25 juin 2026, 09:07

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Criminalité & Chasse

Nidwald : un chasseur de loisir a abattu deux cerfs après la fin de la période de tir

Tirés environ 15 minutes trop tard : le tribunal cantonal supérieur de Nidwald a confirmé une demande totale de plus de 8'000 francs.

Rédaction Wild beim Wild — 25 juin 2026

Un chasseur de loisir a abattu dans le canton de Nidwald deux cerfs rouges environ 15 minutes après la fin de la période de tir autorisée.

Le tribunal cantonal supérieur de Nidwald a confirmé le 7 novembre 2024 la condamnation pour infraction répétée par négligence à la loi sur la chasse. Avec l'amende, l'indemnisation de la valeur et les frais de procédure, l'homme doit verser 8’270 francs à la caisse du tribunal. Le jugement anonymisé a été publié le 17 avril 2026.

Deux coups de feu au crépuscule

Le soir du 6 septembre 2022, vers 19h30, le chasseur de loisir s'est rendu à une clairière au-dessus d'une propriété dans la commune de X. Pendant la haute chasse, du 1er au 20 septembre 2022, les périodes de tir étaient limitées dans le canton de Nidwald de 06h00 à 20h30. Lorsque les cerfs sont sortis de la forêt, le chasseur de loisir a tiré deux coups et abattu un faon ainsi qu'un daguet, un jeune cerf.

Un signalement d'un riverain à la police a mis l'affaire en mouvement. Deux personnes interrogées ont déclaré n'avoir entendu les coups de feu qu'après 20h40. Le chasseur de loisir lui-même a maintenu sa version, affirmant avoir tiré le second coup au moment où la cloche de l'église sonnait 20h30. Le tribunal a retenu, en sa faveur, les heures les plus précoces mentionnées et est parvenu à la conclusion que les deux coups de feu avaient été tirés après 20h30.

Querelle autour de l'intention ou de la négligence

Le tribunal cantonal de Nidwald avait condamné l'homme en mars 2024 pour infraction commise par négligence, avec une amende de 2’500 francs. Le ministère public a porté le jugement devant le tribunal cantonal supérieur. Il a réclamé un verdict de culpabilité pour infraction intentionnelle et une peine pécuniaire avec sursis de 15 jours-amende à 115 francs chacun.

L'accusation a fait valoir que le chasseur de loisir avait regardé sa montre pour la dernière fois à 20h20 et savait qu'il n'avait le droit de tirer que jusqu'à 20h30. En tant que chasseur de loisir expérimenté comptant environ 40 ans de pratique, il aurait dû être conscient que le temps devenait court. Il n'aurait pas voulu manquer l'«expérience de chasse extrême» et aurait accepté de dépasser l'heure de tir autorisée.

La Cour suprême n'a pas suivi cette argumentation. Elle est arrivée à la conclusion que le chasseur de loisir s'était trompé sur l'heure en raison de l'excitation de la situation et qu'il était convaincu de tirer encore dans les limites de l'heure de tir autorisée. Il manque ainsi la part de connaissance et de volonté nécessaire à l'intention. Avec la prudence requise, il aurait toutefois dû garder à l'esprit la fenêtre temporelle, par exemple en regardant à nouveau sa montre avant de tirer. La commission de l'acte par négligence est donc maintenue.

Plus de 8’000 francs à payer

La Cour suprême a confirmé l'amende de 2’500 francs, avec, en cas de non-paiement fautif, une peine privative de liberté de substitution de dix jours. S'y ajoutent une compensation de valeur de 4’000 francs en faveur du canton de Nidwald ainsi que des frais de procédure de 1’770 francs. Au total, le chasseur de loisir doit verser 8’270 francs à la caisse du tribunal. Le produit de la valorisation saisi de 272 francs pour le veau abattu a été confisqué.

Comme le ministère public a échoué dans ses requêtes, les frais de la procédure d'appel de 1’500 francs sont à la charge de la caisse de l'État. N'était plus contesté un verdict de culpabilité supplémentaire pour infraction à la loi sur les armes : le chasseur avait transporté une arme à feu sans séparer l'arme et les munitions.

Rigueur sur la forme, indulgence sur la volonté d'agir

Ce cas révèle une tension fondamentale de la chasse de loisir. Les heures de tir ne relèvent pas de la bureaucratie, mais constituent des règles de protection. Elles doivent garantir que l'on ne tire que lorsque la lumière est suffisante, que les animaux sont identifiés avec certitude et non simplement blessés, et que la chasse reste contrôlable. Quiconque tire au crépuscule augmente le risque de tirs ratés et d'animaux mourant dans d'atroces souffrances.

La justification reste remarquable : on accorde à un chasseur de loisir fort de quatre décennies d'expérience qu'il aurait mal évalué l'heure dans la précipitation. Ce qui est considéré comme une circonstance atténuante peut aussi se lire autrement. Si la routine et l'expérience ne protègent justement pas contre le non-respect de la règle la plus simple au moment décisif, la question de la fiabilité du système dans son ensemble se pose. La différence entre « encore autorisé » et « déjà interdit » décide ici de la vie et de la mort des animaux sauvages.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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