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Loi sur la chasse

Zurich : les chasseurs amateurs ont échoué

La population de sangliers est exceptionnellement élevée malgré une augmentation des abattages.

Rédaction Wild beim Wild — 12 décembre 2019

Au tournant du millénaire, le canton de Zurich abattait environ 400 sangliers par an. Depuis lors, ce nombre ne cesse de croître, selon un schéma en zigzag : une année avec beaucoup d'abattages est suivie d'une année avec moins.

Les chasseurs amateurs zurichois expliquent ce zigzag par le fait que les sangliers ne trouvent suffisamment de nourriture en forêt qu'une année sur deux. Les autres années, ils doivent chercher davantage leur nourriture dans les champs, où les chasseurs amateurs peuvent les tirer plus facilement.

Les statistiques semblent confirmer ce schéma. En 2017, 1’441 sangliers ont été abattus dans le canton de Zurich. Un an plus tard, ce chiffre tombait à 647 animaux. Les indemnisations versées par le fonds cantonal pour les dommages causés par le gibier ont suivi le même schéma.

Plus d'un tiers de tous les abattages du canton sont enregistrés dans le district de chasse du Weinland, qui comprend également le district de Winterthour. «Nous avons une population de sangliers extrêmement élevée», déclare le président Martin Hofmann de Volken au « Landbote » en décembre 2019.

De plus, de grandes hardes seraient en circulation, comptant jusqu'à 25 animaux. Le sanglier profite des hivers plus doux, car davantage de jeunes animaux survivent ainsi.

L'offre alimentaire pour ces omnivores est par ailleurs abondante et continue de croître. Les sangliers bénéficient également du fait que de plus en plus de maïs fourrager est cultivé dans la région. La maturité du maïs n'est toutefois disponible que quelques semaines.

Une chasse inadaptée, notamment l'abattage des laies meneuses, rend de jeunes laies gestantes très tôt et les amène à mettre bas toute l'année, expliquent par ailleurs des spécialistes et des études.

La pression de chasse stimule la reproduction

Prof. Dr. Josef H. Reichholf zum Thema «Jägerlatein und Wildbiologie», Vortragsabend vom 15. 10. 2013 an der Uni Basel

Depuis des années, tous les journaux évoquent une « prolifération de sangliers », voire un véritable « fléau ». Pourtant, bien que de plus en plus de sangliers soient abattus chaque année, leur nombre continue d'augmenter. La solution au « problème du sanglier » est-elle vraiment d'abattre encore plus d'animaux ? Ou est-ce précisément la chasse intensive aux sangliers le problème ? Car aussi paradoxal que cela puisse paraître : plus on chasse les sangliers, plus ils se reproduisent. De plus en plus de scientifiques attirent l'attention sur ce lien. Une étude longitudinale française conclut que la chasse intensive entraîne une reproduction nettement plus élevée et stimule la fécondité chez les sangliers.

Les scientifiques autour de Sabrina Servanty ont comparé, sur une période de 22 ans, la reproduction des sangliers dans une zone forestière soumise à une chasse très intensive avec celle d'une zone peu chassée. Le résultat : lorsque la pression de chasse est élevée, la fécondité des sangliers est nettement supérieure à celle des zones où la chasse est quasi absente.

Par ailleurs, en cas de chasse intensive, la maturité sexuelle survient bien plus tôt, avant la fin de la première année de vie, de sorte que des marcassines peuvent déjà être gestantes. Dans les zones où les chasseurs amateurs sont peu présents, la reproduction des sangliers est nettement plus faible, et la maturité sexuelle des laies s'établit plus tardivement, à un poids moyen plus élevé.(Servanty et alii, Journal of Animal Ecology, 2009)

La structure sociale est détruite par la chasse de loisir

Cette étude prouve que la forte reproduction chez les sangliers ne dépend pas uniquement de l'offre alimentaire, mais aussi de la chasse intensive.

Lorsqu'on laisse les sangliers tranquilles, ils vivent en communautés stables au sein desquelles, en règle générale, seule la laie dominante met bas. Les phéromones, substances chimiques qui transmettent des informations entre congénères, sont omniprésentes dans le monde animal. Chez le porc domestique, de nombreuses études ont démontré que, outre les phéromones, la hiérarchie sociale influence la régulation de la reproduction. Lorsque la chasse détruit cette structure sociale sensible, il peut en résulter une reproduction explosive.

Les ennemis naturels du sanglier sont le loup, le lynx et le renard. Ce dernier est pourtant lui aussi chassé de manière insensée et fanatique par les chasseurs amateurs zurichois.Dans le canton de Zurich, lors de la saison de chasse 2018, 2’463 renards — pour la plupart en bonne santé — et 292 blaireaux ont été abattus pour le plaisir par des chasseurs amateurs militants, sans base scientifique ni expertise en biologie de la faune sauvage.

Aucun renversement de tendance n'est en vue, déclare l'expert en sangliers Hannes Geisser. Bien que la pression de chasse ait vraisemblablement augmenté, le nombre de sangliers ne diminue pas, affirme le biologiste. «Pour réduire sensiblement les populations, de nouvelles approches sont nécessaires». La chasse, l'agriculture et l'administration sont toutes également sollicitées. «Pour l'instant, la pression sur les acteurs semble encore insuffisante pour encourager le développement et la mise en œuvre de nouvelles méthodes.»

À l'étranger, on a fait un grand pas en avant avec le contrôle des naissances chez les sangliers.

Le modèle genevois : gestion professionnelle de la faune sauvage

Contrairement au canton de Zurich, dans le canton de Genève, il n'y a plus de chasseurs amateurs qui bricolent dans la nature depuis plus de 45 ans.

Les animaux sauvages sont gérés à Genève par une douzaine de gardes-faune professionnels. Les renards, blaireaux et martres ne font l'objet d'aucune régulation.

Cela se reflète également dans les statistiques de chasse. Dans le canton de Genève, ces dernières années, on n'observe pas les schémas extrêmes en zigzag que l'on constate dans le canton de Zurich. En 2017, 225 sangliers ont été abattus dans le canton de Genève. Un an plus tard, ce chiffre s'élevait à 194 animaux (2016 : 169, 2015 : 181, 2014 : 176, 2013 : 194).

En raison de la forte pression de chasse exercée dans la France voisine et dans le canton de Vaud, les animaux sauvages viennent même chercher refuge à Genève. Les animaux chassés traversent parfois le Rhône à la nage pour rejoindre le canton.

Les coûts de la gestion professionnelle de la chasse ne sont pas un sujet de débat. L'anthropologue neuchâteloise Manue Pichaud les a calculés avec précision. Selon Pichaud, ils s'élèvent à un million de francs par an, soit 2.20 francs par habitant ou une subvention à l'agriculture d'un peu plus de 3 %.

En comparaison, la pêche engloutirait des coûts bien plus élevés, et ce malgré la vente de licences.

Les gardes-nature professionnels du canton de Genève accomplissent en outre une multitude d'autres tâches, telles que la surveillance de la pêche, le contrôle des réserves naturelles, la prévention des dégâts causés par la faune sauvage, ainsi que des missions spécifiques liées à la forêt et à l'agriculture. Pour ce faire, ils se partagent moins de 3 postes à plein temps.

Environ 1 poste à plein temps est consacré à la réduction des populations de sangliers, soit en moyenne 1’621 heures. Les marcassins sont les plus abattus (environ 80 %). Aujourd'hui, environ 5 sangliers vivent par kilomètre carré de forêt, un niveau bas qui reste stable.

En savoir plus sur la chasse amateur : Dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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