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Criminalité & Chasse

Un tueur brutal de sangliers condamné

Valentin Stocker, après avoir d'abord nié les faits, a largement reconnu sa culpabilité.

Rédaction Wild beim Wild — 23 mars 2016

Ce mercredi 23.3.2016, le tribunal de district de Zurzach a tenu le procès contre le tueur de sangliers Valentin Stocker de Böttstein.

Dès le début de la matinée, une douzaine de personnes environ s'étaient rassemblées devant le tribunal de district de Bad Zurzach. Munis de têtes de sangliers en plastique et de pancartes, ils affichaient leur revendication : l'homme qui à Böttstein a brutalement écrasé quatre sangliers, une laie et trois marcassins avec une voiture, doit recevoir la peine maximale. Ils réclament trois ans de prison pour le prévenu, qui a pénétré dans le tribunal par l'entrée de service.

Erwin Kessler, fondateur de l'association contre les usines d'élevage, explique qu'ils espèrent que cette manifestation permettra de maintenir l'affaire dans la conscience du public : « Ce dossier ne doit pas passer inaperçu. »

Le défenseur des animaux Kurt Amsler, à l'origine des pétitions ayant recueilli plus de 6’000 signatures, était également sur place. Pour lui, la manifestation constitue une étape importante : « Nous voulons montrer que nous sommes toujours là et que nous continuons à suivre l'évolution de cette affaire. » Les pétitions mentionnaient notamment que Valentin Stocker aurait maintenu des vaches attachées dans son étable pendant plus de 10 ans, sans lumière naturelle ni accès à l'extérieur.

Katharina Büttiker, présidente du conseil de fondation d'Animal Trust, a qualifié d'« effroyable » l'acte commis par Valentin Stocker. Les animaux auraient souffert d'atroces tourments.

Pourtant, a-t-elle déclaré, la maltraitance animale est aujourd'hui presque jamais sanctionnée, bien que cela soit possible. Dans le cas de Valentin Stocker, le tribunal de district doit donc envoyer un « signal clair » en infligeant une peine sévère.

L'incident s'est produit le soir du 7 octobre 2015 à Böttstein AG. La procureure a rapporté que la laie, atteinte de graves blessures internes ainsi que d'une colonne vertébrale fracturée, était restée blessée dans le champ plus longtemps que prévu, soit pendant 12 heures, avant d'être finalement abattue par un chasseur amateur. Il est également apparu clairement qu'il faut supposer que d'autres sangliers ont été percutés et blessés par Valentin Stocker. (Wild beim Wild a informé).

Le ministère public lui reproche des actes répétés de cruauté envers les animaux, des infractions répétées à la loi fédérale sur la chasse de loisir et la protection des mammifères et oiseaux sauvages, des contraventions répétées à la loi sur la chasse argovienne ainsi que des violations du code de la route.

Valentin Stocker, après avoir d'abord nié les faits, a largement avoué.

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Une famille tellement sympa

Au cours du procès, il est apparu aujourd'hui que Valentin Stocker n'était pas seul dans le véhicule lors des faits, mais accompagné de son neveu de 13 ans, qui a dû subir cette sanglante course folle. Ce dernier a ensuite menti pour son oncle lors de l'enquête et fait désormais lui-même l'objet d'une procédure pénale.

Un agriculteur ami, qui avait protégé l'accusé lors de l'enquête, a également été condamné par ordonnance pénale définitive pour faux témoignage à une peine privative de liberté de six mois avec sursis et à une amende de 3000 francs. «Cela ne vous préoccupe pas ?», a demandé le juge. «Je ne peux rien dire à ce sujet», a répondu l'agriculteur.

La compagne de Valentin Stocker n'a appris les faits que deux mois plus tard — par la belle-sœur de son partenaire. Certes, cela lui fait mal qu'il ne lui ait rien dit. Mais : «Cela n'a aucune influence sur notre relation. Nous sommes ensemble pour le meilleur et pour le pire.» Valentin Stocker serait une personne aimable. Son compagnon aurait toujours eu beaucoup d'amour pour les animaux : «Il ne tuerait pas un animal comme ça.»

Aucune raison de se faire justice soi-même

La procureure a évoqué des «scènes dramatiques» qui se seraient déroulées ce soir-là. L'accusé aurait littéralement chassé les animaux, il se serait fait justice lui-même pour des raisons futiles. Les animaux seraient morts dans d'atroces souffrances. La faute est lourde. Il n'aurait montré aucun remords perceptible. Il aurait tout nié et causé beaucoup de tort à son neveu et à l'agriculteur ami.

La procureure demande, pour cruauté envers les animaux à plusieurs reprises et d'autres délits, une peine privative de liberté avec sursis de 15 mois ainsi qu'une amende de 4000 francs à payer. Il devra également s'acquitter des frais de justice s'élevant à 7000 francs.

Elle a également reproché à l'accusé d'avoir longtemps nié les faits. «Il est frappant de voir combien de fois il a menti», a-t-elle déclaré. Ce n'est qu'en détention provisoire, face à l'accablant dossier de preuves, qu'il aurait finalement parlé.

La défense réclame une amende et une indemnité

L'avocat de Valentin Stocker a demandé un jugement bien plus clément : une amende avec sursis de 30 jours-amendes. Son client devrait en outre recevoir une indemnité de 300 francs pour avoir été détenu sans motif pendant une journée. Les frais d'avocat devraient par ailleurs être pris en charge par l'État.

«Mon client reconnaît avoir commis une erreur. Mais ce n'est pas un monstre», a-t-il déclaré devant le tribunal. Il a également insisté sur le fait que Valentin Stocker avait agi sous l'impulsion du moment, ce qui serait excusable au regard des «antécédents».

Jugement en douceur

À 16h00, le tribunal de district de Zurzach a rendu son jugement. Celui-ci s'est révélé plus sévère que ce qu'avait requis la procureure, avec une peine privative de liberté avec sursis de 18 mois. Le brutal maltraiteur d'animaux n'ira donc pas en prison. Il devra payer une amende de 4000 francs ainsi que les frais de justice et d'instruction s'élevant à plus de 10'000 francs. Valentin Stocker déclare percevoir entre 60'000 et 65'000 francs de subventions agricoles par an. Ces dépenses ne lui feront donc pas vraiment mal. L'acte a été qualifié d'intentionnel. Il n'a pas agi sous le coup de l'émotion, mais a écrasé les animaux «par égoïsme». Le tribunal a jugé négativement le comportement postérieur aux faits : le prévenu n'a montré ni véritable remords ni prise de conscience.

La partie plaignante, la société de chasse Wessenberg, recevra en outre 395 francs.


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