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Faune

Parc national de l'Engadine

Le parc national de l'Engadine offre un refuge aux animaux sauvages contre la chasse depuis 1914.

L'équipe éditoriale Wild beim Wild — 25 janvier 2016

Non loin du col de l'Ofen se trouve le plus ancien parc national de Suisse – un paysage resté intact depuis 100 ans, sans aucune intervention humaine.

Sa superficie de 170 kilomètres carrés correspond à celle de la Principauté de Liechtenstein.

Les cerfs y errent librement en plein jour et sont les plus grands herbivores sauvages de Suisse.

Le parc national abrite 35 espèces de mammifères différentes, 73 espèces d'oiseaux, 5 espèces de reptiles et 3 espèces d'amphibiens, 227 espèces de papillons (dont 108 sont des papillons diurnes), 34 espèces de libellules et 205 espèces de coléoptères, ainsi que 99 espèces d'escargots terrestres et de grandes moules.

Le passage du pâturage du bétail aux pâturages fauniques a engendré une biodiversité entièrement nouvelle, la doublant même dans certains cas. Le facteur crucial de toute évolution naturelle est le temps. En hiver, les mécanismes de régulation de la nature, laissés à eux-mêmes, se manifestent le plus clairement.

Bouquetins du parc national de l'Engadine

Les gypaètes barbus et les bouquetins ont eux aussi été autrefois chassés sans relâche jusqu'à l'extinction par des chasseurs amateurs, puis réintroduits par l'homme.

Le bouquetin alpin est une espèce de chèvre qui se sent particulièrement à l'aise en montagne. Il vit sur les hauts plateaux, entre la limite des arbres et la limite des neiges. Ce n'est qu'en hiver qu'il descend à des altitudes plus basses. Le bouquetin est l'animal héraldique du canton des Grisons et supporte mal les terrains instables. Pesant plus de 100 kilogrammes, il a tendance à éviter la neige.

L'Engadine doit ses bouquetins à Victor-Emmanuel II, roi d'Italie passionné de chasse. Des braconniers italiens ont ramené des chevreaux du domaine royal (le parc national du Grand Paradis, dans la Vallée d'Aoste) en Suisse. À cette époque, les braconniers étaient poursuivis par les gardes-chasse et le trafic était passible de la peine de mort. Un chevreau valait alors l'équivalent d'une voiture de gamme moyenne actuelle (800 francs suisses pièce). En juin 1906, lors d'une audacieuse opération de contrebande, deux femelles et un mâle furent les premiers à être importés d'Italie en Suisse. Les braconniers les avaient volés dans le domaine royal, après avoir trompé leurs mères, en prenant soin de s'assurer qu'ils avaient déjà reçu leur premier lait (colostrum), ce qui les rendait plus résistants. Ils les ont ensuite transportés du Grand Paradis au Valais. Entre 1906 et 1933, 59 jeunes bouquetins, introduits clandestinement, furent amenés au parc animalier Pierre-et-Paul de Saint-Gall. En 1920, certains bouquetins du parc furent relâchés dans le Parc national suisse. Aujourd'hui, la Suisse compte environ 15 000 bouquetins, tous d'origine italienne.

Gypaète barbu dans le parc national de l'Engadine

Le gypaète barbu, avec une envergure de près de 3 mètres, est le plus grand oiseau des Alpes. Il raffole des os et de la moelle osseuse. Charognard spécialisé, il prospère dans les rudes conditions hivernales. Pesant jusqu'à 7 kg, le gypaète barbu a disparu de l'Engadine vers 1890 et a longtemps été, à tort, diabolisé comme prédateur de chevreaux. Après le bouquetin, le gypaète barbu représente le deuxième grand succès des efforts de réintroduction en Engadine. Entre 1991 et 2007, environ 26 jeunes gypaètes barbus ont été relâchés au col de l'Ofen. Le premier couple de gypaètes barbus s'y est reproduit en 2007. Le gypaète barbu nécessite un vaste territoire, de plus de 500 km². Sa réintroduction est un projet transfrontalier rendu possible uniquement grâce à la coopération internationale.

Aigles royaux dans le parc national de l'Engadine

L'aigle royal a échappé de justesse à l'extinction. Sa population a considérablement augmenté grâce à l'amélioration des conditions environnementales et, surtout, à l'interdiction de la chasse dans le Parc national suisse. Le « roi des cieux » bénéficie de conditions de vie idéales : les vastes paysages ouverts et semi-ouverts des zones alpines et subalpines offrent de nombreuses possibilités de nidification dans des terrains difficiles d'accès. Les aigles adultes vivent en couple et défendent des territoires de 30 à 90 km². Les Alpes sont entièrement couvertes de territoires d'aigles royaux. En été, l'aigle royal se nourrit principalement de marmottes . En hiver, les charognes d'ongulés constituent une part importante de son alimentation.

L'aigle royal n'a aujourd'hui aucun prédateur naturel. Pourtant, sa population ne croît pas sans contrôle. Plus il y a d'aigles dans le ciel, plus la compétition entre eux s'intensifie. Si un couple d'aigles doit constamment quitter son nid pour défendre son territoire, il néglige ses petits. De fait, des études montrent que le succès reproductif des aigles royaux diminue à mesure que le nombre de territoires augmente. Cet exemple illustre aussi clairement que la nature s'autorégule lorsqu'on la laisse faire.

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