Initiative populaire cantonale – Canton de Thurgovie
«Pour une protection professionnelle de la faune»
Initiative constitutionnelle sous forme de projet rédigé
En vertu de l'article 24 de la Constitution du canton de Thurgovie du 16 mars 1987 et de la Loi sur les droits de vote et d'élection
Déposée par le comité d'initiative [Date de dépôt]
Texte de l'initiative
Les personnes soussignées, ayant le droit de vote dans le canton de Thurgovie, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :
La Constitution du canton de Thurgovie du 16 mars 1987 est complétée par les paragraphes suivants :
§ [nouveau] Protection professionnelle de la faune
1 L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse de secteur, chasse de loisir) est interdit sur tout le territoire du canton de Thurgovie. Les contrats d'affermage de chasse existants ne seront pas renouvelés.
2 La protection, l'entretien et, si nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de faune professionnellement formés au service du canton.
3 L'abattage d'animaux sauvages n'est autorisé qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou se révèlent insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune.
4 Le canton institue une commission indépendante de la faune, composée de représentants des associations de protection des animaux et de la nature, de la science ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune et décide des mesures de régulation.
5 Le canton favorise la régulation naturelle des populations d'animaux sauvages, la mise en réseau des habitats et la coexistence entre l'homme et la faune.
6 Le canton indemnise de manière appropriée les communes concernées pour la perte des recettes de bail de chasse pendant une période de transition de cinq ans.
7 Les modalités sont réglées par la loi.
§ [nouveau] Protection des espèces de faune sauvage menacées et protégées
1 Le canton renonce aux demandes de régulation préventive des effectifs d'espèces de faune sauvage protégées selon la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages, notamment du loup, du lynx, de l'ours, du castor, de la loutre, du chacal doré, de l'aigle royal, du harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral.
2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'homme et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et l'accompagnement scientifique de la présence de la faune sauvage.
3 Les mesures contre des animaux sauvages individuels qui représentent un danger immédiat et considérable pour les humains demeurent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et être exécutées par le service spécialisé compétent du canton.
4 Le canton s'engage activement dans le cadre de la collaboration intercantonale et envers la Confédération pour la protection et la conservation des espèces de faune sauvage menacées.
Disposition transitoire
1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans les deux ans suivant l'acceptation de cette modification constitutionnelle.
2 Les contrats de bail de chasse existants arrivent à échéance au plus tard cinq ans après l'entrée en vigueur de la législation d'exécution. Les communes qui perdent des recettes de bail de chasse sont indemnisées de manière appropriée pendant la période de transition.
3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion de la faune sauvage pendant la phase de transition.
Explications
1. Situation de départ
Dans le canton de Thurgovie, un canton rural comptant environ 280’000 habitantes et habitants sur 991 km² de superficie, l'actuelle chasse de loisir est un système qui ne sert ni à la protection des espèces ni à une gestion moderne de la faune sauvage. Elle constitue l'exercice d'un loisir sanglant aux dépens d'êtres sensibles, légitimée par des narratifs obsolètes qui ne résistent pas à un examen scientifique. L'affirmation selon laquelle l'équilibre écologique s'effondrerait sans la chasse de loisir est réfutée empiriquement depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (cf. le Dossier sur l'interdiction de la chasse genevoise sur wildbeimwild.com).
La Thurgovie est un canton à chasse par reviers. Les reviers de chasse sont affermés par les communes à des sociétés de chasse privées. Les fermiers paient un loyer et chassent pour leur propre compte comme activité de loisir. Contrairement à l'affirmation largement répandue, les fermiers n'assument aucune responsabilité de revier au sens écologique, mais agissent dans le cadre de plans d'abattage cantonaux orientés principalement vers les intérêts de la sylviculture et de l'agriculture (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Thurgovie ainsi que l'analyse critique de la formation de chasse sur wildbeimwild.com).
Parallèlement, au niveau fédéral, de plus en plus d'espèces de faune sauvage protégées subissent des pressions. Le castor peut être abattu depuis février 2025 sur demande cantonale. Le harle bièvre subit une pression croissante. La Thurgovie est un canton du lac de Constance : le lac de Constance et la vallée de la Thur sont des zones d'oiseaux aquatiques d'importance internationale. Le paragraphe sur la protection des espèces revêt ici une pertinence particulière (cf. l'Analyse de la politique de la chasse sur wildbeimwild.com et la Politique du loup sur wildbeimwild.com).
Le canton de Thurgovie a la possibilité de donner ici un signal clair : non seulement pour une protection professionnelle de la faune sauvage au lieu de la chasse de loisir, mais aussi pour la protection conséquente des espèces de faune sauvage menacées au niveau cantonal.
2. Le modèle : canton de Genève
Le 19 mai 1974, environ deux tiers des votants du canton de Genève ont voté pour l'abolition de la chasse de loisir milicienne. Avant l'interdiction, le grand gibier était pratiquement exterminé dans le canton : cerfs et sangliers avaient disparu depuis des décennies, et il ne restait que quelques dizaines d'exemplaires de chevreuils. Environ 300 chasseurs de loisir relâchaient massivement faisans, perdrix et lièvres pour la chasse de loisir.
Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :
– La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux d'eau hivernants s'est multiplié de quelques centaines à environ 30’000. C'est l'argument central pour la Thurgovie : si l'abolition de la chasse de loisir au lac Léman a multiplié les oiseaux d'eau de cent à 30’000, quel potentiel représente le lac de Constance ? Le lac de Constance est déjà l'une des zones d'oiseaux d'eau les plus importantes d'Europe. Sans chasse de loisir, il pourrait devenir encore plus significatif.
– Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres des champs et l'une des dernières populations de perdrix de Suisse. L'effectif de chevreuils s'est stabilisé à un niveau sain, avec un tir sanitaire spécialisé annuel par des garde-faune professionnels de seulement 20 à 36 animaux.
– En 2005, lors d'un nouveau référendum populaire, 90 pour cent de la population votante genevoise s'est prononcée pour le maintien de l'interdiction de la chasse de loisir. En 2009, une motion pour la réintroduction a été rejetée au parlement cantonal par 70 voix contre 7.
– Les coûts totaux de la gestion professionnelle de la faune à Genève s'élèvent à environ 1,2 million de francs annuellement, répartis en environ 600’000 francs pour le personnel (environ trois postes à plein temps, répartis sur une douzaine de chargés d'environnement), 250’000 francs pour la prévention et 350’000 francs pour l'indemnisation des dommages. Cela correspond à environ 2,40 francs par habitant et par année.
L'inspecteur de la faune genevois Gottlieb Dandliker, responsable de la gestion de la faune depuis 2001, qualifie l'interdiction de la chasse de loisir comme l'alternative financièrement la plus avantageuse pour le canton. Une présentation détaillée se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de chasse » sur wildbeimwild.com.
L'efficacité du modèle genevois se manifeste dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin en moyenne de 8 heures et au maximum 2 cartouches pour un tir sanitaire d'un sanglier. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches pour cela. La densité de lièvres des champs à Genève atteint 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), dans le canton de Zurich seulement 1,0 pour 100 hectares (cf. Vérification des faits Conseil d'État de Zurich).
3. Le concept : Garde-faune professionnelle au lieu de chasse de loisir
L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune selon le modèle des garde-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :
Compétence technique au lieu de divertissement de loisir. Les gestionnaires de faune professionnels agissent sur base scientifique, avec une formation biologique et dans le cadre d'un mandat de prestation cantonal. Leur objectif est la conservation de populations de faune saines, non la maximisation des chiffres d'abattage. À l'inverse, la chasse de loisir poursuit systémiquement l'intérêt de sécuriser sa propre raison d'être par des effectifs élevés d'espèces chassables (cf. l'analyse critique de la formation de chasse sur wildbeimwild.com).
Principe de l'ultima ratio. Un tir n'est autorisé que lorsque toutes les mesures non létales sont épuisées. Cela comprend les clôtures électriques, l'effarouchement, l'aménagement d'habitat, la translocation, les répulsifs gustatifs et les mesures de protection architecturales. À Genève, les arbres fruitiers sont protégés par des filets pour que chevreuils et lièvres n'rongent pas l'écorce. Pour les sangliers, le canton met des clôtures électriques à disposition des agriculteurs. Cette pratique montre : la coexistence est une question de volonté, non de possibilité technique.
Contrôle démocratique par une commission de la faune. La commission indépendante, composée d'associations de protection des animaux et de la nature, de scientifiques et d'autorités, empêche que la pression politique de groupes d'intérêts particuliers n'édulcore la gestion de la faune sauvage. L'initiative ancre ce mécanisme de protection de manière conséquente en inscrivant constitutionnellement l'obligation d'autorisation de la commission de la faune sauvage.
L'autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses études scientifiques le prouve : les populations de faune sauvage se régulent dans la plupart des cas d'elles-mêmes. La chasse de loisir perturbe ce processus naturel en détruisant les structures sociales, en augmentant artificiellement les taux de reproduction et en modifiant les mouvements migratoires.
4. Pourquoi la Thurgovie ?
Le canton de Thurgovie se prête particulièrement à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune sauvage pour plusieurs raisons :
Le lac de Constance comme zone d'oiseaux aquatiques d'importance internationale. Le lac de Constance est l'une des zones de halte les plus importantes pour les oiseaux migrateurs en Europe. Au lac Léman, l'abolition de la chasse de loisir a multiplié le nombre d'oiseaux aquatiques hivernants de quelques centaines à environ 30’000. Le lac de Constance a le même potentiel. Le paragraphe de protection des espèces de l'initiative protège notamment le harle bièvre, qui subit une pression croissante, et d'autres espèces d'oiseaux aquatiques.
Topographie du Plateau. La Thurgovie est principalement plate à vallonnée (Plateau) avec le Hörnli comme point culminant (1’133 m). Elle n'a pas de zones de haute montagne. La topographie est directement comparable à Genève. L'argument selon lequel le modèle genevois ne fonctionne que dans un canton urbain ne s'applique pas en Thurgovie : la Thurgovie est à caractère rural et a une structure paysagère similaire à Genève, incluant rives lacustres, cours d'eau et arboriculture fruitière.
Canton arboricole. La Thurgovie est le plus grand canton arboricole de Suisse. La coexistence entre la faune sauvage et l'arboriculture fruitière est l'un des défis centraux. Genève a montré que cette coexistence fonctionne mieux avec une gestion professionnelle de la faune qu'avec la chasse de loisir : les arbres fruitiers sont protégés par des filets et des grillages de protection, non par des tirs massifs.
4’000 signatures en 6 mois. Le délai de récolte est de 6 mois, plus court que dans d'autres cantons. Avec 280’000 habitants, 4’000 signatures ne représentent que 1,4 pour cent de la population. À Frauenfeld, Kreuzlingen, Amriswil, Weinfelden et Romanshorn, il est possible de récolter efficacement (cf. wildbeimwild.com sur la faune sauvage en zone habitée).
Castors sur la Thur et la Sitter. Le castor est documenté le long de la Thur et de ses affluents. Depuis février 2025, il peut être abattu dans toute la Suisse sur demande cantonale. L'initiative protège le castor dans le canton (cf. wildbeimwild.com sur les prédateurs).
Le parallèle lac Léman-lac de Constance comme leitmotiv communicationnel. Le parallèle entre le lac Léman et le lac de Constance est l'argument communicationnel le plus fort pour la Thurgovie : deux grands lacs, importance écologique similaire, et au lac Léman l'interdiction de chasse a multiplié la biodiversité. Ce qui fonctionne au lac Léman fonctionne aussi au lac de Constance.
5. Au premier paragraphe : Protection professionnelle de la faune sauvage
Alinéa 1 – Interdiction de la chasse de loisir et expiration des contrats d'affermage
L'interdiction de la chasse en réserve par des particuliers est le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois. La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément l'organisation de l'activité cynégétique aux cantons (art. 3 al. 1 LChP). Les trois systèmes de chasse de la Suisse – chasse à patente, chasse en réserve et chasse d'État ou en régie – sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 en conformité avec le droit fédéral. L'ajout « Les contrats d'affermage de chasse existants ne seront pas renouvelés » est spécifique aux cantons à chasse en réserve : il assure que le changement de système se déroule de manière ordonnée et que les obligations contractuelles existantes soient respectées.
Alinéa 2 – Gestion professionnelle de la faune sauvage
Au lieu de chasseuses et chasseurs de loisir, des gestionnaires de la faune sauvage spécialement formés au service cantonal assument toutes les tâches de protection de la faune et, si nécessaire, de régulation des populations. Ces spécialistes disposent d'une formation biologique ou éco-faunistique plus complète et agissent sur une base scientifique et dans l'intérêt public. À Genève, ce système fait ses preuves depuis plus de 50 ans.
Alinéa 3 – L'abattage comme ultima ratio
L'innovation centrale par rapport au système actuel : l'abattage n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives ont la priorité. À Genève, environ 250 sangliers sont abattus annuellement en moyenne par les gardes-faune (selon les statistiques de chasse de l'OFEV), principalement des jeunes animaux, les animaux dominants étant explicitement épargnés pour des raisons éthiques et pour préserver la stabilité sociale des hardes.
Alinéa 4 – Commission de la faune sauvage
La commission indépendante de la faune sauvage s'inspire du modèle genevois de la commission constitutionnelle de la faune. Elle garantit que les associations de protection des animaux et de la nature aient un droit de regard sur les décisions de régulation et empêche que le gouvernement autorise de manière autonome des exceptions sous la pression de groupes d'intérêts. L'intégration de la science garantit que les décisions se fondent sur des preuves et non sur les mythes idéologiques cynégétiques avec lesquels le lobby de la chasse de loisir légitime ses pratiques depuis des décennies.
Alinéa 5 – Régulation naturelle et coexistence
Cet alinéa ancre dans la constitution le modèle directeur de la protection professionnelle de la faune : la nature se régule largement d'elle-même lorsque l'homme n'intervient pas dans la dynamique des populations par des abattages massifs. La promotion de la coexistence comprend en Thurgovie notamment la sécurisation et la mise en réseau de corridors faunistiques le long de la Thur et des rives du lac de Constance, la revalorisation écologique des zones humides et des vergers et la sensibilisation de la population au comportement envers la faune sauvage (cf. wildbeimwild.com concernant la faune sauvage en zone d'habitation).
Alinéa 6 – Indemnisation pour les communes
Cet alinéa est spécifique aux cantons à chasse affermée. Les communes thurgoviennes qui affermient aujourd'hui des territoires de chasse perçoivent des revenus de fermage. La suppression de ces revenus sera compensée de manière appropriée pendant une période de transition de cinq ans. Les revenus de fermage par commune sont généralement modestes et s'élèvent typiquement à quelques milliers de francs annuellement. Par rapport aux budgets communaux, le montant est marginal.
Dispositions transitoires
Le délai de deux ans donne au Conseil d'État suffisamment de temps pour élaborer la législation d'exécution, engager des gestionnaires professionnels de la faune sauvage et constituer la commission de la faune. La clause d'extinction de cinq ans pour les contrats d'affermage de chasse existants est constitutionnellement requise pour respecter la garantie de propriété des communes et des fermiers. L'office cantonal existant de la chasse et de la pêche peut servir de base institutionnelle.
6. Concernant le deuxième paragraphe : Protection des espèces de faune sauvage menacées et protégées
Le deuxième paragraphe est particulièrement pertinent pour la Thurgovie. Le lac de Constance et la vallée de la Thur sont des zones d'oiseaux aquatiques d'importance internationale. Le harle bièvre, une espèce protégée par le droit fédéral, subit une pression politique croissante. Le castor est documenté sur la Thur et ses affluents et peut être abattu depuis février 2025. Le paragraphe sur la protection des espèces ancre dans la constitution le renoncement aux demandes de régulation.
La formulation « notamment » est conçue comme un renvoi dynamique au droit fédéral. Elle garantit que la protection cantonale s'applique automatiquement aussi aux espèces que le législateur fédéral placera à l'avenir sous protection ou inscrira sur une liste de régulation, sans qu'une modification constitutionnelle soit nécessaire (cf. la Analyse de la politique du loup sur wildbeimwild.com).
7. Conséquences financières : Budget concret pour la Thurgovie
Le budget de référence genevois
À Genève, qui avec 282 km² est environ trois fois et demie plus petit que la Thurgovie et compte environ 500’000 habitants, les coûts totaux de la gestion professionnelle de la faune s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an : environ 600’000 francs pour le personnel, environ 250’000 francs pour la prévention et environ 350’000 francs pour l'indemnisation des dommages.
Extrapolation pour la Thurgovie
Pour la Thurgovie avec 991 km² de superficie et environ 280’000 habitants, on obtient l'estimation de coûts réaliste suivante :
Coûts de personnel : 480’000 à 700’000 francs par an. Il faut 4 à 5 postes à plein temps pour des gestionnaires professionnelles et gestionnaires de la faune. Un poste à plein temps dans l'administration cantonale coûte charges sociales et coûts patronaux inclus environ 120’000 à 140’000 francs par an. La Thurgovie est environ trois fois et demie plus grande que Genève, mais topographiquement plus simple (plateau, pas d'Alpes).
Coûts matériels : 100’000 à 150’000 francs par an. Cela comprend l'équipement, les véhicules, les dispositifs d'effarouchement, l'infrastructure de monitoring (pièges photographiques, émetteurs GPS), les mesures de protection structurelles, les clôtures électriques et le travail de communication publique.
Indemnisation des dommages : 80’000 à 150’000 francs par an. Principalement les dommages de sangliers dans l'agriculture, les dégâts d'abroutissement dans l'arboriculture fruitière et les dommages de castors aux cours d'eau.
Coûts totaux : 660’000 à 1’000’000 francs par an (brut). Cela correspond à environ 2,35 à 3,55 francs par habitant et par an.
Économies
Face à cela s'opposent des économies : le canton n'a plus besoin d'administrer de contrats d'affermage de chasse, de faire passer d'examens de chasse, d'établir de planification de tir et d'organiser de surveillance de chasse. Les ressources actuellement affectées à ces tâches au sein de l'office de la chasse et de la pêche peuvent être partiellement réaffectées.
Recettes supprimées
Avec l'abolition de la chasse de loisir disparaissent les recettes d'affermage de la chasse territoriale estimées à 300’000 à 500’000 francs par an, qui reviennent actuellement aux communes thurgoviennes. Ce montant est marginal dans le budget cantonal global (cf. Dossier sur l'interdiction de chasse genevoise sur wildbeimwild.com).
8. Concernant le processus d'initiative dans le canton de Thurgovie
Dans le canton de Thurgovie, une initiative populaire au niveau constitutionnel nécessite la collecte de 4’000 signatures en 6 mois (§ 24 al. 2 CV TG). Le comité d'initiative doit être annoncé au Conseil d'État (§ 24 al. 3 CV TG). Lors du dépôt, le Conseil d'État examine l'initiative quant à sa recevabilité (§ 24 al. 4 CV TG). En cas d'acceptation, elle est soumise au Grand Conseil puis au peuple pour votation.
Les 4’000 signatures peuvent être collectées à Frauenfeld, Kreuzlingen, Amriswil, Weinfelden et Romanshorn. Ce sont les cinq plus grandes villes du canton de Thurgovie. Avec un système de collecte professionnel, c'est atteignable.
9. Intégration stratégique
L'initiative thurgovienne fait partie d'une stratégie nationale : dans plusieurs cantons sont lancées de manière coordonnée des initiatives populaires pour la protection professionnelle de la faune. Des mesures coordonnées au niveau national créent des synergies dans l'argumentation, le travail médiatique et le positionnement politique. La Thurgovie se prête comme canton pilote pour la région du lac de Constance.
10. Procédure ultérieure
Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être utilisé librement par des activistes, des organisations ou des comités d'initiative et adapté aux conditions du canton de Thurgovie.
La prochaine étape est la formation d'un comité d'initiative dans le canton de Thurgovie, composé de personnes de diverses communes du canton, avec des personnes ayant le droit de vote en Thurgovie. Le comité assure le portage de l'initiative et lui donne une légitimité politique.
La base juridique, l'argumentation politique, le cadre communicationnel et le budget sont établis avec ce document. Le comité d'initiative peut commencer directement la mise en œuvre.
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Ce document est un texte modèle de l'IG Wild beim Wild. Il peut être utilisé librement par les activistes, les organisations ou les comités d'initiative et adapté aux conditions du canton de Thurgovie.
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