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Ce que la chasse de loisir coûte vraiment à la Suisse : La facture que personne ne présente

Les chasseurs de loisir prétendent volontiers qu'ils se financent eux-mêmes : taxes de permis, contributions aux dégâts de gibier et engagement bénévole ne coûteraient rien à l'État. Cette narration ne résiste à aucune vérification. Les coûts externes de la chasse milicienne, accidents avec la faune, charge administrative, accidents de chasse, pertes de biodiversité dues à la pression de chasse, dégâts forestiers par déplacement des animaux, interventions policières et frais de justice, ne sont jamais entièrement comptabilisés. Le canton de Genève montre depuis 1974 comment procéder autrement : gestion professionnelle de la faune par des gardes-faune formés, trois postes à plein temps, coûts : environ un million de francs par an y compris les dégâts de gibier. Cela correspond à une tasse de café par habitant. Ce dossier révèle les coûts cachés de la chasse de loisir et les confronte au modèle genevois.

Accidents avec la faune : 20’000 par an, 76 millions de francs de coûts d'assurance

En Suisse, il se produit annuellement environ 20’000 accidents avec la faune (Protection Suisse des Animaux). En moyenne, un chevreuil meurt chaque heure sous les roues d'une voiture. Dans environ 100 cas par an, il y a des blessés. La pression de chasse augmente la distance de fuite et l'activité de déplacement des animaux sauvages, particulièrement pendant la saison de chasse. Les animaux effrayés traversent les routes plus fréquemment et de manière plus imprévisible. Le lien causal entre pression de chasse et fréquence des accidents avec la faune est scientifiquement documenté.

La facture pour la collectivité

Selon l'assurance Axa, un accident avec la faune coûte en moyenne environ 3’800 francs, soit 800 francs de plus qu'il y a dix ans (SRF, octobre 2025). Avec 20’000 accidents avec la faune par an, cela représente des coûts d'assurance estimés à environ 76 millions de francs annuellement. Ces coûts sont supportés par les automobilistes via leurs primes d'assurance casco. L'assurance casco partielle couvre la collision directe, la casco complète couvre aussi les manœuvres d'évitement. S'y ajoutent les interventions policières, l'élimination des cadavres, le nettoyage des routes et la recherche par les gardes-faune, tous des coûts imposés à la collectivité.

Ces 76 millions de francs n'apparaissent dans aucun bilan cynégétique. Ils ne sont jamais imputés au système de chasse, bien que la pression de chasse aggrave de manière avérée les accidents avec la faune : les animaux effrayés fuient de manière incontrôlée sur les routes. À Genève, où aucune chasse de loisir n'a lieu depuis 1974, les animaux sauvages se comportent de manière plus calme et prévisible.

Les chiffres : 585’000 hectares de forêt protectrice

Selon le projet SilvaProtect-CH de l'OFEV, environ 585’000 hectares ou 49 pour cent de toutes les forêts suisses remplissent les critères d'une forêt protectrice. Elles protègent les agglomérations, routes et lignes ferroviaires contre les avalanches, chutes de pierres, glissements de terrain et crues. La valeur économique nationale de cette fonction protectrice est estimée à environ 4 milliards de francs par an.

La Confédération, les cantons et les bénéficiaires (communes, compagnies ferroviaires) investissent annuellement environ 150 millions de francs dans l'entretien des forêts protectrices : environ 60 millions de la Confédération, environ 90 millions des cantons et bénéficiaires (Waldwissen.net/OFEV). L'entretien des forêts protectrices coûte environ dix fois moins cher que les ouvrages techniques (paravalanches, filets pare-pierres). Pour la période de programme 2025 à 2028, le Conseil fédéral a demandé 451 millions de francs pour le domaine forêt (Message conventions-programmes 2025-2028).

Forêt protectrice par canton

CantonForêt protectrice (ha)Part de la forêtBesoin d'entretien estimé/an
Grisons122’33461%~61 mio de fr.
Tessin114’59690%~57 mio de fr.
Berne88’89050%~44 mio de fr.
Valais82’16287%~41 mio de fr.
Saint-Gall37’34764%~19 mio de fr.
Vaud24’16926%~12 mio de fr.
Fribourg17’58841%~9 mio de fr.
Schwyz16’34662%~8 mio de fr.
Uri11’58368%~6 mio de fr.
Jura10’75630%~5 mio de fr.
Glaris10’13055%~5 mio de fr.
Obwald10’02151%~5 mio de fr.
Lucerne7’97819%~4 mio de fr.
Suisse total585’00049%~150 mio de fr.
Source : OFEV SilvaProtect-CH. Besoin d'entretien calculé sur la base de 12’500 fr./ha avec un rythme d'entretien minimal de 25 ans (Canton d'Obwald/OFEV).

Situation d'abroutissement : dégradation malgré la chasse de loisir

Le Rapport forestier 2025 (OFEV/WSL) documente : La part de surface de forêt protectrice avec très peu de rajeunissement (moins de 5 pour cent de taux de couverture de rajeunissement) a augmenté à 30 pour cent. Le versant sud des Alpes (Tessin) est le plus touché avec 41 pour cent, suivi des Alpes avec 34 pour cent. La part de forêt protectrice avec une influence supportable de la faune a chuté selon l'Association forestière suisse de plus de deux tiers en 2015 à moins de la moitié. Le sapin blanc et les feuillus sont particulièrement touchés.

La chasse de loisir n'a pas empêché cette dégradation, bien que des dizaines de milliers de chevreuils, cerfs et chamois soient abattus chaque année. Au Tessin, environ 3’000 cerfs et chamois sont tirés annuellement, presque la moitié de tous les ongulés du canton. Malgré cela, la situation d'abroutissement s'aggrave. L'explication : la chasse de loisir produit par reproduction compensatoire plus de naissances qu'elle ne prélève d'animaux, et la pression de chasse pousse les animaux dans la forêt protectrice, où ils causent plus de dégâts (cf. analyse forêt protectrice sur wildbeimwild.com).

Valais : 82’000 hectares, 87 pour cent de forêt protectrice

Le canton du Valais possède 82'162 hectares de forêts de protection, soit 87 pour cent de sa surface forestière totale, la deuxième proportion la plus élevée de tous les cantons après le Tessin (90 pour cent). Avec des coûts nets moyens de 12'500 francs par hectare (rythme d'entretien minimal tous les 25 ans, selon l'OFEV), cela représente un besoin théorique annuel d'entretien d'environ 41 millions de francs. Sur une période de programme de quatre ans, cela représente plus de 160 millions de francs. Ces coûts sont supportés par la collectivité. Parallèlement, le canton du Valais dépense chaque année des centaines de milliers de francs pour l'abattage de loups (estimé entre 0,8 et 1 million de francs pour l'hiver 2024/25), bien que le loup en tant que régulateur naturel réduise de manière avérée la pression d'abroutissement dans les forêts de protection (cf. Politique du loup sur wildbeimwild.com).

La subvention cachée : qui paie pour l'abroutissement ?

Les 150 millions de francs annuels pour l'entretien des forêts de protection constituent un investissement nécessaire dans la protection contre les dangers naturels. Mais une part considérable de ces coûts concerne des mesures directement liées à la pression d'abroutissement : soins aux jeunes peuplements, protection contre l'abroutissement (clôtures, protection individuelle), reboisement et transformation des peuplements. Ces coûts ne sont jamais imputés au système de chasse, bien que la pression cynégétique aggrave de manière avérée l'abroutissement. Les cantons financent les conséquences de la chasse de loisir avec l'argent des contribuables et les déclarent comme protection contre les dangers naturels. Un calcul des coûts complets devrait imputer ces coûts au système de chasse milicienne.

Accidents de chasse et coûts de sécurité

En Suisse, des accidents de chasse se produisent régulièrement, certains mortels. Les coûts des interventions de secours, des séjours hospitaliers, des enquêtes et des procédures judiciaires sont supportés par la collectivité. S'y ajoutent les dommages matériels causés par les balles perdues et les restrictions de l'utilisation récréative des forêts et des champs pendant la saison de chasse, un aspect qui n'est jamais évalué économiquement.

Forêts de protection et abroutissement : 150 millions de francs par an

La chasse de loisir prétend prévenir les dégâts causés par le gibier en forêt. De nombreuses études le réfutent : la pression cynégétique pousse les chevreuils et les cerfs dans la forêt et dans la nuit, ce qui augmente l'abroutissement des jeunes arbres au lieu de le réduire. Le cerf élaphe était originellement un animal des paysages ouverts. Sa présence massive aujourd'hui dans les forêts de montagne n'est pas naturelle, mais résulte de la pression cynégétique (cf. Forêts de protection : la chasse de loisir crée les problèmes qu'elle prétend résoudre). Là où des prédateurs comme le lynx et le loup sont présents, l'abroutissement diminue, car les animaux sauvages se répartissent naturellement et modifient leur comportement (paysage de la peur).

Selon le projet SilvaProtect-CH de l'OFEV, environ 585'000 hectares ou 49 pour cent de toutes les forêts suisses remplissent les critères d'une forêt de protection. La valeur économique de cette fonction protectrice est estimée à environ 4 milliards de francs par an. La Confédération, les cantons et les bénéficiaires investissent annuellement environ 150 millions de francs dans l'entretien des forêts de protection (Waldwissen.net/OFEV). Ces coûts ne sont jamais imputés au système de chasse, bien que la pression cynégétique aggrave de manière avérée l'abroutissement.

Le Rapport forestier 2025 (OFEV/WSL) documente : 30 pour cent de la surface des forêts de protection ont très peu de rajeunissement. Le versant sud des Alpes (Tessin) est le plus touché avec 41 pour cent. Dans le canton du Valais, les 82'162 hectares de forêts de protection (87 pour cent de la surface forestière) représentent des coûts d'entretien estimés à environ 41 millions de francs par an (cf. Analyse des forêts de protection).

Accidents de chasse : 300 par an, 3,6 millions de francs de coûts SUVA

Les statistiques BPA documentent depuis l'année 2000 plus de 75 décès dus à des accidents de chasse jusqu'en 2019. Statistiquement, un accident de chasse se produit toutes les 29 heures, et environ tous les trois mois et demi, une personne perd la vie.

Données SUVA : ce que paient les assurés

Une analyse des données SUVA pour 2006 à 2015 montre annuellement environ 300 accidents reconnus lors de l'activité de chasse de loisir, avec environ 2 décès par an, environ 2 nouvelles rentes d'invalidité par an et des coûts annuels d'environ 3,6 millions de francs. Des évaluations plus récentes pour 2016 à 2020 confirment le tableau : toujours environ 300 accidents par an. Ces coûts affluent directement dans les primes d'assurance accidents non professionnels (ANP), que tous les salariés paient via leurs déductions salariales. La chasse de loisir est donc un risque de loisir cofinancé par l'ensemble de la population active.

Ce que les statistiques SUVA ne saisissent pas est déterminant : les données se réfèrent exclusivement aux actifs obligatoirement assurés contre les accidents. Les chasseurs de loisir retraités, le plus grand groupe d'âge (dès 45 ans, le taux d'accidents augmente dramatiquement), manquent complètement. De même les enfants, promeneurs, cavalières et vététistes qui subissent des dommages par des balles perdues ou des confusions. Les coûts réels se situent nettement au-dessus des 3,6 millions (cf. Statistique des accidents de chasse mortels).

Charge de primes pour la collectivité

La SUVA fonctionne selon le principe de mutualité : les primes couvrent les coûts des accidents. Les accidents de chasse sont classés comme accidents non professionnels (ANP). La prime ANP est répartie entre employeur et employé. Cela signifie : Chaque salarié en Suisse cofinance via sa prime ANP les accidents de chasse des chasseurs de loisir. Les 3,6 millions de francs annuels (données SUVA) ne sont que la limite inférieure, car le plus grand groupe à risque (retraités) n'est même pas saisi. S'y ajoutent les interventions de sauvetage (hélicoptère, ambulance), séjours hospitaliers, enquêtes et procédures judiciaires, également supportés par la collectivité.

S'y ajoutent les dommages matériels par balles perdues et les restrictions d'usage récréatif en forêt et dans les champs pendant la saison de chasse, un aspect économique qui n'est jamais évalué. Dans le canton des Grisons, en seulement cinq ans, environ 3’836 animaux ont été simplement blessés, ce qui a entraîné des amendes d'ordre de plus de 700’000 francs (cf. Dossier accidents de chasse).

Régulation du loup : coûts de millions pour un alibi

Durant l'hiver 2024/25, la régulation du loup en Valais a coûté environ 0,8 à 1 million de francs d'argent public, soit environ 35’000 francs par loup abattu. Cette régulation n'est pas payée par les chasseurs de loisir, mais par la collectivité. Simultanément, les chiffres montrent que le nombre d'attaques de loups diminue malgré une population croissante et que 80 pour cent des attaques ont lieu dans des troupeaux non protégés. Les coûts seraient nettement plus bas avec une protection cohérente des troupeaux.

Plus d'informations : Dossier : Mythes de la chasse

Parc National de l'Engadine : 100 ans de preuve sans chasse de loisir

Le Parc National Suisse en Engadine est exempt de chasse depuis 1914, depuis plus de 100 ans. Les résultats réfutent tout argument du lobby de la chasse de loisir : L'effectif de chamois est constant depuis 1920 à environ 1’350 animaux. Le renard n'est pas chassé, il n'y a pas d'extermination d'animaux proies. La biodiversité a doublé. Le Parc National prouve que l'autorégulation naturelle fonctionne aussi dans les hautes montagnes suisses, depuis plus d'un siècle, sans un seul chasseur de loisir (Vérification des faits Conseil d'État de Zurich).

Chasse au renard : 18 études, un résultat

Au moins 18 études de biologie de la faune sur une période de plus de 30 ans arrivent au même résultat : La chasse au renard ne régule pas et ne convient pas à la lutte contre les épizooties. Dans le canton de Zurich, environ 2’000 renards sains sont abattus annuellement, environ 200 par mois. Simultanément, la population de renards ne diminue pas, car la chasse augmente le taux de reproduction. Un renard capture environ 11 faons de chevreuil entre mai et juillet dans le Plateau bernois, c'est donc un régulateur naturel. L'abattage systématique des renards par les chasseurs de loisir déstabilise cet équilibre naturel et favorise la propagation de maladies comme la borréliose (6’000 à 12’000 cas par an selon l'OFSP) et la FSME (100 à 250 cas par an) (cf. Faits au lieu de vantardises de chasseurs et Études sur wildbeimwild.com).

Canton de Zurich : L'administration de la chasse déficitaire

L'administration de la chasse du canton de Zurich affiche des chiffres rouges : charges annuelles d'environ 1,6 million de francs, recettes issues du fermage et du permis de chasse seulement d'environ 1,0 million de francs. Le déficit de 600’000 francs est assumé par le contribuable. S'y ajoutent les assainissements d'installations de tir de chasse, qui peuvent coûter des dizaines de millions. Dans le canton de Zurich, environ 1’500 chasseurs de loisir chassent dans 172 territoires, supervisés par un seul garde-faune titulaire d'un brevet fédéral de capacité (état 2017). L'affirmation selon laquelle un modèle professionnel de garde-faune coûterait «20 à 30 millions de francs» n'a jamais été prouvée par le Conseil d'État. Ce chiffre émane du lobby de la chasse de loisir et a été réfuté dans la vérification des faits. À titre de comparaison : Vaud, avec 3’212 km², est presque deux fois plus grand que Zurich (1’729 km²), mais compte plus de 50 pour cent de chasseurs de loisir en moins et des dommages au gibier comparables.

Grisons : Plus de 1’000 dénonciations par an

Dans le canton des Grisons, qui compte la plus importante corporation de chasseurs de loisir de Suisse, entre 2012 et 2016, plus de 1’000 dénonciations et amendes ont été prononcées annuellement contre des chasseurs de loisir (2016 : 1’201, 2015 : 1’298, 2014 : 1’102). Rien qu'en 2015, les gardes-faune ont dû effectuer 1’232 recherches parce que des chasseurs de loisir n'avaient fait que blesser des animaux. Le taux de réussite était de 57 pour cent, c'est-à-dire : 43 pour cent des animaux blessés n'ont jamais été retrouvés et ont agonisé. En cinq ans, environ 3’836 animaux ont été simplement blessés dans les Grisons, ce qui a entraîné des amendes d'ordre de plus de 700’000 francs. Ces chiffres ne sont jamais communiqués par le lobby de la chasse de loisir (cf. Dossier accidents de chasse et Initiative gardes-faune au lieu de chasseurs).

Coûts politiques : Comment le lobby de la chasse de loisir bloque la protection de la nature

Les coûts de la chasse de loisir ne sont pas seulement de nature financière. Le lobby de la chasse de loisir, mené par JagdSchweiz et les associations cantonales de chasseurs de loisir, combat systématiquement depuis des décennies les préoccupations de protection de la nature à tous les niveaux politiques. Les chasseurs de loisir en politique votent majoritairement contre la biodiversité, contre les parcs nationaux et contre la protection des espèces menacées. Les coûts politiques de cette politique d'obstruction sont énormes, mais ils n'apparaissent dans aucun calcul.

Défaites électorales dues au lobby de la chasse de loisir

Loi sur la chasse 2020 : 51,9 pour cent de non. Le 27 septembre 2020, le peuple suisse a rejeté la révision de la loi fédérale sur la chasse avec 51,9 pour cent (SRF). Le projet aurait assoupli la protection du loup et permis aux cantons d'abattre préventivement des espèces animales protégées. Le lobby de la chasse de loisir avait largement contribué à façonner cette loi, le peuple l'a rejetée. Ce non de justesse était une défaite pour le Conseil fédéral et les partis bourgeois, étroitement liés au lobby de la chasse de loisir (UVEK).

Initiative biodiversité 2024 : 63 pour cent de non. Le 22 septembre 2024, l'initiative biodiversité a été rejetée avec 63 pour cent de non (SBV). Le lobby de la chasse de loisir, conjointement avec l'Union des paysans et le PLR, a activement combattu l'initiative (SRF). Le résultat : la Suisse n'a toujours pas de base constitutionnelle suffisante pour la protection de la diversité biologique.

Parc national Parc Adula 2016 : Torpillé par les chasseurs de loisir. Fin novembre 2016, le deuxième parc national suisse, le Parc Adula autour du Rheinwaldhorn, a échoué dans les communes des cantons des Grisons et du Tessin. L'Association tessinoise des chasseurs FCTI a mené une campagne agressive avec une propagande de peur et de mensonges contre le parc (SRF). Les chasseurs de loisir craignaient pour leurs territoires de chasse. Le résultat : la Suisse n'a toujours, après plus de 100 ans, qu'un seul parc national, l'un des plus petits d'Europe.

Association tessinoise des chasseurs FCTI : 30 ans contre la nature

La fédération tessinoise de chasseurs FCTI constitue un exemple parfait de la politique d'obstruction de la lobby de la chasse de loisir. Au cours des 30 dernières années, la FCTI a systématiquement combattu les préoccupations de protection de la nature : en 2018, la FCTI a combattu la création d'un second parc national. En 2021, la FCTI a combattu sans succès la protection du lagopède alpin menacé dans le canton du Tessin. La FCTI a combattu l'initiative biodiversité. Durant la législature 2015 à 2019, l'ancien président de chasse de la FCTI et d'autres chasseurs de loisir ont fait de la politique au Parlement suisse majoritairement contre l'environnement. En 2023, une motion de la conseillère nationale Martina Munz pour une interdiction des munitions au plomb a été rejetée par 99 voix contre 94, sous la résistance active de l'ancien président de chasse de la FCTI. En 2025, le même ex-président de chasse a essuyé un revers au Parlement avec sa motion pour des zones sans loups (wildbeimwild.com).

JagdSchweiz : Échec juridique

JagdSchweiz, l'organisation faîtière des chasseurs de loisir suisses, a également tenté par voie juridique de faire taire les voix critiques. Le 17 juillet 2020, le tribunal pénal du canton du Tessin à Bellinzona a acquitté wildbeimwild.com sur tous les points. Les déclarations citées sur JagdSchweiz, notamment sur l'encouragement de la maltraitance animale et une culture de la violence, ne constituaient pas de la diffamation. David Clavadetscher (JagdSchweiz/Sandona GmbH) n'a pu fournir aucune preuve probante. Une procédure civile à Locarno a été suspendue. JagdSchweiz a perdu sur toute la ligne (wildbeimwild.com).

Ce que coûte l'obstruction

Les coûts économiques de cette politique d'obstruction de plusieurs décennies ne peuvent pas être chiffrés, mais ils sont réels : aucune base constitutionnelle suffisante pour la biodiversité, pas de second parc national, protection des espèces retardée, protection du loup affaiblie, interdiction du plomb dans les munitions retardée. Chaque votation perdue, chaque loi de protection retardée signifie des pertes de biodiversité qui ne peuvent être réparées. La lobby de la chasse de loisir ne protège pas la nature. Elle protège un loisir aux dépens de la nature.

Ce que révélerait un bilan honnête

Aucune autorité suisse n'a jamais présenté un calcul complet des coûts de la chasse de milice. Un tel bilan devrait contenir au minimum les postes suivants : Coûts administratifs cantonaux directs pour le système de chasse. Coûts des accidents de gibier pendant et après la saison de chasse. Coûts des dommages forestiers dus à l'effet de déplacement lié à la chasse. Coûts pour la police, les secours et la justice lors d'accidents de chasse. Coûts pour la recherche d'animaux blessés par balle. Coûts pour la régulation des loups et des prédateurs. Pertes de biodiversité dues à la chasse d'espèces menacées (lièvres des champs, bécasses des bois, lagopèdes alpins). Restrictions économiques de l'utilisation récréative pendant la saison de chasse. Coûts politiques de la politique d'obstruction contre la biodiversité, les parcs nationaux et la protection des espèces. À ces coûts devraient être opposées les recettes réelles provenant des permis et des fermages. Le résultat serait désastreux pour la lobby de la chasse de loisir.

Ce qui devrait changer

  • Calcul complet des coûts de la chasse de milice : Chaque canton devrait être obligé de présenter un bilan global transparent du système de chasse, y compris tous les coûts externes. C'est seulement ainsi qu'un débat factuel sur les alternatives peut être mené.
  • Modèle genevois comme référence : Le modèle genevois prouve que la gestion professionnelle de la faune sans chasseurs de loisir fonctionne non seulement, mais est aussi abordable. Une tasse de café par habitant. Les autres cantons doivent s'y mesurer.
  • Principe du pollueur-payeur pour les dommages de chasse : Les coûts engendrés par la pression de chasse (accidents de gibier, dommages forestiers dus au déplacement, recherches) doivent être imputés au système de chasse, non à la collectivité.
  • Professionnalisation au lieu de milice: Le système de chasse milicienne suisse est un anachronisme. Les gardes-chasse professionnels sont mieux formés, travaillent toute l'année, agissent selon des critères scientifiques et sont redevables envers le public.
  • Protection des troupeaux au lieu d'abattage de loups: Les coûts de millions pour la régulation du loup pourraient être investis dans la protection des troupeaux, qui est prouvée plus efficace et moins chère à long terme.

Argumentaire

«Les chasseurs de loisir se financent eux-mêmes.» Les taxes de patente ne couvrent qu'une fraction des coûts totaux. Les coûts externes, accidents de gibier, dégâts forestiers, administration, police, justice, pertes de biodiversité, ne sont jamais comptabilisés et sont entièrement à la charge du public. Un calcul des coûts complets montrerait que la chasse milicienne coûte nettement plus au contribuable que la gestion professionnelle de la faune.

«Le modèle genevois est trop cher.» Un million de francs par an, une tasse de café par habitant. En comparaison : la régulation du loup en Valais seul a coûté un montant similaire en 2024/25. Les dégâts de gibier à Genève sont comparables à ceux des cantons de même taille où la chasse de loisir est autorisée. Le modèle genevois n'est pas trop cher. Il est plus transparent que la chasse milicienne.

«Le modèle genevois ne fonctionne que dans un canton urbain.» Genève a des vignobles, des terres cultivées et des zones rurales comme les autres cantons. Genève a un aéroport international qui nécessite des mesures supplémentaires pour la sécurité aérienne. Si le modèle fonctionne là, il n'y a aucun argument structurel contre le fait qu'il fonctionne ailleurs également. Pendant la saison de chasse d'ailleurs, de nombreux animaux sauvages des cantons environnants et de France cherchent refuge à Genève. Une preuve vivante que les animaux sauvages évitent les zones de chasse.

«Sans chasse de loisir, les dégâts de gibier explosent.» 50 années de Genève prouvent le contraire : populations d'animaux sauvages stables, dégâts de gibier contrôlés, biodiversité plus élevée. La chasse de loisir provoque souvent des dégâts de gibier car la pression de chasse pousse les animaux dans la forêt et augmente l'abroutissement. Là où des prédateurs sont présents, l'abroutissement diminue.

«Les chasseurs de loisir rendent service à la collectivité.» Ce narratif sous-entend que les chasseurs de loisir agissent de manière désintéressée. En réalité, il s'agit d'un loisir basé sur l'abattage d'animaux. Les coûts sociaux de ce loisir, des accidents de chasse aux problèmes de protection animale jusqu'aux pertes de biodiversité, sont supportés par la collectivité. Les gardes-chasse professionnels rendent effectivement service au public, les chasseurs de loisir rendent service à leur loisir.

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L'efficacité du modèle genevois se montre dans la comparaison directe : Un garde-chasse professionnel à Genève a besoin pour un abattage sanitaire d'un sanglier en moyenne de 8 heures et maximum 2 cartouches. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour le même abattage de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches (Vérification des faits Conseil d'État Zurich). Ce n'est pas une augmentation d'efficacité, c'est un changement de système : des professionnels au lieu de tireurs de loisir.

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Le lièvre des champs est la preuve vivante de la supériorité du modèle genevois. Dans le canton de Genève, où aucune chasse de loisir n'a lieu depuis 1974, la densité de lièvres des champs est de 17,7 animaux pour 100 hectares (2016), la plus élevée de toute la Suisse. Dans le canton de Zurich, où environ 2’000 renards et de nombreux autres animaux sont abattus annuellement par les chasseurs de loisir, la densité de lièvres des champs est de 1,0 pour 100 hectares. Le lièvre des champs est classé comme « vulnérable » sur la Liste rouge zurichoise. À Genève, il prospère. Genève abrite en outre l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse (cf. Des faits plutôt que du baratin de chasseur).

Références

  • SUVA : Statistique d'accidents LAA, 300 accidents de chasse/an, 3,6 mio de fr. de coûts (suva.ch)
  • BPA : Plus de 75 décès par accidents de chasse 2000-2019
  • SRF/Axa : Coûts d'accidents avec gibier en moyenne 3’800 fr. par sinistre (srf.ch, octobre 2025)
  • Protection Suisse des Animaux : 20’000 accidents avec gibier par an en Suisse
  • OFEV SilvaProtect-CH : Surface de forêt protectrice par canton, 585’000 ha de forêt protectrice (bafu.admin.ch)
  • Waldwissen.net/OFEV : 150 mio de fr. annuellement pour l'entretien des forêts protectrices (waldwissen.net)
  • Conseil fédéral : Message crédits d'engagement environnement 2025-2028, 451 mio de fr. forêt (admin.ch)
  • OFEV/WSL : Rapport forestier 2025, 30% de forêts protectrices avec très peu de régénération
  • Canton d'Obwald : Coûts nets entretien forêt protectrice 12’500 fr./ha (ow.ch)
  • Canton de Genève, inspecteur faune Gottlieb Dandliker : Coûts et fonctionnement de la gestion genevoise de la faune
  • IG Wild beim Wild : Statistique de chasse 2022, comparaison Genève vs. Schaffhouse
  • IG Wild beim Wild : La Suisse chasse, mais pourquoi encore ? (2025)
  • Parti animaliste Suisse : Protection des animaux sauvages, coûts externes de la chasse de milice
  • IG Wild beim Wild : Argumentaire pour des gardes-faune professionnels
  • Prescriptions bernoises sur la chasse : Taxes de permis, suppléments dégâts gibier, contributions d'entretien
  • Fondation Franz Weber : Modèle genevois, référendum LChP 2020
  • OFEV : Statistique accidents avec gibier Suisse
  • Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP, RS 922.0)
  • Canton du Valais : Régulation du loup 2024/25, estimation coûts 0,8–1 mio de fr.
  • SRF : Loi sur la chasse rejetée, 27.9.2020, 51,9% Non (srf.ch)
  • DETEC : Votation loi sur la chasse 2020 (uvek.admin.ch)
  • USP : Initiative biodiversité rejetée, 22.9.2024, 63% Non (sbv-usp.ch)
  • SRF : Parc Adula, scepticisme dans le Bleniotal, 2016 (srf.ch)
  • wildbeimwild.com : Fédération tessinoise des chasseurs FCTI fête 30 ans de méfaits (wildbeimwild.com)
  • wildbeimwild.com : Succès – JagdSchweiz perd, acquittement tribunal pénal Bellinzone 17.7.2020 (wildbeimwild.com)

Notre exigence

Les chasseurs de loisir prétendent ne rien coûter à l'État. C'est un mensonge par omission : les coûts externes ne sont jamais relevés, jamais comptabilisés et jamais rendus publics. Le modèle genevois montre qu'il est possible de faire autrement : de manière transparente, professionnelle et abordable. Une tasse de café par habitant pour un système qui fonctionne de manière avérée, favorise la biodiversité et n'a pas besoin de chasseurs de loisir. Ce dossier exige ce qui est depuis longtemps dû : un décompte honnête. Qui cache des coûts a quelque chose à cacher. Ce dossier sera mis à jour en permanence.

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