3 août 2026, 11h30

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Monde animal

Mi-parcours de l'été alpestre : les attaques de loups diminuent de moitié, mais le mérite n'en revient pas aux fusils

Plus de loups, moins d'attaques. À la mi-parcours de la saison d'alpage 2026, les attaques sur le bétail chutent à moins de la moitié de l'année précédente. La véritable raison en est la protection des troupeaux, et non les tirs de la chasse de loisir. Un seul canton garde le silence.

Rédaction Wild beim Wild — 3 août 2026

Les chiffres bruts sont impressionnants. Jusqu'à fin juillet 2026, les loups ont tué 183 animaux de rente en Suisse. Durant la même période l'année précédente, ils étaient encore 402. Une baisse de plus de la moitié, et ce, bien que la population de loups, avec plus de quarante meutes et environ 350 animaux, soit la plus importante jamais atteinte depuis le retour du loup.

C'est précisément cette contradiction apparente qui démasque le récit du lobby agricole et de la chasse de loisir. Si le nombre d'attaques dépendait réellement du nombre de loups, les attaques devraient augmenter, et non diminuer. C'est le contraire qui se produit.

Le contraste qui explique tout : Haut-Valais contre Bas-Valais

Nulle part la véritable cause n'apparaît aussi clairement que dans le canton du Valais, incontesté en tête pour les attaques. Là s'y révèle un écart remarquable. Alors que de nombreuses attaques continuent de se produire dans le Haut-Valais, seules deux attaques confirmées ont été enregistrées dans l'ensemble du Bas-Valais durant l'année en cours.

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Pas de tirs de lynx en Valais

Le lynx est génétiquement à la limite, et pourtant le Valais veut devenir le premier canton de Suisse à autoriser son tir.

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Ce qui est stupéfiant : le Bas-Valais abrite, avec environ huit meutes, nettement plus de loups que le Haut-Valais qui en compte trois à cinq. Malgré cela, le calme y règne largement. La différence ne réside pas dans les loups, mais dans le type d'élevage du bétail et dans la protection des troupeaux. L'argument favori des tirs ne tient pas non plus ici : dans les deux parties du canton, une régulation préventive a eu lieu l'automne et l'hiver derniers, et les tirs individuels ont même été plus fréquents dans le Haut-Valais, riche en attaques.

Là où la protection des troupeaux est appliquée avec rigueur, le calme règne. Là où elle fait défaut, les attaques se multiplient. Ce constat n'est pas nouveau pour l'IG Wild beim Wild ; il ressort des données depuis des années. L'analyse selon laquelle 98 pour cent des animaux de rente tués au Tessin étaient sans protection des troupeaux, tient un langage sans équivoque.

Un canton se tait: le Tessin et son point d'interrogation

Alors que huit cantons fournissent des chiffres transparents, la statistique ne comporte à un endroit qu'un point d'interrogation. Le Tessin est le seul canton à loups qui ne publie pas de chiffres actuels sur les attaques. Ce silence s'inscrit dans un schéma plus large.

Car parallèlement au bilan de mi-parcours, l'IG Wild beim Wild documente au Tessin une série de vingt et un cas entre octobre 2025 et juillet 2026, avec au moins 78 animaux de rente et d'enclos tués. Dans les constatations officielles du Dipartimento del territorio, la même formule revient sans cesse: «Animale non protetto adeguatamente», animal insuffisamment protégé. Les zones touchées ne sont d'ailleurs pas de lointaines hautes alpes, mais aussi des fonds de vallée comme Iragna à environ 300 mètres d'altitude, juste à côté de la zone habitée.

La manière dont l'autorité communique est également révélatrice. Dans seize cas entre octobre 2025 et juillet 2026, la constatation de l'Ufficio della caccia e della pesca était sans exception «Animali non protetti adeguatamente» ou «non proteggibili», animaux non protégés ou non protégeables. À partir de juillet 2026, une troisième formule est soudain apparue: «Protezione degli animali in esame», la protection est encore en cours d'examen. Cette formule ne dit ni l'un ni l'autre. Que l'évaluation soit tout à fait possible immédiatement, les résultats ADN ultérieurs l'ont montré: à Vogorno, Serravalle et Brione sopra Minusio, la classification «in esame» a été corrigée a posteriori en «non protégé», et l'analyse a en même temps révélé qu'aucun prédateur n'était impliqué.

Ce sont précisément ces cas qui sont particulièrement révélateurs. À Vogorno, Serravalle et Brione sopra Minusio, selon les résultats disponibles, les animaux ne sont pas morts à cause des loups, mais d'autres causes comme la maladie, les intempéries ou la négligence, et ils ont néanmoins été considérés comme insuffisamment protégés dans l'évaluation officielle. Cela confirme un constat que l'IG Wild beim Wild démontre depuis des années: le véritable problème de protection animale chez les moutons et les chèvres est bien plus important que le loup.

L'alpage de Bri/Ninagn montre que l'absence de protection est une question de volonté et non de terrain. Classé par le canton comme «non raisonnablement protégeable», l'exploitant a néanmoins rendu protégeable cet alpage escarpé et rocheux, dispersé sur plus de trois vallées: avec cinq chiens de protection des troupeaux, un abondant matériel de clôture et un parc de nuit pour environ 360 moutons. La caravane et le chalet mobile ont été acheminés par hélicoptère. Quand on veut, on peut. Si 360 moutons peuvent être protégés sur un alpage classé comme «non protégeable», l'absence de protection dans la vallée, à côté de la maison d'habitation, se justifie difficilement.

Les chiffres des cantons en détail

Le recul se manifeste dans tous les cantons abritant des meutes. Aux Grisons, le nombre d'animaux de rente tués est passé de 67 à 29, un recul de plus de la moitié. Il a été encore plus marqué dans le canton de Vaud: de 114 à seulement cinq. Cet effondrement particulièrement fort s'explique en partie par la régulation massive de la meute du Mont Tendre, un effet local et temporaire qui ne change toutefois rien à l'évolution à grande échelle.

CantonAttaques à fin juillet 2025Attaques à fin juillet 2026
Grisons6729
Valais170130
Vaud1145
Neuchâtel1216
Glaris21
Saint-Gall242
Obwald100
Schwyz30
Tessin??
Total (sans le Tessin)402183

À Obwald et à Schwyz, aucun animal de rente n'a été tué jusqu'à présent. Ce n'est qu'à Neuchâtel que l'on observe, à un faible niveau, une légère augmentation. Le canton du Tessin refuse toujours de publier les chiffres actuels des attaques, raison pour laquelle aucune affirmation n'est possible pour ce canton, un cas particulier d'opacité qui a malheureusement une longue tradition.

Les tirs agissent localement, la protection des troupeaux agit à grande échelle

Même David Gerke, directeur du Groupe Loup Suisse, dont l'association a rassemblé les chiffres, situe le rôle des tirs avec sobriété. Oui, à l'échelle locale, des tirs de régulation préventifs peuvent apporter un soulagement, par exemple au Mont Tendre. Mais ils ne sont pas responsables, à grande échelle, de la diminution des attaques. La mesure décisive reste la protection des troupeaux.

Le fait que le nombre d'attaques soit en recul depuis 2023 déjà, donc avant le début des grandes vagues de tirs, alors que la population de loups continuait simultanément de croître, en est la preuve éclatante. Quiconque ignore ce lien pratique une politique symbolique aux dépens d'une espèce strictement protégée. L'efficacité des mesures de protection qui fonctionnent est documentée depuis longtemps, comme le montre l'exemple La protection des troupeaux fonctionne aussi dans la Surselva le montre. À l'inverse, les attaques surviennent presque toujours là où de graves lacunes en matière de protection des troupeaux existent.

Le détour coûteux : ce que coûte un tir

La fixation sur le tir n'est pas seulement inefficace, elle est coûteuse. Un seul tir de loup coûte en Suisse environ 30’000 à 35’000 francs. Au Tessin, durant la période de régulation 2025/26, selon les calculs de l'IG Wild beim Wild, environ 33’000 francs ont été dépensés par loup, pour seulement six animaux abattus. Pour le même montant, on pourrait financer sept à dix chiens de protection des troupeaux pendant une année entière, une mesure dont l'efficacité est prouvée, car elle s'attaque au problème à la racine.

Ce qui est particulièrement pervers, c'est que l'absence de protection engendre précisément le problème qu'elle est censée combattre. Là où le bétail est facilement accessible, certains loups apprennent à se spécialiser sur celui-ci. Les statistiques d'attaques augmentent, les appels aux tirs se font plus pressants, et le véritable manquement, le défaut d'application de l'obligation de protection, demeure invisible. Celui qui néglige la protection des troupeaux produit du même coup la demande de tir. À quel point les offices compétents ferment les yeux, l'IG Wild beim Wild l'a déjà documenté, lorsque l'office vétérinaire tessinois a consigné dix attaques avec cinquante animaux morts sans aucune conséquence.

Conclusion : le loup n'est pas le problème

Le bilan de mi-parcours de l'été alpestre 2026 est une gifle pour tous ceux qui font du loup un bouc émissaire et réclament les tirs comme panacée. Plus de loups, moins d'attaques : cette formule ne fonctionne qu'avec une protection des troupeaux conséquente. Les éleveurs qui ont investi dans des clôtures, des chiens et le gardiennage accomplissent le véritable travail. C'est à eux que revient la reconnaissance, et non aux fusils de la chasse de loisir.

L'objectif à long terme demeure la coexistence entre l'homme et le loup. Les chiffres le montrent : elle est possible. Il suffit de la vouloir, plutôt que de continuer à miser sur la solution prétendument simple du tir. Des analyses approfondies à ce sujet sont rassemblées dans notre dossier sur la fonction écologique et la réalité politique du loup ainsi que dans notre dossier Chasse et protection animale.

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