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Environnement & Protection de la nature

Biodiversité en Suisse : la CdG-E réprimande sévèrement le Conseil fédéral

La diversité des espèces en Suisse continue de diminuer, et la politique peine à suivre le rythme. La Commission de gestion du Conseil des États (CdG-E) a établi un constat clair : les mesures prises jusqu'à présent par le Conseil fédéral en faveur de la biodiversité ne sont pas suffisamment efficaces. Il y a cinq ans, la même commission avait recommandé des mesures ciblées. Aujourd'hui, force est de constater qu'il en faut davantage, et plus rapidement.

Rédaction Wild beim Wild — 22 mai 2026

Les chiffres parlent un langage clair.

Selon l'Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT), 35 pour cent de toutes les espèces du pays sont considérées comme menacées ou déjà éteintes. 12 pour cent supplémentaires sont potentiellement menacées. L'état des habitats est particulièrement alarmant : près de la moitié de tous les habitats est classée comme menacée, et 13 pour cent supplémentaires comme potentiellement menacés.

L'autorité de surveillance cite comme principales causes la perte et la fragmentation des habitats. S'y ajoutent la fertilisation excessive, la pollution par les pesticides ainsi que le changement climatique en cours. Ces facteurs se combinent et exercent une pression croissante sur la Monde animal indigène.

Les zones protégées augmentent, mais ne suffisent pas

Il faut le reconnaître : le nombre de zones protégées d'importance nationale a augmenté. Mais cette progression ne suffit pas à atteindre les objectifs nationaux et internationaux. En 2023, seulement 13,4 pour cent de la surface du pays étaient désignés comme zones protégées pour la biodiversité. C'est nettement inférieur aux engagements internationaux pris par la Suisse.

Des progrès existent ponctuellement, par exemple dans les forêts. Mais la Suisse est loin d'un véritable changement de tendance. Celles et ceux qui s'engagent pour la protection à long terme des habitats trouveront des informations approfondies dans le dossier Environnement et protection de la nature.

Le lynx, symbole de la crise

À quel point la situation est fragile se voit bien avec le lynx. Ce prédateur vit certes à nouveau en Suisse, mais reste rare. La perte d'habitat et les conflits avec l'utilisation humaine continuent de lui poser problème. La salamandre tachetée, autrefois très répandue, est elle aussi aujourd'hui considérée comme menacée. Les routes morcellent ses voies de migration et son habitat se réduit.

C'est justement dans la gestion des prédateurs que l'on voit à quel point la protection de la nature et les intérêts d'exploitation sont étroitement liés. Là où les populations sont régulées ou les habitats réduits, des espèces déjà rares subissent une pression supplémentaire. Pour en savoir plus, consultez la rubrique Animaux sauvages.

Qui fait blocage ? Un regard sur le lobby de la chasse de loisir

Le rapport de la CdG décrit le problème, mais ne nomme pas tous les responsables. Car dès que le bon sens veut entreprendre quelque chose en faveur de la protection de la nature et de la biodiversité, une résistance se forme invariablement dans les rangs des chasseurs de loisir. Ce n'est pas un hasard, mais un schéma récurrent.

Les exemples sont documentés et remontent loin dans le temps. L'association tessinoise des chasseurs FCTI a combattu en 2018 la création d'un deuxième parc national, tout comme elle s'était opposée auparavant au parc Adula autour du Rheinwaldhorn. De même, le parc national du Locarnese a échoué face à la résistance des milieux qui voient les zones protégées contester leur territoire de chasse. Ce même lobby a combattu l'initiative pour la biodiversité et s'est même prononcé en 2021 contre la mise sous protection du lagopède alpin menacé.

Ce schéma se poursuit au Parlement. Les chasseurs de loisir siégeant dans les chambres fédérales ont par le passé majoritairement voté contre les projets environnementaux, déposé des interventions en faveur de zones sans loups et combattu l'interdiction de la munition au plomb. Quiconque met sous pression des prédateurs protégés comme le lynx, le loup et le renard affaiblit l'équilibre naturel qui maintient les habitats stables. Il ne s'agit pas là de protection de la nature, mais de la préservation d'un hobby sanglant. Le dossier Campagnes et chasse.

La CdG-E exige un concept global d'ici 2050

La commission de surveillance reconnaît que la marge de manœuvre du Conseil fédéral est limitée. Le cadre juridique et les moyens disponibles fixent des limites. La CdG-E exige néanmoins que le Conseil fédéral examine des mesures supplémentaires et, le cas échéant, des adaptations législatives.

Par le biais d'un postulat, la commission souhaite exiger un concept global pour la protection de la biodiversité pour les années 2030 à 2050. C'est encore au Conseil des États de se prononcer sur cette intervention. Pour l'organe de surveillance, il est difficilement compréhensible que le Conseil fédéral n'ait jusqu'à présent présenté aucune vision pour la protection de la biodiversité après 2030. Elle s'étonne également que la communication sur ce thème n'ait pas été améliorée.

Le Parlement ne suit pas non plus sur tous les points

La critique ne vise pas uniquement le gouvernement. Le Parlement est également mis en cause. Il a certes approuvé la réduction des risques liés aux pesticides et le regroupement des contributions à la biodiversité et au paysage. D'autres propositions du Conseil fédéral ont toutefois été rejetées.

S'ajoute à cela la question des subventions. Les mesures actuelles ne suffisent pas. Le Conseil fédéral devrait donc montrer quels effets les aides étatiques ont sur la diversité des habitats, et examiner comment réduire les conséquences négatives des subventions agricoles.

Déjà en 2024, l'initiative pour la biodiversité a échoué devant les urnes. Ni le Parlement ni la population n'ont voulu soutenir cette demande. Le Conseil fédéral souhaitait en mettre en œuvre certaines parties par le biais de modifications législatives, mais n'a pas réussi à s'imposer au Parlement.

Ce que ce constat signifie pour la nature

Le rapport de la CdG-E est plus qu'une simple note administrative. Il montre clairement que la Suisse manque ses propres objectifs et que la pression sur les espèces et les habitats reste tout aussi forte. Tant que les habitats sont fragmentés, que les prédateurs rares sont mis sous pression et que des mesures de protection efficaces sont retardées, la perte se poursuit.

Quiconque prend au sérieux la protection des animaux sauvages et de leurs habitats ne peut éviter un débat de fond : quelles interventions dans la nature sont réellement nécessaires, et lesquelles font obstacle à une véritable préservation de la biodiversité ? Des contributions approfondies à ce sujet se trouvent dans le dossier les droits des animaux ainsi que sur le cadre légal sous Loi sur la chasse.

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Ce que dit la recherche à ce sujet est présenté dans La chasse sous l’angle des faits : l’état de la recherche.

La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

Tous les articles sont rédigés par l'IG Wild beim Wild ainsi que par des co-autrices et co-auteurs externes. La recherche, la structuration et les processus rédactionnels peuvent être soutenus par des outils basés sur l'IA.

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