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Loi sur la chasse

Une nouvelle loi pour plus de tranquillité en forêt

Depuis février 2025, la Suisse interdit la chasse nocturne en forêt. La loi vise à mieux protéger les animaux sauvages – mais les agriculteurs et les chasseurs amateurs craignent une hausse des dégâts dans les champs. La chasse à poste fixe aux prédateurs (p. ex. renard, blaireau, martre) reste toutefois autorisée.

Rédaction Wild beim Wild — 18 août 2025

Le Conseil fédéral a introduit début février 2025 une réglementation qui a suscité de nombreux débats : la chasse en forêt est interdite la nuit.

Entre une heure après le coucher du soleil et une heure avant le lever du soleil, les chasseurs amateurs ne sont plus autorisés à y tirer.

La chasse au sanglier est particulièrement touchée, car ces animaux sont actifs presque exclusivement dans l'obscurité. Cela supprime également l'une des méthodes de chasse les plus importantes – l'attraction des animaux sur des sites d'agrainage appelés «Kirrplätze».

Les agriculteurs craignent une hausse des dégâts

Le monde agricole s'est montré alarmé. Les sangliers peuvent causer des dégâts considérables en peu de temps : les prairies sont retournées, les champs de maïs et de pommes de terre dévastés. Les dégâts causés par les sangliers varient fortement selon les régions. Le canton de Vaud enregistre depuis des années les dégâts les plus importants.

Un diagramme en barres montrant les dégâts causés par les sangliers dans différents cantons suisses en 2023 en CHF.

Sans la possibilité de chasser les sangliers de manière ciblée la nuit, ces dégâts risquent d'augmenter massivement, avertissent les associations d'agriculteurs.

L'indemnisation des dégâts causés par la faune sauvage dans l'agriculture varie selon les cantons en Suisse. Il est important que les agriculteurs signalent les dégâts sans délai et respectent les procédures correspondantes afin d'obtenir une indemnisation. Des services de conseil peuvent en outre aider à évaluer correctement les dégâts et à mettre en place des mesures de protection appropriées.

Les agriculteurs peuvent également faire appel à des services de conseil pour estimer l'ampleur des dégâts causés par la faune sauvage et établir les contrats correspondants relatifs à l'utilisation des terres. L'entreprise Agriexpert propose de tels services, sur la base des guides actuels pour l'estimation des dommages aux cultures.

Différences entre les cantons

Tous les cantons ne procèdent pas avec la même rigueur. Tandis que Zurich a totalement interdit la chasse à l'affût avec agrainage, Soleure, Argovie et Bâle-Campagne ont fait pression pour obtenir des exceptions ou des délais transitoires afin de protéger leurs champs. Dans les cantons alpins, la question joue en revanche un rôle minime, car les sangliers y sont encore rares.

Dans le Thurgovie, une région comptant comparativement beaucoup de sangliers, on s'attend, malgré l'interdiction, à des chiffres d'abattage pratiquement aussi élevés qu'auparavant. Le chef de service Roman Kistler souligne :

  • De nombreux sangliers sont chassés dans les champs, où l'interdiction de chasse ne s'applique pas – notamment par la chasse à l'approche ou la chasse en battue
  • En se concentrant sur ces méthodes alternatives, les tirs nocturnes en forêt pourraient être compensés

Le président de la chasse Frank Gertsch a ajouté que des chasseurs de loisir expérimentés chasseurs peuvent s'y adapter et que l'interdiction ne le concerne guère personnellement, car sa chasse se déroule déjà davantage en dehors de la forêt.

Ces différences montrent à quel point la mise en œuvre d'une loi fédérale en Suisse est marquée par le fédéralisme.

Les défenseurs des animaux y voient des avantages

Les associations de protection de la nature, quant à elles, saluent la réglementation. Elles soulignent que le calme nocturne est vital pour de nombreux animaux – non seulement pour les sangliers, mais aussi pour les chevreuils, les renards et les oiseaux nocturnes.

On met également en garde contre une technicisation croissante de la chasse : les appareils de vision nocturne et les caméras thermiques soumettraient de toute façon les animaux à une pression considérable.

La nouvelle interdiction de la chasse nocturne met en évidence un conflit fondamental : comment concilier la protection de la nature et les intérêts de l'agriculture et de la chasse ?

L'Office fédéral de l'environnement autorise certes des exceptions cantonales, mais leur forme concrète dans la pratique reste encore ouverte. Une chose est sûre : l'année 2025 montrera si la loi tient ses promesses – ou si les critiques des agriculteurs et des chasseurs de loisir contraignent à nouveau la politique à agir.

Les expériences réalisées jusqu'à présent le montrent : l'interdiction de la chasse nocturne est perçue et mise en œuvre de manière très différente selon les régions.

Là où les sangliers sont principalement chassés la nuit en forêt (p. ex. Schaffhouse), des restrictions sensibles sont à prévoir. Dans d'autres régions (p. ex. Thurgovie), où la chasse se déplace davantage vers les champs, l'effet reste plutôt marginal. Grâce à des plans de mesures limités dans le temps et à d'éventuelles exceptions, la marge de manœuvre des sociétés de chasse est préservée dans certains cantons.

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