8 avril 2026, 09:49

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Initiative populaire cantonale – Canton de Saint-Gall

«Pour une gestion professionnelle de la faune sauvage»

Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet rédigé

En vertu de l'art. 43 de la Constitution du canton de Saint-Gall du 10 juin 2001 et de la loi sur le référendum et l'initiative

Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]

Texte de l'initiative

Les personnes soussignées, ayant le droit de vote dans le canton de Saint-Gall, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :

La Constitution du canton de Saint-Gall du 10 juin 2001 est complétée par les articles suivants :

Art. [nouveau] Gestion professionnelle de la faune sauvage

1 La pratique de la chasse par des particuliers (chasse en régie, chasse de loisir) est interdite sur l'ensemble du territoire du canton de Saint-Gall.

2 La protection, la gestion et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages incombent exclusivement à des gestionnaires de la faune sauvage qualifiés, au service du canton.

3 L'abattage d'animaux sauvages n'est admis qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de protection contre les dangers ont été épuisées ou se sont révélées insuffisantes. Il requiert l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.

4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection des animaux et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.

5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations d'animaux sauvages, la mise en réseau des habitats et la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

6 La loi règle les modalités.

Art. [nouveau] Protection des espèces sauvages menacées et protégées

1 Le canton renonce à déposer des demandes de régulation préventive des populations d'espèces sauvages protégées en vertu de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages, notamment le loup, le lynx, l'ours, le castor, la loutre, le chacal doré, l'aigle royal, le grand harle et d'autres espèces protégées par le droit fédéral.

2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence des animaux sauvages.

3 Les mesures visant des animaux sauvages isolés qui représentent une menace immédiate et grave pour des personnes restent réservées. Elles doivent être limitées au strict minimum et mises en œuvre par le service cantonal compétent.

4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la coopération intercantonale et vis-à-vis de la Confédération, pour la protection et la conservation des espèces animales sauvages menacées.

Disposition transitoire

1 Le gouvernement édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans les deux ans suivant l'adoption de cette modification constitutionnelle.

2 Les patentes de chasse existantes s'éteignent à l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Les taxes de patente déjà versées pour la saison de chasse en cours sont remboursées au prorata.

3 Le gouvernement assure la continuité de la gestion de la faune sauvage durant la phase transitoire.

Explications

1. Situation initiale

Dans le canton de Saint-Gall, cinquième plus grand canton de Suisse avec environ 520’000 habitants sur une superficie de 2’026 km², la chasse de loisir actuelle est un système qui ne sert ni la protection des espèces ni une gestion moderne de la faune sauvage. Elle constitue l'exercice d'un divertissement sanglant aux dépens d'êtres sensibles, légitimé par des récits dépassés qui ne résistent pas à un examen scientifique. L'affirmation selon laquelle, sans la chasse de loisir, l'équilibre écologique s'effondrerait est empiriquement réfutée depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (cf. le dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com).

La chasse de loisir est organisée dans le canton de Saint-Gall sous la forme d'une chasse à patente. Des particuliers acquièrent une patente cantonale et chassent sans responsabilité fixe de territoire. Contrairement à l'affirmation largement répandue, les détenteurs de patente n'assument aucune responsabilité écologique, mais agissent dans le cadre de plans de tir cantonaux orientés principalement vers les intérêts de la sylviculture et de l'agriculture (cf. la psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Saint-Gall ainsi que l'analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

Parallèlement, de plus en plus d'espèces sauvages protégées sont soumises à des pressions au niveau fédéral. Avec la révision de la loi sur la chasse en décembre 2022, la régulation préventive du loup a été introduite. Le castor peut être abattu depuis février 2025 sur demande cantonale. La pression politique sur d'autres espèces telles que le lynx, la loutre de rivière et le harle bièvre ne cesse de croître. Le canton de Saint-Gall est un canton à faune sauvage diversifiée : le loup est documenté dans les Churfirsten et dans l'Alpstein. L'aigle royal niche dans l'Alpstein. Le lynx est présent dans les Préalpes. Le castor colonise le Rhin, la Thur, la Sitter et leurs affluents. La rive sud du lac de Constance et le Rheintaler Riet sont des zones d'importance suprarégionale pour les oiseaux aquatiques (cf. l'analyse de la politique de chasse sur wildbeimwild.com et la politique du loup sur wildbeimwild.com).

Le canton de Saint-Gall a la possibilité d'envoyer ici un signal clair : non seulement en faveur d'une protection professionnelle de la faune sauvage plutôt que de la chasse de loisir, mais aussi en faveur d'une protection cohérente des espèces sauvages menacées au niveau cantonal.

2. Le modèle de référence : le canton de Genève

Le 19 mai 1974, environ deux tiers des votants du canton de Genève ont approuvé l'abolition de la chasse de loisir par des milices de chasseurs amateurs. Avant cette interdiction, le grand gibier avait pratiquement disparu du canton : les cerfs et les sangliers avaient disparu depuis des décennies, et il ne restait plus que quelques dizaines de chevreuils. Quelque 300 chasseurs amateurs procédaient à des lâchers massifs de faisans, perdrix et lièvres pour alimenter la chasse de loisir.

Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :

– La biodiversité a considérablement augmenté. Le nombre d'oiseaux aquatiques hivernants est passé de quelques centaines à environ 30’000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres des champs et l'une des dernières populations de perdrix de Suisse.

– La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un abattage spécial annuel de seulement 20 à 36 animaux par des gardes-faune professionnels. La population se maintient à une densité compatible avec la superficie forestière.

– En 2005, lors d'un nouveau référendum, 90 pour cent des votants genevois se sont prononcés pour le maintien de l'interdiction de la chasse de loisir. En 2009, une motion visant à la réintroduire a été rejetée au parlement cantonal par 70 voix contre 7.

– Les coûts totaux de la gestion professionnelle de la faune à Genève s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an, répartis en environ 600’000 francs pour le personnel (env. trois postes à plein temps, répartis entre une douzaine de chargés de l'environnement), 250’000 francs pour la prévention et 350’000 francs pour l'indemnisation des dommages. Cela correspond à environ 2.40 francs par habitant et par an.

L'inspecteur de la faune genevois Gottlieb Dandliker, responsable de la gestion de la faune depuis 2001, qualifie l'interdiction de la chasse de loisir d'alternative financièrement la plus avantageuse pour le canton. Une présentation détaillée est disponible dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com.

L'efficacité du modèle genevois apparaît clairement dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin en moyenne de 8 heures et de 2 cartouches au maximum pour un tir sanitaire d'un sanglier. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres des champs à Genève est de 17,7 individus pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. vérification des faits Conseil d'État de Zurich).

3. Le concept : gestion professionnelle de la faune plutôt que chasse de loisir

L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune selon le modèle du garde-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :

Compétence professionnelle plutôt que loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune agissent sur une base scientifique, avec une formation biologique et dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal. Leur objectif est le maintien de populations fauniques saines, et non la maximisation des chiffres d'abattage (cf. l'analyse critique de la formation cynégétique sur wildbeimwild.com).

Principe d'ultima ratio. Un tir n'est autorisé que si toutes les mesures non létales ont été épuisées. Celles-ci comprennent les clôtures électriques, l'effarouchement, l'aménagement de l'habitat, la translocation, les répulsifs gustatifs et les mesures de protection structurelles. À Genève, les arbres fruitiers sont protégés par des filets. Pour les sangliers, le canton met des clôtures électriques à la disposition des agriculteurs.

Contrôle démocratique par une commission de la faune. La commission indépendante empêche que des pressions politiques ne dénaturent la gestion de la faune. L'initiative ancre l'obligation d'autorisation dans la constitution.

L'autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et par de nombreuses études scientifiques : dans la plupart des cas, les populations de faune sauvage se régulent d'elles-mêmes. La chasse de loisir perturbe ce processus naturel en détruisant les structures sociales, en augmentant artificiellement les taux de reproduction et en modifiant les mouvements migratoires.

4. Pourquoi Saint-Gall ?

Le canton de Saint-Gall se prête particulièrement bien à l'introduction d'une gestion professionnelle de la faune sauvage, pour plusieurs raisons :

Le canton de Suisse orientale à la faune la plus diversifiée. Saint-Gall réunit en un seul canton le lac de Constance, la vallée du Rhin, le Plateau et les Alpes (Alpstein, Churfirsten, Sarganserland). L'aigle royal niche dans l'Alpstein. Le loup est documenté dans les Churfirsten. Le lynx est présent dans les Préalpes. Le castor colonise le Rhin, la Thur et la Sitter. La rive sud du lac de Constance et le Rheintaler Riet sont des zones humides d'importance suprarégionale pour les oiseaux d'eau. Cette diversité fait de Saint-Gall un cas test idéal pour une gestion professionnelle de la faune sauvage (cf. wildbeimwild.com sur les prédateurs).

Parallèle avec le lac de Constance. Comme le Thurgovie, Saint-Gall bénéficie de l'argument du lac de Constance : au bord du lac Léman, l'abolition de la chasse de loisir a multiplié les oiseaux aquatiques de cent à 30’000 individus. La rive sud du lac de Constance et le Rheintaler Riet présentent le même potentiel. Le paragraphe sur la protection des espèces protège notamment le harle bièvre et d'autres espèces d'oiseaux aquatiques.

Politique sur le loup dans l'Alpstein et les Churfirsten. Le loup est documenté à Saint-Gall. Les abattages controversés de loups ont politisé le débat. L'initiative offre une réponse constitutionnelle : une gestion professionnelle de la faune sauvage plutôt que des abattages motivés politiquement (cf. la politique sur le loup sur wildbeimwild.com).

4’000 signatures. Avec 520’000 habitants, 4’000 signatures représentent moins d'un pour cent de la population. La collecte peut se faire efficacement à Saint-Gall, Rapperswil-Jona, Wil, Buchs, Rorschach et Gossau (cf. wildbeimwild.com sur la faune sauvage en zone habitée).

Le castor sur le Rhin, la Thur et la Sitter. Le castor est documenté sur plusieurs cours d'eau saint-gallois. Depuis février 2025, il peut être abattu dans toute la Suisse sur demande cantonale. L'initiative protège le castor dans le canton.

Chasse territoriale = changement de système simplifié. Pas de contrats de bail, pas d'indemnisation communale. Les permis existants s'éteignent et les taxes déjà versées sont remboursées au prorata.

Effet signal pour la Suisse orientale. Saint-Gall est le plus grand canton de la Suisse orientale. Un succès ici aurait valeur de signal pour l'ensemble de la région (TG, AR, AI, SH, GL).

5. Sur le texte de l'initiative

Alinéa 1 – Interdiction de la chasse de loisir

L'interdiction de la chasse en régie privée par des particuliers constitue le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois. La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément aux cantons le soin d'organiser l'exploitation de la chasse (art. 3 al. 1 LChP). Les trois systèmes de chasse en Suisse – chasse au brevet, chasse en régie privée et chasse d'État ou en régie publique – sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 en conformité avec le droit fédéral.

Alinéa 2 – Gestion professionnelle de la faune sauvage

À la place des chasseurs et chasseuses de loisir, des gestionnaires de la faune sauvage professionnellement formés, au service du canton, assument l'ensemble des tâches. À Genève, ce système a fait ses preuves depuis plus de 50 ans.

Alinéa 3 – L'abattage comme ultima ratio

Un abattage n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives ont la priorité. À Genève, environ 250 sangliers sont abattus chaque année par des gardes-chasse (selon la statistique de la chasse de l'OFEV), principalement des jeunes animaux, les animaux guides étant explicitement épargnés.

Alinéa 4 – Commission de la faune sauvage

La commission indépendante de la faune sauvage s'inspire du modèle genevois. Elle garantit que les associations de protection des animaux et de la nature disposent d'un droit de regard et empêche que le gouvernement n'octroie des dérogations de manière autonome. L'intégration de la science assure des décisions fondées sur des données probantes (cf. wildbeimwild.com/jagd-fakten).

Alinéa 5 – Régulation naturelle et coexistence

La promotion de la coexistence comprend, à Saint-Gall, notamment la sécurisation et la mise en réseau des corridors fauniques le long du Rhin, de la Thur et de la Sitter, la revalorisation écologique du Rheintaler Riet et des rives du lac de Constance, ainsi que la sensibilisation de la population au comportement à adopter vis-à-vis des animaux sauvages (cf. wildbeimwild.com zu Wildtieren im Siedlungsgebiet).

Dispositions transitoires

Le délai de deux ans laisse au gouvernement suffisamment de temps pour élaborer la législation d'application, recruter des gestionnaires de la faune sauvage professionnels et constituer la commission de la faune sauvage. L'Office de la nature, de la chasse et de la pêche (ANJF) existant peut servir de base institutionnelle.

6. Sur le deuxième article : protection des espèces sauvages menacées et protégées

Le deuxième article est particulièrement pertinent pour Saint-Gall. Le loup est documenté dans les Churfirsten et dans l'Alpstein. L'aigle royal niche dans l'Alpstein. Le lynx est présent dans les Préalpes. Le castor colonise le Rhin, la Thur et la Sitter. La rive sud du lac de Constance et le Rheintaler Riet sont des zones d'importance suprarégionale pour les oiseaux aquatiques. La formulation «notamment» est conçue comme un renvoi dynamique au droit fédéral et protège également les espèces qui pourraient revenir à l'avenir, en particulier la loutre (cf. la politique du loup sur wildbeimwild.com).

7. Conséquences financières : budget concret pour Saint-Gall

Le budget de référence genevois

À Genève, qui avec ses 282 km² est environ sept fois plus petit que Saint-Gall et compte environ 500’000 habitants, les coûts totaux de la gestion professionnelle de la faune sauvage s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an : environ 600’000 francs pour le personnel, environ 250’000 francs pour la prévention et environ 350’000 francs pour l'indemnisation des dommages.

Extrapolation conservatrice pour Saint-Gall

Pour Saint-Gall, avec une superficie de 2’026 km² et environ 520’000 habitants, l'estimation des coûts suivante est délibérément conservatrice. Elle calcule généreusement et tient compte des coûts supplémentaires liés au contexte alpin, qui ne s'appliquent pas à Genève :

Charges de personnel : 960’000 à 1’680’000 francs par an. Il faut entre 8 et 12 postes à plein temps. Un poste à plein temps au service cantonal coûte, charges sociales et frais patronaux annexes inclus, environ 120’000 à 140’000 francs par an. Saint-Gall est sept fois plus grand que Genève et topographiquement exigeant : l'Alpstein, les Churfirsten et le Sarganserland nécessitent des spécialistes ayant une expérience alpine.

Frais matériels : 200’000 à 350’000 francs par an. Cela comprend l'équipement, les véhicules, les dispositifs d'effarouchement, l'infrastructure de monitoring (pièges photographiques, émetteurs GPS), les mesures de protection structurelles, les clôtures électriques et les relations publiques. En terrain alpin, les frais matériels sont plus élevés qu'en plaine.

Indemnisation des dommages : 150’000 à 300’000 francs par an. Principalement les dégâts de sangliers dans l'agriculture, les dommages d'abroutissement en forêt, les dégâts de castors aux cours d'eau et les éventuels dommages causés par des attaques de loups. L'estimation haute tient compte d'une possible augmentation de la présence du loup.

Investissement de départ pour la protection des troupeaux : 500’000 à 1’000’000 de francs. Durant les trois à cinq premières années suivant le changement de système, une investissement initial unique dans l'infrastructure de protection des troupeaux pour les Churfirsten et le Sarganserland est nécessaire : programmes de chiens de protection des troupeaux, clôtures mobiles, parcs de nuit, formation de bergers. Cet investissement n'est pas récurrent et sera amorti sur trois à cinq ans.

Coût total : 1’310’000 à 2’330’000 francs par an (brut). Cela correspond à environ 2.50 à 4.50 francs par habitant et par an.

Gestion de transition pour le cerf élaphe

Le cerf élaphe est présent en grands effectifs dans les Alpes saint-galloises. Durant les premières années suivant le changement de système, une gestion de transition ciblée est nécessaire, car la reproduction compensatoire — le taux de reproduction artificiellement élevé induit par la pression de chasse — ne diminue qu'après quelques années. La littérature scientifique atteste clairement de cet effet : une forte pression de chasse entraîne une maturité sexuelle précoce, des portées plus importantes et un taux de survie plus élevé des jeunes. Après la suppression de la pression de chasse, le taux de reproduction se normalise en trois à cinq ans. Cette gestion de transition est déjà prise en compte dans les effectifs de postes plus élevés (cf. études sur wildbeimwild.com).

Économies et contre-financement

À cela s'opposent des économies considérables : le canton n'a plus à organiser d'examens de chasse, à délivrer et gérer des permis, à établir des plans d'abattage ni à organiser la surveillance de la chasse. Les ressources actuellement affectées à ces tâches au sein de l'Office de la nature, de la chasse et de la pêche peuvent être partiellement réaffectées. S'y ajoutent les coûts engendrés aujourd'hui par les tirs de loups : un seul loup abattu inutilement coûte au public environ 35’000 francs (interventions en hélicoptère, coordination, procédures juridiques). Avec plusieurs abattages par an, cela s'accumule rapidement.

Recettes supprimées

Avec la suppression de la chasse de loisir, les recettes locatives issues de la chasse en régie, estimées entre 600’000 et 900’000 francs par an, disparaissent. À cela s'opposent toutefois les coûts externes jamais comptabilisés de la chasse en milice – accidents de la route impliquant du gibier, dégâts de abroutissement en forêt de protection liés à la chasse, charges administratives, interventions policières et judiciaires –, qui représentent un multiple de ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes font défaut depuis 1974 – sans problèmes financiers : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs ; aujourd'hui, trois postes à plein temps accomplissent le même travail, et mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques effectués par des gardes-faune professionnels ne sont pas la même chose qu'une chasse régulatrice fondée sur le jargon cynégétique ou la «expérience de la nature» mal comprise des chasseurs de loisir. Un calcul en coûts complets le montre : la chasse en milice coûte au contribuable nettement plus qu'elle ne rapporte (cf. «Ce que la chasse de loisir coûte vraiment à la Suisse» sur wildbeimwild.com).

Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations liées à la biodiversité et à la protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse qu'il avait contribué à façonner a échoué en votation (51,9 pour cent de non). En 2016, la fédération des chasseurs tessinois a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir au parlement ont majoritairement voté contre les préoccupations environnementales. Quiconque affirme que les chasseurs de loisir sont des défenseurs de la nature ignore leur comportement en votation (cf. Fédération des chasseurs tessinois : 30 ans d'absurdités et Dossier sur les coûts).

Les surcoûts nets devraient s'élever à 800’000 à 1’500’000 francs par an, ce qui correspond à environ 1.55 à 2.90 francs par habitant, soit, même en calculant généreusement : moins d'un café par personne et par an. Pour un canton disposant d'un budget global d'environ 5,3 milliards de francs (comptes d'État 2024, AFF), cela représente moins de 0,03 pour cent (cf. Vérification des mythes sur la chasse sur wildbeimwild.com).

8. Compatibilité avec le droit supérieur

Premier article : suppression de la chasse de loisir

L'initiative est conforme au droit fédéral. La loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément aux cantons la réglementation du droit de chasse, du système de chasse, du territoire de chasse et de la surveillance de la chasse (art. 3 al. 1 LChP). Les trois systèmes de chasse sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 et n'a jamais fait l'objet d'une contestation de droit fédéral en plus de 50 ans.

Deuxième article : protection des espèces protégées

L'art. 7a LChP permet aux cantons la régulation préventive, mais ne les y oblige pas. Y renoncer ne contrevient ni au droit fédéral ni à la Convention de Berne.

Unité de la matière

L'initiative respecte l'unité de la matière, car l'ensemble des dispositions des deux articles se rapportent à la gestion cantonale de la faune sauvage et à la protection des animaux sauvages.

9. Anticipation des objections prévisibles

«Saint-Gall possède des Alpes et une économie alpestre – le modèle genevois ne convient pas»

Les faits : Saint-Gall réunit tous les types de paysages : lac de Constance, Plateau, Préalpes et Alpes. Dans le Plateau (Fürstenland, Wil, Rapperswil-Jona), le paysage est directement comparable à celui de Genève. Dans les Alpes (Alpstein, Churfirsten, Sarganserland), la densité de peuplement est faible et les zones de conflit sont moins nombreuses. L'économie alpestre exige une protection professionnelle des troupeaux, et non la chasse de loisir. Cette grande diversité paysagère fait de Saint-Gall un cas test idéal : si cela fonctionne ici, cela fonctionne partout en Suisse orientale (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Saint-Gall).

Formule communicative synthétique : «Le Plateau saint-gallois est le même paysage que Genève. Et dans les Alpes, il faut une protection professionnelle des troupeaux, pas la chasse de loisir.»

«Le loup a besoin de la chasse de loisir»

Les faits : Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans. Une gestion professionnelle de la faune sauvage permet au loup d'exercer sa fonction écologique, tout en protégeant les troupeaux d'animaux de rente par une prévention professionnelle.

Formule communicative synthétique : «Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans.»

«Les coûts augmentent – c'est finalement le contribuable qui paie»

Les faits : Même avec un calcul généreux et conservateur, cela représente environ 1.55 à 2.90 francs par habitant et par an – moins d'un café par personne et par an. Cela inclut déjà les coûts supplémentaires alpins, l'investissement initial pour la protection des troupeaux et la gestion transitoire du cerf élaphe. Dans la fourchette du niveau genevois (2.40 francs). Genève le fait depuis 50 ans, et 90 pour cent de la population souhaite le maintenir. Moins de 0.1 pour cent du budget cantonal.

Formule de communication courte : «Même avec un calcul généreux : moins d'un café par personne et par an. Moins de 0.1 pour cent du budget cantonal. Les 20 millions zurichois étaient une invention.»

10. Résumé

Cette initiative donne à la population de Saint-Gall la possibilité de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des données probantes de la faune sauvage, ainsi que d'une protection complète des espèces animales sauvages menacées. Le premier article suit le modèle genevois éprouvé depuis plus de 50 ans et remplace la chasse de loisir par une protection professionnelle de la faune. Le deuxième article protège en particulier l'aigle royal dans l'Alpstein, le loup dans les Churfirsten, le castor sur le Rhin, la Thur et la Sitter, ainsi que les oiseaux aquatiques sur le lac de Constance. En tant que plus grand canton de Suisse orientale, un succès à Saint-Gall aurait un effet signal pour toute la région.

Comité d'initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»

[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …

(Membres du comité conformément au droit cantonal, domiciliés dans le canton de Saint-Gall)

Adresse de contact : [adresse du comité]

Annexe : Documentation complémentaire

Les dossiers et sources suivants étayent l'argumentation de cette initiative et sont disponibles en annexe :

Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot – Présentation complète de la gestion de la faune sauvage à Genève depuis 1974.

Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien – Recueil d'études scientifiques sur l'autorégulation des populations de faune sauvage.

La chasse en Suisse : wildbeimwild.com/jagd-in-der-schweiz – Aperçu régulièrement mis à jour de la politique cynégétique suisse.

Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Saint-Gall : wildbeimwild.com – Psychologie der Hobby-Jagd im Kanton SG – Analyse spécifique au canton.

Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd – Articles transversaux.

Animaux sauvages en zone habitée : wildbeimwild.com/category/wildtiere-im-siedlungsgebiet – Coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

Mythes sur la chasse : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen – Vérification des faits.

Initiative populaire cantonale de Bâle-Ville : Texte modèle de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville – Le modèle pour l'ensemble de la série d'initiatives.

Note sur la procédure

Le comité d'initiative soumet le texte de l'initiative à la chancellerie d'État du canton de Saint-Gall pour examen préalable, avant le début de la collecte de signatures. 4’000 signatures valables sont nécessaires pour l'aboutissement de l'initiative. Les modalités de dépôt sont régies par la loi sur le référendum et l'initiative.

Briefing stratégique pour les militantes et militants

Initiative populaire «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage» – Canton de Saint-Gall Document de travail interne – État mars 2026

Résumé

Saint-Gall est le plus grand canton de Suisse orientale et le canton à la faune sauvage la plus diversifiée de la région. Il réunit le lac de Constance, la vallée du Rhin, le Plateau et les Alpes. L'aigle royal niche dans l'Alpstein, le loup est documenté dans les Churfirsten, le castor colonise le Rhin, la Thur et la Sitter. 4’000 signatures pour 520’000 habitants, c'est réalisable. Les coûts par habitant sont inférieurs au niveau genevois. Le passage au système de chasse en régie est administrativement simple. Un succès aurait valeur de signal pour l'ensemble de la Suisse orientale.

1. Pourquoi Saint-Gall en particulier ?

Le canton à la faune sauvage la plus diversifiée de Suisse orientale. Lac de Constance, vallée du Rhin, Plateau, Alpes. Aigle royal, loup, lynx, castor, oiseaux aquatiques.

Parallèle avec le lac de Constance. Ce qui a multiplié les oiseaux aquatiques au bord du lac Léman peut produire le même effet au bord du lac de Constance.

Politique sur le loup dans l'Alpstein. Loup documenté. L'article sur la protection des espèces mobilise.

4’000 signatures pour 520’000 habitants. Moins d'un pour cent. Réalisable.

Chasse en régie = changement de système simple. Pas de contrats de bail, pas d'indemnisation communale.

Valeur de signal pour la Suisse orientale. Le plus grand canton de la région.

2. Les leçons de Zurich : ce que nous ferons différemment

Titre positif. «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage» plutôt que «Gardes-faune à la place des chasseurs».

Calcul budgétaire concret. Environ 1,55 à 2,90 francs par habitant. En dessous du niveau genevois.

Assurer tôt le soutien des partis. Intégrer tôt le PS, les Verts, le PVL.

La protection des espèces comme élargissement de la coalition. Aigle royal, loup, castor, oiseaux aquatiques mobilisent largement.

3. Analyse de l'opposition et réponses préparées

Argument adverse 1 : «Saint-Gall possède des Alpes et une économie alpestre»

Les faits : Le Plateau saint-gallois est le même paysage que Genève. Dans les Alpes : faible densité de population, moins de conflits, protection professionnelle des troupeaux plutôt que chasse de loisir.

Formule de communication courte : «Le Mittelland saint-gallois, c'est Genève. Les Alpes ont besoin de protection des troupeaux, pas de chasse de loisir.»

Contre-argument 2 : «Le loup a besoin de la chasse de loisir»

Les faits : Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans.

Formule de communication courte : «Le loup régule. La chasse de loisir perturbe.»

Contre-argument 3 : «Les coûts augmentent»

Les faits : Même en calculant généreusement : moins d'un café par personne et par an. Moins de 0,1 pour cent du budget cantonal.

Formule de communication courte : «Moins d'un café par personne et par an. Moins de 0,1 pour cent du budget.»

4. Stratégie de communication : les trois messages clés

«Genève montre l'exemple depuis 50 ans.» Plus de biodiversité, des populations stables, des coûts minimaux, 90 pour cent d'approbation.

«Professionnel plutôt qu'amateur.» Des spécialistes plutôt que des tireurs de loisir.

«Environ 1,55 à 2,90 francs par personne et par an.» En dessous du niveau genevois.

5. Calendrier et prochaines étapes

PhaseContenuCalendrier
Constitution du comité & vérification préalable du texteFaire appel à une juriste ou un juriste ; recruter des membres du comité domiciliés dans le canton de SGMois 1–3
Dépôt pour examen préalableChancellerie d'État de Saint-GallMois 3–4
Publication & lancement de la collecteObjectif : 5’000+ signatures comme marge de sécuritéMois 4
Contacts avec les partis & construction de coalitionsPS, Verts, PVL ; Pro Natura SG ; BirdLife SG ; WWF Suisse orientaleMois 1–12
Dépôt des signaturesChancellerie d'État, vérification officielleAprès la période de collecte
Débat au Parlement cantonalAncrage parlementaire ; travail médiatiqueMois suivants
Campagne de votationMobilisation finale, argument du lac de Constance, argument de l'aigle royalAvant la votation

6. Matériel de campagne

7. Sources complémentaires

Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé et adapté aux conditions du canton de Saint-Gall par des militantes et militants, des organisations ou des comités d'initiative.

Vérification des faits : les affirmations du lobby des chasseurs de loisir

La brochure «La chasse en Suisse protège et profite» de JagdSchweiz se lit comme un prospectus publicitaire – mais les affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix narratifs à l’épreuve, de «tâche étatique» à «diversité des espèces» en passant par «80 % d’approbation» : Dossier : Verificateur des faits Brochure JagdSchweiz →