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FAQ

Qu'est-ce que la chasse en terrier et pourquoi est-elle controversée ?

Lors de la chasse en terrier, des chiens de chasse spécialement dressés – appelés chiens terriers – sont envoyés dans des terriers souterrains de renards ou de blaireaux pour en déloger les animaux, afin qu'ils puissent être abattus par le chasseur de loisir qui attend.

Rédaction Wild beim Wild — 18 mars 2026

Du point de vue du droit de la protection des animaux, la chasse en terrier est l'une des méthodes de chasse les plus controversées de Suisse : une expertise juridique commandée par la Protection Suisse des Animaux PSA établit que cette méthode peut, de par sa nature même, constituer le délit de cruauté envers les animaux – non pas par des infractions isolées, mais par la méthode elle-même.

Comment fonctionne la chasse en terrier en détail ?

La chasse en terrier se déroule généralement comme suit : Le chasseur de loisir localise un terrier actif de renard ou de blaireau, généralement par relevé de traces ou à l'aide d'un chien terrier. Un chien terrier est introduit dans le terrier. Il suit l'odeur de l'animal sauvage à travers les tunnels étroits, souvent ramifiés, du terrier souterrain. Dans le terrier, il y a confrontation directe : le chien harcèle l'animal sauvage et tente de le pousser vers la sortie ou de l'acculer dans une impasse. L'animal sauvage s'enfuit soit vers l'extérieur – où il est abattu – soit reste dans le terrier, pendant que le chasseur de loisir creuse le terrier.

Sous terre, dans des tunnels étroits sans possibilité d'échapper, naissent des situations d'angoisse et de panique extrêmes pour l'animal sauvage. Le blaireau, une espèce territorialement ancrée qui habite souvent son terrier depuis des générations, vit la chasse au terrier comme une intrusion extrême dans son unique refuge sûr. Pour les chiens de chasse, la chasse au terrier implique également des risques considérables : morsures et griffures, membres coincés et perte d'orientation sous terre ne sont pas rares.

Quelles races de chiens sont utilisées pour la chasse au terrier ?

Comme chiens de terre, des races spécifiques sont élevées et entraînées qui sont assez petites pour s'adapter aux tunnels étroits des terriers, tout en étant assez courageuses pour être confrontées aux animaux sauvages sous terre. Les races les plus fréquentes sont :

  • Teckel : La race éponyme. Le teckel a été historiquement élevé spécifiquement pour la chasse au terrier. Différentes tailles (standard, nain, teckel de lapin) permettent des tunnels de largeur variable.
  • Fox-terrier : Race robuste et courageuse, traditionnellement utilisée pour la chasse au terrier.
  • Terrier de chasse (Jagdterrier allemand) : Une race de spécialisation développée en Allemagne pour la chasse au terrier.
  • Autres races de terriers : Diverses races de terriers britanniques (Cairn, Lakeland, etc.) qui sont également entraînées pour la chasse au terrier.

Les organisations de protection animale critiquent non seulement le sort des animaux sauvages lors de la chasse au terrier, mais aussi celui des chiens : les chiens de terre sont entraînés et conditionnés pour une activité qui les met biologiquement et psychologiquement sous un stress extrême. Les blessures par morsures et griffures sont typiques du métier chez les chiens de chasse au terrier. Plus d'informations sur les chiens de chasse dans le Dossier sur les chiens de chasse – Utilisation, souffrance et protection animale.

L'expertise STS : Maltraitance animale systémique

La Protection suisse des animaux (PSA) a commandé une expertise juridique sur la chasse au terrier. L'expertise conclut que la chasse au terrier peut, du point de vue du droit de la protection animale, remplir à plusieurs reprises les éléments constitutifs de la maltraitance animale. La formulation décisive : la souffrance ne naît pas d'infractions individuelles ou de négligence, mais de la méthode elle-même.

En détail, les aspects suivants problématiques du point de vue du droit de la protection animale sont mentionnés : stress et panique extrêmes – l'animal sauvage est piégé dans le terrier et ne peut pas fuir ; risque de blessure pour l'animal sauvage par morsures et griffures ; destruction de l'habitat – les terriers de blaireaux et de renards qui sont déterrés lors de la chasse au terrier sont souvent des constructions élaborées qui ont servi des générations ; charge prolongée – les chasses au terrier peuvent s'étendre sur des heures. L'expertise STS est l'une des rares analyses juridiques indépendantes de la chasse au terrier en Suisse. Plus sur le sujet Chasse et protection animale dans notre dossier.

Installations d'entraînement : les animaux sauvages comme équipements d'entraînement

Étroitement liées à la chasse au terrier sont les installations d'entraînement artificielles. Ce sont des systèmes de tunnels souterrains artificiellement aménagés dans lesquels des renards ou blaireaux vivants sont détenus pour que les chiens de terre puissent être « entraînés » sur eux. L'animal sauvage se trouve dans une situation dont il ne peut s'échapper et doit subir des rencontres répétées avec des chiens.

Les installations d'entraînement sont encore plus problématiques du point de vue du droit de la protection animale que la chasse au terrier elle-même, car ici aucun but cynégétique n'est poursuivi – l'animal sauvage est exclusivement instrumentalisé comme « équipement d'entraînement », sans être tué par la suite. La PSA a qualifié les installations d'entraînement de forme particulièrement grave de maltraitance animale. Les organisations de protection animale exigent une interdiction nationale de toutes les installations d'entraînement sans exception.

État des interdictions par canton : où la chasse au terrier est déjà interdite

L'état d'interdiction de la chasse au terrier au niveau cantonal a considérablement évolué ces dernières années. Zurich a interdit la chasse au terrier depuis le 1er janvier 2023. Berne a introduit depuis 2024 une interdiction largement étendue avec des exceptions strictes. Vaud a interdit la chasse au terrier depuis le 15 décembre 2021. Thurgovie l'a fortement restreinte depuis 2017. Bâle-Campagne ne l'autorise plus qu'avec permis. Dans les cantons restants, la chasse au terrier est encore autorisée (état 2025).

Cette mosaïque cantonale démontre que la question de la chasse au terrier trouve politiquement une majorité pour une interdiction dès qu'elle est discutée concrètement et publiquement – comme le prouvent les interdictions à ZH, BE et VD. Le problème : le lobby cynégétique combat chaque interdiction cantonale avec des moyens considérables et exploite les structures fédérales pour empêcher une interdiction nationale.

Motion 23.3303 : La demande parlementaire

Au niveau fédéral, la motion 23.3303 « Interdiction de la chasse au terrier cruelle envers les animaux » est pendante. La motion exige une interdiction nationale de la chasse au terrier au niveau fédéral, qui remplacerait l'actuelle mosaïque cantonale. La discussion au Parlement est politiquement disputée : les associations de chasseurs font intensivement du lobbying contre, les organisations de protection animale soutiennent la motion.

Une interdiction fédérale serait importante du point de vue critique de la chasse car elle empêcherait que les chasseurs de loisir des cantons d'interdiction se rabattent simplement sur les cantons d'autorisation. Actuellement, c'est exactement possible : qui ne peut plus pratiquer la chasse au terrier à Zurich se rend dans un canton voisin où elle est encore autorisée.

Risques de blessures en détail

La chasse au terrier comporte des risques considérables de blessures pour l'animal sauvage (renard ou blaireau) : morsures par le chien ; griffures et écorchures lors de tentatives de fuite dans des galeries étroites ; blessures par les travaux d'excavation ; stress psychique extrême avec libération massive de cortisol ; danger d'empoisonnement lorsque les gaz de galeries s'accumulent ; mort par épuisement lorsque l'animal sauvage reste enfermé dans le terrier pendant des jours.

Pour le chien de chasse existent les risques suivants : morsures de renard et blaireau (le blaireau a des mâchoires particulièrement puissantes) ; enfermement dans le terrier lors d'effondrement ou d'égarement ; surchauffe dans des galeries étroites et mal ventilées ; traumatisation psychique lors de confrontations particulièrement intenses ; conséquences chroniques de blessures lors d'utilisation régulière. Plus sur la situation des chiens de chasse dans le Dossier sur les chiens de chasse.

Comparaisons internationales : Comment d'autres pays traitent la chasse au terrier

La Suisse est l'un des derniers pays d'Europe occidentale qui autorise encore la chasse au terrier – du moins dans certains cantons. En comparaison internationale, les Pays-Bas, la Belgique et la Suède ont interdit ou fortement restreint la chasse au terrier. En Grande-Bretagne, le Fox hunting (chasse au renard à cheval) a été interdit en 2004 ; le travail de chiens de terre dans le terrier est fortement restreint en Angleterre et au Pays de Galles. En Allemagne, la chasse au terrier est certes légale, mais de plus en plus combattue par les organisations de protection animale.

La tendance en Europe est claire : de plus en plus de pays restreignent la chasse au terrier ou l'interdisent. La Suisse évolue dans cette direction, mais lentement – et seulement là où les majorités cantonales peuvent surmonter la pression politique du lobby cynégétique.

L'argumentation de la « tradition » : Un argument faible

Les partisans de la chasse au terrier argumentent fréquemment avec « tradition » et « patrimoine culturel ». Cet argument est problématique pour plusieurs raisons : la tradition n'est pas un motif de justification pour la cruauté envers les animaux. Les combats d'ours, les combats de coqs et autres pratiques historiques étaient aussi des « traditions » – elles ont été interdites car incompatibles avec le droit moderne de protection animale.

De plus, « tradition » est utilisée sélectivement par le lobby cynégétique : les nouvelles technologies comme les caméras thermiques et la technique de visée nocturne sont adoptées sans hésitation, tandis que les anciennes méthodes sont défendues comme « tradition » quand elles sont sous pression. Plus à ce sujet dans le Dossier sur la chasse nocturne et la chasse high-tech.

Ce que demandent les organisations de protection animale

Les exigences des organisations de protection des animaux concernant la chasse souterraine sont claires : une interdiction nationale de la chasse souterraine sans exceptions au niveau fédéral ; une interdiction de toutes les installations d'entraînement ; des obligations de transparence pour les autorités des cantons qui autorisent encore la chasse souterraine ; et des poursuites pénales systématiques en cas de violations des interdictions existantes. Au niveau cantonal, les organisations de protection des animaux ont déjà obtenu des succès à Zurich, Berne et Vaud. La prochaine étape est une interdiction au niveau du droit fédéral.

Conclusion : La chasse souterraine n'a pas sa place dans une société moderne de protection des animaux

La chasse souterraine cause systématiquement de la souffrance – aux animaux sauvages et aux chiens. Elle ne sert aucun objectif écologique qui ne pourrait être atteint par d'autres moyens. Elle est déjà interdite dans plusieurs cantons suisses et est rejetée par l'écrasante majorité de la population. Ce qui la maintient en vie, c'est le pouvoir politique du lobby de la chasse et la structure fédérale de la Suisse, qui lui permet d'empêcher les interdictions nationales. Une interdiction fédérale de la chasse souterraine, comme le vise la motion 23.3303, serait une mesure urgente.

Contenus approfondis sur wildbeimwild.com :

Plus d'informations sur la politique actuelle de la chasse en Suisse dans notre Dossier sur wildbeimwild.com.

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