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Formation

Initiative pour l'eau potable : stopper les pesticides et la surfertilisation

1 million de personnes boivent de l'eau contaminée aux pesticides. 82 % des subventions agricoles vont à la production animale nuisible. La Suisse vote.

Rédaction Wild beim Wild — 13 avril 2021

Les pesticides et des cheptels beaucoup trop importants, artificiellement gonflés par les importations de fourrage, causent d'importants problèmes environnementaux et hydrologiques en Suisse.

Un million de personnes reçoivent actuellement de l'eau potable contaminée aux pesticides dépassant la valeur maximale autorisée pour les denrées alimentaires, parfois jusqu'à 20 fois. Les teneurs en nitrates des eaux souterraines dans l'ensemble du Plateau suisse sont également nettement élevées. Les nitrates dans l'eau potable, même en dessous de la valeur limite, augmentent le risque de cancer colorectal.Des mesures s'imposent donc à l'égard du principal responsable, l'agriculture. L'ensemble du cocktail toxique que les agriculteurs suisses épandent dans les champs affecte également massivement la faune sauvage. De tous les pays d'Europe, c'est en Suisse que la quantité de pesticides épandus par hectare est la plus élevée.

La science et les offices fédéraux avertissent que l'écologie des cours d'eau et la biodiversité sont également fortement menacées par les pesticides et la surfertilisation.À ce jour, l'agriculture n'atteint pleinement aucun des objectifs environnementaux ancrés dans la loi. À l'avenir, la surfertilisation, le recours aux pesticides et aux antibiotiques ne devront plus être subventionnés par les contribuables.

Le lisier apporte des agents pathogènes dans les champs. Le soupçon est lourd : des vaches laitières, des porcs reproducteurs ou des chevaux, mais aussi des animaux sauvages tels que les chevreuils, les sangliers ou les lièvres pourraient être contaminés depuis des années par des bactéries hautement infectieuses. Le lisier contaminé aux antibiotiques, après épandage sur les champs, peut perturber les communautés bactériennes du sol et conduire à une augmentation de la fréquence et de la transmissibilité des résistances aux antibiotiques.

Chez les animaux sauvages également, le diagnostic de cancer dû aux toxines environnementales s'accumule à un degré préoccupant, comme la surfertilisation, l'enrichissement des sols en métaux lourds, les pesticides, les teneurs élevées en phosphore dans les eaux, la pollution de l'eau par les nitrates, les résidus de produits phytosanitaires dans l'eau potable, etc.

Réorienter les subventions nuisibles

Parallèlement, la Suisse subventionne son agriculture à hauteur d'environ 3,5 milliards de francs de fonds publics par année. La majeure partie des subventions — pas moins de 82 % — va à la production animale particulièrement néfaste, artificiellement gonflée par des aliments d'importation.La valeur nutritive des aliments d'importation pourrait nourrir la moitié de la population suisse.

C'est pourquoi l'initiative pour l'eau potable s'attaque aux subventions. Au lieu de continuer à encourager les dommages environnementaux, climatiques et hydriques, les fonds publics devraient permettre une agriculture durable et sans pesticides.

L'objectif est une agriculture qui assure durablement des aliments sains et une eau potable propre, qui atteint ses objectifs environnementaux et climatiques et qui respecte les lois sur la protection des eaux. Ce n'est pas le cas depuis des décennies.

Initiatrice Franziska Herren

Les agriculteurs biologiques soutiennent l'initiative

En représentation des nombreux agriculteurs soutenant l'initiative, l'agriculteur bio Markus Bucher et le viticulteur bio Roland Lenz se sont exprimés à l'occasion d'uneconférence de presse. Ils ont souligné que le savoir-faire pour une production durable et respectueuse des eaux est disponible depuis longtemps et est appliqué par des milliers d'agriculteurs et d'agricultrices depuis des décennies.«L'initiative pour l'eau potable représente pour moi un gigantesque potentiel de développement pour les agriculteurs et les entreprises en aval, ainsi que pour la recherche et la formation» a déclaré Bucher. Roland Lenz a ajouté que haute productivité et écologie ne sont pas contradictoires : «Nos vignobles sont des lieux vivants où les plantes et les animaux indigènes se sentent bien et où la biodiversité travaille pour nous.»

La production animale suisse fortement dépendante des aliments d'importation

Actuellement, l'agriculture suisse génère, avec ses importations d'aliments pour animaux, 100’000 tonnes d'azote excédentaire,ce qui entraîne une surfertilisation généralisée des eaux et du paysage ainsi qu'un déclin rapide des espèces.L'équilibre naturel entre le nombre d'animaux et la surface fourragère est central pour la formation des sols.

Les agriculteurs suisses sont par ailleurs les plus grands émetteurs de particules fines – avec 37 pourcent de toutes les émissions de particules fines. Chaque année, les particules fines causent 3’700 décès et des coûts de santé de 4,2 milliards de francs en Suisse (Source : OFEV).

Les résistances aux antibiotiques, principale menace sanitaire pour la population

Selon la Commission fédérale d'experts pour la sécurité biologique, les résistances aux antibiotiques constituent la plus grande menace pour la santé de la population en Suisse. Sans antibiotiques, aucune médecine intensive n'est possible et de nombreuses maladies ne peuvent plus être combattues. En raison de l'utilisation excessive d'antibiotiques dans l'élevage intensif, les résistances augmentent de plus en plus et sont répandues sur les champs et les prairies avec le lisier. L'administration prophylactique d'antibiotiques est inutile lorsque les conditions de détention respectent la protection des animaux et que la gestion est adaptée. L'utilisation prophylactique d'antibiotiques dans l'élevage doit cesser.

L'initiative est pertinente pour le climat

L'initiative pour l'eau potable n'est pas seulement compatible avec le climat, elle joue également un rôle important, peut-être trop peu connu, dans la protection du climat. Grâce à une production agricole qui sollicite bien moins la ressource en eau potable, moins de gaz à effet de serre se retrouvent finalement dans l'atmosphère.

Le climatologue Thomas Stocker

Ce que l'Union suisse des paysans passe également sous silence : les coûts induits des pesticides pour l'environnement et la santé doivent aujourd'hui être supportés par la collectivité.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous regroupons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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