Le gouvernement soleurois défend la cruauté envers les animaux
Dans le canton de Soleure, le Conseil-exécutif a laissé passer une occasion historique. Au lieu d'interdire enfin la cruelle chasse à rabatteurs, il s'accroche à cette sanglante tradition et fournit des arguments spécieux pour la poursuite de la souffrance animale au nom de la « régulation des populations ».
Quiconque a été témoin d'une chasse à rabatteurs sait ce qui s'y passe : chevreuils, sangliers et autres animaux sauvages surgissent dans une panique mortelle de leurs refuges, courant sans réfléchir sur les routes et les champs, souvent jusqu'à l'épuisement total.
Des tirs manqués, des blessures et des agonies atroces surviennent régulièrement. Des espèces non chassables sont également entraînées dans le tourbillon de la panique. Ce n'est pas de la « gestion », c'est de la cruauté envers les animaux organisée. Environ 55 % des chevreuils abattus chaque année dans le canton proviennent de chasses en battue.
Dans leur prise de position du 21.10.2025, le gouvernement écrit : « Les chasses en battue constituent une méthode judicieuse et efficace pour réguler les populations. » Efficace ? Oui, s'il s'agit de tuer le plus grand nombre d'animaux possible en un minimum de temps. Mais l'efficacité n'est pas un laissez-passer moral. La souffrance animale reste la souffrance animale, peu importe à quel point c'est « pratique » pour les chasseurs de loisir.
Particulièrement cynique : «Les chasses en battue ne sont pas des chasses à courre. La chasse à courre n'est pas pratiquée en Suisse.» Une subtilité absurde. Que des chiens pourchassent un animal pendant des heures ou qu'il soit plongé dans la panique au cœur d'une chasse à rabatteurs, la souffrance est identique : stress, peur, blessures, agonie. Tout le reste n'est que poudre aux yeux. Les chasses en battue provoquent également à répétition de dangereux accidents de la route. L'affirmation du gouvernement «Les chasses en battue sont considérées comme efficaces et ménageant la faune» atteint des sommets dans l'absurdité. La Protection Suisse des Animaux (PSA) rejette elle aussi la chasse en battue ou la chasse au terrier, précisément parce qu'il s'agit de cruauté envers les animaux.
Les chasseurs de loisir soleurois traquent les animaux sauvages jusque dans les quartiers résidentiels
Le 29 octobre 2025, à Nunningen dans le canton de Soleure, un incident s'est produit lors d'une battue au cours de laquelle plusieurs chevreuils, pris de panique, ont été poussés à travers un talus escarpé jusque dans les quartiers résidentiels locaux. Des enregistrements vidéo attestent comment ces animaux terrorisés ont épuisé, au cours d'une fuite de plusieurs minutes, des réserves énergétiques essentielles dont ils ont pourtant un besoin urgent pour l'hiver à venir.
Cet incident démontre une fois de plus que la chasse dite de loisir n'a rien à voir avec la protection des animaux ou de la nature. Elle signifie bien plutôt que des animaux sont exposés à un stress inutile, à la souffrance et à la mort, uniquement pour satisfaire l'envie de chasser de certains humains.
HUNT WATCH exige donc avec insistance :
- Une interdiction immédiate de la chasse
- Un développement cohérent d'alternatives respectueuses du bien-être animal pour la gestion de la faune sauvage
- Un débat sociétal ouvert sur la responsabilité éthique envers les animaux sauvages
C'est la seule façon de garantir une protection efficace et respectueuse de la faune sauvage.
La nature n'a pas besoin de chasseurs amateurs
Le gouvernement justifie son refus par la prétendue nécessité de la régulation : sans battue, la «gestion efficace des populations de gibier» ne serait plus possible. Pourtant, de plus en plus d'études scientifiques et d'exemples concrets (de nombreux cantons se passent très bien des battues) prouvent le contraire : les écosystèmes s'autorégulent largement lorsque les chasseurs de loisir ne les perturbent pas. Les forêts et les populations de gibier atteignent un meilleur équilibre sans «correction» humaine qu'avec des balles et des grenailles. Dans les zones sans chasse amateur, le constat est clair : la nature, avec ses forêts, est plus forte, plus saine et plus paisible quand on la laisse en paix.
En rejetant le mandat populaire, le canton de Soleure a clairement pris position : contre le bien-être animal, contre le progrès social et contre une politique faunique tournée vers l'avenir. Au lieu d'emprunter courageusement de nouvelles voies, le gouvernement s'accroche au lobbying des chasseurs et défend un vestige d'une époque barbare.
Mais les critiques à l'égard de la chasse se font de plus en plus entendre. De plus en plus de personnes voient dans les battues ce qu'elles sont réellement : des spectacles brutaux qui n'ont plus leur place dans aucune société moderne. Soleure peut bien refuser l'abolition, l'opinion publique ne s'en laissera pas dissuader. La pression sur le monde politique et le lobby des chasseurs amateurs s'intensifie.
Les politiciens et les chasseurs amateurs peuvent détenir du pouvoir et constituent souvent une source de corruption et de cupidité. – IG Wild beim Wild
Tirs manqués – la tragédie invisible
Les battues ne sont pas seulement source de stress et de panique pour les animaux sauvages. Elles sont également tristement célèbres pour le nombre élevé de tirs manqués. Dans l'agitation, lorsque des dizaines d'animaux traversent simultanément la ligne de tir, la précision chute massivement. La conséquence : de nombreux animaux ne sont pas tués sur le coup, mais grièvement blessés, et se traînent péniblement avec des membres brisés, des corps transpercés ou des blessures internes. Beaucoup de ces animaux ne périssent que des heures ou des jours plus tard dans la forêt, lentement, silencieusement et invisibles aux yeux des chasseurs de loisir.
Un tel scénario n'est pas l'exception, mais la règle lors des battues. Chaque année, elles engendrent d'immenses souffrances animales, difficiles à contrôler ou à justifier. Précisément parce que le gouvernement lui-même insiste sur l'«efficacité», il accepte délibérément qu'une part considérable des animaux meure de manière cruelle, plutôt que d'être tués instantanément.
La venaison – pas un produit naturel «honnête»
Les chasseurs de loisir aiment vanter leur viande comme «honnête» et «pure», qu'ils cherchent à imposer à la population. Mais en y regardant de plus près, il n'en reste rien. La «viande honnête ou saine» des chasseurs amateurs est un mythe.
La venaison n'est pas un produit naturel propre. Elle est souvent chargée en métaux lourds, parasites, bactéries et résidus de munitions. De plus, cette viande provient d'animaux tués dans la panique, la peur et la souffrance.
Dans l'agonie, les animaux sécrètent des hormones de stress telles que l'adrénaline et le cortisol, qui envahissent l'ensemble de l'organisme. Cela rend la viande coriace, l'alourdit et l'éloigne de toute image romantique d'une «délicatesse naturelle». Un chevreuil traqué n'est pas un produit de santé ; c'est le résultat de la peur, du traumatisme et de la violence.
Dans quelle mesure un produit fondé sur la souffrance et le sang est-il honnête ? Lorsque les chasseurs de loisir prétendent que leur viande est «honnête», ils se révèlent avant tout eux-mêmes. Ce qui serait honnête, c'est de dire clairement : cette viande provient d'un animal qui a été traqué, blessé par balle et mort dans d'atroces souffrances.
Quiconque souhaite réellement vivre sainement et durablement ne devrait consommer ni viande de chasse ni viande issue de l'élevage intensif. Car le résultat est toujours le même : la souffrance animale dans l'assiette. À l'abattoir, on tue ; dans la forêt, de manière non hygiénique et brutale. Chez les chasseurs de loisir, s'ajoute encore le fait qu'ils valorisent de la charogne.
Valeur ajoutée :
- La venaison : naturelle, saine – ou dangereuse ?
- De la venaison du chasseur amateur ? – De la charogne dans l'assiette !
- Selon des études, il existe des risques pour la santé dans le contexte de la consommation de viande de gibier
- Alimentation : le goût civilisé
- La viande de gibier vendue par les chasseurs est de la charogne
- La viande de gibier ne peut pas être BIO
- La viande d'animaux sauvages n'est pas du gibier biologique
- Démence : dans quelle mesure le gibier est-il nocif ?
- La viande de gibier rend malade
- Résidus de plomb dans les produits à base de viande de gibier
- Viande de gibier : risques, plomb et mythes de la chasse
- Attention : mise en garde contre la viande de gibier vendue par des chasseurs amateurs
- Les chasseurs mentent aussi lors de la vente de viande
Sources :
| Année | Auteur·e·s | Espèce / Thème | Méthode de chasse / Contexte | Résultats principaux | Pertinence pour l'argumentation |
|---|---|---|---|---|---|
| 1998 | Mason et al. | Cerfs | Chasse à courre / Poursuite | Taux de cortisol jusqu'à 70 fois plus élevé ; charge physiologique massive | Preuve solide que la chasse à courre génère des réactions de stress extrêmes |
| 2018 | Gentsch et al. | Ongulés (diverses espèces) | Situations traumatiques incluant les chasses en battue | Valeurs de cortisol nettement plus élevées lors de battues et de chasses avec chiens que lors de tirs individuels | Directement pertinent : les chasses en battue entraînent les niveaux de stress les plus élevés |
| 2020 | Vilela et al. | Cerfs | Chasse en général | L'activité cynégétique entraîne des réactions de stress mesurables (cortisol, fréquence cardiaque) | Atteste le stress général lié à la chasse, mesurable physiologiquement |
| 2023 | Dziki-Michalska et al. | Chevreuils | Chasse à l'approche (« stalking ») | Valeurs de cortisol significativement élevées, selon l'âge et le sexe | Preuve : même la chasse silencieuse est un facteur de stress – la chasse en battue est proportionnellement pire |
| 2024 | Dziki-Michalska et al. | Cerfs | Chasse à l'approche | Des valeurs élevées de cortisol étaient corrélées à un moins bon état de la viande et au poids corporel | Soutient la critique de la « viande de gibier honnête » |
| 2025 | Bíl et al. | Europe (dont CH) | Accidents de la route impliquant du gibier | Aperçu : conséquences juridiques & chiffres d'accidents en Europe | Pertinence : les chasses en battue augmentent le risque d'accidents avec le gibier |
| 2023 | [Étude CH, anonymisée en open access] | Suisse | Wildlife-vehicle collisions | Identifie les points névralgiques d'accidents avec le gibier sur le réseau routier suisse | Argument : les chasses en battue poussent le gibier vers des zones de circulation dangereuses |
| 2019 | Wild bei Wild (statistiques) | Suisse | Accidents de chasse | Statistiques sur les accidents de chasse et impliquant le gibier en CH | Montre les risques pour l'homme & l'animal lors des chasses en battue |
| 2005 | von Borell et al. | Sangliers | Capture & mise à mort | Paramètres de stress nettement élevés (cortisol, lactate) | Atteste le stress physiologique chez les sangliers |
| 2011 | Broom & Johnson | Review : Welfare of hunted animals | Diverses formes de chasse | La chasse provoque régulièrement de la peur, du stress, des blessures et une souffrance prolongée | Source de référence pour l'évaluation éthique |
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