La loutre en Suisse : disparue, réintroduite et menacée politiquement

En 1888, la Confédération suisse décréta l'éradication de la loutre par une loi sur la pêche. S'ensuivirent des cours de chasse, des primes et la fourniture de matériel de piégeage financé par l'État. En 1952, la loutre fut placée sous protection, mais sa population ne se rétablit jamais. La dernière loutre fut aperçue dans le lac de Neuchâtel en 1989. En 1990, l'Office fédéral de l'environnement annonça la « disparition de la loutre en Suisse ». Puis, un événement que les autorités jugeaient impossible se produisit : en 2009, une loutre fut aperçue près de Reichenau, dans les Grisons, revenue sur ses deux pattes. Depuis, elle se propage lentement le long de l'Aar, de l'Emme, du Rhin, du Tessin, du Rhône et de l'Inn. En 2025, les premiers petits furent recensés dans la région de Surselva et le canton de Saint-Gall. Cependant, la population compte moins de 20 individus. La Liste rouge suisse classe la loutre comme « en danger critique d’extinction » (CR). Et alors que son retour est à peine amorcé, les associations de pêche et les défenseurs de la chasse récréative préparent déjà une nouvelle campagne de persécution.
Profil et biologie
Fonctionnalités et personnalisation
La loutre d'Europe ( Lutra lutra ) appartient à la famille des mustélidés et à la sous-famille des Lutrinae (loutres). Elle mesure de 60 à 90 centimètres de long, avec une queue d'environ 40 centimètres. Les mâles pèsent de 7 à 12 kilogrammes. Son corps fuselé, ses pattes palmées et sa fourrure extrêmement dense (jusqu'à 70 000 poils par centimètre carré) en font un chasseur aquatique très spécialisé. Son nez, ses oreilles et ses yeux sont positionnés au même niveau, ce qui lui permet de voir, d'entendre et de sentir simultanément à la surface de l'eau. Lorsqu'elle plonge, ses oreilles et son nez se ferment hermétiquement, et ses vibrisses sensibles détectent les vibrations des poissons en fuite.
Mode de vie et alimentation
La loutre d'Europe est principalement crépusculaire et nocturne et vit en solitaire sur un territoire bien défini. Le mâle occupe un territoire d'environ 10 à 15 kilomètres le long d'une rivière, la femelle un peu moins. Son alimentation se compose principalement de poissons, complétée par des crustacés, des amphibiens, des moules, des oiseaux et de petits mammifères. Elle a besoin chaque jour de 15 à 20 % de son poids corporel en nourriture, soit environ 1 à 2 kilogrammes. Elle consacre trois à cinq heures par jour à la chasse. La loutre ne peut se permettre de surexploiter son territoire : elle dépend de populations de poissons saines et capables de se reproduire. Si les loutres parviennent à maintenir une population stable sur le long terme, un cours d'eau est en bonne santé.
Statut sur la liste rouge
La loutre d'Europe était classée comme « éteinte » (RE) en Suisse en 1994. Depuis son retour, elle a été reclassée comme « en danger critique d'extinction » (CR) en 2022. À l'échelle mondiale, l'UICN la classe comme « quasi menacée » (NT). Dans l'UE, la loutre d'Europe bénéficie d'une protection stricte au titre de la directive Habitats (annexes II et IV). La Convention de Berne l'inscrit à l'annexe II (espèces strictement protégées). En Suisse, elle est une espèce protégée en vertu de l'article 7 de la loi fédérale sur la protection de la nature et du patrimoine culturel (JSG) et figure sur la liste des espèces prioritaires nationales de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).
Histoire de l'extermination : Une loi fédérale comme peine de mort
La loi sur la pêche de 1888
Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la loutre était répandue dans presque tous les cours d'eau suisses. Tout changea avec la loi fédérale sur la pêche de 1888 : l'article 22 stipulait que « l'extermination des loutres et autres animaux particulièrement nuisibles à la pêche devait être encouragée autant que possible ». Les cantons offraient des primes : 30 francs pour un museau de loutre dans le canton de Zoug. Des cours de chasse à la loutre, gérés par l'État, furent organisés et des chiens de chasse ainsi que des pièges furent financés. Il s'agissait d'une campagne d'extermination planifiée bureaucratiquement et financée par l'État.
La protection est arrivée trop tard.
Dès 1913, le nombre de loutres chassées était tombé à moins de dix par an. La Ligue suisse pour la protection de la nature (aujourd'hui Pro Natura) a milité pour la protection de la loutre à partir de 1917. En 1952, l'animal a finalement été placé sous protection fédérale, mais à cette date, il ne restait plus qu'environ 150 loutres en Suisse. La population ne s'est jamais rétablie. Les raisons étaient multiples : les cours d'eau étaient devenus hostiles à la vie en raison de leur rectification, de la construction de barrages et de l'assèchement des zones humides. De plus, une intoxication chronique aux PCB (polychlorobiphényles) a anéanti la reproduction des femelles par le biais de la chaîne alimentaire. La dernière observation confirmée d'une loutre sauvage en Suisse remonte à 1989, sur le lac de Neuchâtel.
Pour en savoir plus sur ce sujet : Dossier : Chasse et biodiversité
Le retour : de nouveau autonomes
2009 à aujourd'hui
En 2009, une loutre d'Europe a été aperçue en Suisse pour la première fois depuis de nombreuses années à la passe à poissons de la centrale hydroélectrique de Reichenau, dans le canton des Grisons. Ce retour s'est fait naturellement : les animaux ont migré d'Autriche via l'Inn et de France via le Rhône. Sur l'Aar, on suppose que la population s'est établie à partir de descendants de loutres échappées du zoo de Dählhölzli à Berne en 2005. Depuis, la présence de loutres a été confirmée sur six rivières suisses : l'Aar, l'Emme, le Rhin, le Tessin, le Rhône et l'Inn. En 2024, une loutre a été aperçue dans le canton de Zurich. En 2025, les premiers descendants ont été observés dans la région de Surselva et le canton de Saint-Gall. En décembre 2025, la loutre a atteint la plaine de Linth. La fondation Pro Lutra estime la population actuelle à moins de 20 individus.
Que signifie le retour ?
Le retour de la loutre est un processus naturel, non le fruit de l'action humaine. Les animaux reviennent d'eux-mêmes lorsque les conditions sont réunies : une abondance de poissons, des cours d'eau interconnectés et l'absence de persécution ciblée. L'Institut ornithologique suisse de Sempach le confirme : « L'installation et la propagation des cormorans et des corneilles sont le résultat d'une protection internationale renforcée. » Il en va de même pour la loutre. Son retour démontre que la conservation des espèces fonctionne lorsqu'on lui en laisse les moyens. Or, c'est précisément ce qui est remis en question sur le plan politique.
Menaces : Anciens ennemis, nouveaux dangers
Perte d'habitat
Les rivières et les ruisseaux suisses restent fortement modifiés. La rectification des cours d'eau, les barrages, le manque de végétation riveraine et l'insuffisance du débit résiduel des centrales hydroélectriques rendent de larges portions impropres à la loutre. Celle-ci a besoin d'eaux claires, peu profondes et poissonneuses, avec une végétation riveraine naturelle et de nombreux abris. Les cours d'eau aménagés ne répondent pas à ces conditions.
Circulation routière
Avec une population de moins de 20 individus, chaque disparition est dramatique. En 2025, deux loutres ont été tuées par une voiture dans la vallée du Rhin, près de Saint-Gall. L'absence de berges sur les ponts contraint les animaux à emprunter la route. La Fondation Pro Lutra prévoit d'évaluer, dans les années à venir, le plus grand nombre possible de ponts en Suisse afin de déterminer s'ils conviennent aux loutres.
toxines environnementales
Bien que les PCB soient interdits en Suisse depuis 1986, des polluants historiques persistent dans les sédiments et les cours d'eau. En 2016, des particules contenant des PCB ont été déversées dans la rivière Spöl, au sein du Parc national suisse, lors de travaux d'entretien du barrage de Pount dal Gall. Quatre ans plus tard, un hibou grand-duc mort, présentant des taux de PCB extrêmement élevés, a été retrouvé. La qualité de l'eau demeure un facteur limitant pour la propagation de la loutre d'Europe.
Menace politique : révision du JSG et demandes d'abattage.
La plus grande menace qui pèse sur la loutre ne vient pas de la nature, mais de la politique. BirdLife Suisse, la Fondation Franz Weber et ProTier ont lancé des avertissements clairs lors de la révision de 2020 de la Loi fédérale suisse sur la chasse et la faune sauvage (LFSF) : castors, lynx, loutres, hérons cendrés et harles bièvres étaient menacés d’être ajoutés à la liste des espèces « régulables ». Les électeurs suisses ont rejeté cette révision à 51,9 % des voix. Mais la pression persiste. En 2023, le gouvernement de l’État de Bavière a tenté d’autoriser l’abattage de 32 loutres maximum par décret. Le tribunal administratif de Munich a déclaré cette autorisation générale illégale. En Autriche, des milliers de loutres sont « régulées » chaque année sans que leurs populations ne diminuent. La Suisse est à la croisée des chemins : la loutre sera-t-elle à nouveau considérée comme une « espèce nuisible » avant même d’avoir eu la chance de se rétablir ?
Pour en savoir plus sur ce sujet : Dossier : Mythes de la chasse
Importance écologique : indicateur, régulateur, ingénieur d’écosystème
Type d'indicateur de qualité de l'eau
La loutre est un indicateur fiable de la qualité de l'eau. Là où elle peut s'établir durablement, l'eau est saine : riche en poissons, d'une grande diversité structurale et propre. Son retour n'est pas un problème, mais plutôt le signe que les mesures de revitalisation portent leurs fruits. Pendant des décennies, son absence a constitué un signal d'alarme quant à l'état des eaux suisses.
Réglementation des stocks de poissons naturels
Espèce solitaire et territoriale, la loutre se distingue fondamentalement du cormoran : elle ne peut surexploiter les ressources halieutiques car elle est liée à son territoire. Le choix de ses proies régule le nombre de poissons malades, lents ou en surplus. Dans les eaux quasi naturelles présentant des caractéristiques structurelles suffisantes, aucun impact négatif mesurable sur les populations de poissons n'est à prévoir.
Mise en réseau des plans d'eau
La loutre a besoin de cours d'eau interconnectés. Ses exigences en matière d'habitat incitent les décideurs politiques à promouvoir la revitalisation des rivières, la restauration des berges et la suppression des obstacles à la migration. Protéger la loutre, c'est aussi protéger de facto des centaines d'autres espèces aquatiques.
Le récit du « fléau » : le retour d’un vieux mensonge
« La loutre est en train d'assécher l'eau. »
L'écologiste Clemens Ratschan, spécialiste des poissons et qui étudie la situation en Autriche depuis des années, n'a connaissance d'aucun cas où une rivière aurait été totalement dépourvue de poissons à cause des loutres. La loutre peut décimer la population de poissons sur son territoire, mais ne peut l'anéantir, car elle-même dépend de populations saines. Dans des eaux quasi naturelles, présentant une grande diversité structurale et offrant suffisamment d'abris aux poissons, aucun impact négatif mesurable n'est à prévoir. Lorsque les populations de poissons sont menacées, les causes sont presque toujours d'origine humaine : barrages, autres formes d'aménagement du territoire, pesticides, changements climatiques et surpêche.
« La loutre représente une menace pour la pisciculture. »
En Suisse, la pisciculture est bien moins répandue qu'en Autriche ou en Bavière, où les conflits sont les plus marqués. Les étangs ouverts attirent la loutre autant qu'un poulailler ouvert attire le renard. Des mesures de protection techniques sont nécessaires : clôtures anti-loutres, bassins de dérivation et filets nocturnes. L'abattage des loutres s'est avéré inefficace, comme le démontre l'exemple de la Haute-Autriche. La solution réside dans la protection des installations, et non dans la persécution de l'espèce.
« La loutre menace l'ombre »
Dans la région du Linth, l'un des derniers sites de frai de l'ombre commun en Suisse, la loutre d'Europe a été aperçue en 2025. L'inquiétude concernant l'ombre commun, espèce menacée, est justifiée, mais la loutre n'est pas la cause de son déclin. L'ombre commun souffre de la perte d'habitat, du changement climatique, de la surpêche et de la prédation par les cormorans. Les impacts négatifs des prédateurs naturels peuvent être réduits si les cours d'eau sont proches de leur état naturel, structurellement diversifiés et offrent un abri suffisant aux poissons. Faire de la loutre un bouc émissaire pour les problèmes causés par l'homme est la même stratégie qui a conduit à son extinction en 1888.
Qu'est-ce qui devrait changer ?
- Protection absolue de la loutre en Suisse : Avec une population de moins de 20 individus et son statut CR (« en danger critique d’extinction ») sur la Liste rouge, toute discussion sur une éventuelle « réglementation » est absurde. La loutre ne doit en aucun cas être inscrite sur la liste des espèces soumises à réglementation, que ce soit par le biais de modifications de la Loi fédérale pour la protection de l’environnement (LFP) ou par des ordonnances du Conseil fédéral.
- Restauration complète des rivières : L’avenir de la loutre dépend de la qualité de ses cours d’eau. La loi sur la protection des eaux oblige les cantons à revitaliser ces eaux. Cette obligation doit être mise en œuvre de manière cohérente, avec des berges favorables aux loutres, des aménagements proches du naturel et des corridors de migration continus.
- Ponts et passages souterrains adaptés aux loutres : les accidents de la route représentent une menace vitale pour cette petite population. Tous les ponts enjambant les habitats, actuels ou potentiels, des loutres doivent être équipés de berges sèches. Le projet d’inspection des ponts de la Fondation Pro Lutra constitue une solution pertinente.
- Prévention plutôt qu'abattage en cas de conflit avec l'aquaculture : là où les loutres fréquentent les fermes piscicoles, il est indispensable de financer des clôtures anti-loutres, des bassins de dérivation et des dispositifs de protection techniques. L'abattage n'est pas une solution : en Autriche, des milliers de loutres ont été tuées sans que les conflits ne diminuent. En Bavière, le tribunal administratif de Munich a déclaré illégal l'abattage massif pratiqué.
- Développer le suivi national des loutres : La Fondation Pro Lutra et le WWF mènent des enquêtes cartographiques volontaires dans le cadre du programme « Otterspotter ». Toutefois, un suivi systématique et coordonné à l’échelle nationale est indispensable pour suivre l’évolution des populations et fonder les décisions politiques sur des données probantes plutôt que sur des intérêts particuliers.
- Élimination des contaminations historiques aux PCB : Les sources restantes de PCB dans les eaux suisses doivent être identifiées et éliminées. L’incident de Spöl en 2016 démontre que la contamination demeure un problème réel.
Argumentation
« La loutre décime les populations de poissons et sa population doit être contrôlée. » La loutre est un animal territorial qui ne peut pas surexploiter ses propres ressources halieutiques car elle dépend de leur reproduction. Aucun cas documenté ne montre qu'une loutre ait épuisé les poissons d'un cours d'eau. Les véritables causes du déclin des populations de poissons sont la construction de barrages, les pesticides, le changement climatique et la surpêche.
« Le retour de la loutre menace la pêche. » Le directeur général de l'Association suisse des pêches a qualifié ce retour de signe positif pour la qualité de l'eau. Les conflits avec l'aquaculture sont solubles : bassins de dérivation, clôtures anti-loutres et mesures techniques de protection sont efficaces, comme le démontrent les expériences allemande et autrichienne. L'abattage sélectif n'a manifestement pas contribué à la résolution du conflit en Autriche.
« La loutre doit être incluse dans la loi sur la chasse afin que sa population puisse être régulée si nécessaire. » BirdLife Suisse et la Fondation Franz Weber alertent depuis des années : quiconque inscrit la loutre sur la liste des espèces soumises à la réglementation reproduit l’erreur de 1888. La révision de la loi sur la chasse de 2020 a été rejetée par la population, notamment parce qu’elle menaçait la protection des loutres, des castors et des lynx. On compte moins de 20 loutres en Suisse. Toute discussion sur une éventuelle « réglementation » est non seulement vaine, mais aussi dangereuse compte tenu de la faible population.
En Autriche et en Bavière, la loutre a causé des dégâts considérables. Il en sera de même en Suisse. La Suisse est différente de l'Autriche : l'aquaculture y est beaucoup moins répandue. Les conflits en Autriche concernent principalement les étangs ouverts, qui constituent des proies faciles. Dans les cours d'eau aux habitats intacts, l'impact de la loutre sur les populations de poissons est minime, voire inexistant. La prévention est plus efficace et moins coûteuse que la répression.
« L’extermination de la loutre était une erreur, mais l’état des eaux n’est pas meilleur aujourd’hui. » Le retour spontané de la loutre réfute cette affirmation. La qualité de l’eau s’est améliorée, même si elle n’est pas encore optimale. Ce retour plaide en faveur d’une revitalisation accrue, et non d’une nouvelle persécution.
Liens rapides
Articles sur Wild beim Wild :
- Les loutres n'ont pas la vie facile en Suisse.
- Des loutres d'Europe ont été aperçues à nouveau au Tessin.
- Des loutres d'Europe ont été détectées dans les Grisons.
- Études sur l'impact de la chasse récréative sur la faune sauvage
- Pourquoi la chasse récréative échoue comme moyen de contrôle des populations
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Sources
- Fondation Pro Lutra : Histoire et situation de la loutre en Suisse (prolutra.ch)
- info fauna / CSCF : Centre suisse de conseil sur la loutre (infofauna.ch)
- WWF Berne et Soleure : Surveillance des loutres 2017–2024 (wwf-be.ch)
- Canton de Saint-Gall, Office de la nature, de la chasse et de la pêche (2026) : La loutre a atteint la plaine de Linth. Communiqué de presse
- Musée national suisse / Aufdermauer, C. (2025) : La dernière loutre. Blog sur l'histoire suisse
- Fondation Franz Weber (2020) : Révision de la loi sur la protection de l’enfance. Fiche d’information sur les loutres
- BirdLife Suisse : Révision de la loi sur la chasse et la conservation – De quoi s’agit-il ?
- Niveau Pro : Révision de la loi sur la chasse, danger pour les loutres et autres espèces protégées
- BUND Naturschutz Bayern / DUH (2024) : La chasse aux loutres reste interdite en Bavière. Décision de la VGH
- Convention de Berne : Annexe II (espèces strictement protégées)
- Directive Habitats de l'UE : annexes II et IV
- Groupe suisse de protection des loutres (1990) : Rapport à l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) sur la disparition de la loutre en Suisse
- Loi fédérale sur la pêche (1888/1889), art. 22
- Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et des oiseaux sauvages (JSG, SR 922.0)
- Ratschan, C. (2024) : Loutres et pêche en Autriche. Dans : Petri-Heil
Notre revendication
L'histoire de la loutre en Suisse est celle d'une extermination orchestrée par l'État. En 1888, le gouvernement fédéral décida de l'éradiquer. En 1989, l'objectif était atteint. Puis, après vingt ans d'absence, elle est revenue d'elle-même. Non pas parce que l'homme l'avait planifiée, mais parce que la nature est plus résiliente que la politique. Aujourd'hui, on compte moins de vingt loutres en Suisse. Elle figure sur la Liste rouge comme « en danger critique d'extinction ». Elle est strictement protégée par la Convention de Berne et la loi suisse sur la chasse. Pourtant, sa « réglementation » est déjà débattue avant même qu'elle ne se soit rétablie. Les associations de pêche et les défenseurs de la chasse de loisir reprennent les mêmes arguments qu'en 1888 : « nuisible à la pêche », « concurrente », « nuisible ». La conclusion est sans appel : la loutre doit rester absolument protégée en Suisse. Son retour est une opportunité, non un problème. Ce dossier est régulièrement mis à jour en fonction des nouvelles données, études ou évolutions politiques.
À propos de la chasse de loisir : dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des rapports de fond.
