3 juillet 2026, 02:19

Rechercher

Chasse

Grisons : l'office de la chasse signale un recul des populations de cerfs et davantage de dérangement de la faune

Le canton des Grisons se plaint d'une faune dérangée et célèbre la chasse de loisir comme moyen de régulation, alors que ce sont le loup et le lynx qui font baisser les populations de cerfs, tandis que les chasseurs de loisir effarouchent le gibier toute l'année.

Rédaction Wild beim Wild — 3 juillet 2026

Le gibier des Grisons n'a pratiquement plus de répit, le canton le dit lui-même. Et pourtant il met en scène la chasse de loisir comme solution, alors que le loup et le lynx accomplissent le véritable travail de régulation.

Le canton se plaint du « facteur de dérangement humain »

Lorsque l'office de la chasse et de la pêche constate publiquement que le gibier n'a « pratiquement plus de répit » et qu'il est de plus en plus dérangé par l'homme, le diagnostic est clair : le problème principal n'est pas le cerf, mais l'homme dans l'habitat du cerf. Le canton se montre particulièrement honnête lorsqu'il parle du « facteur de dérangement humain » tout en soulignant que les communes peuvent fermer des chemins et restreindre l'accès aux zones de refuge du gibier.

Dans la pratique, les chasseuses et chasseurs de loisir se trouvent précisément là où le gibier aurait besoin de calme : dans les zones de refuge, sur les passages, dans les forêts protectrices exposées aux avalanches, sur les surfaces ouvertes offrant une bonne visibilité. La haute chasse, la basse chasse, la chasse spéciale et des interventions spécifiques comme la chasse nocturne au sanglier génèrent une présence cynégétique permanente, qui ne se limite pas à quelques semaines en automne, mais s'étend de fait sur de nombreux mois, de jour comme de nuit, année après année. L'article « Prescriptions de chasse des Grisons : des règles critiquées » offre un bon aperçu de ce mode de chasse permanent.« Prescriptions de chasse des Grisons : des règles critiquées ».

Pétition

Pas de tirs de lynx en Valais

Le lynx est génétiquement à la limite, et pourtant il devrait être autorisé au tir dans le premier canton de Suisse à le faire.

Signer maintenant →

C'est précisément ici qu'apparaît une contradiction qui a un nom. Adrian Arquint se plaint publiquement que le gibier des Grisons est « constamment effarouché » et que les dérangements ont « augmenté la nuit et pendant les chasses ». Dans le même temps, en tant que codirecteur de l'office de la chasse et de la pêche, il alimente précisément cette évolution en présentant sans cesse de nouveaux moyens auxiliaires de chasse et programmes de tir comme une « prestation des chasseurs ».

Populations de cerfs : elles sont régulées avant tout par le loup et le lynx

Officiellement, le canton félicite les chasseurs de loisir pour une «réduction» des populations de cerfs par rapport à un niveau auparavant très élevé. La population de cerfs aurait diminué d'un pourcentage à deux chiffres depuis 2020, affirme-t-on. Ce qui manque dans ce récit : le facteur écologique décisif du renversement de tendance n'était pas une chasse de loisir devenue soudainement efficace, mais la réintroduction et l'expansion du loup et du lynx.

C'est ce que montre l'article «Chasse de loisir louée, loup ignoré»: entre 1999 et 2019, les populations de cerfs n'ont cessé d'augmenter malgré les hautes chasses et les chasses spéciales. Ce n'est qu'avec le retour du loup et, parallèlement, l'amélioration des mesures de protection des troupeaux que des chiffres en baisse deviennent perceptibles, des effets que l'office ne mentionne guère dans ses communiqués de presse.

Là où le loup et le lynx sont présents, la répartition du gibier se modifie, les cerfs perdent des faons, deviennent plus mobiles sur le terrain et évitent certains lieux. Dans certaines régions, les chevreuils et parfois d'autres espèces d'ongulés sont nettement décimés, car les prédateurs ne chassent pas selon un plan de chasse, une inscription au calendrier et un budget de loisir, mais là et quand ils peuvent faire une proie. La prédation naturelle agit quotidiennement, par tous les temps, sans «période de protection» par égard pour un loisir, comme l'explique en détail l'article «Étude : les meutes de loups sont bénéfiques pour la forêt suisse».

Le cerf montre justement à quel point l'évolution est étroitement liée aux prédateurs : pendant des décennies, les populations n'ont cessé d'augmenter malgré la haute chasse et les chasses spéciales. Ce n'est que lorsque le loup et le lynx ont pris de l'espace et ont «régulé» le paysage ainsi que la densité du gibier de leur point de vue que le canton a soudainement pu annoncer une réduction de population politiquement souhaitée et présente publiquement cet effet comme un succès des chasseurs.

La chasse spéciale comme révélation de l'échec de la chasse

La chasse spéciale est la preuve la plus évidente que la chasse de loisir dans les Grisons n'a jamais tenu sa propre idéologie de régulation. La chasse spéciale signifie : la chasse ordinaire n'a pas atteint les objectifs de tir, les populations sont trop élevées, la forêt souffre, il faut donc organiser des journées de chasse supplémentaires pour corriger le manquement.

Le dossier «Chasse spéciale dans les Grisons» montre : tant que des chasses spéciales doivent être ordonnées, le système de la chasse de loisir a structurellement échoué. Les chiffres de tir ne sont atteints qu'avec une chasse administrativement gonflée, et non par une régulation autonome et planifiée assurée par les chasseurs organisés à titre de loisir.

Aujourd'hui encore, plusieurs milliers de cerfs sont parfois abattus chaque année, de 4’000 à 5’000 animaux selon les années. Le fait que la chasse spéciale et des plans de tir extrêmement élevés restent «nécessaires» est la meilleure preuve que la chasse de loisir n'a pas réussi, pendant des décennies, à maintenir les populations de manière autonome à un niveau compatible avec la forêt, et qu'un régulateur naturel tel que le loup est indispensable. Cette critique est résumée dans l'article «Chasses spéciales et limites de la chasse de loisir».

Petit gibier : quand «l'entretien» n'est qu'un autre mot pour le tir

En matière de petit gibier aussi, le canton présente le tir comme un acte de protection. L'office affirme qu'un suivi annuel intensif surveille les populations, que les lièvres et les tétras-lyres sont stables et à un niveau élevé en de nombreux endroits, que les prescriptions d'exploitation de la chasse ont fait leurs preuves pour une «chasse durable», et que les chasseurs s'engagent «activement pour ces espèces par l'entretien». Lors du recensement des cerfs, 1’306 lièvres ont été comptés, selon le canton le chiffre le plus élevé jamais atteint.

C'est précisément ici qu'apparaît le fait que «l'entretien» signifie avant tout le tir dans ce système. Un chiffre de comptage absolu ne dit en effet rien sur la santé d'une population, c'est la densité qui est déterminante. Et celle-ci diverge dès que l'on compare les Grisons avec un canton sans chasse.

Les Grisons sont le canton le plus vaste de Suisse en superficie et abattent en même temps le plus grand nombre de lièvres de tout le pays, dernièrement bien plus de mille animaux par saison. Le lièvre figure sur la liste rouge à l'échelle nationale, la moyenne suisse se situe autour de 2 à 3 animaux pour 100 hectares. Dans le minuscule canton de Genève en revanche, l'un des plus petits de Suisse, où la chasse de loisir est interdite depuis 1974 et où des gardes-faune professionnels assurent la gestion, on a mesuré avec 17,7 lièvres pour 100 hectares la densité la plus élevée de tout le pays.

Le message de ces chiffres est sans équivoque : là où l'on ne tire pas, les populations sont les plus denses. Si la chasse était réellement de la «gestion», ce serait précisément le canton comptant le plus de tirs qui présenterait les densités les plus élevées, et non le canton doté d'une interdiction de chasse. Sans la chasse de loisir, les populations grisonnes seraient très probablement plus élevées, et non plus basses. Des détails sont fournis dans l'article «Où trouve-t-on encore des lièvres bruns en Suisse» et le dossier «Comment fonctionne l'interdiction de chasse genevoise».

Le chasseur de loisir comme facteur de dérangement permanent

Le plus grand facteur de dérangement pour le gibier n'est pas quelques photographes de nature ou coureurs de trail, mais des milliers de chasseurs de loisir qui, avec fusil, chien, technologie d'imagerie thermique et patente de chasse, opèrent durant des mois de l'année directement dans les zones de refuge. Celui qui met au tableau plusieurs milliers de cerfs par saison, divise la haute chasse en deux blocs, organise des chasses spéciales et tolère des chasses nocturnes crée un dérangement permanent qu'aucun autre secteur d'utilisation en montagne n'atteint.

Alors que le loup et le lynx laissent aussi des phases de repos au gibier et chassent avec une fréquence naturelle et une logique énergétique, la chasse de loisir ne connaît guère de pauses. On s'entraîne, on tire, on observe, on travaille avec des caméras de chasse, on circule en voitures et véhicules tout-terrain, on travaille avec des chiens. Et récemment aussi, on traque les sangliers de nuit, comme le montre l'article «Grisons : chasse de loisir aux sangliers de nuit».

Aucun autre secteur d'utilisation n'est aussi souvent sur le terrain avec arme, chien et véhicule que la fraction de loisir qui chasse. Celui qui prend au sérieux le dérangement du gibier doit constater :

  • La chasse de loisir n'est pas seulement co-régulatrice, elle est elle-même un facteur de dérangement permanent et hautement efficace.
  • Elle agit précisément là où le gibier aurait besoin de tranquillité : dans les refuges, sur les surfaces de gagnage, sur les passages à gibier et aux transitions entre forêt et espace ouvert.
  • Elle opère de manière étalée dans le temps : haute chasse, basse chasse, chasse spéciale et chasses spéciales forment ensemble un décor de dérangement pratiquement continu toute l'année.

L'article «Les chasseurs de loisir des Grisons ont échoué» résume la situation : durant des décennies, les populations n'ont pas été régulées, mais décimées et repoussées vers la nuit, les risques routiers ont été accrus et l'abroutissement du gibier dans les forêts protectrices a été provoqué, et tout cela sous l'étiquette de «gestion».

Le rôle d'Adrian Arquint

Adrian Arquint n'est pas le veilleur neutre qu'il met en scène dans l'interview, mais l'architecte d'un système qui perturbe d'abord au maximum le gibier, puis vend sa propre perturbation comme une «régulation». Il loue les chasseurs pour leurs «prestations remarquables», alors que ses propres chiffres montrent que ce sont d'abord le loup et le lynx qui inversent les populations de cerfs, et que le suréquipement cynégétique fait exploser la perturbation nocturne. Dans cette configuration, Arquint incarne une politique de la chasse qui protège les chasseurs de loisir, dévalorise les prédateurs et n'aborde la protection de la faune que lorsqu'elle sert de prétexte à davantage de tirs. Ce n'est pas de la gestion, c'est de l'hypocrisie organisée officiellement.

Conséquence du point de vue de la protection de la faune

Du point de vue d'une protection conséquente de la faune, la solution ne consiste pas à combattre le loup et à continuer de glorifier la chasse de loisir. Il s'agit de:

  • limiter clairement la présence cynégétique dans le temps et l'espace,
  • confier à long terme la régulation des populations à un service de la faune professionnel,
  • reconnaître et protéger les prédateurs comme le loup et le lynx en tant qu'acteurs écologiques centraux.

Quiconque cherche un projet politique concret le trouvera dans les textes types pour des interventions critiques envers la chasse dans les parlements cantonaux, qui réclament un service de la faune professionnel plutôt que la chasse de loisir et la protection de tous les prédateurs selon le «modèle genevois».

En savoir plus sur la chasse de loisir: Dans notre dossier sur la chasse, nous regroupons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

RESTONS EN CONTACT!

Nous aimerions te faire parvenir les dernières nouvelles et offres dans notre newsletter.

Soutiens notre travail

Avec ton don, tu contribues à protéger les animaux et à faire entendre leur voix.

Faire un don maintenant