22 mai 2026, 07h44

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Environnement & protection de la nature

Biodiversite en Suisse : la CdG-E reprimande severement le Conseil federal

La biodiversité en Suisse continue de diminuer, et la politique ne suit pas le rythme. La Commission de gestion du Conseil des États (CdG-E) a constaté de manière claire que les mesures prises jusqu'ici par le Conseil fédéral en faveur de la biodiversité ne sont pas suffisamment efficaces. Il y a cinq ans, la même commission avait recommandé des démarches ciblées. Aujourd'hui, le constat est sans appel : il faut faire plus, et plus vite.

Rédaction Wild beim Wild — 22 mai 2026

Les chiffres parlent d'eux-mêmes.

Selon l'Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT), 35 pour cent de toutes les espèces du pays sont considérées comme menacées ou déjà éteintes. 12 pour cent supplémentaires sont potentiellement menacées. L'état des habitats est particulièrement alarmant : près de la moitié de tous les habitats sont classés comme menacés, et 13 pour cent supplémentaires comme potentiellement menacés.

L'autorité de surveillance identifie comme causes principales la perte et la fragmentation des habitats. S'y ajoutent la fertilisation excessive, la pollution par les pesticides ainsi que le changement climatique en cours. Ces facteurs agissent ensemble et soumettent la faune indigène à une pression croissante.

Les zones protégées s'étendent, mais ne suffisent pas

Au moins, le nombre de zones protégées d'importance nationale a augmenté. Mais cette progression ne suffit pas pour atteindre les objectifs nationaux et internationaux. En 2023, seuls 13,4 pour cent de la superficie du pays étaient désignés comme zones protégées pour la biodiversité. C'est nettement en dessous de ce à quoi la Suisse s'est engagée sur le plan international.

Des progrès existent ponctuellement, par exemple dans les forêts. Mais la Suisse est loin d'un véritable renversement de tendance. Celles et ceux qui s'engagent pour la protection à long terme des habitats trouveront des informations approfondies dans le dossier Environnement et protection de la nature.

Le lynx, symbole de la crise

La fragilité de la situation se lit dans le destin du lynx. Ce prédateur vit à nouveau en Suisse, mais reste rare. La perte d'habitat et les conflits avec les usages humains continuent de lui poser problème. La salamandre tachetée, autrefois largement répandue, est aujourd'hui considérée comme menacée. Les routes coupent ses voies de migration, et son habitat se réduit.

C'est précisément dans la gestion des prédateurs que se manifeste l'imbrication étroite entre protection de la nature et intérêts d'exploitation. Là où les populations sont régulées ou les habitats restreints, des espèces déjà rares se retrouvent sous une pression supplémentaire. Pour en savoir plus, consultez la rubrique Animaux sauvages.

Qui bloque ? Un regard sur le lobby de la chasse de loisir

Le rapport de la CdG décrit le problème, mais ne nomme pas tous les responsables. Car dès que le bon sens veut entreprendre quelque chose pour la protection de la nature et de la biodiversité, une résistance se forme immanquablement dans les rangs des chasseurs de loisir. Ce n'est pas un hasard, c'est un schéma.

Les exemples sont documentés et remontent loin dans le temps. L'association des chasseurs tessinois FCTI a combattu en 2018 la création d'un deuxième parc national, tout comme auparavant le parc Adula autour du Rheinwaldhorn. Le parc national du Locarnese a également échoué en raison de la résistance de ces milieux pour lesquels les zones protégées empiètent sur leur réserve de chasse. Le même lobby a combattu l'initiative biodiversité et s'est même prononcé en 2021 contre la mise sous protection du lagopède menacé.

Le schéma se poursuit au Parlement. Les chasseurs de loisir siégeant dans les Chambres fédérales ont par le passé voté majoritairement contre les projets environnementaux, déposé des interventions en faveur de zones sans loup et combattu l'interdiction des munitions au plomb. Mettre sous pression des prédateurs protégés comme le lynx, le loup et le renard affaiblit cet équilibre naturel qui maintient la stabilité des habitats. Il ne s'agit pas de protection de la nature, mais du maintien d'un loisir sanglant. Le dossier Campagnes et chasse.

La CdG-E exige un concept global d'ici 2050

La commission de surveillance reconnaît que la marge de manœuvre du Conseil fédéral est limitée. Le cadre légal et les moyens disponibles fixent des limites. Néanmoins, la CdG-E exige que le Conseil fédéral examine des mesures supplémentaires et, le cas échéant, des adaptations législatives.

Par un postulat, la commission souhaite demander un concept global pour la protection de la biodiversité pour les années 2030 à 2050. Le Conseil des États doit encore se prononcer sur cette intervention. Il est difficilement compréhensible pour l'organe de surveillance que le Conseil fédéral n'ait jusqu'à présent présenté aucune vision pour la protection de la biodiversité après 2030. Il s'étonne également que la communication sur le sujet n'ait pas été améliorée.

Le Parlement non plus ne suit pas partout

Les critiques ne s'adressent pas uniquement au gouvernement. Le Parlement porte également une responsabilité. Il a certes approuvé la réduction des risques liés aux pesticides ainsi que la fusion des contributions à la biodiversité et au paysage. D'autres propositions du Conseil fédéral ont toutefois été rejetées.

À cela s'ajoute la question des subventions. Les mesures actuelles ne suffisent pas. Le Conseil fédéral doit donc montrer quels effets les aides étatiques ont sur la diversité des habitats et examiner comment réduire les conséquences négatives des subventions agricoles.

Déjà en 2024, l'initiative biodiversité a échoué dans les urnes. Ni le Parlement ni le corps électoral n'ont voulu soutenir cette demande. Le Conseil fédéral souhaitait en mettre en œuvre certaines parties par des modifications légales, mais n'a pas pu s'imposer au Parlement.

Ce que ce constat signifie pour la nature

Le rapport de la CdG-E est plus qu'une simple note administrative. Il montre clairement que la Suisse manque ses propres objectifs et que la pression sur les espèces et les habitats reste élevée. Tant que les habitats sont fragmentés, les prédateurs rares menacés et les mesures de protection efficaces retardées, la perte se poursuit.

Quiconque prend au sérieux la protection des animaux sauvages et de leurs habitats ne peut éviter un débat de fond : quelles interventions dans la nature sont réellement nécessaires, et lesquelles font obstacle à une véritable préservation de la biodiversité ? Des contributions approfondies à ce sujet se trouvent dans le dossier Droit animal ainsi que sur le cadre légal sous Loi sur la chasse.

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