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Loi sur la chasse

L'UICN critique les tirs de loups suisses 2025

La Suisse se trouve à un tournant en matière de gestion de la faune sauvage. En 2025 également, de nouvelles dispositions sur la chasse doivent entrer en vigueur, autorisant l'abattage à grande échelle des loups (Canis lupus) – même sans preuve de dommages concrets. Cela menace de provoquer un fiasco éthique, écologique et juridique dont les effets négatifs se feront sentir bien au-delà des frontières nationales.

Rédaction Wild beim Wild — 18 octobre 2025

Le loup est de retour en Suisse – une réussite pour la protection de la nature, pourrait-on penser.

Mais à peine l'espèce s'est-elle réimplantée que la politique retombe dans ses anciens schémas. Au lieu de miser sur une coexistence fondée sur des bases scientifiques, on opte pour le tir comme solution par défaut. Selon les nouvelles dispositions sur la chasse, jusqu'à deux tiers des jeunes animaux pourraient être tués – qu'ils aient causé un dommage ou non. Des meutes entières peuvent être éliminées.

Ce que beaucoup ignorent : cette politique est non seulement tolérée mais activement promue par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) sous la direction de Katrin Schneeberger et par les administrations cantonales de la chasse. Et ce, bien qu'elle soit en contradiction flagrante avec la Convention de Berne – un accord international que la Suisse a ratifié en 1982.

La pratique suisse fonctionne exactement à l'inverse : les cantons demandent des tirs préventifs, et l'OFEV les autorise, même en l'absence de dommages documentés. Dans certains cas, des meutes entières sont éliminées, y compris les jeunes animaux – une procédure qui ne serait autorisée dans aucun pays de l'UE.

La Suisse viole systématiquement l'esprit et la lettre de la Convention de Berne, déclare un juriste international spécialisé dans la protection de la nature qui souhaite rester anonyme. Les autorisations de l'OFEV légitiment une politique hautement problématique au regard du droit international.

L'OFEV invoque régulièrement la «souveraineté cantonale» et la «marge de manœuvre régionale». Mais en réalité, il s'agit de complaisances à motivation politique par lesquelles les autorités fédérales et cantonales amortissent la pression des lobbies de la chasse et des associations agricoles.

Au lieu de se présenter comme la gardienne de la protection de la nature et des espèces, l'autorité agit de plus en plus comme la facilitatrice d'une politique d'abattage scientifiquement intenable. Des spécialistes critiques au sein de l'administration font état d'une influence politique et d'une censure des évaluations scientifiques qui ne cadrent pas avec le récit de la «prévention des dommages».

Plusieurs cantons autorisent l'utilisation de dispositifs à imagerie thermique et de vision nocturne lors des chasses au loup – des méthodes expressément interdites par l'article 8 de la Convention de Berne. Les standards européens de protection animale, qui devraient pourtant constituer une exigence minimale, sont ainsi ignorés.

L'OFEV réagit jusqu'ici par le silence – alors qu'en sa qualité d'autorité d'exécution et de surveillance, il serait tenu de prévenir ou de sanctionner les infractions.

Les experts de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) tirent désormais la sonnette d'alarme : de telles interventions menacent la stabilité génétique de la population alpine et pourraient créer ce que l'on appelle des « trous noirs démographiques » – des régions où les loups sont éradiqués et où les mouvements migratoires sont interrompus.

Le Congrès mondial de la nature de l'UICN 2025 demande dans une motion, lors de sa session à Abou Dhabi, du 9 au 15 octobre, au directeur général et aux membres de l'UICN, d'inviter la Suisse à modifier les dispositions sur la chasse afin de garantir que la gestion du loup et de la faune sauvage corresponde aux meilleures connaissances scientifiques disponibles et aux engagements internationaux et maintienne des populations viables de loups, de bouquetins, de castors et d'espèces protégées ; d'appliquer de manière conséquente le principe de précaution in dubio pro natura.

L'UICN et plusieurs juristes de l'environnement préparent actuellement des résolutions et des démarches juridiques afin de rappeler à la Suisse ses engagements. La résolution 142 de l'UICN (Abou Dhabi 2025) appelle explicitement à ce que la gestion du loup en Suisse corresponde aux meilleures connaissances scientifiques disponibles et aux engagements internationaux.

Des obligations de droit international sont ignorées

Avec la Convention de Berne, la Suisse s'est engagée à préserver l'état de conservation favorable des espèces strictement protégées. Les tirs ne sont autorisés que lorsqu'un dommage sérieux est avéré, qu'il n'existe aucune alternative et que la survie de la population n'est pas menacée (art. 9). Or la nouvelle pratique renverse ces conditions : les tirs devraient être effectués de manière préventive – c'est-à-dire avant même qu'un problème n'existe. Le principe de protection est ainsi inversé.

Cela soulève des questions quant à la légalité et à l'acceptabilité éthique de telles méthodes de chasse.

La science contre la politique

De nombreuses études montrent que la déstabilisation de meutes de loups fonctionnelles par la chasse entraîne davantage d'attaques sur le bétail – et non moins. Lorsque les animaux expérimentés manquent, les structures sociales s'effondrent et les jeunes loups inexpérimentés s'attaquent plus souvent aux troupeaux. Malgré cela, les décideurs politiques ignorent ces constats et argumentent avec la «sécurité» et l'«acceptation». Le prix à payer: un retour en arrière de plusieurs décennies en matière de protection de la nature et de crédibilité de la Suisse en tant que pays respectueux de l'environnement.

Des alternatives sont depuis longtemps sur la table

Des projets réussis dans de nombreux pays prouvent que les mesures non létales fonctionnent:

  • des chiens de protection des troupeaux bien dressés,
  • des clôtures électriques et
  • un soutien ciblé aux agriculteurs qui misent sur la prévention plutôt que sur la représailles.

L'UICN exige donc que la Suisse priorise ces instruments et traite les interventions létales comme un tout dernier recours.

Éthique, science et responsabilité

L'évolution actuelle révèle un problème plus profond: la politisation de la gestion de la faune sauvage. Au lieu de l'évidence scientifique et de la pesée éthique, ce sont les revendications populistes et les intérêts des lobbies qui dictent le cap.

Le loup est plus qu'un animal en conflit – il est une pierre de touche de notre capacité à gérer la nature sauvage et la responsabilité. Si la Suisse emprunte maintenant la voie de l'autorisation de tir, elle ne met pas seulement en danger une espèce, mais aussi la crédibilité de l'ensemble de son système de protection de la nature.

Les tirs de loups prévus sont une rechute dans un mode de pensée révolu: le contrôle plutôt que la coexistence, la politique plutôt que la science. La Suisse a la chance – et le devoir – de montrer que la protection moderne des espèces repose sur le savoir, l'éthique et la responsabilité. Tout le reste serait une trahison de la nature, des engagements internationaux et de l'idée d'une cohabitation respectueuse entre l'homme et l'animal sauvage.

L'OFEV et les administrations cantonales de la chasse ne sont pas les victimes de contraintes politiques – ils sont des acteurs qui, par leurs actes, vident de sa substance le droit international de l'environnement. Ce qui est vendu comme une mesure de protection est en réalité un recul massif dans la protection européenne des espèces.

Lorsque les autorités fédérales et cantonales deviennent elles-mêmes le problème, un contrôle international est nécessaire. Car une protection de la nature qui se règle sur le calcul politique perd non seulement sa crédibilité –
elle perd son âme. Albert Rösti enterre la protection de la nature.

Action participative: Demandez à votre commune, en raison de la politique catastrophique du conseiller fédéral Albert Rösti (UDC), une remise d'impôt pour les impôts fédéraux et cantonaux suite à l'autorisation récente du tir de loups en Suisse. Vous pouvez télécharger la lettre type ici : https://wildbeimwild.com/ein-appell-fuer-eine-veraenderung-in-der-schweiz/

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