5 juillet 2026, 07:38

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Chasse

Permis de chasse en deux semaines : comment une reporter a réussi l'examen d'armes sans jamais avoir mis les pieds en forêt

Une reporter de l'ARD a obtenu, dans le cadre d'une expérience personnelle, l'autorisation de détenir une arme grâce à un cours accéléré de chasse. Sa conclusion démontre à quel point les obstacles pour accéder à des armes mortelles dans la chasse de loisir sont réellement bas.

Rédaction Wild beim Wild — 5 juillet 2026

Quiconque veut manier une arme mortelle devrait savoir s'en servir.

Ce qui va de soi pour la police et l'armée ne s'applique manifestement que de manière restreinte à la chasse de loisir. Une enquête de la télévision publique montre comment une reporter a obtenu, dans le cadre d'une expérience personnelle, l'autorisation de détenir une arme, et combien peu de choses ont été nécessaires pour cela.

Réussir l'examen sans jamais avoir mis les pieds en forêt

Pour le reportage « Tirer, tuer, poster : quelle est la dangerosité du nouveau engouement pour la chasse ? », une reporter a d'abord cherché à savoir comment obtenir un permis de chasse. Elle est rapidement tombée sur des offres commerciales promettant de délivrer l'autorisation en seulement deux semaines. Ce que l'on appelle un cours accéléré comprime l'ensemble de la formation en quelques jours.

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Sa propre conclusion après avoir réussi l'examen est accablante : elle a réussi l'examen de chasse sans avoir été une seule fois en forêt. La réalité pratique de la chasse de loisir — repérer, identifier et évaluer un animal vivant en plein air — n'a tout simplement pas été abordée dans sa formation. Au bout du compte, elle a néanmoins obtenu un document qui donne légalement le droit d'acquérir et de détenir des armes.

Une règle de sécurité ignorée, et pourtant reçue

Le moment de l'examen pratique est particulièrement alarmant. La reporter n'a pas vérifié si le canon de l'arme était dégagé, l'une des règles de sécurité les plus élémentaires dans le maniement des armes à feu. Une telle erreur peut, le cas échéant, avoir des conséquences mortelles. Elle a néanmoins réussi l'examen.

Interrogé sur cette grave infraction, un formateur aurait laconiquement expliqué que les examinateurs étaient gentils, qu'ils voulaient avoir des chasseurs. Cette seule phrase résume le problème structurel: là où la réussite devient une simple formalité parce qu'on ne veut pas décourager la relève, l'examen perd sa véritable raison d'être. Il doit garantir que seules des personnes compétentes portent une arme. C'est précisément ce qu'il ne fait pas dans ce cas.

Neuf tirs sur dix: de la maltraitance animale annoncée

Le deuxième scandale concerne l'animal. La reporter a fait le bilan après les exercices de tir: sur dix tirs, un seul environ était bien placé. Tous les autres auraient été si mauvais qu'ils n'auraient pas tué les animaux, mais les auraient gravement blessés. Elle qualifie elle-même cela sans détour de ce que c'est: de la maltraitance animale.

Ce n'est pas un détail, mais le cœur du problème. La chasse de loisir aime se justifier par le tir propre et respectueux des règles de l'art, qui épargne toute souffrance à l'animal. Mais celui qui, après deux semaines de cours accéléré, ne fait que blesser neuf animaux sur dix leur inflige précisément la souffrance que la chasse prétend éviter. Un animal blessé s'enfuit et n'agonise souvent qu'après un long moment de souffrance. La formation déficiente devient ainsi directement un problème de protection animale.

La comparaison qui dit tout

Imaginons le même processus au sein de la police ou de l'armée. Là, les personnes appelées à porter une arme suivent une formation de plusieurs mois, voire plusieurs années, assortie d'un examen d'aptitude psychologique, de recyclages réguliers et d'une surveillance constante dans le cadre du service. Un candidat qui, à l'examen, enfreint une règle de sécurité centrale échouerait, sans discussion. Un formateur qui laisse passer une telle faute en arguant qu'on veut de la relève serait intolérable.

Dans la chasse de loisir, il suffit de suivre un cours de deux semaines et de tomber sur des examinateurs bienveillants. L'accès à des armes létales est ainsi soumis à l'un des seuils les plus bas que l'on puisse imaginer dans une société, lorsqu'il s'agit d'outils capables de tuer.

Un engouement qui devance la formation

La chasse est à la mode, en particulier chez les jeunes, et sur les réseaux sociaux le contenu lié à la chasse ne cesse de croître. La fédération allemande de chasse annonce des records d'adhésions: près d'un demi-million de personnes possèdent un permis de chasse, dont de plus en plus de jeunes gens et de femmes. Pour la fédération, ce boom est un succès qu'elle promeut activement.

C'est précisément là que réside la responsabilité qui se perd dans l'euphorie autour des chiffres records. Celui qui commercialise l'accès à la chasse comme un produit lifestyle et célèbre le nombre de membres devrait dans le même temps s'assurer que les normes de formation et de sécurité suivent le rythme de cette croissance. L'expérience menée par la reporter montre que ce n'est justement pas le cas. Le battage médiatique devance le soin.

Toute personne obtenant son permis via un cours accéléré ne devient pas un danger. Mais que les obstacles soient si bas qu'une reporter puisse réussir l'examen sans avoir jamais mis les pieds en forêt et sans maîtriser une règle de sécurité élémentaire est un aveu d'échec pour un système qui décide de la vie et de la mort des animaux sauvages. Tant que la chasse de loisir rend les armes mortelles plus facilement accessibles que toute autre institution qui manipule des armes, elle ne reste pas un instrument sérieux de gestion de la faune, mais un divertissement de loisir aux conséquences mortelles pour les animaux.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous regroupons vérifications des faits, analyses et rapports de fond.

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