Un chasseur amateur doit comparaître devant le tribunal à Mels SG
La chasse de loisir en Suisse, un vivier de criminels.
Braconnage et préparation illégale d'un lynx
Une fois de plus, un chasseur amateur suisse doit comparaître devant le tribunal pour braconnage et violation de la loi sur les armes.
Un chasseur amateur doit répondre de l'accusation de braconnage devant le tribunal de district de Werdenberg-Sarganserland à Mels SG le 25.4.2024. Il lui est également reproché d'avoir préparé un lynx protégé sans autorisation et d'avoir enfreint la loi sur les armes. Le ministère public réclame une peine privative de liberté avec sursis ainsi qu'une interdiction temporaire de chasse.
Le ministère public de Saint-Gall reproche à l'homme, aujourd'hui âgé de 58 ans, d'avoir abattu illégalement deux cerfs. Dans un cas, il se serait en outre livré à la chasse au cerf de nuit sans autorisation. Dans les deux cas, il aurait dissimulé les tirs au garde-chasse de sa société de chasse et ne les aurait déclarés nulle part.
Un piège photographique démasque le coupable
Il n'était pas certain de ne pas avoir touché un autre animal. C'est ce que le chasseur amateur aurait écrit à une connaissance après l'abattage de l'un des cerfs, selon l'acte d'accusation. Ce faisant, il aurait violé les obligations de diligence essentielles lors de la chasse et enfreint le règlement cantonal sur la chasse.
Au cours d'une autre nuit, l'homme se serait, selon l'acte d'accusation, livré à nouveau à une traque non autorisée dans une zone pour laquelle il ne disposait pas du droit de chasse. Il tomba alors dans un piège photographique. Lorsque le chasseur amateur s'en aperçut, il aurait retiré la caméra.
Par ailleurs, l'homme aurait découvert la carcasse d'un lynx dans une étable. Sans l'autorisation requise, il aurait préparé le crâne de l'animal protégé et l'aurait exposé dans sa chambre à coucher. Le chasseur amateur aurait dû être conscient qu'il était tenu de signaler l'animal trouvé, selon le ministère public.
Une arme interdite découverte lors d'une perquisition à domicile
En 2021, une perquisition a eu lieu au domicile du prévenu. Une arme interdite ainsi que des accessoires d'armes interdits y ont été découverts. En outre, il conservait plusieurs armes dans des armoires non verrouillées.
Celles-ci n'étaient dès lors pas suffisamment protégées contre l'accès de tiers, estime l'accusation. Le ministère public réclame une peine privative de liberté avec sursis de huit mois ainsi qu'une amende de 7’000 francs. Le permis de chasse de l'homme de 58 ans devrait lui être retiré pour quatre ans.
Mise à jour : 25.4.2024
Un chasseur amateur condamné pour braconnage
Le tribunal d'arrondissement de Werdenberg-Sarganserland à Mels SG a condamné le 25.4.2024 un chasseur amateur pour braconnage. Il s'est en outre rendu coupable d'avoir préparé un lynx protégé sans autorisation. Le tribunal a prononcé une peine privative de liberté avec sursis ainsi qu'une interdiction de chasser temporaire.
Le juge a considéré comme établi que le prévenu avait abattu illégalement deux cerfs. Le juge a consacré une grande partie de ses développements, lors du prononcé du jugement, à la légalité d'une image issue d'un piège photographique, qui constituait une pièce à conviction centrale dans le procès.
«Infractions pénales et non des broutilles»
Sur cette image, l'homme aujourd'hui âgé de 58 ans serait visible de nuit, muni d'une lampe de poche, d'une arme et d'un équipement de chasse, a fait valoir le ministère public. Or, il n'était pas autorisé à chasser dans le territoire de chasse en question. De plus, il était alors en quête de cerfs. Une telle chasse est cependant illégale de nuit, a argumenté le procureur.
Le juge a constaté que ces images avaient certes porté atteinte aux droits de la personnalité du prévenu dans l'espace public, ce que la défense avait également critiqué. «L'intérêt de l'État à la poursuite des actes est toutefois, en l'espèce, supérieur à la protection des droits de la personnalité», a déclaré le juge. Il a ajouté : «Pour moi, il s'agissait d'infractions pénales graves et non de broutilles.»
Le prévenu a majoritairement refusé de témoigner
Le prévenu a majoritairement refusé de faire des déclarations. Seul concernant l'image du piège photographique, il a déclaré : «La personne sur la photo n'est à mille pour cent pas moi.» Le juge en a jugé autrement et a déclaré au prévenu : «Je vous vois sur la photo.»
Le procureur avait également soutenu que l'homme photographié était le prévenu. En effet, des vêtements de travail similaires à ceux visibles sur le cliché avaient été retrouvés lors d'une perquisition au domicile du prévenu. De plus, le fait que le chasseur amateur ait ensuite fait disparaître le piège sauvage paraissait suspect.
Crâne préparé d'un lynx
En outre, des trophées de bois avaient été découverts lors de la perquisition, sans avoir été déclarés comme l'exige la réglementation. Si les cerfs rouges avaient été abattus légalement, le chasseur amateur aurait pu les déclarer, selon le ministère public.
D'autres questions se posaient quant au crâne préparé d'un lynx protégé trouvé dans la chambre à coucher du prévenu, selon le ministère public. Le chasseur amateur n'aurait pas été en mesure d'expliquer de manière plausible où et quand il avait trouvé cet animal protégé.
Arme illégale
Le procureur a en outre signalé que lors d'une perquisition, une arme illégale ainsi que des accessoires d'armes illégaux avaient été découverts. Le prévenu avait ainsi enfreint la loi sur les armes. De nombreuses armes avaient par ailleurs été entreposées dans des armoires non verrouillées, insuffisamment protégées contre l'accès de tiers.
La défense a réclamé un acquittement total
Le défenseur du prévenu avait réclamé un acquittement total durant le procès. Il doutait que les images du piège photographique soient exploitables et montrent son mandant : «L'ensemble de la procédure repose sur une photocopie d'une résolution effroyable.» De plus, les vêtements de travail reconnaissables sur la photo seraient vraisemblablement très répandus dans la région.
Le défenseur avait également une explication concernant les trophées présents au domicile du prévenu, que le procureur estimait non déclarés. Ceux-ci provenaient de chasses de loisir à l'étranger ou du père du chasseur amateur, qui avait lui aussi pratiqué la chasse.
En définitive, le tribunal d'arrondissement ne s'est toutefois pas laissé convaincre par les arguments du défenseur et a déclaré l'homme de 58 ans coupable notamment de braconnage, d'infraction à la loi fédérale sur la chasse et d'infraction à la loi sur les armes. Le chasseur amateur a écopé d'une peine privative de liberté de huit mois avec sursis et devra payer une amende de 7’000 francs. Son permis de chasse lui sera retiré pour quatre ans. Le jugement n'est pas encore entré en force. La défense a annoncé faire appel dans la salle d'audience même.
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