12 août 2026, 08:47

Rechercher

Stopper la chasse au renard – écrire au Conseil cantonal de Lucerne

Le canton de Lucerne fournit l'argument le plus tranchant contre la chasse au renard – à partir de ses propres données. Seul canton suisse à le faire, Lucerne recense systématiquement l'état de santé des renards abattus. Le résultat de l'année de chasse 2018/19 : sur 2'217 renards tués, seuls 39 présentaient un diagnostic de maladie. Plus de 98 pour cent des animaux abattus étaient en bonne santé.

Malgré cela, la RUEK du Grand Conseil lucernois a rejeté au printemps 2026 la pétition demandant un examen scientifique de la chasse au renard – sans citer une seule étude, sans entendre le pétitionnaire. Le seul service consulté fut le Département de la construction, de l'environnement et de l'économie, c'est-à-dire précisément l'administration dont le statu quo est critiqué par la pétition.

Tu peux agir, quel que soit le canton où tu vis. Adresse-toi directement à ton conseiller cantonal ou à ta conseillère nationale. C'est légal, efficace et cela ne demande que peu de temps.

Important : ne compte pas uniquement sur l'e-mail. Nous avons reçu des retours de plusieurs cantons indiquant que les messages concernant la chasse de loisir au renard reviennent parfois comme non distribuables. Impossible de dire de l'extérieur si cela tient à des adresses erronées ou à un filtrage ciblé. Mieux vaut donc miser sur plusieurs canaux : écris une lettre, appelle ou cherche l'échange personnel. Tu peux aussi t'adresser directement aux partis et aux groupes parlementaires – souvent, un message au secrétariat du parti ou du groupe est plus efficace qu'à des membres du conseil pris individuellement. Un appel ou une lettre se laisse moins facilement filtrer qu'un e-mail et laisse souvent une impression plus forte.

Lettre type – copie ce texte dans ton logiciel de messagerie

Objet : Chasse au renard à Lucerne – merci d'agir

Madame [Nom] / Monsieur [Nom],

En tant que citoyenne / citoyen, je m'adresse directement à vous, car la pratique de la chasse au renard dans notre canton me préoccupe.

Lucerne est le seul canton à recenser systématiquement l'état de santé des renards abattus. Le résultat est sans équivoque : sur 2'217 renards tués, seuls 39 présentaient un diagnostic de maladie. Plus de 98 pour cent étaient en bonne santé. L'argument principal en faveur de la chasse au renard – la lutte contre les épizooties – s'effondre ainsi sur la base des propres données cantonales.

Plus de 30 ans de recherche en biologie de la faune le confirment : la chasse au renard ne régule pas les populations de manière durable. Des effets de compensation – taux de natalité plus élevés, immigration – rééquilibrent rapidement les tirs (Baker & Harris 2006 ; Rushton et al. 2006 ; Kämmerle et al. 2019). Même pour l'échinococcose, la chasse est contre-productive : une étude française de la région de Nancy (Comte et al. 2017) montre qu'une chasse intensive a fait passer la prévalence de 44 à 55 pour cent – parce que les jeunes renards comblent les vides et portent une charge parasitaire plus élevée. Au Luxembourg, en revanche, le taux d'infestation est passé d'environ 40 à moins de 10 pour cent après l'interdiction de la chasse au renard en 2015.

De plus, les renards sont des combattants naturels contre les épidémies : ils régulent les souris et les rongeurs, considérés comme les principaux réservoirs des tiques transmettant la borréliose. Qui tire sur les renards affaiblit ce rempart protecteur. La rage n'a pas été vaincue par la chasse, mais par les programmes d'appâts vaccinaux à partir de 1978.

Le canton de Zoug est le seul canton à avoir commandé en 2025 une étude indépendante (SWILD, mai 2026). Le résultat confirme ce que les données lucernoises montrent depuis longtemps : la chasse au renard n'est pas scientifiquement justifiable. Lucerne pourrait emprunter la même voie – avec ses propres chiffres comme point de départ.

Le canton de Genève se passe de la chasse de loisir depuis 1974 – et donc de fait aussi de la chasse au renard : seuls les gardes-faune de l'État peuvent y intervenir, sans un seul tir de régulation au cours des deux dernières années.

Je vous prie de refuser la recommandation de prise de connaissance de la RUEK et d'exiger à la place un examen sérieux et scientifiquement fondé de la chasse au renard – avec audition de spécialistes indépendants et transparence des données.

Avec mes salutations distinguées
[Votre nom]
[Votre lieu de domicile]

Ce qui a été décidé dans le canton de Lucerne

La RUEK a demandé au printemps 2026 la prise de connaissance de la pétition – sans mentionner une seule étude de biologie de la faune, sans entendre le pétitionnaire, et en se référant au Département de la construction, de l'environnement et de l'économie comme seule instance consultée. L'IG Wild beim Wild a alors adressé une lettre ouverte au président de la commission Michael Kurmann et exigé le retrait du rapport, une audition du pétitionnaire et de spécialistes indépendants. Aucune réponse n'a suivi.

Le canton de Zoug a choisi une autre voie : il a commandé en 2025 une étude indépendante auprès de SWILD. Lucerne pourrait prendre la même décision – et disposerait même, avec ses propres données, du point de départ le plus solide.

Ce que dit la science

Régulation des populations : les effets de compensation compensent rapidement les tirs. Même une chasse intensive et coordonnée sur de vastes surfaces ne montre aucun effet durable (Baker et al. 2002 ; Kämmerle et al. 2019 ; Rushton et al. 2006).

Rage : ce n'est pas la chasse, mais les programmes d'appâts vaccinaux dès 1978 qui ont vaincu la rage. Les méthodes létales peuvent renforcer les épidémies, car les animaux chassés deviennent plus mobiles.

Échinococcose alvéolaire : une chasse intensive augmente la prévalence (Comte et al. 2017). Au Luxembourg, elle est passée de près de 40 à moins de 10 pour cent après l'interdiction de 2015.

Borréliose : les renards régulent les rongeurs, réservoirs de tiques. Des études montrent que dans les zones à plus forte activité de prédateurs, on observe 10 à 20 pour cent de rongeurs porteurs de tiques en moins (Hofmeester et al., Proc. Royal Soc. B).

Genève / parc national : Genève se passe de chasse de loisir depuis 1974, le Parc national suisse depuis 1914. Aucune explosion des populations, aucune situation sanitaire dégradée.

Aperçu complet des études : Études : impact de la chasse de loisir sur les animaux sauvages

Le rapport SWILD de Zoug

Le canton de Zoug est jusqu'à présent le seul canton suisse à avoir réagi à la pétition sur la chasse au renard de Pascal Wolf par une véritable étude scientifique. La Direction de l'intérieur a commandé à l'automne 2025 un rapport spécialisé à SWILD – Écologie urbaine, recherche sur les animaux sauvages, communication. La deuxième version a paru en mai 2026 et a été soumise à la commission de la chasse le 16 juin 2026.

Le résultat est sans équivoque : la chasse au renard telle qu'elle est actuellement pratiquée ne peut pas réguler durablement les populations, n'améliore pas la lutte contre les épidémies et est inférieure aux méthodes non létales pour la protection des animaux de rente. Les expériences de Genève (depuis 1974) et du Luxembourg (depuis 2015) le confirment : la gestion des animaux sauvages fonctionne sans chasse de loisir au renard roux.

L'étude complète est accessible au public : Bases scientifiques sur la chasse au renard

Où trouver les coordonnées

Vous trouverez les adresses e-mail des 120 conseillers cantonaux lucernois sur la liste officielle des membres du parlement cantonal à l'adresse lu.ch/kr/mitglieder_und_organe/mitglieder, filterbar nach Wahlkreis und Fraktion. Dort steht auch eine vollständige Adressliste als Download bereit. Das E-Mail-Muster lautet einheitlich vorname.nachname@lu.ch.

Ce qui s'est passé jusqu'à présent dans le canton de Lucerne

📌 Non à la chasse au renard : une intervention lucernoise démasque l'absence de faits
L'intervention initiale du juriste lucernois Pascal Wolf, qui remet fondamentalement en question le système de chasse.

📌 Lucerne et le renard roux : quand la politique ignore les faits
La RUEK rejette la pétition – le Luxembourg, Genève et le Tessin démontrent depuis longtemps le contraire.

📌 Chasse au renard à Lucerne : 98 pour cent des animaux abattus étaient en bonne santé
Les propres statistiques du canton réfutent la principale justification de la chasse au renard – et l'IG exige le retrait du rapport de la RUEK. Contient la lettre ouverte au président de la commission Michael Kurmann.

📌 La RUEK lucernoise à Wild beim Wild : «modérez le ton» plutôt que des réponses
Au lieu de traiter les preuves scientifiques, la commission reproche le ton de la demande.

📌 La RUEK de Lucerne se ridiculise avec ses propres chiffres
La commission demande une simple prise de connaissance sans examen sérieux – et contredit ses propres statistiques.

🧠 Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Lucerne
Pourquoi on maintient la chasse au renard, alors même que les propres chiffres la contredisent.

Retour à l'aperçu