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Chasse

Chasse de loisir éthiquement défendable ? ARTE s'interroge

La question est simplement posée, la réponse ne l'est pas : Faut-il la chasse de loisir pour maintenir l'équilibre écologique – ou est-ce un mythe que le lobby de la chasse entretient depuis des décennies ?

Rédaction Wild beim Wild — 10 mars 2026

La chaîne de télévision ARTE se consacre précisément à cette question dans le nouvel épisode de la série scientifique «Agree to Disagree!», disponible depuis le 9 mars 2026. La discussion de 27 minutes est animée par le psychologue Prof. Dr. Bertolt Meyer, qui réunit deux chercheurs aux positions opposées.

Le documentaire ARTE en aperçu

L'émission éclaire la chasse de loisir comme sujet de société controversé sous trois perspectives : la tradition (chasse comme bien culturel), le bien-être animal (objections éthiques) et la science (recherche d'alternatives). La question centrale est : Peut-on garantir naturellement le maintien de l'équilibre écologique, sans arme à feu ? Le chasseur de loisir Dr. Florian Asche a une fois de plus déformé les faits avec des idéologies confuses.

Les tirs sanitaires et thérapeutiques des quelque 12 gardes-faune du canton de Genève ne sont pas la même chose qu'une chasse régulatrice basée sur le jargon cynégétique ou une compréhension erronée de l'expérience de la nature par les chasseurs de loisir.

Avant l'interdiction de la chasse pour les chasseurs de loisir à Genève plus de 400 permis de chasse étaient vendus par an. Trois postes à temps plein sont aujourd'hui nécessaires pour la régulation de la faune sauvage et la prévention, ce qui représente un énorme bénéfice pour la biodiversité, scientifiquement prouvé et visible. Des valeurs suisses typiques comme la sécurité, la protection des animaux et l'éthique sont la devise à Genève. Au total, le canton de Genève doit débourser environ un million de francs, dommages de gibier inclus, par an pour la gestion de la faune sauvage. En comparaison, la pêche engendrerait des coûts bien plus élevés, bien que des licences y soient vendues.

Ces gardes-faune disposent d'une formation professionnelle reconnue par l'État qui va bien au-delà de ce qu'exige un permis de chasse de loisir. Les tirs de régulation s'effectuent exclusivement de nuit, avec amplificateur de lumière, après identification individuelle de l'animal. 99 % des tirs sont des mises à mort immédiates, pas de traque, pas d'accident de chasse. Il y a des années où dans le canton de Genève, aucun chevreuil, aucun renard, aucun lièvre etc. n'est abattu.

L'invasion de sangliers est aussi causée par une mauvaise chasse des chasseurs de loisir en Allemagne. On peut observer la même chose avec le raton laveur, le renard et d'autres espèces.

Les chasseurs de loisir n'ont pas le droit de tuer leurs propres chiens de chasse, ce serait un délit selon l'article 17 de la loi sur la protection des animaux (LPA), car il n'y aurait pas de « motif raisonnable ». Les chiens de chasse sont des biens et juridiquement des animaux domestiques.

Ce que la Suisse prouve depuis longtemps

La Suisse répond à cette question depuis plus de 50 ans par un exemple pratique clair : dans le canton de Genève, la chasse de loisir est interdite depuis 1974 par décision populaire. Depuis lors, des gardes-faune étatiques régulent les populations d'animaux sauvages, et le résultat réfute le dogme central du lobby de la chasse : la biodiversité s'est améliorée, les populations d'animaux sauvages se sont stabilisées, et l'avifaune du lac Léman est passée de quelques centaines à 30’000 hôtes hivernaux. Genève a aujourd'hui en outre la plus grande densité de population de lièvres des champs et la dernière population de perdrix grises de toute la Suisse.

Le Parc national suisse est sans chasse depuis 1914 et accompagné scientifiquement de manière intensive. Ici aussi, des décennies de recherche montrent : ni dans les parcs naturels intacts ni dans les paysages culturels densément peuplés, un contrôle des populations par la chasse de loisir n'est nécessaire.

Des gardes-faune au lieu de chasseurs de loisir : le modèle d'avenir

Ce que Genève pratique depuis 50 ans peut s'étendre à d'autres cantons. Des structures professionnelles de gardes-faune sur le modèle genevois remplacent la milice armée par du personnel spécialisé employé par l'État, qui agit selon des critères écologiques clairs, de manière transparente, respectueuse de la protection des animaux et sans logique de trophées.

La ville de Berne maintient également : il est important d'évaluer et de mettre en œuvre des voies non-violentes dans la gestion de la faune sauvage, notamment des zones d'interdiction de chasse, la promotion de prédateurs comme le lynx ainsi qu'une collaboration renforcée avec des institutions scientifiques.

Le documentaire ARTE pose les bonnes questions. Pour la Suisse, les réponses sont depuis longtemps sur la table. Qui souhaite approfondir la discussion trouvera sur wildbeimwild.com le dossier Alternatives à la chasse de loisir ainsi que le dossier Mettre fin à la violence de loisir envers les animaux, avec des options d'action politique concrètes pour les cantons et des textes modèles pour le travail politique.

Pourquoi le plaisir de tuer n'est pas un motif de loisir inoffensif

Les personnes qui prennent plaisir à tuer des êtres vivants et à payer pour cela ne manifestent pas, d'un point de vue psychologique, un comportement de loisir normal. Ce comportement contredit les mécanismes fondamentaux d'empathie, de compassion et d'inhibition morale présents chez la majorité des personnes psychiquement saines. Psychologiquement, il s'agit d'un comportement violent déviant, même s'il est toléré politiquement ou culturellement.

Le plaisir de tuer est une caractéristique classique de la violence basée sur la jouissance. L'acte violent lui-même a un effet gratifiant. Pas le résultat, pas la nécessité, mais le fait de tuer. Ce n'est pas un phénomène marginal, mais clairement décrit dans la psychologie de la violence.

Celui qui vit la chasse de loisir comme un plaisir manifeste une motivation violente psychologiquement problématique, historiquement et structurellement apparentée aux idéologies autoritaires et dévalorisantes.

Plus d'informations sur la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous regroupons vérifications factuelles, analyses et reportages de fond.

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