotkreuz, de plateau agricole ainsi que du Zugerberg et des régions préalpines.
La chasse de loisir est organisée à Zoug sous forme de chasse à permis. Environ 230 particuliers acquièrent un permis cantonal et chassent sans responsabilité fixe de territoire. La chasse principale est la chasse au chevreuil en octobre et novembre, traditionnellement pratiquée comme « chasse bruyante » avec le chien courant : les chiens poussent les chevreuils hors de leurs remises, les animaux fuient sur des passages appelés « coulées », où les chasseurs de loisir sont postés et abattent les chevreuils en mouvement au moyen de coups de fusil à plomb. La chasse ne peut être exercée que trois jours par semaine : lundi, mercredi et samedi. Ce qui sonne comme une réglementation stricte est psychologiquement l'emballage d'un loisir comme système ordonné (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Zoug).
Le système de permis ne génère aucune valeur ajoutée professionnelle par rapport à la gestion professionnelle de la faune sauvage : la chasse à permis ne lie pas les chasseurs de loisir à un territoire déterminé et complique ainsi une gestion coordonnée de la faune sauvage. En même temps, le système est administrativement lourd pour le canton : système d'examens, gestion des permis, planification des tirs et surveillance de la chasse mobilisent des ressources qui seraient utilisées plus efficacement dans le modèle professionnel (cf. l'analyse critique de la formation cynégétique sur wildbeimwild.com).
Depuis 1993, le canton de Zoug renonce à la chasse au lièvre. Ce moratoire a eu lieu sur proposition des chasseurs de loisir zurichois eux-mêmes, « pour favoriser les populations ». Le renoncement au fait de tuer une espèce qu'on ne devrait pas tuer est présenté comme preuve de sens des responsabilités. En même temps, les oiseaux aquatiques figurent sur la liste de tir, et la « chasse bruyante » avec des chiens sur les chevreuils est présentée comme bien culturel. La légitimation se déplace de la fonction vers l'identité : on ne chasse pas parce qu'on doit, mais parce qu'on l'a toujours fait ainsi.
L'affirmation selon laquelle sans chasse de loisir l'équilibre écologique s'effondre est empiriquement réfutée par le modèle genevois depuis plus de 50 ans (cf. le dossier complet sur l'interdiction de chasse genevoise sur wildbeimwild.com). Zoug a même une superficie plus petite avec 239 km² que Genève (282 km²). Si la protection professionnelle de la faune sauvage fonctionne sur 282 km² depuis plus de 50 ans, il n'y a aucune raison pour qu'elle ne fonctionne pas sur 239 km².
Parallèlement, au niveau fédéral, de plus en plus d'espèces de faune sauvage protégées subissent une pression croissante. La pression politique sur des espèces comme le lynx, le castor, la loutre et le harle bièvre augmente constamment (cf. l'analyse de la politique cynégétique sur wildbeimwild.com).
2. Le modèle : le canton de Genève
Le 19 mai 1974, environ deux tiers des votants du canton de Genève ont approuvé l'abolition de la chasse de loisir milicienne. Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :
– La biodiversité a considérablement augmenté. Le nombre d'oiseaux aquatiques hivernants est passé de quelques centaines à environ 30'000. Genève abrite aujourd'hui la plus importante population de lièvres des champs et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse. Avant le vote de 1974, le lobby de la chasse de loisir avait prétendu que le lièvre des champs serait exterminé par les prédateurs sans la chasse de loisir. Le contraire s'est produit.
– L'effectif de chevreuils s'est stabilisé à un niveau sain, avec un tir spécialisé annuel par des gardes-faune professionnels de seulement 20 à 36 animaux.
– En 2005, 90 pour cent de la population votante genevoise s'est prononcée pour le maintien de l'interdiction de la chasse de loisir. Les coûts totaux s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an, soit environ 2,40 francs par habitant. L'efficacité du modèle genevois se révèle dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin en moyenne de 8 heures et au maximum 2 cartouches pour l'abattage sanitaire d'un sanglier. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres des champs à Genève s'élève à 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), dans le canton de Zurich seulement 1,0 pour 100 hectares (cf. vérification des faits du Conseil d'État de Zurich).
Une présentation détaillée se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de chasse » sur wildbeimwild.com.
3. Le concept : garde-faune professionnelle au lieu de chasse de loisir
L'initiative remplace la chasse de loisir par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle des gardes-faune :
Compétence professionnelle au lieu de divertissement. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique, dans le cadre d'un mandat de prestation cantonal. Leur objectif est la préservation de populations de faune sauvage saines, non la maximisation du nombre d'abattages.
Principe d'ultima ratio. Un abattage n'est autorisé que si toutes les mesures non létales sont épuisées : clôtures électriques, effarouchement, aménagement de l'habitat, mesures de protection constructives.
Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante empêche que la pression politique n'affaiblisse la gestion de la faune sauvage.
Autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses études scientifiques le prouve : les populations de faune sauvage se régulent dans la plupart des cas de manière autonome. La chasse de loisir perturbe ce processus en détruisant les structures sociales et en augmentant artificiellement les taux de reproduction.
4. Pourquoi Zoug ?
Zoug se prête particulièrement bien à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune sauvage pour plusieurs raisons :
Plus petit que Genève. Zoug fait 239 km², Genève 282 km². Le canton de Zoug est même plus petit que le modèle de référence genevois. Si la protection professionnelle de la faune sauvage fonctionne sur 282 km² depuis plus de 50 ans, il n'existe aucun argument objectif pour qu'elle ne fonctionne pas sur 239 km².
Revenus supprimés
Avec l'abolition de la chasse de loisir, les taxes de brevet d'environ 150’000 à 300’000 francs par an disparaissent. Cependant, face à cela se trouvent les coûts externes jamais comptabilisés de la chasse milicienne – accidents de gibier, dégâts d'abroutissement liés à la chasse dans les forêts de protection, frais administratifs, interventions de police et de justice –, qui représentent un multiple de ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes manquent depuis 1974 – sans problèmes financiers : avant l'interdiction de chasser, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs, aujourd'hui trois postes à plein temps font le même travail en mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques par des gardes-chasse professionnels ne sont pas la même chose qu'une chasse régulatrice basée sur le jargon des chasseurs ou une « expérience de la nature » mal comprise des chasseurs de loisir. Un calcul du coût complet montre : la chasse milicienne coûte au contribuable nettement plus qu'elle ne rapporte (cf. « Ce que la chasse de loisir coûte vraiment à la Suisse » sur wildbeimwild.com).
Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse qu'il avait contribué à façonner a échoué dans les urnes (51,9 pour cent de non). En 2016, l'association tessinoise des chasseurs a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir au Parlement ont fait majoritairement de la politique contre les préoccupations environnementales. Qui prétend que les chasseurs de loisir sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement de vote (cf. Association tessinoise des chasseurs : 30 ans d'aberrations et Dossier coûts).
Canton le plus riche de Suisse. Zoug a la capacité financière de financer une gestion professionnelle de la faune sauvage sans charge perceptible. Avec des surcoûts nets estimés d'environ 1,50 à 2,50 francs par habitant et par an, l'argument des coûts qui a décidé du vote à Zurich est inefficace à Zoug.
Urbain et dense. Environ trois quarts de la population zougoise vivent dans les communes de Zoug, Baar, Cham et Risch-Rotkreuz, caractérisées de manière presque entièrement urbaine. La tradition culturelle cynégétique est moins profondément enracinée que dans les cantons de montagne.
Seulement 230 chasseurs de loisir. Par rapport à la population de 130'000 habitants, 230 titulaires de brevets actifs constituent une minorité infime. La faisabilité politique est plus élevée que dans les cantons comptant des milliers de brevets.
Chasse à brevet comme changement de système conceptuellement plus simple. Contrairement aux cantons à chasse de district (BL, SH, AG, ZH), il n'est pas nécessaire à Zoug de résilier des contrats d'affermage de chasse et d'indemniser les communes pour les recettes d'affermage perdues. Les brevets s'éteignent simplement avec l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Le changement de système est ainsi moins complexe administrativement et juridiquement.
« Chasse bruyante » comme faiblesse communicative. La chasse au chevreuil zougoise avec des chiens courants – où les chiens chassent les chevreuils en panique de leurs refuges et où les animaux en fuite sont ensuite abattus – est une forme de chasse qui suscite peu de compréhension auprès de la population non affiliée à la chasse. L'initiative offre la possibilité de remplacer cette pratique par une gestion professionnelle de la faune sauvage peu stressante.
5. Concernant le premier paragraphe : Protection professionnelle de la faune sauvage
Alinéa 1 – Interdiction de la chasse à brevet
L'interdiction de la chasse à brevet par des particuliers est le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois (art. 162 de la Constitution cantonale genevoise). La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément l'organisation de l'exploitation de la chasse aux cantons (art. 3 al. 1 LChP). Les trois systèmes de chasse de la Suisse – chasse à brevet, chasse de district et chasse d'État ou en régie – sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 en conformité avec le droit fédéral.
Contrairement aux cantons à chasse à affermage (BL, SH, AG, ZH), à Zoug disparaît la nécessité de résilier les contrats de bail de chasse et d'indemniser les communes. Les brevets existants s'éteignent avec l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Les taxes de brevet déjà payées sont remboursées au prorata. Ce changement de système est donc moins complexe sur le plan administratif et juridique que dans les cantons à chasse à affermage.
Alinéa 2 – Gestion professionnelle de la faune
Des gestionnaires de la faune formés professionnellement au service cantonal assument toutes les tâches de gestion de la faune et, si nécessaire, de régulation des populations. L'Office des forêts et de la faune existant du canton de Zoug offre la plateforme institutionnelle pour l'implantation de ces services spécialisés.
Alinéa 3 – L'abattage comme ultima ratio
L'abattage n'est pas la règle, mais l'exception. À Genève, environ 250 sangliers sont abattus annuellement en moyenne par les gardes-faune, les animaux dominants étant explicitement épargnés pour des raisons éthiques. Les chiffres d'abattage sont ainsi considérablement inférieurs à ceux de cantons comparables pratiquant la chasse de loisir.
Alinéa 4 – Commission de la faune
La commission indépendante de la faune s'inspire du modèle genevois. Elle garantit que les décisions se fondent sur des preuves et ne reposent pas sur les mythes cynégétiques idéologiques avec lesquels le lobby de la chasse de loisir légitime sa pratique.
Alinéa 5 – Régulation naturelle et coexistence
À Zoug, la mise en réseau des habitats entre le Zugerberg, le lac de Zoug et les surfaces agricoles adjacentes revêt une importance particulière. Les corridors fauniques sont indispensables à la diversité génétique et à la dispersion naturelle des espèces. Le système actuel de brevets n'offre aucune coordination liée aux territoires qui pourrait assurer une telle mise en réseau (cf. wildbeimwild.com sur la faune en zone habitée).
Dispositions transitoires
Le délai de deux ans donne au Conseil d'État suffisamment de temps pour élaborer la législation d'exécution et engager des gestionnaires professionnels de la faune. Contrairement aux cantons à chasse à affermage, la clause d'expiration des contrats de bail disparaît : les brevets s'éteignent directement avec l'entrée en vigueur. Le remboursement au prorata des taxes de brevet déjà payées préserve la protection de la confiance.
6. Sur le deuxième paragraphe : Protection des espèces fauniques menacées et protégées
Pour Zoug, le deuxième paragraphe est pertinent en raison de la présence d'espèces protégées dans le canton : le castor est documenté au lac de Zoug et ses affluents. Les oiseaux d'eau hivernent en grand nombre sur le lac de Zoug. Le retour de la loutre en Suisse centrale est prévisible. La loi fédérale révisée sur la chasse (art. 7a LChP) habilite les cantons à la régulation préventive, mais ne les y oblige pas. Le canton ne fait qu'exercer sa compétence avec ce paragraphe de ne pas faire usage de cette habilitation (cf. l'analyse de la politique du loup sur wildbeimwild.com).
7. Conséquences financières : Budget concret pour Zoug
Pour Zoug avec 239 km² de surface et environ 130'000 habitants, l'estimation des coûts suivante en résulte :
Coûts de personnel : 240'000 à 280'000 francs annuellement. Deux postes à temps plein pour des gestionnaires professionnels de la faune sont nécessaires. Zoug est plus petit en superficie que Genève (239 vs. 282 km²). Un poste à temps plein au service cantonal coûte charges annexes comprises environ 120'000 à 140'000 francs annuellement.
Coûts matériels : 50'000 à 80'000 francs annuellement. Équipement, véhicules, dispositifs d'effarouchement, infrastructure de monitoring, relations publiques.
Indemnisation des dommages : 20'000 à 50'000 francs annuellement. Les dommages de gibier attendus à Zoug sont limités en raison de la surface agricole restreinte et de la faible densité de sangliers.
Coûts totaux : 310'000 à 410'000 francs annuellement (bruts). Cela correspond à environ 2.40 à 3.15 francs par habitant et par année.
En regard de ces coûts, il faut considérer les économies réalisées : le canton n'a plus besoin d'organiser d'examens de chasse, de délivrer et gérer des permis, d'établir des plans d'abattage ni d'organiser la surveillance de la chasse. L'inspecteur de la faune genevois Dandliker souligne que l'organisation d'une chasse à permis nécessite au minimum deux postes à temps plein. Une fois déduites ces économies, les coûts nets supplémentaires devraient se situer entre 150'000 et 250'000 francs annuellement, ce qui correspond à environ 1,15 à 1,90 franc par habitant. Pour le canton le plus riche de Suisse, il s'agit d'un montant marginal.
8. Compatibilité avec le droit supérieur
L'initiative est conforme au droit fédéral. La loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément aux cantons le soin de réglementer le droit de chasse, le système cynégétique, le territoire de chasse et la surveillance de la chasse (art. 3 al. 1 LChP). Les trois systèmes de chasse – chasse à permis, chasse à bail et chasse en régie – sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 et n'a jamais fait l'objet d'une objection de droit fédéral en plus de 50 ans. L'art. 7a LChP permet aux cantons la régulation préventive, mais ne les y oblige pas. L'initiative respecte l'unité de la matière.
9. Anticipation d'objections prévisibles
«La chasse zougoise est déjà strictement réglementée – seulement trois jours de chasse par semaine»
Les faits : La limitation à trois jours par semaine ne change rien au principe fondamental : ce sont toujours des particuliers qui tuent des animaux sauvages comme activité de loisir. La réglementation des jours de chasse est une mesure organisationnelle, non une amélioration qualitative. Des gestionnaires professionnels de la faune sauvage interviendraient de manière plus flexible et ciblée, chaque fois que c'est écologiquement sensé, et non selon un calendrier hebdomadaire rigide.
Formule communicative succincte : «Trois jours de chasse par semaine restent trois jours où des chasseurs de loisir tuent des animaux sauvages. La protection professionnelle de la faune sauvage n'a pas besoin d'un calendrier hebdomadaire.»
«Le moratoire sur les lièvres montre que les chasseurs agissent de manière responsable»
Les faits : Le moratoire sur les lièvres n'est pas une preuve de sens des responsabilités, mais l'aveu que la chasse au lièvre n'était plus défendable. Que les chasseurs de loisir renoncent à tuer une espèce menacée n'est pas un mérite, mais une évidence. Parallèlement, les oiseaux aquatiques figurent toujours sur la liste d'abattage, et la «chasse bruyante» aux chevreuils avec des chiens se poursuit comme tradition (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Zoug).
Formule communicative succincte : «Ne pas tuer ce qu'on ne devrait pas tuer n'est pas un mérite. C'est une évidence.»
«Zoug n'a pas de problèmes avec la faune sauvage – pourquoi cette initiative ?»
Les faits : Si Zoug a peu de problèmes avec la faune sauvage, alors le changement de système n'en est que plus facile, moins cher et moins risqué. L'absence de problèmes aigus constitue un argument en faveur de l'initiative, non contre elle. La protection professionnelle de la faune sauvage est une infrastructure préventive (cf. Vérification des mythes cynégétiques sur wildbeimwild.com).
Formule communicative succincte : «S'il y a si peu à faire, la protection professionnelle de la faune sauvage coûte encore moins cher. L'argument se réfute de lui-même.»
10. Résumé
Cette initiative permet à la population zougoise de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des preuves de la faune sauvage. En tant que premier canton à chasse à permis avec un tel texte modèle, Zoug démontre que le changement de système n'est pas seulement possible dans les cantons à chasse à bail. Avec 239 km², Zoug est même plus petit que Genève, et en tant que canton le plus riche de Suisse, les coûts d'environ 1,15 à 1,90 franc par habitant et par an ne constituent pas un obstacle. La «chasse bruyante» avec des chiens courants sur les chevreuils a sa place dans un musée, non dans une politique moderne de la faune sauvage.
Comité d'initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»
[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …
(Membres du comité selon le droit cantonal, domiciliés dans le canton)
Adresse de contact : [Adresse du comité]
Annexe : Documentation complémentaire
Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot – Présentation exhaustive de la gestion de la faune genevoise depuis 1974.
Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien-ueber-die-auswirkung-der-jagd-auf-wildtiere-und-jaeger – Compilation d'études scientifiques sur l'autorégulation des populations d'animaux sauvages.
Chasse en Suisse : wildbeimwild.com/warum-die-hobby-jagd-in-der-schweiz-kein-naturschutz-ist – Aperçu régulièrement mis à jour de la politique cynégétique suisse.
Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Zoug : wildbeimwild.com – Psychologie der Hobby-Jagd im Kanton ZG – Motifs, justifications et dynamiques sociales de la chasse de loisir à Zoug.
Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd – Analyses des motifs, justifications et dynamiques sociales de la chasse de loisir.
Dossier loup : wildbeimwild.com/dossiers/wolf-in-der-schweiz-fakten-politik-und-die-grenzen-der-jagd – Développements actuels de la politique du loup en Suisse.
Animaux sauvages et prédateurs : wildbeimwild.com/category/wildtiere – Informations sur les animaux sauvages, les prédateurs et la coexistence entre l'homme et la faune sauvage.
Mythes cynégétiques : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen – Vérification des faits concernant les affirmations les plus fréquentes du lobby de la chasse de loisir.
Initiative populaire cantonale Bâle-Ville : Texte type de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville.
Remarque concernant la procédure
Le comité d'initiative soumet le texte d'initiative à la chancellerie d'État du canton de Zoug pour examen préalable avant le début de la collecte de signatures. 2'000 signatures valides sont nécessaires pour que l'initiative aboutisse. Aucun délai légal de collecte n'est prévu dans le canton de Zoug. Les modalités de dépôt se conforment à la loi cantonale sur les élections et votations (LEV).
Briefing stratégique pour les activistes
Initiative populaire « Pour une protection professionnelle de la faune » – Canton de Zoug Document de travail interne – État mars 2026
Résumé
Zoug est le premier canton à permis de chasse pour lequel un texte d'initiative complet est disponible. Avec 239 km², il est plus petit que Genève (282 km²), et en tant que canton le plus riche de Suisse, l'argument des coûts est inefficace. La « chasse bruyante » avec chiens courants offre une surface d'attaque communicativement forte. Le changement de système est administrativement plus simple que dans les cantons à chasse par bail, car aucun contrat d'affermage ne doit être rompu.
1. Pourquoi Zoug ?
Plus petit que Genève. 239 contre 282 km². Le modèle genevois fonctionne sur une superficie plus grande depuis 50 ans. Zoug n'a aucune raison de ne pas l'adopter.
Canton le plus riche. Des surcoûts nets de 1,15 à 1,90 francs par habitant et par an ne constituent pas un argument pour Zoug. À titre de comparaison : une tasse de café en ville de Zoug coûte environ 5 francs.
230 chasseurs de loisir pour 130'000 habitants. Une minorité infime. La majorité de la population profite d'une protection professionnelle de la faune.
Permis de chasse = changement de système plus simple. Pas de contrats d'affermage, pas d'indemnisation communale. Les permis expirent, c'est tout.
« Chasse bruyante » comme point faible. Les chiens poussent les chevreuils à la panique, les chasseurs de loisir tirent sur les animaux en fuite. Cette forme de chasse est difficilement défendable dans la perception publique.
2. Leçons de Zurich
Erreur 1 de Zurich : Titre confrontant. Notre titre « Pour une protection professionnelle de la faune » est positif.
Erreur 2 de Zurich : Argument des coûts sans réponse. À Zoug, il est inefficace : le canton est riche, la superficie petite, les coûts marginaux.
Erreur 3 de Zurich : Aucun soutien de parti. Les contacts avec le PS, les Verts, le PVL et l'Alternative – la fraction verte doivent être établis précocement.
3. Analyse de l'adversaire
Les 230 détenteurs de permis forment un groupe petit mais localement ancré. À Zoug, ils sont moins organisés que les sociétés de chasse dans les cantons à chasse par bail, car le système de permis ne crée pas de structures territoriales fixes.
L'association cantonale des chasseurs défendra la « chasse bruyante » comme tradition. La réponse : les traditions fondées sur la réaction de panique des animaux appartiennent dans un musée.
L'Office des forêts et de la faune se référera à la réglementation existante (trois jours de chasse, planification des tirs). La réponse : la régulation de la chasse de loisir ne remplace pas une protection professionnelle de la faune. L'une optimise un système défaillant, l'autre le remplace.
4. Stratégie de communication : Les trois messages clés
« Zoug est plus petit que Genève. Ce qui y fonctionne depuis 50 ans fonctionnera d'autant mieux ici. »
« Professionnel au lieu d'amateur. Des spécialistes au lieu de tireurs de loisir. »
« Moins de 2 francs par an. Pour le canton le plus riche, ce n'est pas un problème. »
5. Calendrier
| Phase | Contenu | Délai |
|---|---|---|
| Formation du comité & examen préliminaire du texte | Faire appel à un juriste ; recruter des membres du comité domiciliés dans le canton de Zoug | Mois 1–3 |
| Dépôt pour examen préliminaire | Chancellerie d'État de Zoug | Mois 3–4 |
| Publication & début de récolte | Vérifier le délai de récolte (Zoug ne connaît pas de délai légal de récolte) ; Objectif : 2'500+ signatures comme marge de sécurité | Mois 4 |
| Contacts partisans & construction de coalition | Entretiens préliminaires PS, Verts, PVL, Alternative ; impliquer les associations de protection de la nature | Mois 1–12 |
| Dépôt des signatures | Chancellerie d'État, vérification officielle | Après le délai de récolte |
| Débat au Grand Conseil | Ancrage parlementaire ; intensifier le travail médiatique | Mois suivants |
| Campagne de votation | Mobilisation finale, infographies, présence médiatique | Avant la votation |
6. Matériel de campagne
- Le dossier Genève sur wildbeimwild.com comme argumentaire central.
- La Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Zoug comme matériel de fond pour les contacts médiatiques.
- Infographie : Comparaison des superficies ZG/GE (239 vs. 282 km²), comparaison des coûts, « 230 chasseurs de loisir pour 130'000 habitants ».
- Médias locaux : Zuger Zeitung, Zentralplus, Tele 1, Radio Central.
- Visuel : La « chasse bruyante » en image – des chiens poussent les chevreuils à la panique. C'est la réalité qui se cache derrière le mot « tradition cynégétique ».
7. Sources complémentaires
- Interdiction de chasse genevoise en détail
- Études scientifiques
- Chasse en Suisse : critique, faits, actualités
- Dossier loup
- Vérification des mythes cynégétiques
- Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Zoug
- Statistique fédérale de la chasse (OFEV)
- Initiative populaire cantonale Bâle-Ville
Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par les activistes, organisations ou comités d'initiative et adapté aux conditions du canton de Zoug.
Vérification des faits : Les affirmations du lobby de la chasse de loisir
La brochure « La chasse en Suisse protège et sert » de JagdSchweiz se lit comme un prospectus publicitaire – mais les affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix narratifs à l'épreuve, de « tâche étatique » à « 80 % d'approbation » en passant par « diversité des espèces » : Dossier : Vérification des faits brochure JagdSchweiz →
