3 avril 2026, 23:09

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Initiative populaire cantonale – Canton de Lucerne

«Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»

Initiative constitutionnelle sous forme de projet élaboré

Fondée sur § 27 de la Constitution du Canton de Lucerne du 17 juin 2007 et sur la Loi sur les droits politiques

Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]

Texte de l'initiative

Les personnes soussignées, ayant le droit de vote dans le Canton de Lucerne, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :

La Constitution du Canton de Lucerne du 17 juin 2007 est complétée par les paragraphes suivants :

§ [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage

1 L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse à bail, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du Canton de Lucerne.

2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de la faune sauvage formés professionnellement au service du Canton.

3 L'abattage d'animaux sauvages n'est autorisé qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de protection contre les dangers ont été épuisées ou sont insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.

4 Le Canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentants des organisations de protection des animaux et de la nature, de la science ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et décide des mesures de régulation.

5 Le Canton favorise la régulation naturelle des populations d'animaux sauvages, la mise en réseau des habitats et la coexistence entre l'homme et la faune sauvage.

6 Les modalités sont réglées par la loi.

§ [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées

1 Le canton renonce aux demandes de régulation préventive des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées selon la Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages, notamment le loup, le lynx, l'ours, le castor, la loutre, le chacal doré, l'aigle royal, le harle bièvre et autres espèces protégées par le droit fédéral.

2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'homme et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et l'accompagnement scientifique de la présence de la faune sauvage.

3 Les mesures contre des animaux sauvages individuels qui représentent un danger immédiat et considérable pour l'homme demeurent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et être exécutées par le service spécialisé compétent du canton.

4 Le canton s'engage activement dans le cadre de la coopération intercantonale et envers la Confédération pour la protection et la conservation des espèces d'animaux sauvages menacées.

Disposition transitoire

1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans les deux ans suivant l'adoption de cette modification constitutionnelle.

2 Les permis de chasse existants s'éteignent avec l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Les taxes de permis déjà payées pour la saison de chasse en cours sont remboursées au prorata.

3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion de la faune sauvage pendant la phase de transition.

Commentaires

1. Situation de départ

Dans le canton de Lucerne, le plus grand canton de chasse par secteurs de Suisse centrale avec environ 420'000 habitants sur 1'493 km² de superficie, la chasse de loisir actuelle est un système qui ne sert ni à la protection des espèces ni à une gestion moderne de la faune sauvage. Elle est l'exercice d'un divertissement sanglant aux dépens d'êtres sensibles, légitimée par des narratifs obsolètes qui ne résistent pas à un examen scientifique. L'affirmation selon laquelle l'équilibre écologique s'effondrerait sans la chasse de loisir est réfutée empiriquement depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (cf. le dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com).

La chasse de loisir est organisée à Lucerne comme chasse par secteurs. Les particuliers achètent un permis cantonal et chassent sans responsabilité fixe de secteur. Contrairement à l'affirmation largement répandue, les détenteurs de permis n'assument aucune responsabilité écologique, mais agissent dans le cadre de plans de tir cantonaux orientés principalement vers les intérêts de la sylviculture et de l'agriculture (cf. la psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Lucerne ainsi que l'analyse critique de la formation de chasse sur wildbeimwild.com).

Parallèlement, au niveau fédéral, de plus en plus d'espèces d'animaux sauvages protégées subissent des pressions. Avec la révision de la loi sur la chasse en décembre 2022, la régulation préventive du loup a été introduite. Le castor peut être abattu depuis février 2025 sur demande cantonale. La pression politique sur d'autres espèces comme le lynx, la loutre et le harle bièvre augmente constamment. Le loup est présent au Pilatus et en Suisse centrale. La réserve de biosphère UNESCO de l'Entlebuch, la seule de Suisse, abrite une riche faune sauvage. Le lynx est indigène dans les Préalpes lucernoises. Le castor colonise la Reuss, la Petite Emme et d'autres cours d'eau (cf. l'analyse de la politique de chasse sur wildbeimwild.com et la politique du loup sur wildbeimwild.com).

Le canton de Lucerne a la possibilité de donner ici un signal clair : non seulement pour une protection professionnelle de la faune sauvage au lieu de la chasse de loisir, mais aussi pour la protection conséquente des espèces d'animaux sauvages menacées au niveau cantonal.

2. Le modèle : canton de Genève

Le 19 mai 1974, environ deux tiers des votants du canton de Genève ont approuvé l'abolition de la chasse de loisir par milice. Avant l'interdiction, le gros gibier était pratiquement exterminé dans le canton : cerfs et sangliers avaient disparu depuis des décennies, et seules quelques dizaines d'individus de chevreuils survivaient encore. Environ 300 chasseurs de loisir relâchaient massivement des faisans, perdrix et lièvres pour la chasse de loisir.

Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :

– La biodiversité a considérablement augmenté. Le nombre d'oiseaux aquatiques hivernants est passé de quelques centaines à environ 30 000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres des champs et l'une des dernières populations de perdrix de Suisse.

– Le stock de chevreuils s'est stabilisé à un niveau sain, avec un abattage spécialisé annuel par des gardes-faune professionnels de seulement 20 à 36 animaux. La population évolue dans une densité compatible avec la surface forestière.

– En 2005, lors d'un nouveau référendum, 90 pour cent de la population votante genevoise s'est prononcée pour le maintien de l'interdiction de la chasse de loisir. En 2009, une motion pour la réintroduction a été rejetée au parlement cantonal par 70 voix contre 7.

– Les coûts totaux de la gestion professionnelle de la faune à Genève s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an, répartis en environ 600 000 francs pour le personnel (environ trois postes à temps plein, répartis sur une douzaine de responsables environnementaux), 250 000 francs pour la prévention et 350 000 francs pour l'indemnisation des dommages. Cela correspond à environ 2,40 francs par habitant et par an.

L'inspecteur de la faune genevois Gottlieb Dandliker, responsable de la gestion de la faune depuis 2001, qualifie l'interdiction de la chasse de loisir comme l'alternative financièrement la plus avantageuse pour le canton. Une présentation détaillée se trouve dans le Dossier « Genève et l'interdiction de chasse » sur wildbeimwild.com.

L'efficacité du modèle genevois se révèle dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin en moyenne de 8 heures et au maximum 2 cartouches pour un abattage sanitaire d'un sanglier. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres des champs à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), dans le canton de Zurich seulement 1,0 pour 100 hectares (cf. Vérification des faits Conseil d'État de Zurich).

3. Le concept : Garde-faune professionnelle au lieu de chasse de loisir

L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune selon le modèle du garde-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :

Compétence professionnelle au lieu de divertissement de loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune agissent sur une base scientifique, avec une formation biologique et dans le cadre d'un mandat de prestation cantonal. Leur objectif est la conservation de populations saines d'animaux sauvages, et non la maximisation du nombre d'abattages. En revanche, la chasse de loisir poursuit par nature l'intérêt de sécuriser sa propre raison d'être par des effectifs élevés d'espèces chassables (cf. l'analyse critique de la formation cynégétique sur wildbeimwild.com).

Principe d'ultima ratio. Un abattage n'est autorisé que si toutes les mesures non létales sont épuisées. Cela inclut les clôtures électriques, l'effarouchement, l'aménagement de l'habitat, la translocation, les répulsifs gustatifs et les mesures de protection constructives. À Genève, les arbres fruitiers sont protégés par des filets pour que les chevreuils et lièvres ne rongent pas l'écorce. Pour les sangliers, le canton met des clôtures électriques à disposition des agriculteurs. Cette pratique montre : la coexistence est une question de volonté, pas de possibilité technique.

Contrôle démocratique par une commission de la faune. La commission indépendante, composée d'associations de protection animale et environnementale, de scientifiques et d'autorités, empêche que la pression politique de groupes d'intérêts particuliers n'affaiblisse la gestion de la faune sauvage. L'initiative ancre ce mécanisme de protection de manière conséquente en inscrivant constitutionnellement l'obligation d'autorisation de la commission de la faune sauvage.

L'autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience genevoise, celle des parcs nationaux et de nombreuses études scientifiques le prouvent : les populations d'animaux sauvages se régulent dans la plupart des cas de manière autonome. La chasse de loisir perturbe ce processus naturel en détruisant les structures sociales, en augmentant artificiellement les taux de reproduction et en modifiant les mouvements migratoires.

4. Pourquoi Lucerne ?

Le canton de Lucerne se prête particulièrement à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune sauvage pour plusieurs raisons :

Plus grand canton à chasse en battue de Suisse centrale. Lucerne est le deuxième plus grand canton à chasse en battue de Suisse alémanique après Berne. Si la protection professionnelle de la faune fonctionne à Lucerne, elle fonctionnera dans tous les cantons à chasse en battue de Suisse centrale. Le changement de système est administrativement plus simple que dans les cantons à chasse en battue, car aucun contrat d'affermage de chasse ne doit être résilié et aucune commune indemnisée.

Réserve de biosphère UNESCO de l'Entlebuch. L'Entlebuch est la seule réserve de biosphère UNESCO de Suisse. Elle abrite une riche faune sauvage, notamment le lynx, le cerf rouge et de nombreuses espèces d'oiseaux protégées. Une gestion professionnelle de la faune renforcerait la signification écologique de la réserve de biosphère et mettrait en œuvre de manière plus conséquente la mission UNESCO que la chasse de loisir (cf. wildbeimwild.com sur les parcs nationaux et zones protégées).

Loup au Pilatus. Le loup est documenté au Pilatus et en Suisse centrale. Les tirs controversés de loups ont politisé le débat. L'initiative offre une réponse constitutionnelle au débat sur le loup : une gestion professionnelle de la faune plutôt que des tirs politiquement motivés (cf. la politique du loup sur wildbeimwild.com).

4'000 signatures. Avec 420'000 habitants, 4'000 signatures représentent moins d'un pour cent de la population. À Lucerne, Emmen, Kriens, Horw, Sursee et Willisau, la collecte peut se faire efficacement (cf. wildbeimwild.com sur les animaux sauvages en zone d'habitation).

Castor sur la Reuss et la Petite Emme. Le castor est documenté le long de la Reuss, de la Petite Emme et d'autres cours d'eau. Depuis février 2025, il peut être abattu dans toute la Suisse sur demande cantonale. L'initiative protège le castor dans le canton (cf. wildbeimwild.com sur les prédateurs).

Canton touristique. Lucerne est l'un des cantons touristiques les plus importants de Suisse. La présence d'animaux sauvages dans le paysage constitue un capital touristique. L'expérience genevoise montre que dans les zones exemptes de chasse de loisir, les animaux sauvages ont une distance de fuite moindre et sont plus visibles pour les personnes en quête de détente. La protection professionnelle de la faune augmente l'attractivité du canton pour le tourisme nature.

Lynx dans les Préalpes. Le lynx est indigène dans les Préalpes lucernoises et régule naturellement les populations de chevreuils. La gestion professionnelle de la faune protège le lynx et utilise sa fonction écologique.

5. Sur le texte de l'initiative

Alinéa 1 – Interdiction de la chasse de loisir

L'interdiction de la chasse en reviers par des particuliers constitue le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois. La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (LChP) confie expressément l'organisation de l'exploitation cynégétique aux cantons (art. 3 al. 1 LChP). Les trois systèmes de chasse de la Suisse – chasse à patente, chasse en reviers et chasse d'État ou en régie – sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 en conformité avec le droit fédéral. Contrairement aux cantons à chasse en reviers, à Lucerne, aucun contrat d'affermage de chasse ne doit être résilié et aucune commune indemnisée : les patentes existantes s'éteignent et les taxes déjà payées sont restituées au prorata.

Alinéa 2 – Gestion professionnelle de la faune

Au lieu des chasseurs de loisir, des gestionnaires de la faune professionnellement formés au service cantonal assument toutes les tâches de protection de la faune et, si nécessaire, de régulation des effectifs. Ces spécialistes disposent d'une formation biologique ou éco-cynégétique plus complète et agissent sur des bases scientifiques et dans l'intérêt public. À Genève, ce système fait ses preuves depuis plus de 50 ans.

Alinéa 3 – L'abattage comme ultima ratio

L'innovation centrale par rapport au système actuel : l'abattage n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives ont la priorité. À Genève, environ 250 sangliers sont abattus annuellement en moyenne par les gardes-faune (selon les statistiques de chasse de l'OFEV), principalement des jeunes animaux, les animaux dominants étant explicitement épargnés pour des raisons éthiques et pour préserver la stabilité sociale des hardes.

Alinéa 4 – Commission de la faune

La commission indépendante de la faune s'inspire du modèle genevois de la commission constitutionnelle de la faune. Elle garantit que les associations de protection des animaux et de la nature aient un droit de participation dans les décisions de régulation et empêche que le gouvernement autorise de manière autonome et sous la pression de groupes d'intérêts des exceptions. L'intégration de la science garantit que les décisions soient prises sur des bases factuelles et ne reposent pas sur les mythes cynégétiques idéologiques avec lesquels le lobby de la chasse de loisir légitime sa pratique depuis des décennies.

Alinéa 5 – Régulation naturelle et coexistence

Cet alinéa ancre dans la constitution la philosophie directrice de la protection professionnelle de la faune : la nature se régule largement elle-même, lorsque l'homme n'intervient pas dans la dynamique des populations par des abattages massifs. La promotion de la coexistence comprend à Lucerne notamment la sécurisation et la mise en réseau de corridors fauniques le long de la Reuss et de la Petite Emme, la revalorisation écologique de la réserve de biosphère UNESCO de l'Entlebuch et la sensibilisation de la population sur le comportement face à la faune (cf. wildbeimwild.com sur la faune en zone d'habitation).

Dispositions transitoires

Le délai de deux ans donne au Conseil d'État suffisamment de temps pour élaborer la législation d'exécution, engager des gestionnaires de la faune professionnels et constituer la commission de la faune. Le service existant de l'agriculture et des forêts (lawa) peut servir de base institutionnelle. Le changement de système de la chasse en reviers vers la chasse en régie est administrativement plus simple que dans les cantons à chasse en reviers : aucun contrat d'affermage ne doit être résilié et aucune commune indemnisée.

6. Sur le deuxième paragraphe : Protection des espèces de faune menacées et protégées

Le deuxième paragraphe est particulièrement pertinent pour Lucerne. Le loup est présent au Pilatus et en Suisse centrale. Le lynx est indigène dans les Préalpes. Le castor colonise la Reuss, la Petite Emme et d'autres cours d'eau. La réserve de biosphère UNESCO de l'Entlebuch abrite de nombreuses espèces protégées. Le paragraphe sur la protection des espèces ancre dans la constitution le renoncement aux demandes de régulation et donne au canton une position claire dans le débat national.

La formulation «en particulier» est conçue comme un renvoi dynamique au droit fédéral. Elle garantit que la protection cantonale s'applique automatiquement aux espèces que le législateur fédéral placera à l'avenir sous protection ou inscrira sur une liste de régulation, sans qu'une modification constitutionnelle soit nécessaire (cf. l'analyse de la politique du loup sur wildbeimwild.com).

7. Conséquences financières : Budget concret pour Lucerne

Le budget de référence genevois

À Genève, qui avec 282 km² est environ cinq fois plus petit que Lucerne et compte environ 500’000 habitants, les coûts totaux de la gestion professionnelle de la faune s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an : environ 600’000 francs pour le personnel, environ 250’000 francs pour la prévention et environ 350’000 francs pour l'indemnisation des dommages.

Extrapolation conservatrice pour Lucerne

Pour Lucerne avec 1’493 km² de superficie et environ 420’000 habitants, l'estimation de coûts volontairement conservatrice suivante en résulte. Celle-ci calcule généreusement et tient compte des régions préalpines et alpines (Entlebuch, Pilate, Napf), de la mise en place de la protection des troupeaux et de la gestion de transition :

Coûts de personnel : 840’000 à 1’400’000 francs par an. Il faut 7 à 10 postes à plein temps. Un poste à plein temps dans le service cantonal coûte charges sociales et coûts accessoires de l'employeur inclus environ 120’000 à 140’000 francs par an. Lucerne est cinq fois plus grand que Genève et topographiquement diversifié : Plateau au nord, Préalpes et Alpes au sud (Entlebuch, Pilate, Napf). Le loup du Pilate a fait les gros titres nationaux en 2023/2024 et exige une gestion spécialisée des grands carnivores.

Coûts matériels : 180’000 à 300’000 francs par an. Équipement, véhicules, appareils d'effarouchement, infrastructure de monitoring (pièges photographiques, émetteurs GPS), mesures de protection structurelles, clôtures électriques et relations publiques. En terrain préalpin et alpin, les coûts matériels sont plus élevés qu'en plaine.

Indemnisation des dommages : 100’000 à 250’000 francs par an. Principalement dommages de sangliers en agriculture, dommages d'abroutissement en forêt, dommages de castors aux cours d'eau et éventuels dommages d'attaques de loups. L'estimation supérieure tient compte de la présence croissante du loup au Pilate.

Investissement initial pour la protection des troupeaux : 400’000 à 700’000 francs. Dans les trois à cinq premières années après le changement de système, il faut un investissement initial unique dans l'infrastructure de protection des troupeaux pour l'Entlebuch et la région du Pilate : programmes de chiens de protection, clôtures mobiles, parcs de nuit, formation de bergers. Cet investissement n'est pas récurrent et sera amorti sur trois à cinq ans. Dans le Plateau lucernois, ces coûts ne sont pas nécessaires.

Coûts totaux : 1’120’000 à 1’950’000 francs par an (brut). Cela correspond à environ 2,65 à 4,65 francs par habitant et par an.

Reproduction compensatoire et gestion de transition

La reproduction compensatoire – le taux de reproduction artificiellement augmenté par la pression de chasse – concerne aussi le canton de Lucerne. La chasse de loisir produit plus de naissances qu'elle ne prélève d'animaux. Après le changement de système, il faut dans les trois à cinq premières années une gestion de transition active qui ramène la densité de population à un niveau naturel. Les gardes-faune professionnels assument cette tâche sur une base scientifique et sans intérêts économiques propres.

8. Concernant le processus d'initiative dans le canton de Lucerne

Dans le canton de Lucerne, une initiative populaire au niveau constitutionnel nécessite la récolte de 4’000 signatures dans les 6 mois (§ 27 al. 2 KV LU). Le comité d'initiative doit être annoncé auprès de la Chancellerie d'État. Lors du dépôt, le Conseil d'État examine l'initiative quant à son admissibilité. En cas d'approbation, elle est soumise au Grand Conseil puis au peuple pour votation.

Les 4 000 signatures peuvent être collectées à Lucerne, Emmen, Kriens, Horw, Sursee et Willisau. Ce sont les plus grandes villes du canton de Lucerne. Avec un système de collecte professionnel, cela est réalisable.

9. Intégration stratégique

L'initiative lucernoise s'inscrit dans une stratégie nationale : dans plusieurs cantons, des initiatives populaires pour la protection professionnelle de la faune sont lancées de manière coordonnée. Des mesures coordonnées au niveau national créent des synergies dans l'argumentation, le travail médiatique et le positionnement politique. Le canton de Lucerne se prête comme canton pilote pour la Suisse centrale.

10. Suite de la procédure

Ce document est un texte modèle de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par les militantes et militants, organisations ou comités d'initiative et adapté aux conditions du canton de Lucerne.

La prochaine étape consiste en la formation d'un comité d'initiative dans le canton de Lucerne, composé de personnes de différentes communes du canton, avec des personnes ayant le droit de vote dans le canton de Lucerne. Le comité assure le portage de l'initiative et lui confère une légitimité politique.

La base juridique, l'argumentation politique, le cadre communicationnel et le budget sont posés avec ce document. Le comité d'initiative peut directement commencer la mise en œuvre.

Initiatives populaires cantonales – Autres cantons

Ce document est un texte modèle de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par les militantes et militants, organisations ou comités d'initiative et adapté aux conditions du canton de Lucerne.

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