23 août 2026, 09:33

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Chasse

Le canton de Vaud lance un cours de sécurité pour chasseurs de loisir

Une vérification des faits concernant les chiffres d'accidents derrière la nouvelle formation vaudoise sur la sécurité

Rédaction Wild beim Wild — 23 août 2026

Le canton de Vaud a lancé une nouvelle formation facultative sur la sécurité destinée aux chasseurs de loisir et la finance à hauteur de 2500 francs par an.

Une obligation est à l'étude. Environ 130 chasseurs de loisir ont participé à la première session dans le Nord vaudois, une première en Suisse romande selon la RTS.

L'initiative a été déclenchée par un incident mortel survenu en novembre 2024. La RTS en a fait état et a fourni deux chiffres qui méritent une mise en contexte plus précise.

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Le « camarade de cours » qui n'en était pas un

La RTS écrit qu'un chasseur de loisir vaudois aurait tué accidentellement « l'un de ses camarades de cours » (« condisciple ») en 2024. Cela laisse penser à un accident entre participants à une formation. En réalité, l'incident s'est produit le 24 novembre 2024 lors d'une chasse au sanglier à Oulens-sous-Échallens : un chasseur de loisir alors âgé d'environ 80 ans, ancien président de la Diana Vaud, a tiré depuis une hauteur des tirs d'effarouchement interdits afin de faire sortir des sangliers du fourré. Une balle a mortellement atteint la tête d'un compagnon de chasse de 64 ans du canton de Fribourg, posté en contrebas de la hauteur.

En mai 2026, le tireur a été condamné pour homicide par négligence à dix mois avec sursis, à une amende de 2000 francs, a dû verser environ 75’000 francs à la famille de la victime et a reçu une interdiction de chasse réduite à trois ans, notamment afin qu'il puisse continuer à accompagner son petit-fils à la chasse de loisir. Quant à l'affirmation selon laquelle un chasseur de loisir aurait abattu un formateur en Suisse, on n'en trouve aucune preuve dans les sources disponibles. Ce cas concerne lui aussi un compagnon de chasse expérimenté, et non une situation de formation.

Les chiffres d'accidents colportés : ce qu'ils montrent réellement

RTS s'appuie sur ChasseSuisse avec 300 accidents de chasse signalés par an et 23 décès en dix ans. Les deux chiffres sont des fragments issus d'enquêtes différentes et sont juxtaposés par RTS sans mise en contexte.

Les 300 accidents proviennent de la statistique de l'assurance-accidents LAA et ne recensent exclusivement que les employés obligatoirement assurés contre les accidents. Les retraités, les indépendants et d'autres groupes manquent totalement, précisément cette catégorie de population qui est surreprésentée parmi les chasseurs de loisir. Le calcul donne certes un accident de chasse toutes les 29 heures, mais il s'agit d'une moyenne annuelle issue d'une statistique partielle, et non d'un recensement complet.

Un troisième chiffre, nettement plus élevé, circule en parallèle : selon la statistique du BPA, plus de 75 personnes sont mortes rien qu'entre 2000 et 2019 dans le contexte de la chasse de loisir. Ce chiffre n'est pas directement comparable aux 23 décès issus de l'analyse de ChasseSuisse, car la source, la période et le mode de recensement diffèrent les uns des autres. Pour en savoir plus, consultez notre dossier sur les victimes de la chasse en Europe.

La contradiction centrale

Le président des sections vaudoises de la Diana, Alexandre Berthoud, explique dans le reportage de RTS les causes des accidents par le « non-respect de la sécurité », comparable à une erreur de conduite dans la circulation routière. C'est exactement ce qu'a confirmé le tribunal dans l'affaire d'Oulens-sous-Échallens : selon l'acte d'accusation, le tireur condamné savait que les tirs d'effarouchement sont interdits, et a néanmoins agi. Une formation complémentaire facultative avec 130 participants ne répond pas à la question de savoir pourquoi un responsable de l'association de longue date, avec des décennies d'expérience, a pu ignorer des règles de sécurité élémentaires, et elle ne constitue pas non plus une preuve d'une sécurité accrue.

Les Jeunes Verts vaudois ont réclamé après le décès une formation continue contraignante, des contrôles périodiques de santé et d'aptitude, le retrait définitif du permis de chasse en cas de manquements graves ainsi qu'une tolérance zéro à l'égard de l'alcool à la chasse. À l'époque, ni obligation de formation continue ni contrôles de santé obligatoires n'étaient prévus dans le canton. Ces revendications et la gestion de l'incident mortel manquent dans le reportage actuel de RTS.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous regroupons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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