France : Peut-on manger des sangliers renversés par une voiture ?
Un chasseur de loisir a le droit de consommer un animal qu'il a abattu, mais peut-on également manger un animal tué lors d'un accident ?
Après que 19 sangliers ont été mortellement percutés par une voiture sur une route départementale du Maine-et-Loire en France, la question se pose en France de savoir si leur viande peut ou non être consommée.
«Je n'ai pas pu les éviter», s'est défendu André-Alexandre, le conducteur du véhicule qui avait renversé fin août à Segré, sur la RD775 à quatre voies (Rennes–Angers), une harde de sangliers. Au total, 19 sangliers ont été retrouvés morts en bord de route.
Le grand gibier tué accidentellement et à toute heure à la suite d'une collision avec un véhicule à moteur peut être emporté à condition que le conducteur ait préalablement averti les services de la gendarmerie nationale ou de la police nationale.
Toute cession de la viande est interdite. Il est toutefois permis de consommer soi-même un sanglier, un cerf ou un chevreuil renversé involontairement, si l'on est l'auteur de la collision et que les autorités ont été prévenues. Cela afin de ne pas être accusé de braconnage. Notez cependant qu'il est strictement interdit de récupérer du petit gibier (lapins de garenne, lièvres ou perdrix, par exemple) et des espèces protégées, précise le code de l'environnement français.
Vous trouvez un animal mort
Si vous trouvez un animal mort en bord de route, il est déconseillé de le consommer pour des raisons sanitaires : vous ne savez pas de quoi il est mort ni depuis combien de temps il est décédé. S'il était porteur d'une maladie (la tuberculose bovine, par exemple) ou si des bactéries ou des parasites (des larves de trichine, par exemple) s'y sont multipliés, vous risquez une grave contamination.
Pour minimiser les risques sanitaires, il existe différentes méthodes. L'éviscération doit être effectuée rapidement afin d'éviter la prolifération bactérienne (on estime qu'un million de bactéries par gramme de viande contaminée se développent dans l'heure suivant la mort) et la contamination par des agents pathogènes externes tels que la saleté ou les mouches. Si les viscères ont été endommagés par le choc, ne consommez pas la viande. Ne consommez pas non plus les parties meurtries.
Une cuisson à cœur (70–75 °C pendant plus de 5 minutes, viande grise à l'intérieur, non saignante) inactive le risque de trichinose ou trichinellose (un ver non visible à l'œil nu). La congélation pendant au moins 24 heures (entre –20 °C et –25 °C) stoppe les activités enzymatiques et bactériennes.
Que se passe-t-il si vous ne prenez pas la carcasse avec vous ?
Si vous laissez la carcasse sur place, prévenez l'administration communale, qui contactera un service d'équarrissage pour les animaux de plus de 40 kg. La police ou la gendarmerie peuvent également servir d'intermédiaire.
Si l'animal est blessé, l'office national de la chasse et de la faune sauvage recommande également d'informer les autorités, qui peuvent faire abattre l'animal afin de lui éviter toute souffrance inutile et de préserver la sécurité publique. Si l'animal appartient à une espèce protégée, il sera pris en charge dans un centre de soins pour la faune sauvage.
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